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PRÉPARATION ET AMÉNAGEMENT DU SOL

Dans quelques pays, Trinidad en particulier, le piquetage se donne à la tâche

Distance à conserver entre les caféiers. — Avant d'exécuter le piquetage, il faut arrêter la distance à laquelle seront plantés les arbustes.

On ne peut, à ce sujet, donner aucun chiffre.

La distance conservée entre les caféiers varie suivant les pays, suivant les terrains que l'on exploite, suivant la taille que Ton désire adopter et aussi le mode de culture que Ton se propose d'appliquer.

En règle générale, on plante d'autant plus loin que le sol est plus fertile.

Au Brésil, dans diverses fazendas, les distances qui séparent les caféiers sont 9 palmos (1 "* 98) sur la ligne et 1 8 palmos (3'" 96) entré? les lignes (le palmos =22 centimètres). Ces distances, dans la région fertile de Riberao-Preto, paraissent insuffisantes, et j'ai vu des plantations faites en carré, les plants étant distants de 18 palmos en tous sens (3*° 96). Quelques planteurs écartent même, dans les nouvelles caféières, les plants de 22 palmos, soit 4*" 84 en tous sens.

Ces dernières distances semblent un peu trop considérables, etpour les régions fertiles de TÉtat de Sao-Paolo 18 palmos en tous sens semble être une distance raisonnable.

A la Fazenda Schmidt, probablement la plus vaste du monde (elle renferme près de sept millions de caféiers), les arbustes sont plantés à 1 6 palmos en tous sens.

A la Jamaïque, dans le massif de « Blue moutain » on plante à 6 pieds anglais, soit environ 1™ 75, il y a lieu de rappeler que les terrains sont dans cette région très pierreux, et que les arbustes s'y développent peu.

A la Guadeloupe, on plante à 2 mètres, dans des terrains très fertiles, les arbustes recouvrent complètement le sol dès la cinquième ou la sixième année; peut-être y aurait-il avantage à planter un peu moins serré ?

Dans les plantations serrées, les soins d'entretien sont réduits très rapidement à peu de chose ; une fois que les arbustes se touchent, les herbes ne poussent plus sur le sol et les sarclages se trouvent supprimés.

Quelle que soit la distance adoptée, on fera bien de placer les plants en quinconce, ils se développeront ainsi plus uniformément et se gêneront moins.

Dafert, Culture rationnelle du café au Brésil, dit au sujet de Técartement des plants : « On emploie, depuis quelque temps à Madagascar, et sur d'autres points (Sumatra par exemple), une méthode qui réunit les avantages des deux systèmes que nous venons d'étudier. Elle consiste à planter en rangs serrés pour enlever un peu plus tard les plants en excès et ne garder que des lignes à écartement normal ».

Je ne sais pas si cette méthode est employée à Sumatra, mais ce dont je suis bien certain, c'est qu'elle n'a jamais été appliquée à Madagascar où, du reste, la culture du GofTea arabica occupe encore de bien modestes surfaces et n'est pas encore sortie de la période des tâtonnements.

L'idée n'est peut-être pas mauvaise et elle mérite d'arrêter l'attention des planteurs.

Trouaison. — Dans aucun pays, je crois, il est d'usage de défoncer le sol en plein avant d'y établir une plantation. Ce travail serait certainement impossible à exécuter dans les grandes exploitations, en raison de l'énorme quantité de main-d'œuvre qu'il nécessiterait.

Partout on se contente d'ouvrir des trous de dimensions variables, dont le milieu se trouve précisément marqué par les piquets fichés en terre au moment du piquetage.

Plus le sol est compact et plus il est utile de faire les trous grands.

Au Brésil, dans les terres « roxa », on ne fait pas de trous du tout, on se contente, au moment du semis en place, d'ouvrir à la houe une excavation de 15 à 20 centimètres de côté et d'une profondeur un peu inférieure, au fond de laquelle on place les grains.

A la Guadeloupe, on ouvre plusieurs mois avant la mise en place des caféiers, des trous d'environ 50 à 60 centimètres de côté que l'on comble, petit à petit, avec des herbes ou de la partie supérieure du sol.

Si le terrain est pierreux, il est utile d'éviter, en comblant les trous, de rejeter les plus grosses pierres dedans.

P«go 39.

Un arbre crAbri

Abris contre le soleil. — Doit-on abriter le caféier du soleil ? Raoul dans son livre Culture du caféier dit à ce sujet : « Si dans la zone intratropicale le caféier vient mieux dans les forêts, ce n*est pas seulement à cause de la richesse du sol, c'est aussi parce qu'il y trouve la fraîcheur, l'humidité et Tabri qui lui permet de végéter dans de bonnes conditions.

« Abriter (contre le soleil) est indispensable. Certes, en n'abritant pas, on obtient, pendant quelque temps, une récolte de beaucoup plus considérable, mais on a mangé son bien en herbe, car on ne conserve pas la plantation, qui devient la proie de tous les parasites par suite de l'affaiblissement des caféiers et des dommages causées au système radicellaire superficiel par le soleil. »

Raoul a prononcé là un jugement qui parait être sans appel. Je ne puis cependant pas l'accepter sans le discuter car s'il est vrai que dans presque tous les anciens pays producteurs de café, Java, Ceylan, les Indes, la Réunion, le Venezuela, etc., etc. il est d'usage d'ombrager les caféières, il n'est pas moins vrai que dans les remarquables plantations du Brésil les plants se développent en plein soleil et résistent un grand nombre d'années, 50 ans, 60 ans, 80 ans et même plus, quoique leur système radicellaire superficiel soit exposé au soleil.

