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CHAPITRE VIII

APPLICATIONS THERAPEUTIQUES

Aussi bien que la culture des tissus nous fournit le moyen d'observer directement les celiules cancéreuses, par rapport aux cellules normales, la cancérisation et l’évolution des cellules cancéreuses, cette même technique nous permet d’observer directement l'influence des moyens thérapeutiques qui ont été ou qui peuvent être préconisés, et aussi, de trouver, si possible, des moyens spécifiques curatifs du cancer.

Nul ne peut se douter de l'efficacité de la technique de la culture des tissus de nous apporter des preuves indiscutables quant aux actions pharmaco-dynamiques. La digitaline, par exemple, peut facilement être standardisée par son action sur le cœur in vitro. Mon Maitre, le Professeur VERNE, a eu maintes fois l’occasion d’essaver ainsi, in vitro, les effets de substances diverses.

C’est ainsi qu’on a vérifié tous les moyens empiriques qui ont été préconisés contre le cancer. Le seul résultat que nous pouvons déduire, en ce qui concerne la chimio-thérapie ou la métallothérapie, est que toutes les substances utilisées sont toxiques pour la cellule cancéreuse, mais elles sont aussi toxiques pour les cellules normales, quoiqu’à des doses infiniment supérieures. La fragilité des cellules cancéreuses peut être bien mise en évidence par l’action des sels des métaux lourds, comme l’a fait VERNE, ROFFO et beaucoup d’auteurs. Mais ces substances introduites dans le système général, ne peuvent pas se concentrer suffisamment au niveau d’un processus local tel qu'un cancer. Les substances solubles sont immédiatement excrétées landis que les substances insolubles seront fixées, retenues dans lot le corps par les cellules du système réticulo-endothélial, et

la concentration qu’il faudrait atteindre pour bloquer ce SYstème pourrait être fatale pour le système défenseur.

D'ailleurs, le problème est encore plus complexe, quand on voit que parmi les cellules normales, toutes les cellules n’ont pas la même résistance. Quelques cellules normales sont encore moins résistantes que certaines cellules cancéreuses. Ainsi, VERNE et SANNIÉ ont essayé comparativement in vitro, les effets du plomb et du cuivre. Les fibroblastes sarcomateux (sareome de JENSEN) sont un peu plus sensibles aux ions Cu et Pb que les fibroblastes ordinaires (cardiaques), moins sensibles au cuivre que les fibroblastes du rein et du foie, mais légèrement plus sensibles au plomb. Ils peuvent, par contre, vivre et se multiplier dans des milieux fortement toxiques pour les cellules épithéliales par exemple. En ce cas, il faudrait qu’une métallothérapie soit vraiment sélective pour atteindre les cellules qu’on veut détruire.

En ce qui concerne les moyens spécifiques thérapeutiques, la culture des tissus nous apprend qu’il ne faut pas espérer de grands résultats sérothérapiques. La cellule cancéreuse n’est constituée que par les mêmes substances que les autres cellules du corps, et elle n’a jamais cessé d’être une cellule de l’organisme. La cellule cancéreuse ne donne pas d’immunilé anti-cancéreuse, mais bien une immunité antitissulaire.

Cependant nous pouvons espérer pénétrer plus en avant les connaissances du mécanisme cancéreux lui-même, qui peut-être seront plus fécondes de ce point de vue. Jusqu’à ce qu'on trouve quelque phénomène spécifique, les seuls moyens vraiment uliles qui nous restent seront le bistouri, les rayons X et le radium. Les tentatives de traitement en privant les cellules cancéreuses de leur nourriture, telle par l'insuline qui fait brûler les sucres plus vite, ne peuvent pas non plus être acceptées. Nous pouvons espérer seulement, comme le suggère DES LIGNERIS, essayer d'analyser le cancer avec une théorie plus ou moins vraisemblable et tenter des expériences sur des lignes nouvelles en conformité avec cette théorie. Aucune avance n’est possible dans le cancer si on n'a pas de bases plus fermes pour travailler.

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