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POMMIER

sporangium sabinœ Wint, dont l'une iTes formes qui vit sur les genévriers est la cause de Finfection des Poiriers. Ce champignon envahit aussi bourgeons et fruits.

Le Chancre du Poirier est dû à une autre espèce, Fusicladium piiinum Lib., qui occasionne également la tarelure des fruits.

15. Pommier, Malus communis Poir. — Auferedtes Ro^acées-Pomacées, qui, comme le Poirier, ne* confvient guère à Farboriculture des régions méditerranéennes sèches et chaudes, sauf à certaines altitudes, dans les^ ravins frais^ non ensoleillés, en bon sol, profond, peu argileux. Si 1» Pommier ne rencontre pas des conditions de végétation à sa convenance, les cueillettes sont peu abondantes et les fruits petits et mauvais.

Plantation. — En haute ou basse tige. Tailfe sobre, après la formation des branches charpentières ; suppression des rejets de la base, simple émondage de la cime.

Multiplication, — Par semis ou par greffe. On greffe les hautes tiges sur franc, sujet s'adaptant mieux aux terres fortes.

Sur Doucin on greffe les basses tiges, ou sur Paradis^ dans les sols secs et médiocres.

En écusson, à œil dormant ; on greffe en fente et en couronne, quand le sujet est fort.

Fructification. -- Choisir toutes variétés hâtives et de conserve : Api rose, Bouque de Provence, Calville roug.e d'été y, Calville de Saint-Sauveur et de Finale, les Reinettes- grises^ du Canada, de Hongrie, Reine des Heinette^ Rambour d^^été.

Le Pommier a une place peu indiquée dans la production fruitière du Nord* de l'Afrique; sa végétation y est douteuse et son fruit médiocre.

Les variétés à choisir sont celles précitées. Dans quelques rares cas, en Kabylie, le Calville blanc a donné de beaux fruits, mais cette heureuse fructificatie^n ne s'est pas prolongée.

En résumé, la Pomme est un fruit d'hiver, au moins d'automne : elle a trop d'intempéries et d'atteintes à subir avant sa formation, pour pouvoir être abondante et de bonne qualité sur des arbres malingres.

Le Pommier est cultivé dans quelques vieux vergers arabes, mais ses fruits sont petits, très médiocres et presque toujours véreux. Dans les jardins maures des environs d'Alger on remarquait autrefois des fruits intéressants, botaniquement parlant, qui semblaient se rapporter à ceux du Doudn et du Paradis. Peut-être la greffe ayant disparu, le sujet seul avait persisté?

Les grandes villes du littoral, Tunis, Bône, Alger et Oran reçoivent pour l'hivernage beaucoup de pommes de France: leur conservation est facile jusqu'au printemps.

Maladies et parasites. — Les principaux insectes ravageurs des Pommes sont l'anthonome, puis les grands et petits rongeurs {Scolytus pruni et S. rvguhsus). Mais le Puceron lanigère {Aphis lanigera) est particulièrement rjdoutable dans certaines pépinières d'Algérie.

Dans les cryptogames, le Fusicladium denhiticum fait tomber les jeunes fruits : sa première apparition est sur les feuilles.

Vignes de table.

Raisin de table. — Plusieurs régions du Nord de l'Afrique sont favorables à la production du raisin de primeur. En Tunisie la côte orientale offre des expositions privilégiées, mais non utilisées; ce n'est qu'en Algérie que la culture du chasselas de primeur a pris une certaine extension aux environs de Bùne, de Philippeville, d'Alger et d'Oran ; mais c'est la région d'Alger qui est de beaucoup le centre de production le plus important. D'autres régions seraient tout aussi favorables au point de vue du climat, tels par exemple les environs de Mostaganem et, à l'ouest d'Oran, la plaine des

Andalouses. Mais la production du raisin frais en vue de Texportation n'est possible qu^à proximité des ports desservis par un service régulier de T>ateaux permettant les expéditions vers le nord au fur «t à mesure des maturités.

La culture des chasselas de primeur est limitée au littoral, aux terres légères, sablonneuses, situées au niveau de la mer. Dans l'intérieur des terres ou à une certaine altitude au-dessus de la mer la précocité n'est plus suffisante pour permettre d'éviter la concurrence des produits similaires d'autres provenances.