Si, d'autre part, on considère que le caféier cultivé dans ces conditions produit abondamment, et si on veut bien songer que la production annuelle de l'Etat de Sao-Paolo atteint 700 millions de kilogrammes, égalant presque la consommation ipondiale, on sera tenté d'arriver à des conclusions diamétralement opposées à celles de l'éminent auteur du Manuel des cultures tropicales.

Je répéterai ici ce que j'ai dit ailleurs à propos du cacaoyer : Il est probable que les planteurs qui ombrent leurs caféiers ont raison et que ceux qui ne les ombrent pas ont également raison.

Des conditions de climat différentes suffisent pour expliquer ces différences dans les modes de culture.

Pourquoi, à la Jamaïque, cultive-t-on le caféier à l'ombre dans les basses altitudes, tandis que dans le massif de la montagne (Blue mountain) à 1.500 et 1.600 mètres au-dessus du niveau de la mer, on expose les arbustes au plein soleil?

Il est certain que les planteurs de cette île ont reconnu, pour en arriver à pratiquer des méthodes culturales si différentes, dans un pays cependant peu étendu, que l'ombre est nécessaire aux plantations. dans les bas, alors qu'elle est préjudiciable dans les hauts.

40 CULTURE PRATigUE DU CAFÉIER

Il est bien évident qu'en prenant parti pour la manière d'opérer des uns et en condamnant celle des autres, on commettrait une faute.

En réalité, le caféier paraît réclamer Tombrage lorsqu'il est cultivé a de basses altitudes dans des régions peu éloignées de Téquateur, il semble au contraire s'en passer très avantageusement à la limite extrême de culture du caféier.

Les planteurs de « Blue moutain », dont les plantations sont situées entre 3.000 et 4.200 pieds d'altitude, m'ont, en effet, déclaré que chez eux les essais d'ombrage des caféiers avaient donné des résultats déplorables.

Au Brésil, dans les Etats de Rio et de Sao-Paolo, les fazenderos considèrent également que la culture du caféier à Tombre n'est pas pratique.

Pour résumer ce qui précède, je crois, d'après ce que j'ai vu, pouvoir dire que Tombrage, utile dans les parties les plus chaudes de la région équatoriale, paraît pouvoir sans inconvénient être supprimé dans les parties plus tempérées, soit à cause de leur éloignement de Téquateur, soit en raison de leur élévation au-dessus du niveau de la mer.

A Madagascar, sous la latitude de Tamatave (18® de latitude sud), il semble que jusqu'à 6 ou 700 mètres d'altitude l'ombre serait utile et qu'au delà de cette côte elle deviendrait préjudiciable.

En fait, les caféiers des environs de Tananarive et Moramanga ne sont pas ordinairement ombragés et ne paraissent souffrir du tout de l'action du soleil.

Peut-être y aurait-il intérêt à essayer d'ombrager les plantations situées dans un climat relativement frais mais présentant une longue sécheresse : L'ombrage est généralement considéré comme un moyen de combattre la sécheresse.

Puisqu'il est admis que l'abri contre le soleil est nécessaire dans les parties chaudes de la région tropicale, il convient de rechercher les qualités que doivent remplir les arbres qui seront employés.

Ces qualités sont les suivantes:

La croissance doit être rapide.

Le système radiculaire doit être aussi peu développé et aussi pivotant que possible pour épuiser le moins possible la surface du sol.

Le feuillage doit être assez dense pour donner en tout temps un

ombrage sufiisant, il doit cependant laisser passer la lumière et une certaine quantité de rayons solaires. L'ombre trop compacte à Tinconvénient de provoquer Tétiolement des arbustes et d'entraîner une diminution de la récolte.

Leur bois doit être assez flexible pour ne pas se rompre sous Taction des vents violents.

En pratique, il n'est guère possible de trouver un arbre réunis-

Krylhrina umbrosa.

sant toutes les qualités énoncées et tous ceux qui sont employés actuellement les possèdent plus ou moins.

Les arbres que Ton emploie pour ombrager les caféiers appartiennent à diverses familles.

Certains Ficus: F. glomerata, F. tuberculata, F. myosorensis, etc., des Eugenia : E. jambolana, E. zeylanicum, etc.,le CedrelaTaona, l'Erîodendron anfractuosum, les Artocarpus hirsuta et nombre d'autres espèces sont employées par les planteurs de caféiers de quelques pays.

Mais il semble que ce sont les arbres appartenant à la famille des Légumineuses qui jouissent de la plus grande vogue et qui sont employés sur la plus grande échelle.

Cette préférence s'explique parfaitement ; on sait en effet que les plantes appartenant à la famille des Légumineuse possèdent la propriété de s'assimiler, par symbiose, Tazote atmosphérique qui se trouve, par suite de la chute des feuilles, des fleurs et des fruits, être rapporté indirectement au sol.

A Trinidad, le professeur Garmody, chef du laboratoire de Portof-Spain a, par une série d'analyses, mis en évidence la puissance assimilatrice des Erythrina umbrosa et velutina employés dans cette colonie.

Il a trouvé que la chute sur le sol des fleurs de ces arbres constituait un engrais azoté suffisant pour rapportera la terre une quantité d'azote supérieure à celle exportée par les récoltes de cacao.

Des constations du-même genre ont été faites par M. Grandeau au sujet de TErythrina subombrans employé comme arbre d'ombre à Java.

L'analyse a donné les résultats suivants: pour 1.000 kilogrammes de feuilles sèches d'E. subrombrans.

Azote 18k.700

Acide phosphorique .... 1 . 400

Potasse 3.180

Ghaux 37 .

Magnésie 2 . 500

D'après Boname, 1.000 kilogrammes de café exporté renferment 16 k. 800 d'azote. L'azote rapporté au sol par la chute des feuilles des Erythrines compense facilement celui enlevé par les récoltes de café.

