‹ Culture pratique du caféier: et préparation du caféChapitre 9 sur 31 · PRÉPARATION ET AMÉNAGEMENT DU SOL · texte numérisé non relu

PRÉPARATION ET AMÉNAGEMENT DU SOL

ne connaît pas les espèces qui causeront le moins de préjudice aux caféiers.

11 semble, à priori, qu'il y aura, dans ce cas, intérêt à conserver le plus possible des arbres appartenant à la famille des légumineuses.

La méthode mise en pratique, parait-il, dans certaines contrées, qui consiste à débroussailler dans la forêt des sentiers de 1" 20 à 1™ 50 de laideur dans lesquels on plante une ligne de caféiers, semble bien primitive et peu recommandable.

Outre qu'une grande partie delà terre reste inemployée, les broussailles qui séparent les lignes de caféiers donnent asile à une foule d'insectes et de rongeurs, qui ravagent la plantation ; elles rendent la surveillance très diOicile et tendent continuellement à envahir les parties nettoyées réservées aux caféiers.

En somme, si dans le pays où Ion crée une nouvelle plantation on est fixé sur le choix d'un arbre d'ombrage, il paraît préférable d'abattre complètement la forêt et de replanter les arbres protecteurô.

Comme je l'ai fait pour le cacaoyer, je recommanderai vivement au planteur, avant de commencer le défrichement de son sol, de s'appliquer à bien reconnaître la direction des vents dominants et à conserver la forêt sur certains points pour protéger les parties exposées.

A Madagascar, il n'y a, pour moi, aucun doute que, sur tout le versant Est, l'abri contre les vents Est et Nord est une des premières conditions de réussite pour le caféier.

Il parait inutile de parler du drainage, puisqu'il est admis que les sols humides ne peuvent en aucune façon convenir au caféier.

Dans les plantations très accidentées, on peut rencontrer des sources ; il faut éviter de laisser l'eau qui en provient se répandre autour et transformer une certaine surface en marais, il y a avantage, dans ce cas, à diriger l'eau sur des parties rocailleuses exposées à la sécheresse.

Sur les pentes on doit creuser des rigoles ; elles doivent être dirigées dans un sens perpendiculaire à la pente et elles doivent être d^autant plus rapprochées les unes des autres que celle-ci est plus forte. Dans toutes les plantations de l'État de Sao-Paolo, ces rigoles sont soigneusement établies. Cette précaution est d'autant plus utile que les terres brésiliennes sont très friables et se prêtent, d'une manière toute spéciale, k l'érosion.

Dans les sols pierreux cette précaution est moins utile ; j'ai visité, à la Jamaïque, des plantations accrochées aux flancs escarpés de collines rocailleuses, dans lesquelles on n'avait creusé aucune rigole, les eaux pouvant s'écouler dans la pierraille sans raviner le sol.

Si on s'installe dans une région à saison sèche très longue, il sera nécessaire d'irriguer la plantation : on aura dû songer à cette question avant d'arrêter le choix de remplacement.

Les rigoles et canaux d'irrigation pourront être creusés après la mise en place des plants ; toutefois, ce travail ne devra pas être trop retardé, car c'est généralement lorsque les plants sont jeunes qu'ils sont le plus sensibles à la sécheresse.

Le tracé des chemins doit être fait aussitôt après le défrichement. Si la configuration du terrain le permet, il faut faire des champs déforme régulière, carrés ou rectangulaires, pour faciliter la surveillance.

Au Brésil, les plantations sont généralement très bien comprises sous ce rapport, les champs forment des figures régulières, les chemins sont droits et larges, la circulation des véhicules et la surveillance des travailleurs y sont faciles.

La largeur à donner aux allées est variable, mais elle doit toujours être suffisante pour qu'une voiture puisse y passer et il est utile de réserver quelques voies assez larges pour que les chariots puissent au besoin s'y croiser.

Il est évidemment supposé ici que la plantation aura une importance suffisante pour comporter l'emploi de la traction animale pour les transports.

Dans toutes les petites exploitations on réserve seulement des sentiers suffisamment larges pour permettre à un homme de passer. A la Guadeloupe, j'ai visité des caféières dans lesquelles il nexiste pas de chemins d'exploitation, les ouvriers et les surveillants passent entre les lignes de caféiers.

Dans les très grandes plantations on peut avoir avantage à installer des voies Decauville pour faire les transports dans toutes les parties de l'exploitation; des travaux de nivellement spéciaux sont alors nécessaires et doivent, autant que possible, être faits avant que le plan définitif du domaine soit arrêté.

L'installation de voies ferrées ne dispense pas de conserver des chemins carrossables. Ces chemins d'exploitation doivent converger vers des points choisis, où pourront facilement accéder les trains.

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