‹ Cultures du Midi, de l'Algérie, et de la TunisieChapitre 108 sur 167 · PALMIERS · texte numérisé non relu

PALMIERS

Mais cette horticulture de la Côte d'Azur a sa menace dans les progrès de même nature rapidement faits sur le rivage ligurien de l'Italie, où de Vintimiile à la Riviera de Gênes se trouvent des conditions climatériques et économiques peut-être plus favorables. D'autre part, quand sous les climats essentiellement marins, comme il y en a beaucoup dans la péninsule italique, dans sa partie méridionale et en Sicile, à des latitudes au-dessous de celle d'Alger, on entreprendra des cultures similaires, la concurrence sera dure pour les deux rives de la Provence et de l'Algérie.

Le perfectionnement des ressources de l'art horticole, l'abri sous toutes ses formes, la fumure ab'ondante et l'irrigation raisonuée retarderont seuls ce nouvel état de choses qui point à l'horizon.

L'énuméralion suivante ne comprend que les principales espèces qui constituent le commerce horticole des deux rives méditerranéennes pour l'ornementation (1).

Palmiers, — Les Palmiers importés sur la côte provençale lui impriment un caractère subtropical; quelques espèces de zones tempérées chaudes du globe sont devenues très communes dans les jardins, dans les lieux publics et même sur les routes.

La côte africaine possède beaucoup moins cet ensemble de végétation intertropicale dont les représentants sont pour certaines espèces si abondants depuis Toulon jusqu'à la frontière Est. En effet, on ne rencontre pas encore en Algérie les magnifiques espèces de Palmiers si nombreuses dans certains centres comme Hyères, Cannes, Nice et Menton : le Phœnix canariensis y est relativement rare, le Pritchardia ou Washingtonia filifera à peu près inconnu,

(1) Pour connaître l'état de végétation en Algérie des principales espèces de chaque famille, consulter Ch. Rivière, Horticulture générale de l'Algérie, avec planches, Alger, 1889.

Pour la Provence, E. Sauvaigo, Les cultures sur le littoral de la Méditerranée, Paris, 1894.

et le Phœnix daclylifera lui-même est presque une exception sur le littoral algérien, tandis que des rues et des avenues en sont bordées dans certaines villes anciennes du Midi de la France, comme Hyères par exemple. D'auti e part, à Bordighera des peuplements de Dattiers sont exploités pour leurs palmes.

Les principaux Palmiers dominant dans la flore provençale importée sont, en dehors de ceux précités qui sont de plus haute taille, les Cocos Yatai et le Brahea Roezli, à feuillage pâle, argenté, presque métallique : on les retrouve encore de bonne venue, sauf les Dattiers ^ dans les jardins de Perpignan. Ces dernières espèces sont beaucoup plus rares en Algérie.

JVIais, le littoral algérien se signale par une végétation plus remarquable de certains Palmiers : Cocos brésiliens^ formes Cocos Romanzzoffiana, datil, plumosa; Latania borbonica, Corypha australis^ et par quelques types difficiles sinon impossibles à implanter en Provence : Oreodoxa regiay Àrenga sacchanfera, Pintchardiapacifica, ChamœdO" rea elatior, quelques Caryota et Thrinax. Le genre Sabal^ si varié, y a également une plus grande végétation.

Si le puissant et massif JM6a?a spectabilis des Andes du Chili (fig. 53, p. 423) a de beaux représentants dans le Midi, sa végétation parait encore plus remarquable sur le littoral africain ; mais ce Palmier des neiges de la Cordillère ne remonte guère dans les parties montagneuses et ne se plaît nullement dans les régions désertiques ainsi qu'on l'a dit à tort. Parmi les plus beaux spécimens Fun est à signaler au Jardin d'Essai d'Alger : 12 mètres de hauteur et 4"», 15 de circonférence.

Le Chamœrops humilis a de nombreuses variétés horti-^ cotes distinctes principalement par leur feuillage ; quant au stipe, il a par la culture une tendance à s'élever et par conséquent à ne plus pousser en touffe. Mais le Chamserops excelsa (Trachycarpus) des parties froides de la Chine ne rencontre pas sur le littoral africain un milieu à sa

Fig. 54. — Cocos forme ftexuosa.