Les Erythrines ne sont pas les seuls Légumineuses qui peuvent être employées. Les Albizzia moluccana, stipulata et Lebbeck servent dans beaucoup de pays ainsi que le Pithecolobium saman, le Schizolobium excelsum, les Inga laurina et dulcis, etc., etc.

Tous les Erythrina ont l'avantage de croître très rapidement et de se multiplier avec une extrême facilité par boutures plançons.

Ils atteignent malheureusement presque tous de très grandes dimensions- et ne présentent pas toujours une solidité suffisante, surtout lorsqu'ils sont plantés sur des sols en pente se délayant facilement sous l'action de la pluie.

A Trinidad, j ai pu voir dans les cacaoyères des districts montagneux de Couva et de Montserrat, de géants Erythrina umbrosa s'abattre brusquement à la suite de fortes pluies. 11 est probable que multipliées par semis, ces essences formeraient un système radiculaire plus important et acquerraient plus de stabilité. L'Erythrina velutina, connu à la Guyane hollandaise sous le nom de koffée mama, est plus solide et convient, par suite, pour les situations plus exposées aux vents.

L' Albizzia moluccana pousse avec une rapidité vraiment extraordinaire, en dix-huit mois il atteint à Tamatave, plus de huit mètres de hauteur. Il se multiplie très facilement par semis faits soit en place, soit en pépinières ; ce serait une espèce parfaite, si sa résistance au vent était plus complète et son ombrage un peu moins compact. On peut, il est vrai, remédier à ce dernier inconvénient en plantant les arbres à des intervalles un peu plus grands.

L'Albizzia stipulata présente les mêmes qualités et les mêmes défauts que le précédent, à la station de Tlvoloina, cette espèce nous a semblé présenter une puissance d'assimilation de Tazote extraordinaire. Toutes les radicelles sont, à un moment donné, couvertes d'une quantité considérable de nodosités beaucoup plus volumineuses que celles que Ton peut rencontrer sur les racines des autres Légumineuses.

J'ajoute que ces deux espèces se sont montrées assez résistantes au vent à Tamatave.

L'Albizzia Lebbeck, connu sous le nom de bois noir, est l'arbre d'ombrage le plus répandu à Madagascar.

Il est très résistant aux vents mais il a l'inconvénient de pousser assez lentement. Il se multiplie par semis ou par bouturage. Le feuillage de TAlbizzia Lebbeck est caduc, mais cet arbre, excessivement prolifique, produit une quantité considérable de larges gousses qui persistent pendant la saison froide et remplacent en partie les feuilles.

Le Pithecolobium Saman a ses partisans et ses détracteurs. Il n'est pas employé à Trinidad ni à la Guyane hollandaise, où on lui reproche de ne rien laisser pousser sous son couvert.

A Tamatave cette espèce n'a pas donné de bons résultats jusqu'à présent. La croissance s'y est montrée très irrégulière et très lente.

L'Inga laurina de la Guadeloupe remplit Toffice d'arbre d'om-

brage et d'arbre d'abri contre les vents. Il est, parait-il, attaqué par une maladie qui provoque la chute de ses feuilles. Peut-être, s'il était transporté dans un autre pays, la maladie ne Vy suivrait-

Albizia Stipula de 18 mois abritant^des GofTea Congensis.

elle pas et pourrait-il y rendre des services? Le Pois doux n'est pas un arbre très grand.

Parmi les espèces citées plus haut et n'appartenant pas à la famille des Légumineuses, quelques-unes paraissent peu recomman-

dables, ce sont les Eugenia dont la valeur comme brise-vent est indiscutable, mais qui fournissent une ombre beaucoup trop compacte et qui épuisent beaucoup trop le sol pour qu'il soit pratique de les planter dans les caféières.

Le Cedrela Toona pousse avec une extrême rapidité, atteint des proportions gigantesques et par suite gêne les arbustes qu'il a pour mission d'abriter.

Les Artocarpus fournissent de bons brise-vents, mais ils épuisent aussi beaucoup trop le sol pour être employés avantageusement comme arbre d'ombrage.

A citer le Musanga schmiti du Congo dont M. Dybowski [Traité pratique des cultures tropicales) dit beaucoup de bien. Cet arbre appartient à la famille des Artocarpées, il conviendrait surtout pour les régions très humides, car il absorbe une quantité considérable d'eau et peut jouer, dans une certaine mesure, Toffice de drain ; il serait, au contraire, à rejeter pour les pays secs.

Distance à conserver entre les arbres d'ombrage. — La distance à réserver entre les arbres d'ombrage est essentiellement variable. Le climat, l'exposition, le sol, l'espèce employée, influent sur elle et peuvent la faire varier dans des proportions considérables.

On peut poser en principe que l'ombrage ne doit pas être trop compact, autrement il réduit énormément la production.

Néanmoins, au début, il vaut mieux avoir trop d'ombre que d'en manquer. Si on a planté les arbres d'ombrage trop près les uns des autres, il sera très facile d'augmenter les distances qui les séparent en supprimant un certain nombre d'entre eux.

Des distances variant entre 14 et 16 mètres paraissent suffisantes pour les Albizzia.

Abris provisoires, — Si l'utilité des abris permanents est discutable et si la plus grande partie des caféières s'en passent, il semble que la nécessité d'abris provisoires, tant contre le vent que contre le soleil, est absolument impérieuse dans les premières années qui suivent la plantation.

Même au Brésil, où le caféier croît avec une extrême facilité, ne redoutant, lorsqu'il est adulte, ni les vents, ni le soleil, on abrite dans le jeune âge du soleil tout d'abord, puis du vent.

