‹ Culture des Tissus et CancerChapitre 5 sur 31 · SEE · texte numérisé non relu

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luelle, nous lui devons le mérite d’avoir fondé des bases de connaissances inestimables pour la comparaison. Les noms de MüLLER, VIRCHOW, von RECKLINGHAUSEN, BARD, PAGET, BuTrLIN, RECLUS, WALDEYER, HUTCHINSON, KLEBS, BORST, von HANSEMANN, Wozrr, WiLLiams, ete, seront toujours dans la cancérologie des repères. Le Professeur Roussy dit que c’est à l'étude morphologique que nous devons nos connaissances antérieures, en ce qui concerne la structure de la cellule cancéreuse, mais qu'on n’a pas pu, par cette méthode, pénétrer plus en avant le mécanisme de la cancérisation. Et les savants qui ont fondé cette science cadavérique, se sont, en effet, quelque peu aveuglés, en cherchant à arracher de leurs images fixées, quelque principe vital. La physiologie ne leur avait pas encore appris, comme le démontra plus tard Claude BERNARD, que la morphologie n’est que l'expression de la fonction cellulaire.

La médecine expérimentale, au contraire, a transformé les sciences cadavériques el s'attaque au problème par des mé- (hodes qui, si elles incorporent loujours des facteurs inconnus, sont de la plus haute valeur expérimentale. Elle, au moins, à bien fourni quelques explications sur l’accroissement tumoral el les phénomènes de la cancérisation, mais ici encore, la vérification au moyen de l'étude des coupes hislologiques fixées montre des effets et non les conditions qui président à la transformation des cellules normales en cellules malignes. EL la médecine expérimentale est un peu enlravée par la complexité du mécanisme vivant duquel elle a à faire ; les influences vasculo-nerveuses, très différentes d’une expérience à l’autre, ne sont pas négligeables, l’œdème défigurant le tableau, et les différents types de réaction animale, lissulaire et cellulaire, prêtent à des discussions interminables ; les animaux meurent par suite d’une infection ou pour des causes inexplicables.

Les noms de JENSEN, d'EHRLICH, qui ont démontré la transplantabililé du cancer expérimental, de YAMAGAwI el

ITCHIKAWA, de FIBIGER, qui ont démontré expérimentalement

les origines chimiques et parasilaires de certains cancers,

resteront toujours immortels. Avec les nouvelles substances cancérigènes de COOKk, KENNAWAY et de leurs collaborateurs, la médecine expérimentale possède le moyen infaillible de produire des tumeurs malignes bien définies en un laps de temps très court.

L'histologie a rénové l'anatomie pathologique; la culture des tissus est destinée à faire de même pour la médecine expérimentale, ces deux disciplines étant les seules s’occupant du mécanisme cancéreux sur le vivant. Leur alliance est d'autant plus renforcée que c’est la médecine expérimentale qui fournit, à présent, la plupart des tumeurs expérimentées in vitro, tandis que pour le contrôle ultime de la malignité des cellules in vitro, on procède à l’inoculation chez les animaux de laboratoire. La médecine expérimentale, à elle seule, connaîtra les mêmes échecs que les autres méthodes, et elle sera incapable, par la suite, de par son organisation même, de fournir des explications satisfaisantes concernant le mécanisme primordial du cancer, malgré toutes les indications sur les conditions secondaires. Ainsi c’est avec Île concours de toutes les sciences et disciplines, et surtout de la cytologie expérimentale, que lexpérimentateur trouvera sa tâche facilitée.

La culture des tissus a trouvé sa plus grande application dans la solution de problèmes de la physiologie cellulaire el c’est à ce titre que nous pouvons appliquer cette discipline expérimentale à l’étude de la cellule cancéreuse. Car la méthode de la culture des tissus permet d'étudier, in vitro, soustrait des influences si complexes de la vie dans un organisme, les problèmes non seulement de la biologie, mais aussi de la pathologie. Beaucoup d’encre a coulé de plumes savantes depuis le jour où Ross HaRRisON fit, pour la première fois, sa démonstration éclatante de la régénération nerveuse in vitro (établissant ainsi la conception du neurone) et où CARREL, entrevoyant des applications autrement plus pratiques, appliqua la méthode à l'analyse de la cellule vivante et de la croissance en général, fondant ce qu’on convient d'appeler aujourd’hui en tant que science, la Cytologie

Nouvelle.

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