ENGRAIS POUR LE VERGER DE PRUNIERS
Par FRaxk T. Suvrr, MA. Chimiste du Dominion.
Le prunier, de même que les autres arbres fruitiers, se nourrit principalement d'azote, d’acide phosphorique et de potasse, et il est inutile de s’attendre à une croissance vigoureuse ou à une production abondante de fruits si ces éléments essentiels
assimilable. La chaux est également nécessaire car tous les fruits à noyaux en consomment beaucoup et il peut se faire que la chaux soluble ait presque disparu du sol, par suite de causes naturelles ou d’une culture épuisante.
Enfin tous les systèmes rationnels d'engraissement doivent comprendre le renouvellement régulier de la provision de matière organique végétale. Lorsque la provi-
sion d'engrais de forme est insuflisante Meilleur moyen de rendre au sol cette mn tière végétale est d'y enfouir des récoltes en vert que l’on fait pousser dans ce but C'est ve que l'on appelle “engrais verts.”
{zofe el matière organique \u point de vue agricole, l'azote et la matière org nique sont intimement associés l'un à l'autre, L'un ne va pas sans l'autre, La mahère organique est le magasin naturel de l'azote, Pour des raisons d'économie, on les applitue généralement ensemble: nous pouvens done, pour plus de commodité, étudier leur application sous le même en-tête.
Sur la majorité des fermes ke fumier est sans doute le premier élément dont on dispose pour enrichir le sol et améliorer son état physique mais la composition du fumier, et par conséquent sa valeur, est extrémemwent variable. Cependu de bons échantillons de fumier frais ont généralement la composition suivante: azote 0.5 pour 100, acide phosphorique 0.25 pour 100, potæsse 0.45 pour 100, La matière « ranique dans le fumier frais est généralement d'environ 25 pour 100,
Cependant, beaucoup d'arborieulteurs n'ont Pas Une provision de fumier suffsant: vr la superficie à engraiss r: dans ce cas, ils doivent avoir recours aux engrais verts, c’est-à-dire à la culture et à l'enfouissement d'une récoit intercaluire. Nous eXposons dans une autre partie de ce bulletin le rôle ï: ntant des cultures interca-
res dans les systèmes modernes d'exploitation du vers : 0 nous avons expliqué tout
au long, dans le bulletin n° 49 de la série des fermes expérimentales, le mosen d'accroître la fertilité du sol au moven de trèfle. Il nous suffra donc ici de donner une vu deux des raisons principales qui fon que l'en doit choisir de préférence le trèfle ou une autre légimineuse, lorsqu'on veut enrichir et améliorer le sol.
D'après une évaluation modérée une bonne récolte de trèfle contient dans son feuil-
ge et danse ses racines:
; se de 109 à 150 livres à l'acre, Acide phosphoriue,. .. .. ., .. .. .. de 30 à 45 livres à l’acre. Potasse.. . ss. + + de 85 à 115 livres à l’acre
Il est done clair que par l'emploi du trètle nous pouvons, avec une seule récolt: apporter au sol autant d'azote que lui donernient dix tonnes de fumier de ferme par acre. La pius grande partie de cet azote est prise dans l'air par le trèfle: c’est donc tout bénéfice pour le sol. L’'acide phosphorique, la potasse et la chaux proviennent, il est vrai, du sol, mais comme ils ont été tirés des co iches profondes du sol, ils enrichissent celles de la surface. Enfin, la décomposition du trèfle dégage tous ces éléments importants de fertilité qui se présentent aux racines des arbres sous une forme promptement utilisabl
Il resterait un mot ou deux à ajouter au sujet de la vaieur de la m itière organi-
e fournie. La matière organique se convertit à la longue en bumu nt il serait difficile d'exagérer l'importance. L'humus non seulement dégn gra nent et constamment des éléments dont les plantes se nourrissent mais unéliore beaucoup a texture du sol, des argiles aussi bien que des terres sablo-are ileuses, {1 rend le sol plus apte à absorber et à retenir l'humidité et il fo rnit un excellent milieu pour le développement des microbes qui, comme nous savons. jouent un rôle si important dans l’aceroissement de la fertilité du so!.
