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ŒILLET

la fumure préalable en tourteaux sulfurés est-elle indiquée.

Les engrais liquides sont employés quand la plante bien enracinée est en pleine végétation, mais les engrais humains ordinairement en usage ne sont pas, par la difficulté de leur dosage, sans inconvénients. Dans beaucoup de cas on préfère les arrosements au nitrate de soude.

Les pincements, opérations périodiques différant avec les variétés, servent à former la plante, à l'équilibrer et, suivant les cas, à avancer ou à retarder la floraison. L'art du cultivateur est donc de connaître comment chaque variété supporte ces opérations réduites ou prolongées.

Le tuteurage ou le baguettage consiste à maintenir la végétation florale quia tendance à s'incliner sous le poids des boutons : quatre baguettes en rosea,ux retenues par un fil de coton redressent la touffe.

La cueillette des fleurs commence en octobre et se termine en juin, à la Saint-Jean : par une culture suivie on règle pour ainsi dire l'émission de nouvelles tiges florifères et l'épanouissement des fleurs, suivant les époques de fortes ventes.

Pour les œillets vendus sur place aucune préparation préalable ; mais ceux destinés à l'exportation sont coupés à un certain degré d'épanouissement, puis toutes les hampes réunies en paquets trempent une dizaine d'hfeures les pieds dans l'eau dans des installations spéciales. On laisse ressuyer, puis on les emballe par paquet de douze.

Les variétés d'œillets obtenues sont nombreuses tous les ans : dans le commerce des fleurs on ne tient plus guère au nom, mais à la beauté et à la durée de la floraison ; cependant les types Duchesse Olga, Papa Curtù Malmaison, Enfant de Nice, etc., sont toujours appréciés.

Rivière et Lecq. — Cultures du Midi. 26

Aux enviix)ns d'AJger, à FOuest, dans les terres sableuses du littoral on cultive Foeillet, non pour l'expédition, mais pour les besoins très limités de la ville. Les beaux œillets d'hiver viennent de Nice.

Quand elle n'est pas contrariée par les pluies torrentielles du printemps ou par une sécheresse exagérée, la lloraison est fort belle, mais de peu de durée.

Maladies et parasites, — Les maladies parasitaires de l'Œillet dans le Midi de la France sont en ce moment une grave préoccupation, notamment celles dues aux cryptogames.

Contre les Thrips et les Araignées rouges, les pulvérisations insecticides sont efficaces, mais VHelerosporium, la rouille et la couronne sont des affections cryptogamiques de traitement plus difficile ; aussi ne pas prendre les éléments de bouturage dans les localités corttaminées, et stériliser le sol de la nouvelle culture, sont deux conditions primordiales à observer.

Cette pathologie spéciale de l'œillet a été bien étudiée par MM. Mangin et D' Delacroix.

Rosier. — Le nombre infini des variétés de Rosiers est sorti de plusieurs espèces du genre Rosa dont les variétés ont été hybridées entre elles.

Les principaux groupes intéressant l'horticulture commerciale sont les Rosiers remontants,

1° Rosier thé ou indien, Rosaindica L.

2° — (lu Bengale — semperflorens Curt.

3<^ — Noisette — Noisettiana Bosc.

4° — Bourbon — borboniana Red.

Les Rosiers hybrides remontants ont l'avantage d'être plusieurs fois florifères dans le courant de leur végétation annuelle, la culture aidant.

Dans les variétés remontantes les cultures du Midi ont trouvé leurs meilleures floraisons et les plus recherchées pour l'exportation.

Parmi ces dernières sont :

Safrano (Thé), jaune saumoné, culture la plus étendue.

Papa Gonthier (Thé), rouge pourpre, centre à reflets jaunes.

Paul Nabonnand (Thé), beau blanc, très cultivé.

Marie Van HoiUte (Thé), jaune teinté de rose.

Ces roses sont appréciées principalement pour la forme et la durée de leurs boutons, leur tenue en emballage et pendant la durée du voyage.

