‹ Cultures du Midi, de l'Algérie, et de la TunisieChapitre 101 sur 167 · AMANDIER · texte numérisé non relu

AMANDIER

nord et autant que possible en dehors des gelées prin tanières, s'impose donc.

Multiplication. — Semis au printemps des amandes amères préalablement stratifiées pendant l'hiver : on met les sujets en place à la troisième année, puis on greffe en fente ou en flûte en février, et en écusson en juin; on greffe aussi sur prunier de semis, pour les terrains compacts et frais.

Plantation, ordinairement à haute tige, à 6 ou 8 mètres de distance, plus, s'il y a des cultures dérobées à prévoir. Pas de taille autre qu'un émondage.

Fructification. — Deux sortes d'amandes : douces et amères.

Les amandes douces tiennent le premier rang. On les classe en dures, demi-dures ou à la Dame, en princesses, en fines : elles ont toutes des dénominations et des destinations particulières.

La variété à coque dure paraît avoir une fructification plus assurée que celle à coque tendre.

Les amandes amères, moins estimées, ont une fructification plus normale. L'arbre qui les produit est vigoureux et fructifère.

En Provence, les Bouches-du-Rhône, le Var et les Basses- Alpes ont de nombreuses plantations d'Amandiers.

L'amande princesse, dite du « terroir d'Aix », par sa saveur fine et sa forme allongée, convient à la fabrication des dragées, ainsi que de celles dites « à flots ou à trochets ».

Dans le Nord de l'Afrique, l'aire de fructification normale de l'amandier est comprise entre le littoral et les abords des Hauts- Plateaux qu'il ne dépasse pas, comme arbre fructifiant normalement ; aux altitudes les gelées printanières sont à redouter. Aux environs d'Alger on trouvait autrefois dans les jardins arabes des amandiers séculaires.

Les amandes algériennes sont principalement recher-

chées comme primeurs et exportées. On estime annuellement ce commerce d'exportation entre 60000 et 90000 francs mais il y a des années où il est assez réduit par les gelées : ainsi, en 1901, l'exportation n'a été que de 6 000 francs. Par contre, sous la rubrique amandes et noisettes l'importation s'est élevée en 1903 à 234000 francs.

Les variétés à coques tendres et celles demUdures sont à planter de préférence dans le voisinage du littoral.

Maladies et parasites, La gommose et le pourridié sont à craindre dans les terrains frais.

Le guy est rare en Provence.

Les pucerons, Chermes amygdali et Afxkis amygdali^ ce dernier surtout, envahissent les jeunes sujets dans les pépinières mal aérées.

3. Cerisier, Cerasus vulgaris MilL, des Rosacées- Amygdalées, a de nombreuses variétés dont l'aire de culture est fort grande ; mais ce fruitier se plaît plutôt dans les pays tempérés humides non exempts de îvoià.

On le rencontre prospère dans tout le Midi de la France, de l'ouest à l'est, s'avançant même au bord de la Méditerranée, quoique ne préférant pas le rivage pour sa fructification.

Grâce aux divers sujets qui lui servent de greffe, le cerisier est planté dans des sols de qualité variable.

En Provence, on plante à basse tige, pour éviter l'action des vents : on laisse une tète ou on l'évide en gobelet. Les plateaux, les pentes fertiles, ainsi que les plaines aérées sont à la convenance du cerisier.

Multiplication. — Par semis de noyaux stratifiés, par rejetons, moyen prompt, mais engendrant un arbre de peu de durée.

Greffe sur le Cerasus avium D. G. ou Merisier pour les arbres à haute lige, en écusson en août, aussi en fente un peu plus tard.

Greffe sur le Cerasus Mahaleb, MilL, ou Sainte-Lucie, pour les basses tiges ou pour les sols secs, caillou-

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teux, peu riches : on greffe en écusson en septembre.

En Provence la greffe se fait plutôt sur mahuleb ou sur franc; mais il faut tenir compte de la nature des groupes de cerisiers.

Plantation. — Suivant les sortes de cerisiers, à une distance de quatre à huit mètres, d'après les cultures intercalaires. Comme taille, on se borne dans le jeune âge à guider la formation des branches charpentières ou à maintenir Téquilibre de la forme en gobelet ou vase.

Pour la consommation locale, on plante au nord, afin de retarder la fructification, comme au midi pour l'avancer; mais le but de la culture provençale est ordinairement d'arriver en primeur sur les grands maixhés du Nord.