Dans la région d'Alger ce sont les trois communes de Guyotville, de Staouëli et de Zéralda, à l'ouest d'Alger, qui produisent la plus grande partie du raisin de primeur exporté par le port d'Alger; la superficie des vignes de primeur peut être évaluée approximativement à 250 hectares pour les trois communes: dans ces cinq dernières années on a constaté une sensible augmentation des plantations.

Mais, en outre de ce raisin de primeur et d'un peu de muscat, on exporte aussi dans le courant d'août une certaine quantité de raisin de vigne à vin comme l'œillade, le cinsaut, mais à des prix bien au-dessous de celui du véritable raisin de primeur.

Voici les quantités de raisin exportées dans ces dernières années :

Année 1897 20.220 quintaux.

Ces chiffres montrent une progression marquée, beaucoup moindre cependant que celle qui caractérise les

exportations de Tltalie à destination des grands marchés européens.

(Vest le chasselas de Fontainebleau ou chasselas doré qui est la variété préférée comme primeur : c'est celle qui est exclusivement cultivée en Algérie en vue de l'exportation. Cependant dans la région d'Avignon on cultive aussi le Joannenc ou Lignan plus précoce que le chasselas doré.

En Algérie, la culture du chasselas se fait dans les mêmes conditions que celles de la vigne à vin. Plantation sur défoncement à raison de 5000 pieds par hectare, disposés en lignes écartées de 2 mèti^s et espacés de i mètre sur le rang. La souche est taillée en gobelet formé de cinq ou six porteurs taillés à deux yeux. Les vignes doivent être protégées contre les vents violents de l'ouest, au moyen d'abris qui servent aussi à fixer les sables. Ces abris sont formés surtout et de préférence avec des claies en roseaux orientées du nord au sud ou au moyen de fagots de bix)ussailles. Pour maintenir la production il faut fumer la vigne, mais en lui appliquant des engrais appropriés. En poussant trop à la végétation, on obtiendrait des raisins plus gras, supportant moins facilement le voyage. Les frais annuels de production pour le chasselas de primeur, s'évaluent à environ 600 francs par hectare. Ils sont plus élevés que pour la vigne à vin, car il faut s'attacher à produire de belles grappes plaisant à l'œil. La grappe ne doit pas frotter contre la terre, aussi creuse-t-on le sol en cuvette sous la souche ; au moyen de fourchines on maintient le sarment pour l'empêcher de traîner ; il faut éviter l'insolation trop directe qui altérerait le grain. Les grumes altérées doivent être enlevées ; la grappe doit être maniée avec précaution pour lui conserver sa fleur, etc.

Les raisins sont emballés dans des caisses en bois blanc de 3 et b kilogrammes. Ce n'est que pour les raisins mûrissant les premiers et pour le surchoix que l'on emballe en caisses de 1 kilogramme. Avant d'être mises en boites

les grappes doivent être examinées et émondées avec soin. La cueillette se fait par le procédé dit du jardinage, en choisissant les grappes qui sont à point. La grappe est sur le champ même débarrassée au moyen de ciseaux desgrains altérés ; les raisins sont transportés à Tatelier d'emballage dans des corbeilles à une anse : là on laissele raisin, souvent très chaud, se refroidir avant de l'em-^ baller.

La caisse garnie de papier avant remplissage est renversée sens dessus dessous et remplie par le fond. Les plus belles grappes sont rangées en tournant le beau côté en dessous : on continue à remplir av€fc des grappesordinaires, des grapillons et même des grains de raisin détachés, ('e sont les grappes un peu lâches qui se prêtent le mieux à l'emballage : celles dont les grains sont trop serrés en forme de boudins sont défectueuses. Quand la; caisse est pleine, on rabat le papier de garniture et on cloue la planchette qui formera le fond de la boite. On retourne alors la boîte sens dessus dessous et on enlève la planchette qui provisoirement servait de fond, on achève de remplir les vides avec des grapillons ou desgrains de raisins. Puis on cloue définitivement la planchette qui formera le dessus de la boîte, le côté à ouvrir. Ce travail doit être fait avec le plus grand soin ; les. grappes doivent être serrées pour qu'en cours de route elles n'aient pas à souffrir des cahots ; il faut éviter d'autre part qu'aucun grain ne soit écrasé, car en pourrissant il compromettrait tout le contenu de la boîte.