Au Brésil, les abris provisoires sont constitués par des cultures intercalaires de maïs, quelquefois, mais très rarement, par des plantations de ricin. A la Jamaïque et à la Guadeloupe on emploie le bananier planté soit en lignes régulières, soit par pieds isolés. A la Guadeloupe, les abris de bananiers sont pour ainsi dire permanents, ils complètent l'ombrage fourni par les lisières de pois doux (Inga laurina).

Lorsque le sol est relativement pauvre, il y aurait avantage à remplacer les cultures épuisantes de maïs et de bananiers par des cultures déplantes améliorantes, telles que les ambrévades (Cajanus indica).

Cette dernière plante a l'avantage sur le maïs, en plus de ses propriétés communes à toutes les légumineuses, de persister au moins deux années.

Elle est connue sous des noms divers dans tous les pays tropicaux, et elle se multiplie avec ime très grande facilité par le semis en place.

J'ai fait mettre, pour la première fois, en 1903, Tambrévade à Tessai comme abri provisoire à la Station deTIvoloina.

Cette plante a maintenant fait ses preuves, elle peut rendre de grands services, tant pour abriter des vents que pour abriter du soleil ; elle atteint près de 3 mètres de hauteur et vit trois ans au minimum.

Elle demande à être cultivée en touffes assez espacées les unes des autres. En plantations serrées elle ne réussit pas très bien.

Dans les plantations peu importantes les abris provisoires sont constitués par des cultures vivrières : manioc, caladium, haricots, etc., etc.

Quelle que soit la plante que Ton emploie pour abriter les caféiers dans leur jeune âge, il convient de ne pas donner à sa culture une importance telle qu'elle puisse être considérée comme la culture principale ; on risquerait ainsi d'épuiser le sol et de compromettre Tavenir de la plantation.

Il semble cependant que, question d'abri mise à part, les cultures intercalaires faites avec modération doivent avoir une heureuse influence sur la conservation de la fertilité du sol. Elles contribuent à soustraire le sol à l'action directe du soleil et à éviter les ravinements causés sur les terres nues par les eaux de ruissellement. Enfin, les sarclages et binages qu'elles nécessitent entretiennent la couche arable meuble et facilitent la pénétration des racines.

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Vue prise dans une cafcière lïrésilieuuc : à remarquer les cultures de maïs.

11 D*est du reste jamais recommandable de laisser le sol nu : on sait, grâce aux expériences de M. Déhérain, que les terres non recouvertes de végétation cèdent, aux eaux qui les traversent, de notables quantités de principes solubles, de l'azote nitrique principalement.

Les expériences de ce savant ont porté sur les terres des régions tempérées. 11 est probable que les conclusions auxquelles il est arrivé s'appliquent également aux terres tropicales, et il paraît certain que la perte d'azote nitrique des terres équatoriales nues doit être considérable, en raison des pluies violentes auxquelles elles sont soumises et des conditions particulièrement favorables qu'elles offrent à la nitrification.

La culture intercalaire permet de transformer en matières consommables lazote nitrique qui serait entraîné par les eaux et par conséquent perdu.

Je n'ai pas fait cette remarque à propos du cacaoyer ; le sol des cacaoyères n'est jamais nu, puisqu'on se contente, dans les premières années, de couper les herbes qui le couvrent.

Nous verrons au chapitre « Entretien des caféières » (jue le caféier est plus exigeant sous ce rapport, et qu'il ne souffre pas du tout la prc^'^nce des herbes adventices. Il faut laisser le sol absolument nu ou le couvrir de cultures sarclées.

Elablissement de la plantation, — Une fois le sol préparé, il convient de planter le plus tôt possible, pour ne pas laisser aux plantes adventices le temps de l'envahir avant la mise en place des caféiers.

Pour faire sa plantation deux méthodes s'offrent au planteur.

Il sèmera ses caféiers directement en place, ou bien il les éduquera d'abord en pépinières pour les transplanter à demeure lorsque le sol aura été préparé.

Les semis faits directement en place conviennent aux grandes plantations; c'est la méthode usitée au Brésil, où seule la culture extensive est pratiquée.

L'éducation en pépinières convient aux petites et moyennes exploitations. Toutes les fols qu'on voudra s'adonner à la culture intensive, il y aura lieu d'installer des pépinières et de les surveiller soigneusement.

Dans quelques pays, la Jamaïque en particulier, les planteurs de

caféiers emploient souvent une méthode qui semble devoir être condamnée catégoriquement. Pour agrandir leurs caféières, ou pour remplacer les sujets disparus, ils emploient les plants que l'on trouve sous les arbustes âgés, qui proviennent de graines tombées accidentellement sur le sol.

Ces plants sont fortement étiolés et d'âge variable, il est, par suite, impossible de faire avec eux des plantations régulières, et en s'en servant on se réserve certainement de sérieux déboires pour l'avenir.

Sans doute, rétablissement de pépinières et les soins quil faut donner entraînent des frais, mais on obtient, de cette façon, des plants vigoureux, de force égale, avec lesquels on est certain d'avoir des plantations i*égulières.

Le semis en place a bien aussi ses inconvénients, mais il ne semble pas que les arguments employés contre lui puissent déterminer les planteurs brésiliens à Tabandonner. C'est bien, pour la région de Sao-Paolo, la seule méthode réellement pratique et on ne peut guère concevoir comment un planteur désirant mettre la même année plusieurs centaines de mille caféiers en place, pourrait s'y prendre, s'il avait à faire transplanter des plants élevés en pépinières, auxquel il faudrait conserver une motte.

On peut reprocher au semis en place d'occasionner des dépenses d'entretien supplémentaires pour maintenir le sol en état de propreté, depuis le jour où les graines ont été mises en terre jusqu'au jour où les plants éduqués en pépinières et semés en même temps auraient été bons à transplanter.

