Expression locale de la Guadeloupe
3. Plusieurs planlalions de la Guadeloupe donnent des récoltes supérieures.
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Avant de clore le chapitre relatif aux comptes de cultures, je veux essayer de donner une faible idée de ce que sont les splendides fa/endas de TÉtat de Sao-Paolo à ceux qui n'ont pas eu comme moi la bonne fortune de les visiter. Il me suffira pour cela de reproduire ici les statistiques concernant quelques fazendas qui m'ont été fournies très aimablement par plusieurs fazenderos et notamment par M. Schmidt.
Fazenda Schmidt. — La propriété de M. le colonel Schmidt est située à quelques kilomètres au sud de Riberao-Preto, importante station du chemin de fer de la O® Mogyana. Kiberao-Preto se trouve à environ 600 kilomètres à l'ouest de Santos.
1^ superficie totale de cette immense plantation dépasse trentedeux mille hectares.
Les plantations de caféiers couvrent une surface d'environ 14.000 hectares, le reste est occupé par la forêt vierge et les pâturages ; la forêt constitue une réserve pour les plantations futures.
En avril 1902. M. Schmidt possédait plus de six millions de caféiers (exactement 6.102.000), dont la plupart en plein rapport.
La propriété est divisée en une vingtaine de sections à la tête de chacune desquelles est placé un administrateur responsable, ordinairement parent de M. Schmidt.
Le Quartier Général est situé à la fazenda Monte-Alègre ; l'Etat- Major se co npose simplement de M. Schmidt, directeur général de l'exploitation, et de M. Lemasson, son beau-frère, plus spécialement chargé de la comptabilité.
MM. Schmidt et Lemasson, dont l'activité dépasse tout ce que Ton peut imaginer, assurent toute la direction de l'exploitation et centralisent toute la comptabilité.
J'ai été émerveillé de la simplicité de cette organisation et des résultats pratiques qu'elle donne. Il est juste de reconnaître que bien peu d'hommes pourraient fournir d'une façon continue, une somme de besogne égale à celle produite quotidiennement par M. Schmidt.
Chacune des sections de la propriété est reliée à Monte-Alègre par ime ligne téli*phonique ; le réseau personnel de M. Schmidt a un développement supérieur à cent kilomètres ; il est relié avec celui de l'État par l'intermédiaire de la station Riberao-Preto.
La production totale annuelle est considérable ; en 1901 elle a atteint le chiffre formidable de 8.466.795 kilogrammes.
Pour assurer le service d'une semblable exploitation on conçoit sans peine qu'il faut un ohitfre respectable d'ouvriers.
La population totale de la fazenda est de 6.169 âmes, se décomposant ainsi, par nationalité : Brésiliens, 1.065; Italiens, 4.575 ; Portugais, ;Î17; Espagnols, 155; Allemands, 46; Autrichiens, 100; autres nationalités 11.
Tout ce monde est lo^^ré sur la fazendas, dont les bâtiments suffiraient à former une ville d'une respectable étendue.
Les cultivateurs, les colons comme on les appelle, occupent 760 maisons, dont la plupart abritent deux familles.
Chaque famille dispose de deux pièces, d'une cuisine et d'une certaine superficie de terre comme jardin.
Les autres bâtim »nts de la ferme représentent un capital considérable et couvrent une surface très importante.
Les moteurs sont au nombre de 15, dont 3 hydrauliques; ils représentent au total une force de 160 chevaux- vapeur ; ils actionnent des machines qui peuvent traiter environ 600.000 litres de cerises par jour, chaque groupe de machines est abrité par un vaste bâtiment qui n'a pas moins de 30 à 40 mètres de long sur 12 de largeur et 10 de hauteur. Il y a 6 groupes et par conséquent 6 bâtiments.
Tout le bois employé dans l'exploitation est préparé sur la propriété même où on a installé 5 scieries mécaniques,
i 9 moulins à concasser le maïs et 9 monjolos servent à préparer le maïs des colons et à concasser celui que l'on donne quotidiennement aux mulels.
Le café sec, préparé ou non, peut être abrité dans 26 vastes magasins, chaque section à le sien.
Pour mettre les récoltes de maïs àTabri, on dispose de 23 magasins spéciaux.
19 maisons abritent les administrateurs des diverses sections de la propriété. Ces maisons sont simples ; elles comprennent cependant de quatre à huit pièces.
8 maisons d*habitation servant de logement : au Directeur, M. Schmidt; au comptable, M. Lemasson, et aux instituteurs qui donnent l'instruction aux enfants de la fazenda. L'habitation de M. Schmidt, à Monte-Alègre, est un véritable château, fort spacieux et très confortable.
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Les mécaniciens, menuisiers, charrons, etc , sont logés un peu plus confortablement que les colons ; ils occupent 51 maisons, de deux à quatre pièces.
Les terreiros (séchoirs) couvrent une superficie de 5i hectares 70 ares, dont* 15 carrelés ; les 40 autres hectares sont couverts par des séchoirs en terre battue.
En plus des colons et des administrateurs, M. Schmidt emploie d'une façon permanente : un maître charpentier, douze charpentiers et charrons, un maître serrurier, quatre forgerons, quatre aides-forgerons, un peintre, deux maçons et trois aides maçons. Au moment de la récolte du café, ce personnel s'augmente de plusieurs mécaniciens, et d'un certain nombre de chauffeurs.
Le matériel pour les transports se compose de 150 voitures à deux roues. La traction est fournie par iOO muleta et 300 bœufs. En plus de ces animaux, exclusivement réservés pour le transport du fumier et du café en cerises, la fazenda possède encore 70 bêtes de selle, mulets et chevaux, qui servent aux déplacements des administrateurs et des surveillants.
