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PRUNIER

1° Fruits violets et rouges : R^ne-Claude violette^ Goutte d'or violette^ de DamaSy de Honifort^ Monsieur, de Pontbriandy Saint-Jean ou hâtif, Perdrigon violet ou de Brignoles, d'Agen, Précoce de Tours,

2° Fruits jaunes ou blancs : Reine-Claude ou Dauphine, grosse et petite Mirabelle, Goutte d'or de Coé, Monsieur jaune, Basilicata.

La Reine-Claude est certainement la meilleure prune, se prêtant à tous les usages. Dans les Pyrénées-Orientales et dans la Drôme, les fruits, surtout ceux de première saison, sont l'objet d'un commerce important : les principaux centres de préparation de conserves sont Béziers, Pézenas, Tarascon, Avignon.

Emballage. — L'emballage des fruits frais de grande qualité, Reine-Claude et Mirabelle, se font en paniers d€ 10 à 20 kilogrammes.

En caisse ou caissette pour la Reine-Claude dorée en surchoix, à 14 à la livre, avec séparation des lits.

Prunes pour séchage. — En dehors de la Pmne d'Agenàela région Ouest universellement connue, beaucoup d'autres variétés font d'excellents pruneaux dans la région Est, même dans les parties montagneuses déjà éloignées du littoral entre Digne et Estoublon, dans les Basses- Alpes et aussi dans le Var, à Brignoles, localité renommée pour ces produits-là.

Les variétés cultivées sont : Perdrigon blanc ou Pruneau Brignoles et Perdrigon violet ou Pruneau Pistole.

La préparation des prunes sèches ou pruneaux constitue une industrie agricole importante qui s'est considérablement développée en France. La cueillette de la prune d'Enté au pays de Gascogne (fig. 46) se fait au mois d'août ; les ramasseurs recueillent dans un panier les prunes qu'un brandisseur fait tomber de l'arbre au moyen d'une longue perche, sur un drap placé au pied du prunier (1).

(1) J. DE Bre>'a>s, Les conserves alimentaires. Paris, 1896, p. 3i3.

Sur la côte africaine, le Prunier est de végétation moyenne et ordinairement d'existence limitée. Son aire

Fig. 46. — La cueillette des prunes.

de végétation est plutôt la région montagneuse, en terre légère, fraîche ou arrosée.

Aux environs d'Alger, dans les ravins du Sahel, on trouvait encore, il y a une trentaine d'années, des vergers

arabes composés de Pruniers Mirabelle et heine-Claude, mais à fruits sans grande saveur.

Au pied de Constantine, dans le Hamma, on rencontrait également une variété de Reine-Claude à fruits excellents.

Parmi les variétés précoces et de rendement relativement satisfaisant il faut citer: Reine-Claude violette et ordinaire, Hâtive de Bavay, Mirabelle, Quetsche d'Alsace, Washington, Basilitica de Corse, à fruits très ordinaires, etc.

En général, la saveur des prunes laisse à désirer : dans beaucoup de cas elles ne contiennent qu'un liquide sucré, souvent fade.

Le séchage des fruits n'a pas donné de bons résultats en Algérie, la prune étant plus aqueuse que pulpeuse ; aussi doit-on considérer comme une mauvaise indication la culture du Prunier d'Agen en Algérie pour la confection de pruneaux d'exportation. D'une part on n'aurait ni la quantité ni surtout la qualité, et, autre considération économique, c'est que diverses régions américaines, mieux placées, font déjà, même en France, une concurrence sérieuse à nos produits d'Agen.

L'importation algérienne des prunes sèches et pruneaux est annuellement de 80000 à 100000 francs.

Les Pruniers japonais, introduits en Algérie il y a une quinzaine d'années par Ch. Gauthier, pépiniériste au Zaccar (Miliana), sont, d'après l'auteur lui-même, peu intéressants : en France l'arboriculture a beaucoup de peine à admettre quelques variétés ayant cependant certain mérite dans ce milieu.

{.Arbousier, Arbutus unedo Lin. — Cette Éricacée, un arbrisseau des broussailles de la Provence et de la côte africaine, est remarquable par ses fruits d'un rouge vif, sorte de grosses fraises, de maturité de fin d'automne, fruits plus séduisants que bons, vendus dans les rues

des glandes villes. On en fait des confitures et, en Corse, une espèce de cidre.

Varbre tmx fraises ne se plaît pas dans tous les milieux : il aime les sols secs, mais fertiles et légers, ainsi que les expositions peu ensoleillées. Plantation en motte : croissance lente.

2. Azérolier. Crataegns azarolus Lin. — Petit arbre des Rosacé€S'Pomacées, de l'Europe méridionale et de l'Orient, des sols argilo-silico-calcaires et des expositions chaudes, actuellement peu cultivé en Provence, mais que Ton voyait autrefois assez fort dans les jardins maures de la côte africaine.

Le fruit est une petite pomme, minuscule, grosse comme une cerise, à chair agréable et parfumée, mats recherchée principalement pour confiture.