Cet argument serait vrai si on laissait le sol inoccupé, mais il est sans valeur pour le Brésil. Dans l'État de Saint-Paul, du jour où la plantation est commencée, les interlignes sont occupées par des cultures intercalaires de maïs et de haricots dont les produits servent à la population ouvrière delà fazenda.

La valeur des produits de ces cultures secondaires est bien supérieure aux dépenses d'entretien de la plantation.

Je ne me fais pas le défenseur du semis en place ; j'estime que toutes les plantations de moyenne étendue doivent êti*e alimentées par des pépinières soigneusement aménagées, dans lesquelles les arbustes sont soumis à une sélection rigoureuse.

Dans les climats et les sols extrêmement favorables au caféier, le semis en place peut être employé avantageusement et permettre l'établissement de vastes plantations.

PaKC iK.

Vue prise dans la ivpion cafciùrc de Hibcrao-Prolo ; à remarquer que les cultures intercalaires ne sont pas faites dans lous les

interlijfnes

Vue prise sur les séchoir» de la plantation Moute-Alèjrre. A driule le lavoir.

Remarquons que daus les terrains très légers ou très pierreux, la levée en motte des plants est difficile, impossible même, la reprise des plants transplantés peut être difficile et il se peut que dans ce cas le semis en place doive être recommandé.

Quelle que soit la méthode employée, il y a lieu, avant de procéder, soit au semis en place, soit au semis en pépinières, de soumettre les semences à une sélection rigoureuse.

La sélection doit, s'il est possible, commencer dès la récolte des cerises. Celles-ci doivent être choisies sur des arbres d'âge moyen, vigoureux, très productifs.

On ne doit les cueillir qu'à parfaite maturité et éliminer soigneusement toutes celles qui sont petites ou incomplètement formées.

La mise en terre des semences doit suivre d'aussi près que pojssible la cueillette des cerises. On peut cependant sans inconvénient semer les graines un mois ou im mois et demi après la récolte.

Si Ton sème aussitôt après la cueillette, on peut procéder de suite au dépulpage des cerises. Ce travail est souvent fait à la main, mais il ne me semble pas qu'il puisse y avoir grand inconvénient, lorsqu'on a de grandes quantités de semences à traiter, à les dépulper à l'aide des dépulpeurs ordinaires.

Pour éviter d'abimer les grains, il suffit de desserrer un peu les appareils. Une fois dépulpées et lavées, les graines sont soumises à une nouvelle sélection. On élimine celles qui ont pu avoir à souffrir du dépulpage et celles qui sont mal formées ; les semences rondes qui donnent le café caracoli ne doivent pas être employées.

Si le semis ne suit pas immédiatement la cueillette, on fera sécher les cerises à l'ombre et on les conservera jusqu'à la mise en terre dans un endroit sain. On pourra encore conserver les graines après les avoir dépulpées, il faudra, comme si elles étaient laissées dans les cerises, les séchera l'ombre et les déposer en lieu sain.

Dans le cas où le semis devrait être fait plus longtemps après la récolte, deux à trois mois par exemple, il pourrait être utile de stratifier les semences en les mélangeant à une certaine quantité de sable, pour leur conserver plus longtemps leurs facultés germinatives.

Toutes ces précautions seraient utiles à prendre ; en réalité, les planteurs ne les prennent pas toujours et les sélections sont loin d'être poussées aussi loin qu'elles devraient l'être.

Les agriculteurs coloniaux oublient beaucoup trop souvent les heureux résultats que peut donner une sélection judicieuse et persévérante. C'est regrettable ; ils devraient au contraire pousser le choix des porte-graines très loin et être bien pénétrés de cette idée que c'est surtout grâce à une sélection bien comprise que Ton arrive, en agriculture, à créer des races de plantes plus productives, et plus précoces que les types originaux.

C'est grâce à une sélection intelligente et soutenue que Ton est arrivé, en Europe, à créer pour toutes les espèces de plantes cultivées, plantes industrielles, fruitières, légumières, florifères, etc., etc., des variétés remarquables. En agriculture tropicale, il reste presque tout à faire dans cet ordre d'idées.

Il est certain qu'on obtiendrait, en soumettant les plantes tropicales (caféier, cacaoyer, etc., etc.) aune sélection suivie, des résultats pratiques de la plus grande importance.

Semis en place. — Dans TÉtat de Sao-Paolo, la récolte du café se fait de mai à septembre ; on procède aux semis, qui sont toujours faits en place, en septembre et octobre.

Cette opération ne demande pas plus de travail que s'il s'agissait de semer de simples haricots. A la place marquée par le piquet l'ou-^ vrier ouvre, à la houe, un trou de 15 à 20 centimètres de côté et d'une profondeur n'excédant pas 18 centimètres. Au fond de ce trou il dépose une poignée de cerises ou de graines en parche, qu'il recouvre de 4 ou 5 centimètres de terre.

11 ramasse ensuite sur le sol des petites bûches de bois, ou des branches^ qu'il dépose au-dessus du trou. Ce rudimentaire abri est édifié, disent les planteurs, pour protéger du froid les jeunes caféiers dans les premiers temps qui suivront leur sortie de terre.

Cette explication, qui m'a été donnée par nombre de fazenderos sérieux, me semble bien peu acceptable.

En effet, les graines dé caféier, mises en terre en fin de septembre, n'en sortiront pas avant les premiers jours de novembre ; à ce moment, la température est suffisamment élevée pour que les gelées blanches ne soient plus à redouter. 11 est plus certain que dans TEtat de Sao-Paolo, comme partout ailleurs, le caféier redoute le soleil lorsqu'il germe, et c'est vraisemblablement contre le soleil que les planteurs du Brésil l'abritent sans s'en rendre compte la plupart du temps.

