‹ Culture pratique du caféier: et préparation du caféChapitre 15 sur 31 · FRUCTIFICATION · texte numérisé non relu

FRUCTIFICATION

Les rameaux couverts de fruits sont saisis à Taide de la main gauche par l'extrémité et abaissés vers le sol, à Taide de la main droite on empoigne leur base et on fait glisser cette main en serrant modérément, de façon à la ramener vers la main gauche. Les baies et les feuilles détachées par le frottement tombent par terre.

Pour éviter que les baies se mélangent au sol, on a le soin, au cours du sarclage qui précède la récolte, de couronner les caféiers. Cette opération consiste à retirer, à Taide d'une raclette, toute la terre meuble qui se trouve sous le caféier et à en former un billon circulaire tout autour. Le rayon du cercle ainsi formé est égal à la moitié de la distance qui sépare «leux caféiers.

Après que les caféiers ont été débarrassés de leurs cerises par le procédé expéditif décrit plus haut, on ramasse celles-ci par terre, à Taide d'un râteau ; on a soin en les mettant dans les paniers, de les débarrasser des branches qui y sont mélangées ainsi que d'une partie des feuilles tombées avec les baies.

Dans les plantations où Teau est en quantité insuffisante pour permettre le lavage du café en cerise, c'est le cas pour la plantation Schmidt, on ne laisse pas tomber les cerises par terre ; les équipes de cueilleurs sont munis de draps qu'ils étendent sous les caféiers et sur lesquels tombent les cerises au fur et à mesure de la cueillette.

La cueillette telle qu'elle vient d'être décrite prête certainement à la critique, elle ne permet pas d'obtenir des cafés de luxe.

Quand on a parcouru TÉlat de Sao-Paolo, quand on a passé quelques journées dans ces admirables fazendas, quand on a vu, comme dit le Docteur Haretto, cet océan de caféiers, on comprend que cueillir le café cerise par cerise, comme on le fait ailleurs, est chose impossible.

Partout la récolte se fait à la tâche. Au Brésil l'unité de mesure adoptée pour la récolte du café est Talqueire, qui équivaut à 50 litres.

Le prix que reçoivent les ouvriers par alqueire récoltée varie évidemment.

Il augmente lorsque la production est faible et diminue lorsqu'elle est abondante. Pour les récoltes ordinaires, le prix varie entre 500 et SOO reis par alqueire. Dans les années très mauvaises, on paye jusqu'à 1.000 reis.

A la Jamaïque, où la main-d'œuvre est relativement très chère,

la récolte faite au fur et à mesure de la malurité se paie à raison de 3 shellings pour 128 litres de baies récoltées. Cette quantité représente le travail journalier d'un cueilleur au plus fort moment de la récolte.

A la fazenda Dumont, au Brésil, on m'a dit qu'une famille composée du père, de la mère et de deux enfants pouvait récolter, au moment de la pleine maturation, environ 600 litres de baies par jour (12 alqueires).

Au Brésil, où les baies sont cueillies à des états divers de maturité, il faut 90 litres de cerises pour donner 15 kilos de café marchand. A la Jamaïque, 64 litres de cerises bien mûres fournissent 22 livres anglaises de café marchand, soit 97 litres 50 pour 15 kilogrammes de café.

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