11 y a des fruits jaunes, rouges et blancs : pour ces derniers, plus sucrés, les régions les plus chaudes sont préférables.

GrelFe en juillet- août, en écusson à œil dormant sur franc ou sur Aubépine. Végétation lente, mise à fruit très tardive.

3. Châtaignier. Cûstattea Vescà Lin. — Le châtai^ier est un grand arbre de la famille des CupuUfères, à beau feuillage, estimé à la fois pour son bois et pour ses fruits.

Son aire géographique comprend toute la région de la vigne : il remonte même plus au nord qu'elle, pïiisqu'en Bretagne il mûrit ses fruits ; mais dans la partie méridionale de la région viticole il préfère les situations ^vées et ombragées et les expositions au nord, comme cela se présente en Corse, en Sicile, en Grèce et en Asie-Mineure où il ne donne des produits que dans ces conditions. Le châtaignier se montre sponlané, mais de vexation et de fructification restreintes, sur quelques points de la côte africaine, ceux qui s'avancent le plus dans la mer (Edough près Bône et Bougaroun) et qui sont aussi te mieux arrosés ; mais ces points marquent l'extrême

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limite de son habitat : sa vigueur y est beaucoup moindre et ses fruits sont très petits et de mauvaise qualité.

Le châtaignier, essentiellement silicicole et calcifuge, exige pour réussir des teiTes meubles, profondes et fraîches, qu^eiles soient composées de débris granitiques ou schisteux; il vient bien aussi dans les alluvions épaisses composées de sables siliceux ; en somme, il a au point de vue de la composition du sol les mêmes exigen* ces que le chêne-liège et le chêne «éen, sans en avoir la rusticité.

Bien que la châtaigne fraîche ait une valeur alimen^ taire qui équivaut à peine à la moitié de celle du pain, elle n*en joue pas moins un rôle considérable dans les régions où, comme en Corse, elb s'offre aux populations comme une nourriture presque gratuite, bien qu'insuffisamment substantielle. Aussi a-t-on proposé d'étendre la culture du châtaignier dans TAfrique du Nord où les indigènes sont encore au régime du gland.

En dehors des régions très restreintes où le châtaignier est spontané, on a tenté des essais de plantation sur divers points et à diverses reprises. En 1847, le maréchal Bugeaud fit planter des châtaigniers dans TAtlas au sud d'Alger, à 800 mètres d'altitude, dans une région à chutes de pluie abondantes, sur la route de l'Arba à Aumale. En ce point, une pierre commémorative porte l'inscription suivante : « Ces châtaigniers ont été plantés par le colonel Molière, du H« Léger, par ordre du maréchal Bugeaud, lorsqu'il bivouaqua dans ce lieu en 1847. » Les châtaigniers ont depuis longtemps disparu ; seule la borne est restée. Plus heureux furent les travaux de plantation entrepris il y a une quarantaine d'années par un particulier, au-dessus de Blida, sur le vei'sant nord de l'Atlas, à 1210 mètres d'altitude ; quelques centaines de châtaigniers greffés plantés en terrains schisteux retenus par des murs de soutènement et arrosés en été, donnent

des fruits de bonne qualité. Mais il s'agit là d'une plantation faite par un arboriculteur amateur ne recherchant pas un résultat économique.

Le Service des forêts en Algérie, invité en 1892 à faire des essais de plantation de châtaigniers, au bout de quelques années d'expériences, a conclu que de l'autre côté de la Méditerranée le châtaignier n'avait aucun rôle à jouer au point de vue forestier et signalait comme obstacles : la difficulté de réussir les plantations, la nécessité d'arroser les jeunes sujets pour en assurer la reprise, l'action néfaste du siroco. Si l'on observe que cette essence calcifuge comme le chène-liège a les mêmes exigences au point de vue dé la nature des terres sans en avoir la valeur économique ni la rusticité, on en conclura que le châtaignier n'offre aucun intérêt comme arbre forestier dans le Nord de l'Afrique. Comme arbre fruitier il n'est productif qu'à la condition d'être arrosé pendant la saison sèche soit naturellement par des pluies d'été, soit artificiellement au moyen de l'irrigation, et, en raison de ces exigences, il est moins intéressant que les autres arbres fruitiers, figuier, olivier et caroubier.

La production du marron, qui est une variété de châtaigne sans cloison pelliculaire pénétrant dans l'intérieur du fruit, a une certaine importance en France et en Italie où certaines localités sont réputées pour la qualité de leurs fruits. Dans le Var, les montagnes des Maures produisent des marrons de qualité, tels que ceux de Luc; il en est de même dans les Alpes-Maritimes et en Ligurie où Gênes est un centre d'exportation important.

Culture, — Le châtaignier se multiplie par semis en place pour la culture en taillis en vue de la production du bois, en pépinière quand on se propose de greffer les jeunes sujets. Dans ce dernier cas on plante les châtaignes le germe en haut, à 0"»,80 en tous sens et 0™,10 de profondeur. On transplante vers la quatrième année

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