AUTRES CULTURES INTÉRESSANTES
KREBs et FABER ont cultivé un lymphosarcome de souris pendant un temps relativement court. Cette tumeur in vitro laisse émigrer des cellules rondes (Ilymphoblastes) qui paraissent donner après 10 jours de grandes cellules arrondies ou polygonales, d’aspect ramifié qui deviennent fusiformes ; ces cellules retournent bientôt à la forme ronde. Cette tumeur paraît former la transition entre tumeurs à cellules rondes et à cellules fusiformes.
ENDOTHÉLIOME DE MURRAY
Cette tumeur a été cultivée à l’Institut du Cancer par VERNE et par Op1eTTE. Tumeur transmissible de la poule, donnant un extrait acellulaire cancérigène, elle a été isolée par MURRAY et BEGG. GUÉri et Boncru en voulant confirmer à l’Institut du Cancer sa dénomination morphologique, trouvent un rôle important des cellules histiocytaires qui ferait supposer que les cellules de cette tumeur ne seraient que des étapes évolutives de cellules souches, la cellule histiocytaire souche ou cellule mésenchymateuse primitive que FERRATA nomme hémobhistioblaste. Ces auteurs concluent que du point de l’histogénèse, cette tumeur serait un hémohistioblastome et représenterait la transition entre granulome et sarcome. La figure 12 montre la tumeur poussant in vitro, avec la liquéfaction intense caractéristique des tumeurs malignes et qui donne aux tu-
FiG. 12. — Endothéliome de Murray. Aspect typique du milieu liquéfié et polymorphisme de la culture. (D’après VERNE.)
Fac. 13. — Endothéliome de Murray. Grosses et petites cellules rondes, amiboïdes. Plages de cellules endothéliformes ; amas nécrotiques. (D’après VERNE.)
meurs leur aspect effilé, les cornes du croissant entourant un cercle de liquéfaction. Le fragment a laissé émigrer quelques fibroblastes, probablement normaux, tandis qu’à l’intérieur du croissant se trouvent de nombreuses cellules, de types extrêmement variés, allongées ou arrondies, grandes et petites. La figure 13 laisse voir
Fic. 14. — Endothéliome de Murray. Cellules rondes en voie de dégénérescence. Remarquer quelques formes intermédiaires aux cellules rondes et des fibroblastes. (D’après VERNE.)
quelques placards endothéliformes, qui à certains points montrent des épaississements de cellules en voie de dégénérescence où mortes. Au milieu du champ se trouvent quelques très grosses cellules amiboïdes typiques, d’aspect macrophagique, contenant de nombreuses vacuoles et des globules rouges phagocytés. Leurs limites cellulaires sont difficiles à voir. La division en partie centrale contenant noyau, granules, mitochondries, etc, et partie périphérique, hyaline est nette. Cet aspect peut s’appliquer aussi aux cellules
endothéliformes, dont les limites intercellulaires sont cependant nettement visibles. L'examen de parties du milieu très peu envahies montre d’abord une émigration des petites cellules rondes qui, semble-t-il, donnent lieu à la formation des cellules amiboïdes de toutes les dimensions. Quand un certain nombre de ces cellules viennent à s’agglomérer dans une masse et dégénèrent, il y a formation d’une membrane de cellules endothéliformes. Enfin, les petites cellules rondes peuvent former des fibroblastes, différents des fibroblastes émigrant du fragment. Il est difficile de déterminer exactement l’enchaînement de tous les phénomènes, mais d’après l’aspect très polymorphe de cette tumeur, il nous semble que malgré la dénomination morphologique de MuRRAY et BEGG, il convient, d’un point de vue histogénétique, de faire remarquer que GUÉRIN et BoNcIU ont peut-être raison en appelant cette tumeur un hémohistioblastome. Et cette tumeur formerait, en effet, une transition entre granulome et sarcome.
Puisque nous avons parlé de tumeurs de transition, il convient ici de marquer un point et voir ce que sont les potentialités des cellules de la lignée blanche. Nous allons voir, dans un autre chapitre que la cellule macrophagique hématogène ou histiocytaire, est capable de se transformer en d’autres formes, cellules rondes ou fibroblastiques. D'autre part, la cellule fibroblastique est capable, sous certaines conditions mal connues, de devenir une cellule macrophagique. On pourrait trouver toute une série de ces changements de formes, ef on peut tracer l’évolution du lymphoblaste jusqu’au fibroblaste (BLOOM, MaxIMOW, NOEN). De même, il parait que la cellule lymphoblastique puisse donner des cellules épithélioïdes et endothéliformes (BARTA, MAxIMow, LEWIs), et que, lendothélium puisse, lui aussi, donner des macrophages (EPnrus- Si). Nous examinerons des transformations de ce genre dans un autre chapitre, mais nous pensons donner ici ces quelques renseignements pour mieux éclairer les rapports de ces diverses observations.