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CHAPITRE II

Climat.

Le Coffea Arabica est, sous le rapport du climat, Tune des plantes économiques tropicales les moins exigeantes. Cet arbuste croît aussi bien dans les plaines sous Téquateur, qu'à 600 ou 700 mètres d'altitude par 22 ou 23° de latitude nord ou sud.

Cependant, il a une préférence marquée pour les parties les plus tempérées de la zone tropicale, et il ne donne des produits vraiment appréciés que dans les altitudes.

C'est également dans les altitudes qu'il croît avec le plus de facilité et qu'il réclame le moins de soin. Ainsi, à la Jamaïque, dans le massif de la « Blue Mountain » par 18® de latitude nord, entre les cotes 1.400 et 1.600, le caféier pousse sans ombrage tout comme dans l'État de Sao-Paolo au Brésil, entre 600 et 700 mètres audessus du niveau de la mer, par 23® de latitude sud.

Les vents, lorsqu'ils sont violents, ou lorsque les plantations sont situées très près des côtes, ont une influence des plus fâcheuses sur le caféier, il ne faut, dans ces situations, installer les caféières que sur les flancs des collines convenablement exposées.

Toutefois, si les terrains ont une certaine valeur et s'ils sont assez fertiles pour porter de belles caféières, on peut planter dans des situations d'exposition naturelle mauvaises, à la condition de combattre l'action des vents par des rideaux d'arbres convenablement installés.

On a un exemple très intéressant de terrains mal exposés, plantés très avantageusement en caféiers, protégés par des rideaux artificiels, à la Guadeloupe, au Camp Jacob. Dans cette région, qui fournit l'un des meilleurs cafés connus, les arbustes sont abrités des vents par des lisières espacées de 10 mètres.

En somme, pour cette espèce, plus encore que pour certaines autres plantes économiques tropicales, il n'est pas possible d'indiquer d'une façon rigoureuse les conditions de climat dans lesquelles il convient de la placer. Il est encore beaucoup plus impossible, comme Ta très justement fait remarquer M. H. Lecomte dans son excellent ouvrage Le Café^ de dresser une carte rigoureuse des régions présentant un climat en permettant la culture.

Ainsi que je lai dit dans ma monographie du cacaoyer, le climat général d'une région peut être complètement modifié par une foule de circonstances : la topographie, la nature du sol, la proximité des forôts, etc., changent absolument les conditions *de la végétation d^une région donnée. L'homme lui-même peut, dans une certaine mesure, grâce aux abris, asservir le climat. Les planteurs de la Guadeloupe en offrent un exemple excellent.

On peut cependant poser en principe que, si le caféier recherche un climat relativement frais, il ne saurait être cultivé avantageusement là où la température s'abaisse d'une façon continue à 3® centigrades. Il peut toutefois supporter, sans en souffrir d'une façon très manifeste^ des températures plus basses^ si elles ne se répètent pas plusieurs jours de suite. Nombre de stations météorologiques de la belle région caféière de l'État de Sao-Paolo enregistrent chaque année des minima voisins et même inférieurs à 0®.

Les tables météorologiques de la commission géographique de l'Etat accusent les minima suivants :

Campinas. . . 1892 + Qo 2 1894 -h 1^ 1899 -h 1^ 6

Ytu 1892 -h 0° 7 1895 + i^ h.

Tatuhy 1891 + Qo 1892 - 1« 8

Rio claro . . . 1894 -f Qo 6 1895 — 1« 8 1899 -|- 0^ 4

Les climats très chauds et très humides lui conviennent moins bien que ceux présentant une saison relativement sèche durant quelques mois. Dans les régions à climat équatorial, le caféier pousse avec une extrême rapidité (à Tamatave il n'est pas rare de voir des plants de 18 mois atteindre près de 2 mètres de hauteur), s'étiole et ne résiste pas du tout à l'Hemileia vastatrix.

On peut, sans crainte, dire que dans les pays équatoriaux où ce redoutable parasite existe, la culture de Coffea Arabica est impossible actuellement.

Tout le monde n*est pas de cet avis ; on s* entête encore à faire des plantations de caféiers à petites feuilles sur la côte Est de Madagascar. Je n'ai pas hésité à en déconseiller formellement la culture, même dan^^ les sols très riches situés à de basses altitudes, dans les régions humides du versant Est.

Après avoir visité l'admirable région caféière de l'Etat de Sao Paolo, il me semble qu'elle présente bien le climat idéal qui convient au Coffea arabica ; nulle part ailleurs, en effet, cette essence ne pousse avec une semblable facilité.

Étudier les conditions climatologiques de cette vaste région c'est, à mon sens, étudier le climat le plus propre à la culture du caféier. Sans vouloir dire qu'il faut installer des plantations seulement dans les pays présentant un régime météorologique analogue, j'estime qu'une telle étude est de nature à intéresser tous ceux qui s'occupent de cette importante plante.

Elle est encore plus utile à faire dans un travail, comme celui-ci, qui vise plus spécialement Madagascar, dont certaines parties de la zone moyenne du versant Est et surtout la région de Diego-Suarez ressemblent d une façon si frappante, à tous les points de vue, à une partie considérable de TÉtat de Sao-Paolo.

L'observatoire de la station agronomique deCampinas, située dans un centre autrefois très important de culture du caféier, se trouve à 660 mètres d'altitude par 22^58' de latitude sud. L'examen des tables météorologiques publiées par cet établissement montre que le climat de la région présente, comme celui de la région centrale de Madagascar avoisinant la forêt, tine saison chaude et une saison fraîche.

Les pluies sont réparties sur tous les mois de l'année ; elles sont beaucoup moins abondantes d'avril à septembre que pendant le reste de l'année.

Les mois les plus pluvieux, également les plus chauds, sont ceux de décembre, janvier, février et mars, les plus secs sont ceux de mai, juin et juillet.

La chute annuelle de pluie varie entre 1.200 et 1.600 "/". Les pluies violentes ne sont pas inconnues à Campinas puisque Ton a observé en 24 heures des chutes supérieures à 100 "/".

L'humidité relative moyenne mensuelle de Tair varie entre 70 et 84 %. La saison sèche a une action assez peu marquée sur l'état hygrométrique de l'air.

La température maximum varie peu suivant les années, elle atteint 33® et ne dépasse que rarement ce chiffre.

La minimum s'abaisse quelquefois à près de 0®, en 1892 elle a été de + 0% 2.

Ordinairement elle est moins basse et ne descend pas au-dessous de + i^

Les tableaux suivants résument pour les années 1897-1898-1899, les observations météorologiques publiées par TÉtat de Sao- Paolo.

Pluies a Campinas de 1890 a 1899 Hauteurs totales annuelles en millimètres

pli; 1 ES

OBSEHVATIONS

Pluies. — Hauteurs mensuelles en millimètres.

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