‹ Culture pratique du caféier: et préparation du caféChapitre 10 sur 31 · PRÉPARATION ET AMENAGEMENT DU SOL 3S · texte numérisé non relu

PRÉPARATION ET AMENAGEMENT DU SOL 3S

La fazenda Dumont, au Brésil, est sillonnée de voies d'un mètre de largeur fixées à demeure et séparées entre elles par des distances de deux kilomètres au maximum. La plantation possède, de plus, de larges allées, qui séparent les champs et permettent de porter à laide de charrettes le produit des récoltes aux wagons.

Lorsque le terrain choisi est très accidenté, il est très difiBcile, impossible même, de tracer des champs réguliers, il faut, dans ce cas, réserver des sentiers assez larges pour permettre à un animal portant le bât de passer.

On peut choisir remplacement des chemins de telle sorte qu'ils passent par des points culminants, desquels on pourra facilement surveiller les ouvriers travaillant dans la caféière.

La plantation de M. le Capitaine Taylor de la Jamaïque, dont j^ai eu l'occasion de parler déjà, est sillonnée d'un réseau de sentiers très bien installé qui facilite la surveillance.

Si on a omis, lors du défrichement, de conserver des rideaux d'arbres, ou si ceux qui ont été réservés sont insufiBsants, il est utile en même temps que Ton trace les champs, de déterminer l'emplacement des lisières ou brise-vents, et de les planter sans retard.

La manière de constituer les abris contre les vents peut varier : ou bien on réservera tous les 50, 100 ou 200 mètres des bandes de terre de 10 à 12 mètres de largeur, que l'on plantera d'espèces à croissance rapide, ou bien on se contentera de planter le long des allées, des arbres et des arbustes touffus qui joueront TofiRce de brisevents.

Dans certains pays on choisit, dans ce cas, des plantes économiques, girofliers, quinquinas, arbres à caoutchouc, etc., etc., dont les produits ne sont pas à dédaigner.

Ou encore on procédera comme à la Guadeloupe, où l'on plante, tous les 10 ou 12 mètres, une lisière formée d'une seule rangée d'arbres plantés très près les uns des autres.

Dans cette colonie, les lisières espacées de 10 mètres sont formées, en général, d'Inga laurina (pois doux) plantés à moins d'un mètre les uns des autres. L'action des vents est tellement redoutée dans certaines contrées de la Guadeloupe, que la mise en terre des lisières s'effectue trois et même quatre ans avant la plantation des caféiers.

Naturellement, comme nous le verrons par la suite, si les abris

contre les vents sont insuffisants dans les premières années, on rendra leur action plus efficace en exécutant des cultures intercalaires, maïs, ricin, etc., etc.

Si on se propose de faire des brise-vents, on n'aura que le choix des espèces, les Eucalyptus robusta, citriodora, etc., sont employés dans certains pays. Le Grevillea robusta fournit aussi de bons abris, il est très employé à la Réunion et à Geylan, sa croissance est rapide; de plus, les observations auxquelles cette essence a donné lieu à la Station de Tlvololna permettent d'affirmer qu'elle est peu exigeante et qu'elle pousse convenablement dans des sols ferrugineux de très mauvaise qualité. Le Jacquier (Artocarpus integrifolia) forme aussi d'excellents rideaux.

Les brise- vents devront être isolés du reste de la plantation par *des fossés assez larges et assez profonds qui empêcheront les racines d'aller épuiser les parties a voisinantes de la plantation.

Ajoutons que, théoriquement tout au moins, les brise-vents, lisières ou rideaux, paraissent être un obstacle à la propagation des maladies cryptogamiques.

Piquetage. — Lorsque les chemins ont été tracés, le sol nettoyé et l'emplacement des lisières arrêté, on doit procéder au piquetage du terrain. On aura eu soin, au moment du défrichement, de faire réserver une quantité de piquets suffisante pour ne pas avoir ensuite à les envoyer chercher loin.

On se servira pour piqueter d'un instrument précis, afin que les lignes aient une parfaite rectitude. Ce point est considéré comme très important par les planteurs de tous les pays ; on comprend facilement pourquoi. Une plantation régulièrement faite facilite la surveillance, comme des chemins bien tracés, elle permet l'emploi des instruments aratoires; enfin elle facilite les calculs, lorsque les travaux d'entretien sont donnés à la tâche.

11 est un seul cas où l'on peut excuser une plantation non alignée : c'est quand le terrain est très rocheux. Dans ce cas, il faut placer les arbustes là où on trouve assez de terre pour les planter.

L'emplacement que devra occuper chaque arbuste sera marqué à l'aide d'un piquet assez solide et assez profondément enfoncé pour résister jusqu'au moment de la trouaison.

Ce travail est long, mais il n'est pas utile que ce soit le planteur lui-même qui l'exécute; il lui sera facde de dresser un indigène pour faire le piquetage.

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