Mais d'autres sont également recherchées, cultivées en plein air ou en forcerie.

Maréchal Niel (Thé), jaune soufre, qui a tenu longtemps le premier rang.

Souvenir de la Malmaison (Bourbon), bouton plein et blanc carné.

Capiain Chrisly (H. R.), blanc carné à cœur plus foncé.

Paul Neyron (H. R.), rose foncé, très giande fleur, très «ultivée.

La France (H. Thé), rose argenté, très grande fleur.

Ulrich Brunner (H. R.), rouge cerise, fort belle fleur de bonne tenue, et beaucoup d'autres variétés intéressantes dont on trouvera la nomenclature détaillée dans des ouvrages spéciaux (Sauvaigo, Oranger, etc.).

Multiplication et culture, — Quelques rares variétés, comme Safrano, sont bouturées à Tair libre : mais la multiplication des Rosiers a lieu principalement par greffe sur VIndica major, V Églantier ne s'adaplant pas au climat du Midi. On greffe plus rarement sur Banhs dont le bouturage est moins facile que celui de 17ndica major.

Le bouturage d'Indica major se fait pendant l'hiver : bouture de 0™,40 de long, enterrée d'un peu moins de moitié. On plante en planches ou en billons pouvant être arrosés. Au printemps, greffe en écusson k œil poussant (fig. 64).

Quand le greffage du printemps n'a pas réussi on a

recours, en juillet-août, à Vécussonnage à œil dormant.

Le greffage de printemps est immédiatement suivi de

végétation ; en bon sol et avec des arrosements on a une

Fig. 64. — Greffe du rosier en écussoo.

plante livrable dans le courant de Thiver de la môme année.

La greffe en fente n'est appliquée que sur du vieux bois ou sur de forts sujets.

Plantation . — Les plantations faites en vue d'une exploi*

tation commerciale, en plein champ et sur de grandes étendues, exigent des dispositions spéciales : choix de l'exposition, du terrain et des moyens d'irrigation, puis défoncement profond et fumure. Si Tarrosement estival n'est pas assuré, la plantation ne se trouve pas dans des conditions absolument économiques, en ce sens que la végétation n'est pas réglable à volonté, conditions de première importance dans les pays à répartition pluviale irrégulière ou insuffisante. En effet, le départ provoqué ou hâtif de la végétation en automne sous l'effet de l'arrosement est une des principales causes de l'accélération de la phase florale dans la plus grande partie de l'hiver.

En plein champ, les Rosiers sont plantés en lignes droites écartées l'une de Tautre de l'°,50 : on plante sur la ligne à 0",60, 0",70, 0",80 et même plus suivant les variétés, la nature du sol et l'importance des cultures intercalaires.

Aucun intérêt à avoir dans une roseraie des plantations intercalaires d'arbres fruitiers; cependant, aux environs d'Hyères, les intervalles facilement travaillés à la charrue sont cultivés en légumes quasi-primeurs, petits pois et haricots de lin de saison, car à partir des premiers jours d'avril la cueillette des roses est ralentie.

A trois ans de plantation une roseraie est en pleine floraison : sa durée est de quinze à vingt ans si le sol est régulièrement fumé.

Taille. — Le Rosier se comporte mal sur tige dans la région méditerranéenne : il est taillé en buisson bas.

La floraison se produisant sur les rameaux de Vannée, on taille à deux yeux, comme pour la vigne (fig 65) : cette opération facilite l'émission de nombreux boulons. Cependant dans beaucoup de cas pour avoir une végétation mieux constituée et des boutons floraux plus ensoleillés, on taille en évidantle centre du buisson (fig. 66). Comme le climat le permet et que l'obtention d'une floraison

hivernale est le principal but de la culture, on applique à la fin de Tété, de septembre à octobre, aux rosière à

végétation latente par Teffet de la sécheresse, une taille ordinaire en évidant un peu le centre de Tarbrisseau.

Mais, pour éviter une floraison d'ensemble et pour avoir des cueillettes successives, la taille doit être appliquée à intervalle raisonné et par parcelle.