Les femmes chargées de l'emballage en Algérie reçoivent un salaire de 5 francs par jour. L'homme préposé à la cueillette dans la vigne reçoit 3 francs. Un homme cueille et émonde un quintal de raisin par jour ; une femme peut emballer 200 kilogrammes de raisin préparé.

Le prix de vente du chasselas d'Algérie est très variable d'une année à l'autre : il dépend de l'abondance plus ou

moins grande des fruits en France et dans les autres pays d'exportation : en 1903 les fruits ayant manqué en Europe, et la gelée ayant éprouvé les vignobles du Midi, la demande fut considérable : aussi l'exportation s'estelle prolongée jusque dans la seconde quinzaine du mois d'août, et les prix ont-ils été très élevés et anormaux. Les prix de vente dépendent aussi de la plus ou moins grande précocité à la maturité, précocité variable chaque année, mais se produisant d'ordinaire dans la première quinzaine de juillet. Les raisins cueillis fin juin ou commencement de juillet sont insuflisamment mûrs, et trouvent peu de faveur auprès du consommateur.

Le plus souvent le cultivateur vend sa récolte à un expéditeur, à tant le quintal livré brut sur bascule. Dans ce cas le prix de vente, très variable, oscille ordinairement entre 30 et 35 francs. En 1903, les prix ont atteint 40 francs; mais au commencement de la campagne de 1904, ils retombaient à 20 francs.

On compte que les frais de toutes sortes qu'entraîne l'expédition à partir de la cueillette jusqu'à destination, s'élèvent à 45 francs environ par quintal. Ils se décomposent ainsi qu'il suit :

Frais d'atelier : cueillette, emballage, caisse. 10 francs.

Transport de quai Alger à Paris 21^', 50 (1)

Octroi ofr,50 (2)

Manutention 2 francs.

Remise de 8 p. 100 au vendeur : soit pour

une vente à 80 francs le quintal 6^^,40

45fr,40

Dans une pétition adressée aux pouvoirs publics le 17 août 1901, les producteurs de pri meure de Guyotville, estimaient à 45 francs les frais de toutes sortes, depuis le coupage jusqu'à la vente. En outre, leurs frais de

(I) En 1905 les frais de transport de Marseille à Paris ont été abaissé et romenés de 14 fr. 55 à 12 fr. 75.

(3) Ces droits d'octroi ont été tout récemment supprimés.

production s'élevant à 600 francs par hectare, le quintal, pour une production de 60 quintaux à'Thectare, était encore grevé d'une somme de 10 francs, soit en tout 55 francs. Or, d'après les pétitionnaires, la vente n'a été à Paris que de 55 francs en 1900 et de 60 francs en 1901 ; nous avons vu qu'elle avait été beaucoup plus rémunératrice en 1903.

Cela montre les aléas que subit la production du raisin de primeur, qui n'est avantageuse que si on peut compter sur une précocité telle qu'on n'ait pas à redouter la concurrence des autres régions productrices.

La saison des expéditions de chasselas de primeur dure en moyenne vingt à vingt-trois jours ; elle finit d'ordinaire fin juillet ou commencement d'août, quand l'abondance de la production en France rend l'exportation impossible. Les prix ne sont très élevés qu'au début des envois; on remarque que cette période de vente avantageuse tend à se restreindre de plus en plus par suite de la concurrence des produits similaires, non seulement sur le marché métropolitain, mais aussi sur les autres marchés européens. Le marché de l'Allemagne en particulier tend de plus en plus à être accaparé par l'Italie et l'Espagne qui ont sur l'Afrique du Nord, indépendamment de conditions climatériques analogues, l'avantage de se trouver sur le continent dont ils alimentent les marchés.

Bien des régions comme certains rivages de l'Espagne et de l'Italie, certaines contrées de Syrie et d'Egypte pourraient produire des raisins précoces ; mais pour le moment ce sont les moyens de transport rapide qui manquent. Cette situation s'améliorera un jour, et le nombre des pays concurrents en sera largement accm. Aussi pour conserver leur avantage, les pays producteurs de primeurs doivent-ils, par tous les moyens dont dispose l'art horticole, tenter de maintenir l'avance qu'ils détiennent actuellement.

