ÉTABLISSEMENT DE LA PLANTATION SEMIS EN PLACE ET SEMIS EN PÉPINIÈKES
Défrichement. — 11 est entendu, à de très rares exceptions près, que le colon établira ses plantations de caféiers à la place d'une grande forêt.
Aussitôt qu'il aura arrêté son choix d'une façon définitive, il procédera à Tabatage de la forêt.
Les broussailles sont coupées les premières, puis les gros arbres sont abattus. Il n'est pas dans les habitudes d'arracher les souches : les troncs sont généralement coupés à "* 80 ou 1 mètre au-dessus du sol.
Lorsque les broussailles sont suffisamment desséchées, on y met le feu. L'humus qui recouvrait le sol se trouve en partie détruit par ce procédé.
Le brûlage a l'inconvénient grave de détruire une grande quantité de matière organique ; mais il a l'avantage de faire disparaître beaucoup de rongeurs et d'insectes ; de plus il laisse le sol très propre. C'est le procédé de défrichement le plus économique et il sera encore longtemps le seul employé dans les pays tropicaux malgré les critiques auxquelles il prête.
On s'accorde pour reconnaître qu'il serait nécessaire d'arracher soigneusement toutes les souches, dont la présence rend très difficile, pour ne pas dire impossible, l'emploi de machines aratoires dans l'application des façons culturales.
Des machines ont été inventées, qui exécutent ce travail assez économiquement. Leur emploi ne semble pas s'être beaucoup généralisé.
Au Brésil, dans les plantations les plus importantes, on ne se
préoccupe pas du tout de renlèvement des souches ; il en est de même à la Jamaïque.
Du reste, Temploi des machines pour pratiquer les sarclages, binages et labours qu'on donne aux caféiers, ne semble pas, jusqu'à ce jour, avoir préoccupé les planteurs. Tous ces travaux se font encore à bras d'homme dans toutes les plantations visitées au cours de ma mission.
Il est toujours nécessaire, lorsque le feu a passé, de ramasser les branches qui restent sur le sol, de les amonceler sur les plus grosses souches et d y mettre le feu pour empêcher celles-ci de repousser.
Ici se pose une question : si on opère dans un pays où la nécessité d'abriter contre le soleil se fait sentir, a-t-on intérêt, lors de Tabatage de la forêt, à conserver des arbres protecteurs ?
Dans les régions que j'ai visitées, la Guadeloupe exceptée, on n'ombre pas les caféiers Je n'ai pu, par conséquent, demander l'avis des planteurs sur ce point.
Il semble cependant que les inconvénients signalés à propos de la culture du cacaoyer, par la conservation d'arbres de la forêt pour ombrager les plantations, doivent se reproduire lorsqu'il s'agit du caféier. Ces inconvénients sont les suivants :
1® Accaparement complet du sol par les racines des arbres conservés et, par conséquent, épuisement des réserves nutritives nécessaires aux jeunes caféiers.
2° Insuffisance de solidité des arbres forestiers brusquement isolés. Par la suite, dommages graves causés aux plantations par la chute de ces arbres.
3® Impossibilité à peu près complète de faire les plantations suivant des lignes régulières.
On ne peut cependant pas condamner cette méthode puisqu'elle est mise en pratique dans plusieurs régions.
Les planteurs qui installent leurs caféières sous bois enlèvent généralement toutes les broussailles et les plus gros arbres qui sont brûlés. Ils ne conservent que des arbres de moyenne grandeur suffisamment distancés.
Il est bon, et même très utile, de faire une rigoureuse sélection parmi les espèces forestières et de conserver, autant que possible, les essences qui gêneront le moins les caféiers.
Naturellement il n'est pas possible de donner une liste de ces espèces, chaque contrée a les siennes. Si on opère en pays neuf, on