Fructification, — La forme naturelle de Tarbre, surtout les caractères du fruit, font établir quatre groupes dans les cerisiers :

1<* La cerise, à chair douce et peu acidulé;

2° La griotte, ^ fruit noir, à chair tendre, à jus coloré, à saveur un peu aigre;

3° Le bigarreau, à chair ferme et croquante, ayant des fruits variant du blanc au rouge noir;

4^ La guigne, à chair tendre, à jus rarement coloré, sorte de fruits intermédiaires entre la cerise et le bigarreau.

En Provence, les variétés hâtives les plus recherchées sont celles cueillies à maturité entre le 20 avril et le 10 mai, suivant les saisons.

Le Bigarreautier Jaboulay forme de grands vergers aux environs d'Hyères, le Bigarreautier de mai précoce se rencontre dans le Var et les Alpes-Maritimes.

Le Cerisier Reine Hortense précoce est une spécialité de Solliès-Pont, près de Toulon, grâce au bon sol et à l'irrigation.

Mais certains Guigniers sont parmi les plus précoces.

La Guigne hâlive de Bâie ou Précoce du Luc ou de Tarascon qui mûrit du 20 avril au l'" mai, à SoUiès-Pont et à Graves, est la variété préférée pour l'exportation : on la rencontre dans tous les environs de Tarascon, d'Avignon, de Saint-Rémy, etc. En résumé, les cerises de premier printemps sont dans certaines de ces localités l'objet d'un commerce considérable.

Emballage. — En Provence, en prenant SoUiès-Pont comme type, les cerises primeurs de choix sont expédiées en petites caisses carrées en bois de peuplier,[pesant 300 à 400 grammes : emballage minutieux qui exige l'emploi d'une nombreuse main-d'œuvre de femmes. On cite des arboriculteurs qui expédient chacun de 15 à 20000 caissettes.

Les boîtes de 1 kilogramme se vendent en première maturité de 8 à 10 francs.

Les fruits de saison s'expédient en paniers carrés, en osier, avec couvercle : leur contenance est de 3 ou 5 kilogrammes, au prix de 8 et 12 francs.

Les fruits de dernière saison sont en plus grands paniers.

Le Cerisier est de fructification fugace en Afrique : il se plaît mieux aux altitudes moyennes que sur le littoral et dans les plaines basses où il craint l'insolation. On le trouve fructifère à Constantine, Miliana, Médéa, ïlemcen et dians quelques ravins de la Kabylie.

Quelques variétés sont de bonne contenance, surtout dans les fruits précoces : Anglaise hâtive, Biyatreau hâtif ou Bigarreau de Tixeraïn (Jardin d'Essai d'Alger), JNapoléouy Griotte précoce de King, Guigne noire.

La cerise n'a aucun débouché pour l'exportation.

Les grandes villes d'Algérie en reçoivent de l'Espagne et de la France.

Maladies et parasites. — La gommose, la jaunisse ou <ihlorose sont des affections C3mmunes au cerisier.

Les taches noires des feuilles sont dues à un champignon, Coryneum 6ei/eren/cw, maladie qui parfois entraîne la perte de la récolte.

Les racines du Mahaleb, sont sujettes au Pourridié.

L'ortalide est une mouche, Urophora cerasorum^ dont les larves souvent très abondantes détruisent la pulpe des cerises, notamment du Bigarreau.

ki Pécher. Persica vulgaris D. C, arbrisseau des Rosacées-Amygdalées dont la culture en plein vent a pris dans ces dernières années une grande extension, notamment quelques variétés hâtives d'origine américaine parfaitement adaptées au climat provençal et à son littoral.

Le Pécher aime les terres profondes, riches, peu compactes, silico-calcaires, plutôt les plaines, mais il remonte sur les coteaux où il craint cependant la sécheresse. Toutes les parties abritées des grands vents et des variations atmosphériques sont à sa convenance; en général le Pêcher de plein vent est une plante des pays très tempérés, craignant le froid printanier comme l'ardent soleil de l'été ; aussi toutes les variétés précoces sont à recommander exclusivement dans les parties les plus chaudes de notre zone.

Multiplication. — Beaucoup de Pêchers reproduisent leurs qualités par semis : Sanguines à chair rouge, Alberges à chair jaune, Pavies à noyaux adhérents, même les belles variétés d'espalier. Mignonne, Madeleine, Reine des vergers, etc.

Greffe sur franc, c'est-à-dire sur semis de noyaux préalablement stratifiés : en écusson à œil dormant, fin août, si le plant de l'année est vigoureux.