Dans l'Afrique du Nord le cultivateur de primeurs, pra-

Ucien non sans mérites, est quelque peu rebelle à remploi de tous moyens artificiels et auxiliaires pouvant venir en aide à la nature et au climat. On a toujoui^ entretenu chez lui cette légende que l'Afrique du Nord jouissait d'un climat incomparable défiant la concurrence de tous les autres pays producteurs de primeurs. Aussi n'a-t-on rien tenté dans la voie du progrès, et la vigne pour la production du raisin de primeur y est-elle traitée ou • à peu près de la même façon que la vigne à vin.

Sur le continent, au contraire, rien n'est négligé pour obtenir plus de précocité. Sans parler des raisins forcés en serre chauffée que l'on obtient dans tout le Midi depuis le mois de mars jusqu'à l'apparition des raisins de saison en juillet, on a, dans le Vaucluse, recours aux abris vitrés pour obtenir plus de précocité.

Les souches de vignes se trouvent sous des abris formant serre démontable. Les châssis sont placés à la Noël ; les souches sont soumises à la taille Guyot. La floraison a lieu au commencement d'avril.

Dans le courant de mai, la végétation devenant exubérante, on laisse les sarments sortir de l'abri. Grâce à ce procédé, on obtient des raisins mûrissant aussi tôt et même plus tôt que les primeurs de Guyotville, c'est-àdire vers le 25 juin et bénéficiant de prix de vente avantageux (1).

Pour hâter la maturité des raisins à Guyotville on a conseillé l'application de l'incision annulaire que l'on pratique au-dessous de la grappe dès le début de la floraison ; — cet effet est surtout sensible dans les régions froides où se cultive la vigne; — on gagne ainsi une quinzaine de jours dans le nord ; dans le midi le gain, bien que moindre, huit jours environ, justifle l'opération qui n'est pas admise par tous.

(1) Voy. Zacharewicz.

Cependant à Villeneuve-les-Maguelonne, aux environs de Montpellier, Fincision est pratiquée ; aussi quoique ce vignoble ne soit pas Fobjet de soins particuliers qui avanceraient encore l'époque de maturité, les cueillettes sont parfois assez précoces, comme en 1904, pour coïncider presque avec celles de Guyotville, dépréciant ainsi les cours de cette dernière localité.

Aux environs d'Hyères, comme sur certains points de la Côte d'Azur, il y a des localités assez favorisées naturellement pour, avec des méthodes horticoles perfectionnées, produire des fruits mûrs aux mêmes époques que sur le littoral algérien.

Les régions favorables à la production du raisin de primeur sont aussi celles où Ton produit le raisin d'arrièresaison, par cette raison, que sur les rives de la Méditerranée, la douceur du climat permet de garder le raisin des variétés tardives sur souche pendant une grande partie de l'hiver et de le conserver ainsi à l'état frais.

A l'est d'Alger les Kabyles cultivent un grand nombre de variétés de vignes à raisin de table de maturité tardive,, qu'ils apportent sur les marchés locaux, particulièrement à Alger, jusqu'au commencement de décembre. Ce commerce gagnerait même beaucoup à la vulgarisation chez les Kabyles des méthodes et procédés simples généralement en usage dans les pays de productions similaires (Thomery, Midi de l'Espagne, etc.) pour la conservation des raisins soit en locaux clos, soit sur la souche.

On a conseillé de donner une certaine extension à cette production en vue de l'exportation sur les marchés de la. Métropole; mais il faut remarquer que cette production, qui n'est pas sans présenter des difficultés spéciales à la colonie, se heurterait à une concurrence déjà établie. En Espagne la production de ce raisin d'arrière-saison a une certaine importance dans la région de Murcie, d'Alicante, d'Alméria, etc., et en Provence même, où elle se pratique dans la région de Nice, elle a l'avantage

de trouver sur place un débouché à prix rémunérateurs.