Il est possible, bien entendu, d'aller trop loi t enrichissement du sol en azote; on s'en aperçoit par la ation excessive, | is age vert foncé et le manque de fruits. Dans ces circonstances il faut cesser : ploser des engrais organiques et azotés.
Pour fournir un engrais azoté immédiate ent assimilable aux jeunes arbres qui paraissent manquer de cet élément (ce que l’on reconnaît ir le manque de feuillage et par la couleur vert-iaunâtr- des feuilles) o peut appliquer du nitratw de soude en couverture, à raison de 100 à 00 livres à l’acre.
Acide phosphoriq potasse el chaux.—T| n'y a peut-être pas de meËleur moyen de fournir ces élément: au sol de verger que d'y +ppliquer des cendres de bois franc
É | Es :
non lavées. Ces cendres contiennent de 5 à 6 pour 100 de potasse, de 2 à 3 pour 100 d'acide phosphorique et de 30 à 35 pour 100 de chaux. Non seulement ces éléments se trouvent dans un état immédiatement assimilable, mais ils reviennent moins cher sous forme de cendres que sous toute autre forme d'engrais chimique dans bien des parties du Canada. On applique généralement de 50 à SO boisseaux à l’acre.
Les os moulus renferment de 3 à 4 pour 100 d'azote et de 20 à 24 pour 100 d'acide phosphorique. Comme les principes qu'ils renferment ne se dégagent que lentement dans le sol, on considère que c'est un engrais de longue durée et qui convient bien pour emploi dans les vergers. On applique généralement environ 300 livres d'os moulus à l'acre. Le superphosphate contient de 15 à 20 pour 100 d’acide phosphorique, dont la plus grande partie est assimilable. On l'applique à raison de 200 à 400 livres à l’acre.
On peut se procurer la potasse sous forme de muriate (50 pour 100 de potasse réelle) ou sous forme de kainit (12 pour 100 de potasse réelle). Les quantités ordinairement employées sont de 100 à 150 livres du premier et de 200 à 500 livres du deuxième.
Dans son livre sur les engrais chimiques, Voorhees propose les mélanges suivants pour vergers: (a) une partie d'os moulus, de superphosphate et de muriate de potasse (100 livres de chaque) ; et un mélange d'une partie et demie, ou 150 livres d'os moulus et d'une partie ou 100 livres de muriate de potasse,
La fertilité des sols varie tellement qu'il est impossible de dire quelles quantités de ces engrais peuvent être employées avantageusement dans tous les cas. Sur des sols assez bons, une application de 300 à 500 livres de ce mélange à l'acre serait sans doute bien suffisante, mais sur des sols très pauvres ces quantités pourraient être considérablement augmentées, à en juger par l'expérience d'un bon nombre d’arboriculteurs.
Chaux.—Sur les sols qui n’exigent que de la chaux, soit à cause d'un manque naturel de cet élément, de l'excès d'humus, de l'acidité ou du caractère réfractaire de la terre on peut l'appliquer à raison de 1 à 2 tonnes à l’acre.
ENTRETIEX,
La terre du verger de pruniers demande à être parfaitement binée, sinon les fruits resteront petits. La prune a besoin de beaucoup d'humidité. Il faut gratter la surface du sol au moins une fois par semaine, ou après chaque forte chute de pluie jusqu’en juillet, pour conserver l'humidité et ouvrir le sol afin que l'air puisse y pénétrer facilement, provoquer la nitrifieation et la croissance vigoureuse des arbres, On voit parfois des pruniers qui donnent de bonnes récoltes sur un sol engazonné, mais ce n'est pas la règle. On a constaté qu’un sol biné renferme deux fois plus d'humidité qu’un sol engazonné. Le charancon cause keaucoup de dégâts dans les vergers engazonnés et cette raison seule suffit pour que l'on adopte la méthode des binages. Il faut cesser les binages vers le milieu de juillet afin que le bois des arbres puisse s'aoûter à temps et que l’on puisse obtenir un bon développement de la récolte intercalaire. Lorsque les arbre; sont rapprochés les uns des autres et que les binages sont difficiles, il vaut beaucoup mieux recouvrir le sol avec de l'herbe ou de la paille que de le laisser en gazon; les fruits seront plus gros et les arbres plus vigoureux.