Apres cette première taille une irrigation est nécessaire si la pluie a fait défaut :: cet arrosement est également parcellaire. Le terrain ressuyé, fumure et labourage suivent.

La taille printanière est plutôt la coupe des deux ou trois floraisons qui se succèdent sur le même pied.

La dernière cueillette terminée, l'entretien consiste en simples binages, à moins de cultures intercalaires.

Pour les roseraies non ir riguées, mêmes soins, mais la floraison hâtive, tardive et abondante est subordonnée à la répartition des pluies.

&ir les gradins des coteaux, la floraison est, suivant

IFig. 65. — Taille du rosier.

Fig.'66. — Rosier évidé par la taille.

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les expositions, somment plus précoce, mais moins abondante et de durée moindre quand Félat pluviomé trique n'est pas favorable.

Si dans les plaines argilo-calcaires les floraisons sont plus abondantes, il faut cependant y craindre les gelées et souvent un retard dans la floraison si le sol ne s'échauffe pas facilement.

Forçage, — Mais quelle que soit l'exposition, il y a en hiver un minimum de température atmosphérique et géothermique qui interrompt la végétation et rend la floraison insufflsante, surtout au moment des fêtes de fin et de commencement d'année.

Pour obvier à cette lacune on cultive les rosiers en pleine terre sous des châssis vitrés, ou mieux encore dans des abris chauffés pendant la nuit et dans les

iiraffiHH!

Fig.67. — Serre adossée.

mauvais jours (fig. 67). Dans ces conditions artificielles se comportent bien: Maréchal Niel, Malmaison, Safrano, Marie Van Houtle, Bninner, etc.

Cueillette. — On coupe le bouton quand il est suffisamment allongé, dur et en toute fraîcheur, queue ou tige de 0"»,25 à 0°»,30 de long, garnie de feuilles lisses et vertes. Cueillette plutôt le matin que le soir : en attendant leur emballage, la base des tiges trempe dans des terrines d'eau.

iU PRINCIPALES CULTURES POUR LA FLEUR COUPÉE.

Emballage en paniers carrés de roseau : chaque fleur entoiirée d'ouate ou de papier de soie. La boîte en carton est moins utilisée : elle conserve trop l'humidité. Expédition par colis de 3, 5 el 10 kilog., franco Nice. « En généra], le Rosier se comporte tout aussi bien sous le climat marin de l'Algérie que sous celui de la Provence chaude ; mais au point de vue de la production des fleurs hivernales, il semble y être en moins bonnes conditions, fatigué par les chaleurs excessives de l'été et les pluies mélangées de grêle de l'hiver.

Les grandes villes d'Algérie, notamment Alger, reçoivent de Nice des roses fraîches bien vendues aux environs des fêtes du premier de l'an ; mais il faut ajouter que dans la plupart des cas ce sont des produits de forcerie. Ce commerce local est d'ailleurs trop restreint pour engager les horticulteurs algériens à entreprendre ces forçages.

Le commerce d'exportation des roses n'existe pas en Algérie : les tentatives anciennes et récentes n'ont pas été heureuses et l'on semble en conclure que la fleur algérienne supporte moins bien le voyage, surtout la traversée, que la rose provençale.

En résumé, l'exportation des roses exige un transport rapide sur les grands marchés qui sont Paris, Londres et le nord de l'Europe : or, il faut cinq jours pour faire arriver un colis postal d'Alger à Paris, avec séjour temporaire dans une cale, et pendant ce temps la rose s'est décolorée, fanée, pourrie, ou tout au moins a perdu sa fraîcheur et est prête à s'effeuiller.

Cependant, pour avoir, de belles roses au cœur de l'hiver, tout comme sur la Côte d'Azur, de simples abris vitrés, après une préparation du sujet, suffiraient amplement ; car si les gelées sont à craindre dans le Midi, elles le sont moins à Alger, néanmoins elles y sévissent et, de plus, les pluies d'hiver sont accompagnées de grêlons sur le littoral.