Aux environs de Nice on cultive un plant tardif, le Servan, produisant un beau raisin dont on commence vers la mi-octobre la cueillette que Ton peut prolonger jusqu'à la Noël, sans prendre d'autre soin que celui d'enlever sur chaque grappe les grains secs ou avariés. Ce raisin est vendu sur le marché de Nice au prix moyen de 1 franc le kilogramme. On produit aussi le raisin à maturité tardive dans la région de Grasse ; à Saint-Jeannet, localité à 400 mètres d'altitude, bien abritée et bien exposée au midi, une variété désignée sous le nom de raisin tardif de Saint-Jeannet peut garder ses fruits sur souche jusqu'en février et mars. On ne commence à les cueillir qu'en décembre pour finir la récolte en mars, époque à laquelle le prix s'élève à 5 francs le kilogramme et même au delà (1).

Le séchage des raisins n'est pratiqué dans FAfrique du Nord que par quelques tribus kabyles et pour leur propre consommation.

A diverses reprises des viticulteurs européens ont tenté en Algérie, d'après les méthodes usitées en Espagne, mais sans succès, cette utilisation des raisins en vue de l'exportation. La trop grande humidité du littoral fatt courir des aléas au point de vue d'un séchage parfait des fruits sans l'aide d'appareils spéciaux, et, d'autre part, les frais d'une main-d'œuvre non appropriée rendent souvent l'opération peu avantageuse.

En Tunisie, à Kélibia, des Italiens se livrent au séchage du raisin, particulièrement de divers muscats et produisent quelques centaines de quintaux de raisin sec. Ils se servent d'un bain alcalin bouillant dans lequel les raisins sont plongés pendant une seconde avant d'être exposés au soleil : l'humidité est nuisible comme le siroco. Le séchage

(1) Voy. sur la culture des raisins de lable tardifs dans les Alpes-Maritimes, une étude de M. J. GREc,publiée par la Revue de viticulture du 3 février 1900.

raisin;

a lieu du 20 au 30 août : le rendement est de 1 pour 3.

On produit aussi un peu de raisin secà Sfax (1).

Les parasites de la vigne sont les mêmes des deux côtés de la Méditerranée; mais dans le Nord de l'Afrique si Teumolpe (fîg. 52) n'est pas à craindre, Taltise (fig. 51) y devient un véritable fléau, au même titre que les plus graves maladies. Depuis quelques années ce parasite est efficacement combattu sans grande dépense par l'usage des sels d'arsenic.

D'après les indications de M. Grosjean, inspecteur générai de l'agriculture (2), M. A. Chouillou, ingénieur agronome, employa le premier en Algérie avec succès, pour la destruction de l'altise, l'arsénite de cuivre du commerce, mais sans bouillie bordelaise. Depuis, de nombreuses formules ont été préconisées.

Ces traitements sont peu coûteux comme matière première et comme main-d'œuvre. D'expériences poursuivies par nous quatre années de suite, il résulte que la protection complète d'une vigne contre l'altise revient par ce seul procédé à peine à 10 francs par hectare et par an (3), et rend complètement inutiles tous autres moyens de défense, ramassage à l'entonnoir, effeuillage, application de poudres, etc.,.

Fig. 5i. — Altica ampelophaga.

le mélanger à la

Fig. 52. — Eumolpes vU tis (Écrivain).

(i) Voy. MiNANGOiK, Feuille de renseignements de la direction d'agriculture de Tunis.

(2) Gro8jea>, Rapport de 1896, inséré dans le Bulletin du Ministère de l'Agriculture.

(3) Lecq et Romand, Notions d'agriculture algérienne, lib. Jourda» Alger, 1905.

ei aussi emploi du Sporotrichum globuliferum, champignon entomophyle dont Tinefficacité a causé trop souvent la perte de récoltes.

L'horticulture commerciale offre sur les deux rives méditerranéennes des différences bien tranchées quant à la nature et à Fimportance de la production.

Sur la Côte d'Azur, le commerce des plantes vertes cultivées dans de nombreux établissements a pris une grande extension ; il est à peu près nul dans le Nord de l'Afrique.

La floriculture, celle dite des fleurs coupées, de Toulon à la frontière italienne, est devenue l'objet d'un trafic si considérable que, pendant une grande partie de l'année, ses produits sont chargés chaque jour en wagons complets à destination des grands centres européens ; ce commerce n'existe pas en Algérie, entravé qu'il est par les difficultés el les retards de la traversée.