M. Schmidt fait un peu d'élevage, il a une centaine de juments poulinières, 450 à 500 bêtes à cornes, vaches, génisses, taureaux et bouvillons, et un millier de porcs dont la viande est vendue aux colons.
Le groupe de Monte- Alègre est éclairé au gaz acétylène, il comporte 300 becs, disséminés sur les séchoirs, dans les écuries et les ateliers de préparation du café.
On pourrait croire qu une telle exploitation est plus que suffisante pour occuper toute la force de travail d'un homme, quel qu'il soit.
M. Schmidt ne pense pas ainsi ; cet homme extraordinaire trouve encore le moyen de diriger une banque à Riberao-Preto.
Chez lui les colons trouvent une somme de bienveillance que les fazenderos brésiliens n'ont malheureusement pas tous pour leur personnel. Aussi les fazendas Schmidt sont connues des immigrants Italiens, ou autres, et elles ne manquent jamais d'ouvriers. Ceux qui sont là, du reste, font tout leur possible, dès qu'une vacance se produit, pour la boucher en faisant venir quelques-uns de leurs parents ou de leurs amis.
En dehors des avantages que les colons trouvent siu* les fazendas Schmidt (bons traitements, solde relativement élevée, bonnes habi-
ta lions, etc.), ils ont la faculté de placer leurs économies à la banque dirigée par M. Schmidt qui leur en sert Tintérét à huit pour cent.
L'exploitation Schmidt est un des plus beaux exemples de ce que peut un homme actif, intelligent et honnête dans les pays d'Amérique où toutes les richesses semblent s'être accumulées.
M. Schmidt est d'origine modeste, il n'a pas eu de grands capitaux à mettre en œuvre ; cette fortune considérable a été amassée entièrement par lui. En homme qui a tout prévu, il n'élève aucune plainte contre la crise qui sévit sur las cafés ; au moment où cette denrée rapportait 250 pour cent aux fazenderos brésiliens, prévoyant des temps moins favorables, il a économisé et il se trouve actuellement très bien outillé pour gagner encore beaucoup d'argent.
J'ajoute que M. Schmidt est un esprit libéral, il ne récrimine pas contre la suppression de l'esclavage h laquelle tant de fazenderos brésiliens attribuent leur ruine, bien à tort du reste. Lui consi 1ère, avec plusieurs autres planteurs distingués, que la période actuelle est préférable à celle qui lui a fait place.
Il est plus agréable, d'après eux, de travailler avec des hommes libres que d'avoir à diriger des esclaves abêtis par une pauvre existence de bête de somme.
Fazenda Dumont, — La fazenda Dumont occupe 4.200 personnes, elle comprend 3.500.000 caféiers. Presque tous les transports sont faits par des voies ferrées, larges de un mètre. La fazenda possède en outre 300 mulets.
1^ fazenda San Martinho, propriété de M. Antonio Prado, préfet de Sao-Paolo, comprend 1.800.000 caféiers.
Le personnel est composé d'un administrateur dirigeant les plantations, d'un sous-directeur, de deux comptables, decinif surveillants, de 252 familles de colons représentant une population de plus de 1 .200 âmes.
Deux instituteurs donnent les leçons aux enfants; un médecin et un pharmacien assurent le service médical de la fazenda.
Le service de la machinerie est assuré par un chef mécanicien, six chautFeurs, un machiniste, deux forgerons, trois menuisiers^ trois charrons, un ajusteur, six maçons.
Un agent spéci.J est chargé de l'entretien des chemins d'exploi-
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talion ; il a sous ses ordres, en temps ordinaire, vin^t cantonniers. Pendant la période de récolte, le nombre des cantonniers est porté à 120 ; ils assurent le service des terreros (séchoirs).
Les transports sont faits par 250 bœufs et 60 mulets ; ils nécessitent 16 charretiers occupés toute Tannée. Ce nombre est doublé pendant les cinq mois que dure la récolte.
Les salles des machines et les séchoirs sont éclairés à Télectricité.
Les bâtiments de la fazenda San-Martinho ont produit sur moi une impression inoubliable.
Ces bâtiments ont un cachet architectural d'un g^rand effet. Deux immenses cheminées évacuent la fumée des générateurs et donnent h l'ensemble Taspect dune vaste usine.
On se croirait plus volontiers dans une exploitation industrielle que dans une exploitation agricole.
Il existe encore, dans l'Etat de Sao-Paolo, beaucoup d'autres splendides fazendas ; j'ai eu l'occasion d en visiter plusieurs dans la région de Campinas ; celle du baron Geraldo de Rezende est une des plus belles. Elle n'a pas l'importance des trois précédentes, mais elle mérite certainement une mention spéciale, à cause des usines de préparation installées d'une façon absolument remarquable.
Les lavoirs pour séparer le café mûr de la terre, des pierres et de la boia sont très simples et très ingénieux ; j'en ai donné un croquis au chapitre précédent.
La maison d'habitation de M. le baron Geraldo de Rezende est un véritable palais, renfermant des merveilles de peinture et de sculpture. Le parc qui entoure le château est également splendide.
M. de Rezende est un innovateur ; il essayait sérieusement, en 1902, la culture de TAramina, plante textile du genre Urenia, dont on s'est occupé ces tem[>s derniers à Madagascar en lui donnant le nom impropre de Jute. J'ai vu chez lui un champ d'Aramîna de quarante hectares.