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<»,onvenance. D'autre part, résistant jusque dans certaines localités des environs de Paris, il ne supporte pas le climat rigoureux des montagnes et des plateaux africains «n dehors de l'influence marine.

Dans le Nord de l'Afrique la culture des Palmiers, sauf celle du Dattier, n'est possible que sur le littoral ; le climat saharien lui est tout à fait défavorable.

En Algérie, où pourtant les expériences d'acclimatation sont d'ancienne date, on n'a encore aucune indication sur la résistance des Palmiers originaires de pays froids, déjà communs en France, même en Angleterre, assez rustiques pour aborder les Hauts-Plateaux. Les principales espèces connues par leur rusticité et qu'il conviendrait d'y essayer sont : Washingtonia filifera et robusta (Pritchardia) Erytkea RoezH [Brahea), Nannhorops Ritchieana, Jubœa spectabiliSy etc.

Le grand commerce horticole des Palmiers ne comprend que quelques espèces.

1. Cocos, — Cocos datil, Drude, Brésil, dont une forme est dite C. Roman zoffUina, espèce supérieure au Cocos flexiwsa, Mart, dont le type (fig. 54, p. 427), a beaucoup moins de feuilles et une tendance à la chlorose.

Le Midi chaud cultive bien ce Palmier, qui cependant se plaît mieux aux environs d'Alger et est resté pour cette région une des rares plantes d'exportation.

Cocos Weddeliana Hort, du Brésil, plante objet d'un grand commerce en Belgique et en Angleterre, mais de culture difficile sous le climat méditerranéen.

2,Kentia, — Ce genre de l'Australie méridionale a pris depuis quelques années une place considérable parmi les plantes d'appartement, reléguant à l'arrière-plan tous les végétaux en usage autrefois.

Le monde entier est tributaire de l'horticulture belge pour les Kentia; cependant dans les parties les plus chaudes de la Côte d'Azur on le cultive en pleine terre, sous abri ; aux environs d'Alger, on trouve au Jardin

d'Essai une des belles cultures de ce genre qui constitue un article d'expartation.

Le Kenda Forsteriana flort, est l'espèce la plus recherchée à cause de sa tenue et de sa rusticité (fig. 55) : ces qualités sont un peu moindi*es chez de K. Belmoreana Hort.

Ces espèces rustiques en pleine terre aux environs d'Alger, sont la proie d'une cochenille, Fiorinia cainellix qui en rend la culture difficile ou onéreuse.

Latania et Coi^ypha, Livistona ckinemis R. Br. et L. austraits Mart., qui ont occupé autrefois une première place dans le commerce, sont actuellement délaissés.

Phœnix canariensis Hort. Cette vigoureuse et rustique espèce est l'objet du commerce le plus considérable de l'horticulture méridionale ; c'est par wagons entiers que ces Palmiei^ de toutes forces sont expédiés dans le Nord et dans le Centre de l'Europe.

Devant cette vogue justiliée la culture des autres espèces Phœnix leonensis, pumila, reclinata, etc., de nature plus délicate a disparu ; ainsi s'est tmuvée subitement arrêtée en Algérie l'exportation de ces plantes, et le commerce horticole delà colonie a subi de ce chef un préjudice d'autant plus grand que le Phœnix canariensis ne peut plus y être cultivé pour l'exportation à cause de l'envjJiissement de ses feuilles par un entophyte redoutable, Graphiola phœniciSy qui déprécie entièrement cette plante.

Ce Palmier résiste bien aux vents de mer.

Un hybride obtenu au Jardin d'Essai, Phœnix Rivieriy qui a produit diverses formes, est certainement un des plus beaux Palmiere pour avenue. On en trouve quelques exemplaires remarquables sur la Côte d'Azur, sous des noms différents.

Washingtonia filifera Wendl et W. robusta Wendl, palmiers robustes de la Californie, à grandes feuilles flabelli formes, terminées par des filaments blancs, ont des stipes élevés et d'un gros diamètre.

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Fïg. 55. — Kentia Forsienana (p. 430).

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