La côte Est de la Provence el celle du Nord de l'Afrique, à cause de leur analogie climatérique, ont des procédés cultiiraux à peu près semblables, s'appliquant aux mêmes végétaux : tout y est basé sur l'abri permanent et sur l'irrigation d'été.

Le climat des deux rives est peu favorable, dans certains cas rebelle, à la culture de quelques plantes, même maintenues en serre : Orchidées et Fougères supportent mal les périodes de siccité atmosphérique.

Cependant cette pénurie de vapeur d'eau est moins accusée en Provence qu'en Afrique où les sirocos nuisent à certaines plantes qui sont prospères dans le Midi, comme les Camellia et les Gardénia, par exemple, et même quelques Accacia australiens florifères.

Les plantes d'ornement, notamnoent celles destinées à la décoration des appartements, sont devenues l'objet d'un commerce considérable qui a été longtemps alimenté par la culture en serre en France, mais principalement par la Belgique.

En 1868, le Jardin d'Essai d'Alger, ainsi que deux ou trois horticulteurs des environs, interviennent dans la production de ce genre de plantes d'exportation ; mais bientôt le Midi de la France suivant cet exemple devint, grâce à la clémence de son ciel assez semblable à celui d'Alger, un redoutable concurrent pour cette horticulture africaine. .

La Belgique, de son côté, transforma son système de culture en une sorte d'exploitation quasi-industrielle : on y a créé plutôt des climats artificiels, réglables à volonté, que des serres ordinaires ; car il y a dans certains établissements des surfaces de 5 000 mètres et plus couvertes en verre, avec de puissants appareils de chauffage ; d'autres établissements ont une telle importance qu'ils ont des groupes de serres divisés par quartiers ou spécialités. Si l'on ajoute que ces grands centres culturaux sont approvisionnés par d'innombrables petits cultivateurs ; que les établissements belges comparés à ceux de la France sont au moins quinqué-centuplés en nombre et en importance et que par le port d'Anvers le commerce belge rayonne sur le monde entier, on aura un simple aperçu de la concurrence que rencontre l'horticulture méditerranéenne en général, surtout celle de l'Algérie.

En Belgique, la main-d'œuvre est patiente, laborieuse et son salaire modique, même pour des praticiens é mérites.

Les frais de premier établissement sont réduits grâce au bon marché des matières premières et du combustible.

Dans ces serres bien aménagées, l'ambiance ne subit aucune variation ; le degré de chaleur donné est supérieur à la pioyenne nécessaire à la végétation, qui est encore

activée par la nébulosité atmosphérique. 11 faut se rappeler que la chaleur est une cause accélératrice de végétation et la lumière une cause retardatrice.

L'évaporation et la transpiration forcément réduites en lieu clos font que Farrosement et les bassinages sont peu fréquents ; aussi voit-on des vastes serres sans personnel pendant plusieurs jours.

De grands horticulteurs anglais ont un système cultural bien précis dans ses grandes lignes : extrêmes [de chaleur, d'humidité et d'engrais, maintenus à volonté, avec une certaine nébulosité.

On a généralement une fausse idée des avantages qui sont échus à l'horticulture provençale ou africaine : ils sont beaucoup plus apparents que réels pour l'exploitation productive. Aussi, dans le plus grand nombre des cas, la végétation d'une espèce y est moins rapide, demande beaucoup plus de soins que dans une serre du Nord de l'Europe ; en général, doit-on dire aussi, elle y est plus économiquement obtenue.

L'horticulture provençale a un avantage considérable sur celle du littoral africain, même en prenant comme exemple la région d'Alger, la mieux placée et la plus avancée. En effet, le climat de la Côte d'Azur, à peu près égal à celui du littoral algérois, sinon plus favorable pour certaines espèces, réunit sous son beau ciel une clientèle riche qui consomme sur place et fait exporter.

Dans un autre ordre d'idées plus pratique encore, l'horticulture provençale a le précieux avantage d'être sur le continent, de pouvoir charger sur place, en vrac, par wagon complet, avec des tarifs spéciaux, à destination de toute l'Europe sans ruptui^ de charge. En outre, elle peut expédier la plante en pot, prête pour la vente immédiate, c'est-à-dire ne nécessitant pas de la part du destinataire un rempotage et une reprise qui exigent du temps et de l'argent.