L'abri constitué par les bûches ou les branchages pourrait être très avantageusement remplacé par quelques pieds de maïs, de ricin, d'ambrévade, etc., plantés autour du trou, quelque temps avant la mise en terre des graines de caféier.

On peut se demander pourquoi on place les graines au fond d'un trou ; personne n'a pu donner à ce sujet une explication acceptable Etant donnée la façon de procéder des Brésiliens, il semble que cette méthode a du bon : le jeune caféier naissant au fond d'une cuvette se trouve, au début, abrité tout naturellement des vents.

Par la suite, lors des binages, on comble la cuvette et les arbustes se trouvent butés.

Cette façon de procéder n est pratique que dans des sols extrêmement perméables et dans un climat relativement sec.

On comprend sans peine que dans une terre argileuse exposée à des pluies fréquentes, la méthode brésilienne serait déplorable ; chaque pluie remplirait le trou, l'eau y séjournerait plusieurs jours, colmaterait très énergiquement la terre au-dessus des graines, et il est bien probable que la plupart des semences resteraient en terre.

Les cultures intercalaires qui doivent abriter la plantation des vents doivent être commencées avant pour que les plants trouvent de suite un abri contre les vents.

Au Brésil, pour le caféier, comme à Trinidad pour le cacaoyer, on fait travailler à la tâche.

Souvent rétablissement de la plantation est confié à un entrepreneur auquel on abandonne le sol couvert de forêts vierges.

Il se charge du défrichement, du semis, de la confection des abris en bûches ou en branchages, et reçoit pour ce travail, dans la région de Riberao Preto, 300 reis par pied de caféier. La valeur du mil reis, unité de la monnaie brésilienne, est variable. Lorsque j'étais au Brésil (avril 1902), un franc correspondait à environ 800 reis.

Un autre système de contrat est mis en pratique. L'entrepreneur s'étant chargé du défrichement du sol et du semis, conserve la plantation jusqu'à Fâge de 4 ans.

Les soins d'entretien sont à sa charge ; mais il est propriétaire des produits des cultures intercalaires et de ceux que peuvent donner les caféiers jusqu'au moment où il les rend au propriétaire.

Il reçoit alors 500 ou 600 reis par pied de caféier bien venant.

A la fazenda San Martinho, appartenant à M. Prado, les plantations sont établies par contrat. L'entrepreneur défriche le sol, plante les caféiers, les soigne jusqu'à quatre ans et reçoit, à ce moment, 1 .200 reis par pied bien venant ; mais il ne lui est permis de cultiver du maïs et des haricots que pendant les deux premières années qui suivent l'installation de la plantation, il n'a plus ensuite le droit de faire des cultures intercalaires.

Cette façon de procéder a les plus grandes analogies avec le contractor-system mis en pratique à Trinidad pour l'établissement des cacaoyères. (Voir Fauchère, Culture pratique du cacaoyer.)

Comme on le voit par l'exposé précédent, les semis en place de caféiers sont faits, au Brésil, avec le minimum de soin.

Dans des régions moins favorables à cette plante, il faudrait certainement prendre beaucoup plus de précautions.

D'abord, si le sol était compact, la nécessité de creuser, quelques mois à l'avance, des trous de 50 à 60 centimètres de côté, se ferait sentir.

Il faudrait combler ces excavations avec de la partie supérieure du sol assez longtemps d'avance pour qu'au moment du semis le tassement soit complètement achevé. Le remplissage des trous doit, dans les terres fortes laissant difficilement passer l'eau, être fait avec soin. Il vaut mieux mettre trop de terre que de ne pas en mettre assez, car après le tassement, il resterait un trou dans lequel Teau séjournerait, pour le plus grand préjudice des jeunes plants.

Naturellement, dans les régions où le caféier réclame des abris contre le vent et le soleil, ceux-ci devront être soigneusement installés avant le semis.

Les observations que j*ai faites à Tananarive et à Tamatave me permettent de dire que le caféier en germination ne supporte pas du tout le soleil.

Il conviendra donc, au moment du semis, ou dans les quinze jours qui le suivront, d'abriter artificiellement le trou dans lequel on a planté les graines, si les abris naturels ne sont pas suffisam^ meut développés.

D'une manière générale, le semis doit être fait au commencement de la saison pluvieuse, ou dans le dernier mois de la saison sèche.

Il est toujours prudent de mettre dans chaque trou un certain

nombre de semences pour être sûr d'obtenir plusieurs plants dans chaque poquet, parmi lesquels on fera une sélection soignée lorsqu'ils auront 12 à 15 centimètres de hauteur. C'est, en effet, lorsque les jeunes caféiers ont atteint cette taille quil convient de les éclairoir et de ne conserver, dans chaque trou, que le nombre de plants nécessaires à la formation de la touffe.

Au Brésil, les planteurs de caféiers conservent quatre plants par touffe ; ils conservent les quatre plants les plus forts et arrachent les autres. On cherche à conserver entre ces quatre plants le plus de distance possible.

J'ai interrogé plusieiu's planteurs dans le but de savoir pourquoi on forme des touffes de quatre pieds, au lieu de conserver un seul plant.

On m'a répondu que les pieds laissés seuls se chargeaient d'une très grande quantité de fruits et périssaient tout jeunes.

Cette explication est incomplète; on ne comprend pas bien, tout d'abord, pourquoi un caféier planté seul fructifie plus que quatre caféiers plantés dans le même trou.

A mon avis, on doit en chercher la raison dans ce fait que, lorsque les plantations sont jeunes, les abris contre les vents fournis par les cultures intercalaires sont insuffisants dans l'État de Sao-Paolo. Le caféier planté seul est balancé outre mesiu^e, son système radioulaire en souffre, il fructifie, s'épuise et meurt.

