CULTURE DE SANG LEUCÉMIQUE
Nous ne voulons que signaler, en passant, le problème de la leucmie et les avantages qu'offre pour ses études la culture des tissus, surtout depuis quelques années, qu’on la considère comime étant une véritable tumeur du sang et, se rapprochant d'autant plus des autres tumeurs quand on prend en considération les virus pouvant causer les leucémies, qui possèdent des propriétés très comparables aux principes filtrants des tumeurs des poules. Le problème de l’origine virusal des leucémies remonte à 1910 quand ELLERMAN et BanJo l'ont pour la première fois démontré, presque en même temps que le problème fut soulevé pour les tumeurs. Depuis, les expériences se sont multipliées, et on possède maintenant une
grande variété de souches de ces virus, dont la plupart sont des principes filtrants dans le même sens que le principe de Rous. Un des grands problèmes a été de démontrer la simplicité des souches virusales des leucémies. Car sous certaines conditions, une souche de virus paraissait pouvoir donner plusieurs différentes formes de leucémie ou même de véritables tumeurs tissulaires. JARMAI (1930) croit pouvoir démontrer la simplicité de sa souche d’érythroleucose. OBERLING et GUÉRIN, dans des travaux qui ont été confirmés par TROISIER, à l’Institut du Cancer, ont trouvé qu’une même souche est capable de provoquer non seulezrnt la leucémie, mais encore un sarcome ou un carcinome, d’après la porte d’entrée. Pourtant, ces auteurs sont hésitants à se prononcer quant au dédoublement actuel de leur souche, comme paraissent le vouloir Srusss et FURTH qui, dans certaines souches, isolent des virus donnant ou une leucémie myéloïde ou une myélome ou encore une tumeur mixte. Leur souche de sarcome 12 (complexe) paraît donner des souches simples provoquant où une ostéosarcome ou une lymphatose. OBERLING et GUÉRIN, au contraire, pensent que le virus est le même, dans ces cas de dédoublement apparent. Les phénomènes leucémiques où tumoraux produits dépendent des affinités du même virus pour toute une lignée de cellules dérivant de l’hémohistioblaste de FERRATA, cellule souche, sur lesquelles peut se fixer ce virus. Des facteurs locaux et généraux modifient la susceptibilité de la cellule à laquelle se fixe le virus. Enfin, il serait d’un très grand intérèt de pouvoir examiner cette question du point de vue culture des tissus. On a bien fait quelques études de la question, le sang leucémique ayant été cultivé par AWROROW et TIMOFEJEWSKY, HIRSCHFIELD, BENEWOLENSKAJA. Nous pouvons indiquer que ces auteurs ont pu suivre l’évolution des cellules en culture, mais leurs expériences ne sont pas encore démonstratives, la moelle osseuse normale in vitro parfaisant la même évolution (CARREL et BURROwWS, FOOT), comme le font aussi le lymphocyte (BLooM) et d’autres cellules blanches normales (CAFFIER), avec une transformation des éléments monocylaires en myélocytes, polyblastes et fibroblastes. I] manque surtout des expériences concernant l'influence du virus et la conservation où multiplication du virus leucémique. Les résultats ne permettent de conclure qu’à une versatilité et une plasticité de ces cellules primilives. Nous pouvons indiquer, cependant, que d’après MAxIMow et son école, des transformations de ce genre ne sont qu’une adaplation de la forme cellulaire à son milieu et du métabolisme produisant une forme plus stable. Aucune mitose n’est nécessaire,
les conditions du milieu orientant la forme que prend le protoplasme cellulaire.
VERNE, OBERLING et GUÉRIN ont étudié in vitro la souche leucémique d'ENGELBRETH-HOLM et aussi plusieurs souches
de virus entretenues à lInsilut du cancer. Les virus leucémiques des poules sont très labiles, disparaissant vite même du sang à l’étuve. Il paraît que les conditions de culture in vitro sont plus favorables, puisque un certain nombre de cultures ont pu donner, après des périodes de culture plus ou moins longues, une leucémie érythroblastique ou une diphtérie aviaire. Cependant il ne s’agit probablement pas de multiplication du virus, ici, mais plutôt d’une survie, étant donné le grand nombre de résultats négatifs.
FUMEUrS PROVOQUÉES CHEZ L'ANIUAL
Il est intéressant de mettre en culture les tumeurs provoquées expérimentalement chez l'animal, toutes les tumeurs actuellement cultivées in vitro étant des tumeurs spontanées trouvées au hasard ou prises dans des souches très susceplibles au cancer. OBERLING et GUÉRIN, à l’Institut du Cancer, entretiennent des animaux chez lesquels ils provoquent des Lumeurs au moyen des benzopyrènes. Nous n'avons jamais pu cultiver ces tumeurs, les espèces à notre disposilion étant très nécrotiques. Très récemment, DOLJANSKI et HALBERSTAE- DTER ont réussi la culture d’un sarcome fuso-cellulaire provoqué par le 1-2-5-6 benzopyrène. Les cellules malignes sont les cellules fusiformes, dont une seule culture pure suffit pour produire la même tumeur in vivo. Cette tumeur est très intéressante puisqu'elle est provoquée facilement chez l'animal par seulement quaire injections sous-cutanées de benzopyrène après deux mois de traitement. Tous les morceaux de tumeur, sans exception, donnent une croissance régulière. Ce qui est exceptionnel est que ces tumeurs sont bien solides au moment de leur mise en culture, ne montrant aucune nécrose. Aussi, en culture, ne remarque-t-on pas de liquéfaction du milieu. La croissance n’est pas extrêmement intense, un petit fragment atteignant 2,5 mm. de diamètre en trois jours en goutte pendante ou un diamètre de 15 mm. après quinze jours en flacons de Carrel en milieu dilué. L'architecture,
Hbroblastique, présente d'abord de nombreuses cellules hisliocytaires, qui disparaissent petit à petit pour laisser bientôt une culture pure. En flacons de Carrel, les cellules ne montrent pas de signes de dégénérescence, même après 21 jours. Puisqu'il n’y a pas de liquéfaction, lPaddition de fragments normaux n’est pas nécessitée, la croissance est très régulière et la tumeur est très appropriée pour des études quantitatives
de la croissance des cellules malignes.
Les micropholographies de cette thèse ont été exécutées par M. MANGINI, dans son laboratoire de photographie, à l’Institut du Cancer. Nous lui étendons ici notre gralilude pour sa colaboration.