L'horticulture algérienne, au contraire, éloignée de sa

clientèle, a à compter avec la traversée, dépense supplémentaire, mais surtout très onéreuse à cause de la nécessité d'un emballage spécial, bien conditionné, en caisses solides; de là forcément Fimpossibilité d'envoyer des végétaux avec leur pot. Il faut dépoter; par suite, c'est un empotage à l'arrivée, une reprise en serre chauffée ou sur couche et des soins de quelques mois : ce mode de procéder est maintenant contraire aux mœurs horticoles, surtout en France.

De plus, les transbordements d'embarquement et de débarquement, dangereux et coûteux, sujets à avaries, grèvent le destinataire de lourdes charges supplémentaires.

On explique ainsi la décadence bien marquée depuis quelques années de cette tentative d'horticulture d'exportation sur laquelle on avait fondé des espérances, mais qui ne représente pas actuellement cent cinquante mille francs par an en Algérie et qui est nulle en Tunisie.

Cette spécialité horticole n'a pas dans le climat, comme on est trop porté à le croire, un auxiliaire bien économique. L'ardeur du soleil et souvent la siccité atmosphérique doivent être combattues par de solides clayonnages pouvant résister également au vent et à la grêle et qui ont aussi le rôle important de combattre les froids par rayonnement nombreux et assez intenses pour atteindi'e, comme nous l'avons vu, pendant plusieurs heures — 3<> et — 6°, à l'air libre et aux environs du sol.

Sans abris constants, surtout contre la grêle, aucune culture de ce genre n'est possible; même doit-on, pour éviter les dégâts causés par ce météore, ne pas employer du verre simple dans le matériel de châssis et de serres.

Par les sirocos, un seul arrosement quotidien est loin de suffire, il faut le répéter plusieurs fois, surtout si la culture est sur couche : on lutte contre le mal, sans cependant activer, par ces soins supplémentaires et coûteux, la végétation de la plante.

L'usage de la couche chaude peut surprendre dans Rivière et Lecq. — Cultures du Midi. . 24

422 HORTIGULTUnE DES VÉGÉTAUX D'ORNEMENT,

ces climats ; mais il est indispensable pour les reprises, en Algérie comme en Provence, et aussi pour le traitement (le certaines plantes.

La main-d'œuvre est relativement chère. Tous ces frais supplémentaires font que diverses plantes reviennent pour les sortes commerciales, à un prix supérieur à celui de rhorticulture belge. Pour les plantes fortes et bien ^constituées de certaines espèces, Tavantage reste à l'horticulture algérienne sur celle de la Belgique et de la Provence ; cependant dans cette dernière des palmiers de pays tempérés s'établissent mieux que sur le littoral africain.

A Fheure actuelle l'horticulture algérienne est réduite à deux plantes d'exportation, déjà concurrencées par le Midi, mais qu'elle produit mieux que lui : ce sont les Kentia Forsteriana et Uelmoreana ainsi que le Cocos datilj voisin du C. flexuosa ou C. plumosa.

Par contre, l'horticulture de la Côte d'Azur aune grande diversité de plantes d'exportation qui, par les voies ferrées françaises, vont en Belgique et en Hollande, et par les voies italiennes dans le centre de l'Europe : on peut dire qu*elle a un rayonnement direct.

Les principaux sujets de son ex-portation sont : en première ligne le Phœnix canariensis qui est l'article principal; puis les Araucaria excelsa, Cycas revolutaj Dracaena indivisa et ses variétés, Chamœrops humilis et Ch, excelsa. Cocos datil ou C. Romanzoffiana, différentes formes de Cocos australis (Cocos Yatai), Pntchardia filifera, Chamœrops Roezli, Bambous du groupe des Phyllostachyéesy etc. (i).

Le commerce local est considérable, car il a à satisfaire le riche hivernage qui veut créer d'emblée des villas entourées d'une végétation variée et toute venue : cet achalandage n'existe pas en Algérie.

(1) Pour les Bambouf, consulter A. et Ch. RiTièns, Les Bambous, grand in-8"> avec nombreusei planches, Paris, 1878. {Bulletin de la Société d'Acclimation.)

l'ig. 53. — Jubœa spectnbilis (p. 426).

Or

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