Cependant, dans les sols frais ou soumis aux irrigations la greffe sur Pruniers Saint- Julien et Damas est employée. Par contre, en terrain sec, en pente, la greffe sur Amandier est plus indiquée.

Le sujet joue un rôle considérable dans la végétation

du Pêcher : il assure la précocité de la fructification et la durée de Tarbre ; on peut donc conclure :

1° Que greffé sur franc sa vie n'est pas de longue durée ;

2<* Que greffé sur Amandier en terrain sec et profond, il vit longtemps ;

3° Que greffé sur Prunier il résiste mieux dans les terrains frais ;

4<» Que le surgreffage est à employer dans bon nombre de cas.

Plantation. — En plein vent et en plantation régulière, la demi-tige est préférable ; la tète est évidée en forme de gobelet, sur la Côte d'Azur. Dans d'autres cas, la végétation est livrée à elle-même, comme dans le Roussillon ; alors peu de taille, seulement pour entretenir l'équilibre et empêcher l'arbrisseau de se dégarnir.

La taille en vert est préférable : elle s'applique plus facilement.

Le rabattage sur vieux bois est nuisible, souvent funeste.

Quant aux formes : espaliers, palmettes, candélabres, etc., elles sont sans intérêt sous le climat méridional, la végétation n'y supportant pas facilement des entraves.

Les cultures des Pêchers à fruits précoces se sont étendues depuis une vingtaine d'années dans toute la vallée du Rhône, ainsi que dans une large bande de la Côte d'Azur et dans les plaines et vallées. On y a recherché avec raison les pêches à chair molle, fondante et à noyau non adhérent.

Aux environs d'Hyèœs, notamment dans la vallée de Sauvebonne, il y a de grandes plantations régulières de Pêchers américains à fruits précoces, Amsden et Àlexander, en terrains arrosés, avec cultures intercalcaires d'artichauts, de fraisiers et d'autres plantes potagères.

Le commerce des pêches est devenu également considérable à Aramon et dans la Crau d'Arles.

Même développement de la culture et du commerce dans Fouest, dans les Pyrénées Orientales où des variétés hâtives, mais pas exclusivement américaines, sont cultivées dans les vignes et dans les cultures d'artichauls, notamment aux environs de Perpignan.

Fructification. — Le Pêcher, aux variétés ou races locales si nombreuses, se divise en plusieurs groupes d'après la nature du fruit et le mode de culture de Tai^brisseau.

i^ Les fruits à chair molle non adhérente au noyau.

2<» Les fruits à chair dure adhérente au noyau ou Pavies.

Ces deux sortes sont à peau duveteuse.

3° Les Brugnons à chair adhérente au noyau.

4° Les Nectarines h chair non adhérente au noyau.

Ces deux sortes sont à peau lisse.

En culture il y a deux grandes divisions :

1° Pêchers de plein vent, plus rustiques et se reproduisant ordinairement de noyaux, qualité appi^ciable pour la région méridionale.

2^ Pêchers d' espalier , plus délicats, à fruits certainement plus beaux et meilleurs, mais n'intéressant pas la région méditerranéenne.

On divise aussi les Pêchers par ordre de maturité du fruit : hâtif, de moyenne saison et tardif; ces époques sont relatives suivant les régions et les milieux.

Dans la Provence orientale et occidentale et dans la vallée du Rhône, ainsi que dans le Roussillon, les nouvelles plantations depuis un quart de siècle sont composées des principales variétés américaines à fruits hâtifs, c'est-à-dire pouvant être cueillis du l^"^ au 15 juin, quelquefois avant, tels sont :

Amsden, AlexanJer précoce, Hivers Early, Beatrix précoce.

L'Arnsden-june est certainement la variété la mieux adaptée au climat méditerranéen, comme vigueur, production abondante et la plus hâtive. Elle présente ce double avantage d'avoir une floraison tardive qui la sous-

trait aux accidents printaniers, puis une fructification rapide. Cette pêche n'est pas deprenjière qualité, surtout quand, pour l'exportation, elle est cueillie à maturité relative : peau un peu duveteuse, chair presque adhérente au noyau, juteuse, mais manquant d'un peu de sucre.

La pèche Alexander précoce est de qualité analogue.

A Perpignan et à Nice on récolte cette pêche vers le 10 juin, et dans cette dernière localité elle y est forcée.

Les vergers en bonne exposition qui produisent de ces pèches dans la première semaine de juin constituent jusqu'à ce jour un excellent rapport.