Les quatre arbustes plantés dans une même touffe se prêtent un appui mutuel. Leurs têtes réunies ne forment pas une cime beaucoup plus touffue que celle du caféier planté seul ; ils n'offrent par conséquent pas beaucoup plus de prise au vent, et au lieu d'un pied pour résister à son action ils en ont quatre. L'ébranlement est moindre pour chaque pied et par suite le préjudice moins grand. C'est le cas ici de répéter le proverbe : ^ l'union fait la force. »

En résumé, à mon avis, le système brésilien dont i\ vient d'être parlé, est un moyen de défense contre les vents.

Il pourra être utilement employé dans les régions soumises aux vents, si on doute de l'efficacité complète des abris.

A la Guadeloupe, les touffes se composent de deux plants, il est probable que dans ce pays c'est aussi pour compléter, dans une certaine mesure, l'action des abris contre les vents, que cette méthode a été mise en pratique. Je n'en vois pas d'autre raison pour ce pays. Au Brésil, on pourrait dire qu'on forme des touffes à cause

de la grande distance réservée entre chaque pied. Les touffes, en effet, prennent, malgré tout, un peu plus de développement qu'un simple pied. Cette raison ne peut être invoquée pour la Guadeloupe, où les plantations se font très rapprochées.

Semis en pépinières, — Malgré tous les soins apportés à l'exécution du semis en place, il se produit des manquants dans la plantation, et il est nécessaire d'établir, en même temps, des pépinières dans lesquelles on trouvera les plants nécessaires aux remplacements. Dans toutes les plantations brésiliennes on installe des pépinières de la façon la plus rudimentaire.

Chaque fazenda possède des réserves de forêt vierge. C'est dans ces réserves qu'on place les pépinières. On cherche une clairière, à défaut de laquelle on débroussaille sous de grands arbres une superficie quatre ou cinq fois supérieure à celle qu'occupera la pépinière.

Le sol est labouré grossièrement ; souvent il ne subit aucune préparation. On trace à sa surface des rayons de 5 à 6 centimètres de profondeur, distants de 25 à 30 centimètres les uns des autres, au fond desquels on dépose les graines à 10 ou 12 centimètres d'intervalle, après quoi on remplit les sillons de terre meuble.

La pépinière ne reçoit aucun autre soin. On veille simplement à ce que les broussailles ne Tenvahissent pas. C'est là que les planteurs viennent, s'il y a lieu, chercher des plants pour remplacer ceux qui manquent dans les semis en place.

C'est évidemment là la façon de faire la plus rudimentaire que l'on puisse imaginer, et lorsque la plantation doit être faite tout entière à l'aide de plants éduqués en pépinières, il est utile de prendre plus de précaution dans l'établissement de celles-ci.

Voyons comment il faut procéder. Généralement la pépinière peut être installée sans inconvénient sous bois. On doit choisir un emplacement ombragé sans être couvert d'une ombre compacte. Il vaut mieux, dans les premiers temps qui suivent la mise en terre des graines, donner aux planches de pépinières un supplément d'ombrage à l'aide de branchages que l'on enlèvera progressivement à mesure que les plants grandiront, que de les installer sous des grands arbres ne laissant pénétrer aucun rayon de soleil.

Dans ce dernier cas, il y aurait à craindre qu'au moment de la

mise en place les plants ne trouvent pas dans la plantation un abri aussi complet que celui de la pépinière et qu^ils souifrent de Faction du soleil.

Si la pépinière est installée dans un endroit découvert, on Tabrite du soleil à Taide d'ombrières installées comme il sera dit plus loin.

Inutile de dire que les pépinières doivent être placées dans des lieux abrités des vents, et aussi près que possible de Teau pour rendre moins coûteux les arrosages qu'il sera certainement nécessaire de donner de temps à autre.

Le sol choisi, on trace à sa surface des planches de 1" 20 à 1" 50 de largeur, séparées entre elles par des sentiers de 60 à 70 centimètres de large qui permettront le passage des brouettes.

Les planches doivent être labourées soigneusement, épierrées et débarrassées des racines qu'elles peuvent renfermer ; le labour fait, un coup de râteau en égalise la surface. On trace ensuite, dans le sens de leur longueur, des rayons. La distance à réserver entre les rayons est variable suivant le but que l'on poursuit, si Ton se propose de repiquer une fois les plants avant leur mise en place définitive, 12 à 15 centimètres entre les lignes suffisent ; si, au contraire, on désire laisser les plants en pépinières sans les repiquer jusqu'au moment de la plantation, un écartement plus grand sera nécessaire; il faudra réserver entre les lignes au moins 20 ou 25 centimètres. L'écartement à conserver entre les graines, sur la ligne, variera aussi : dans le premier cas, 6 à 8 centimètres suffiront, tandis que dans le second 12 à 15 seront nécessaires.

Dans les quinze jours qui suivent la mise en terre des graines il faut, si le sol est découvert, bâtir les ombrières au-dessus de la pépinière.

On peut procéder de plusieurs façons, mais il y aura toujours avantage à élever suffisamment Técran au-dessus du sol pour que la circulation soit facile dessous.

Les ombrières de la station d'essais de Tamatave sont élevées de 1" 80 au-dessus du sol, il y a avantage à porter la hauteur à deux mètres pour qu'il soit plus facile de circuler dessous.

Los planches dans lesquelles on repique les plants doivent être préparées comme celles qui ont reçu les semis. Les distances à réserver entre les caféiers sont les mêmes que celles indiquées pour les semis qui ne doivent pas subir de repiquage, 15 centimètres sur la ligne et " 20 entre les lignes.

Les jeunes plants à repiquer doivent être levés avec soin ; avant de les remettre en terre il est bon de rafraîchir les racines et de supprimer le pivot.