La végétation du Rosier, dans la nombreuse classification des groupes et des variétés, est fort belle sur le littoral africain, que la plante soit en petit buisson ou grimpante. La floraison presque permanente, mais réduite l'hiver de quelques variétés, puis la pousse florale du printemps sont parfois remarquables, quoique plus fugaces qu'en Provence quand souffle le siroco ou les vents humides de l'Est.

La culture du Rosier dans le Nord de l'Afrique est la même que dans le Midi, tant que l'on reste dans lé climat marin ; mais sur les Hauts-Plateaux la floraison hivernale est supprimée et certaines variétés grimpantes y résistent mal et peu de temps.

Longtemps on avait cru que le Rosier ne pouvait pas vivre en Algérie où souvent il ne passait qu'une saison, tué par l'été, et qu'il fallait l'importer de France tous les ans ou tous les deux ans. Or, toutes ces variétés étaient greffées sur Véglantiei*, sujet peu fait pour les pays secs à vive insolation ; aussi quand sur les conseils de A. Rivière on pratiqua en 1868 au Jardin d'Essai d'Alger le greffage sur Indica maj<yi\ on eut sur place des résultats rapides et durables, et c'est depuis cette époque seulement que figure une longue nomenclature de rosiers dans les catalogues des horticulteurs algériens.

Généralités, — La culture du Rosier en vue de sa floraison hivernale, nulle sur la côte africaine, est actuellement très étendue depuis Hyères jusqu'à la frontière italienne, et elle se prolonge déjà intense sur toute la zone littorale jusqu'à San-Rémo.

On plante en plaine et en coteau. Des cultures de particuliers s'étendent sur des hectares.

Pour la confection de gradins des travaux considérables ont été entrepris sur des coteaux en pente parfois très déclive, mais bien exposés, en véritables semi-espaliers.

Une nombreuse main-d'œuvre estemployée aux emballages.

La production des roses sur la Côte d'Azur a un grand débouché dans ses principales villes d'hivernage ; mais le commerce dominant est constitué par l'exportation dans presque toute TEurope, notamment sur les marchés de Paris, Londres, Vienne, Berlin, Varsovie et même Saint-Pétersbourg.

Ântibes envoie les premières roses de plein champ. Paris reçoit des roses dès fin octobre : d'abord Safrano, puis Nabonnand, Les prix à cette époque varient entre S et 10 francs la douzaine.

Pendant la saison il vient à Paris 5 ou 6 wagons par jour de fleurs du Midi, parmi lesquelles la rose est Farlicle dominant.

Les forts prix de vente s'obtiennent entre le 20 décembre et le 15 février.

Le développement et le perfectionnement de la culture des roses «ont pris un essor considérable dans le Midi. Tant que la Provence aura ce monopole les prix resteront avantageux pour le producteur, malgré la multiplicité des cultures. Mais en sera-t-il toujours ainsi? La côte* italienne est dans cette voie en progression rapide et, d'autre part, bien des régions'méditerranéennes desservies par des transports à grande marche, avec les moyens de conservation en progrès partout, pourraient un jour pix)chain intervenir sur nos marchés.

Rose à parfum. — Voy. ce mot.

maladies et parasites, — Dans les insectes, on trouve la mouche Hscie, Hylotoma rosœ, puis la mouche rousse, Tenlredo rosœ. La larve terricole, Vesperm slrepens, décortique le collet du plant. Des pucerons noirs et verts envahissent les jeunes pousses et des Cétoines ravagent les fleurs.

Dans les cryptogames le Blanc ou Meunier, Sphœrotheca pannosa, est une affection commune qui se traile par des soufrages répétés: parfois le Pourridié sévit sur la racines.

ANÉMONE. 4e7

La rouille des feuilles, Phragmidiumrosœ, est également très nuisible.

Bibliographie. — Un bon exposé avec détails suffisamment résumés se trouve dans Sauvaigo et dans Oranger» Aucune indication pour la côte africaine.

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