Dans toute la Provence il y a des variétés, en dehors du groupe américain, qui sont d'une hâtiveté relative.

Précoce de Saint-Assiscle, Belle de Beauce, Grosse mignonne hâtive, Madeleine rouge,

11 y a dans les maturités successives de très bons fruits : Précoce de Beauregard dans la région d'Hyères, la Niçorde, du pays Niçois, dans toute la Provence la Pavie- Alberge avec ses variations, et dans la région pyrénéenne la Précoce de Bompas : c'est cette dernière qui dans l'intéressante vallée arrosée 'd'UIe-sur-Tet donne des rendements remarquables. On estime que la gare de cette localité expédie plus de 500000 kilogrammes de pêches par an.

Emballage. — La cueillette, la préparation et l'emballage des fruits de choix demandent des soins spéciaux : on emballe en panier et mieux en caisse pour le surchoix.

Chaque fruit est entouré d'un papier de soie et isolé par un capitonnage.

Pour les fruits ordinaires et à chair peu molle, on emploie de grands paniers, avec lits de paille et du gros papier.

Dans le climat marin du Nord de l'Afrique, dont il ne peut guère sortir, le Pêcher, s'il est en bon sol, est de

végétation rapide, se couvre abondamment de fruits dans certaines années, puis meurt rapidement, surtout quand il est de semis.

Greffé sur prunier, dans les terrains légers, graveleux et perméables, il supporte bien l'arrosement.

Le milieu le plus convenable à sa végétation se trouve dans les ravins frais, abrités des vents, aux expositions pas trop ensoleillées.

Sur le littoral on a parfois de bons fruits avec les variétés: Mignonne hâtive. Grosse mignonne, Belle de Malte, Téton de Vénus; en lieu frais, Belle du Hamma et Belle d'Algérie (Jardin d'Essai d'Alger).

Les variétés américaines ne se sont pas signalées, comme on l'espérait, par une hâtiveté marquée :

dans les localités chaudes, en culture fumée et arrosée, la fruclifîcalion relative des Amsden n'est pas obtenue avant le 10 juin; elle se prolonge parfois jusqu'à la fin de ce mois et au commencement de juillet.

Au point de vue de l'exportation, étant donnée la situation prospère de cette arboriculture en Provence, il ne paraît pas y avoir de place pour ces produits de la région africaine sur les marchés européens; mais les variétés hâtives d'origine américaine qui mûrissent avant les fortes chaleurs sont précieuses pour la consommation locale.

Maladies et parasites. — Plus on s'avance vers les

Kig. 45. — Feuille de pêcher atteinte de la cloque.

régions chaudes, plus cet arbrisseau est envahi par les parasites, la cloque [Vig, 45), notamment, ou boursouflement des feuilles dû à un champignon, Taphrina déformons, qui est une affection redoutable.

Suivant les terrains, sont à craindre : Gommose, Pourridié, Blaw) ou Meunier, puis la Fumagine, conséquence de la présence de pucerons : Aphis persicde, amygdali, cerasi.

5. Prunier. Prunus domestica Lin. — Ce fruitier appartenant aux Rosacées- Amy g datées, aux nombreuses races et variétés, est un arbre rustique partout, mais plus ou moins fructifère et à qualités diverses suivant les milieux : c'est plutôt Tarbre des pays à atmosphère humide et le sud-ouest de la France paraît mieux lui convenir que le sud-est marin pour la qualité du fruit. Beaucoup ont un système radiculaire traçant.

Arbres des terrains légers, pierreux, argilo-calcaires, à racines puissantes, mais craignant l'eau stagnante. Végétation vigoureuse, fructification rapide, existence longue, demandant peu de soins et le moins de taille possible, sauf celle des rejets du pied.

Multiplication. — Quelques Pruniers de races diverses quoique multipliés par semis reproduisent leur type ou à peu près : Reine-Claude, Mirabelle, Quetsche et Damas : cependant il convient mieux de greffer les bonnes sortes.

On greffe sur franc ; soit sur Saint- Julien, soit sur Miroholan obtenus de semis.

Greffe en écusson ou en fente, en pied ou en tète : on préfère généralement ce dernier mode.

Greffe en écusson à œil dormant de fin juillet à septembre.

Greffe en fente au printemps.

Plantation. — Ordinairement on plante des arbres à hautes tiges, en plein vent, avec cultures intercalaires.

Fructification. — Deux points de vue : fruits à consommer frais et de primeurs et fruits à sécher.

Les principaux Pruniers à bonnes prunes sont:

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