La suppression du pivot n'a aucune influence fâcheuse sur la reprise des plants, je Fai toujours fait pratiquer à Tananarive et à Tamatave sur de grandes quantités de jeunes caféiers et la reprise a toujours été satisfaisante.

La construction des ombrières dont il a été parlé plus haut est ainsi faite : des pieux de 7 à 8 centimètres de diamètre sont enfoncés au milieu des planches en lignes régulières ; leurs sommets sont réunis par des traverses de bois d'environ 4 mètres de longueur sur lesquelles on dépose, en travers, des gaulettes à 35 ou 40 centimètres d'intervalle. Ces gaulettes sont des nervures principales de feuilles de raphia, des stipes de palmiers, ou des tiges de petit dracaena.

Les bruyères sont posées et solidement attachées sur ces gaulettes. Ces ombrières nous ont donné, jusqu'à présent, de bons résultats.

J'ai vu dans diverses plantations de cacaoyers de la Guyane hollandaise des ombrières installées plus sommairement et qui donnaient d'excellents résultats.

Elles étaient formées de solides pieux fichés dans le sol, d'où ils émergeaient de 1 "* 50 environ ; sur ces pieux, terminés en fourche, étaient posées des perches supportant de longues feuilles de palmiers laissées libres.

Les feuilles étant simplement posées sur les perches, sans être attachées, on peut facilement les enlever ou les éclaircir et par cela même faire varier l'intensité de l'ombrage suivant les besoins.

Les soins d'entretien aux pépinières consistent en sarclages appliqués toutes les fois que les herbes adventices envahissent le sol, en arrosages répétés aussi souvent que le besoin s'en fait sentir.

Si Ton a ombragé d'une façon excessive au début, il sera nécessaire, lorsque les plants auront atteint une certaine taille, de diminuer un peu répaisseur de Técran pour augmenter l'intensité de la lumière sous les ombrières.

Repiquage en pépinières. — Si l'on a projeté de repiquer les plants en pépinières, il faudra procéder à ce travail dès que les jeunes caféiers émettront leur deuxième paire de feuilles ; suivant les climats, le repiquage aura lieu deux mois et demi à quatre mois après le semis.

Si le sol est léger et que Toq redoute de ne pouvoir lever en motte, il est à recommander de repiquer les plants dans des récipients.

Il ne s'agit pas, bien entendu, d'employer des vases en poterie, ce serait beaucoup trop coûteux.

Dans tous les pays chauds on remplace les pots par des paniers construits en lianes, en rotin, en feuilles et par des tiges de bambous.

A Madagascar on fait des vases, appelés tentes, avec des feuilles de vacoa (Pandanus utilis) ou de Fourcroya gigantea. Ces tentes ont l'inconvénient de se décomposer rapidement ; leur prix de revient est infime, puisqu'un ouvrier arrive à en faire deux cents par jour.

Il faut malheureusement presque toujours les remplacer au moment de la levée des plants. Les tiges de bambous sont bien supérieures, elles fournissent, lorsqu'elles ont le diamètre suffisant, des vases excellents qui durent longtemps et se transportent avec une extrême facilité.

Au moment de la plantation, lorsqu'on emploie des plants repiqués dans des paniers en lianes ou en feuilles, on procède comme s'il s'agissait de simples plants en mottes, il est inutile de se préoccuper du vase qui disparaîtra vite par décomposition.

Si les plants ont été placés dans des tiges de bambous, il faut les en débarrasser au moment de la mise en place, on y arrive sans difficulté en fendant ces récipients à l'aide d'une serpette.

L'emploi des récipients est très pratique si l'on ne considère que les résultats obtenus, il l'est moins en raison de la complication qu'il apporte dans l'éducation des plants et l'on pourra facilement s'en dispenser si le sol est tant soit peu consistant.

Le repiquage en pépinières facilite beaucoup l'enlèvement en motte en provoquant l'émission d'un chevelu plus abondant ; comme cette opération est facile à exécuter et peu coûteuse, on fera bien de toujours la faire subir aux jeunes caféiers.

Mise en place. — La mise en place définitive se fait une année environ après le semis. Cependant, dans les climats très chauds et très humides, les caféiers sont suffisamment développés pour pouvoir être transplantés vers l'âge de six mois.

Evidemment, si le climat présente une saison sèche, il faut transplanter au début de la saison des pluies, pour que les plants soient bien repris lorsque la sécheresse arrivera.

GoQgle

Au moment de la mise en place, il faut, s*il est possible, lever les plants en motte, les mettre soigneusement les uns à côté des autres dans une caisse, et les abriter du soleil pour les porter sur le champ.

Pour mettre les plants en place, il y a lieu de prendre certaines précautions.

Les trous auront dû être bouchés quelque temps à l'avance pour que le sol ait pu se tasser.

Si la terre est peu riche, il est utile de mélanger un peu de fumier au sol du trou.

Enfin, il faut placer le caféier de telle façon qu après le tassement son collet se trouve juste au niveau du terrain non remué.

Dès qu'ils ont été transplantés, si l'ombre naturelle est insuffisante, il faut les protéger du soleil par des abris artificiels formés de branchages, de feuilles de palmiers ou de fougères plantés autour du trou. Ces travaux doivent être surveillés de près et il est prudent de n'employer, pour les exécuter, que les ouvriers les plus habiles de la plantation.

Si le nombre des plants à mettre en terre est peu important, on peut faire ce travail par n'importe quel temps, quitte à arroser ; il n'en est pas de même lorsqu'on met en place un nombre considérable de caféiers ; il faut, dans ce cas, choisir un temps sombre, pluvieux même, car on ne peut guère songer à arroser toute une grande plantation.

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