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BRISE-VENTS ARTIFICIELS

Cependant quand les chutes de neige sont'abondantesy les clayonnages ne résistent pas à un poids trop considérable et s'effondrent, ainsi que cela s'est vu à Alger dans le mois de janvier 1891 et 1905.

On emploie aussi sur le littoral africain, mais cela est impossible en basse Provence, les Bananiers pour protéger certaines plantes, notamment contre le soleil : ce sont des espèces de grande taille, Musa sapientum et paradisiaca ; mais ces lignes d'abris excellents pendant Tété ont l'inconvénient pendant l'hiver d'occasionner quelques dégâts dans la plantation intercalaire par les chutes de bananiers sous l'effet du vent.

Brise-vents artificiels. — Les haies sèches, d'un usage courant, en Provence encore plus que dans le Nord africain, sont faites avec des broussailles, mais plus particulièrement avec des roseaux. Ordinairement ce sont des palissades de 2 à 2™,50 de hauteur, composées dfe roseaux de diverses espèces, la Canne de Provence notamment.

Pour former cette haie, les roseaux secs sont fichés en terre par la base, serrés les uns contre les autres, puis réunis et maintenus par deux faisceaux, condorces ou mains courantes de roseaux disposés horizontalement. Des piquets régulièrement espacés soutiennent cette sorte de clayonnage vertical ou oblique : souvent ces pieux sont en saule, s'enracinent même assez facilement et contribuent aussi par leur végétation à l'atténuation du vent.

Les cultivateurs apportent une gi^ande attention à la construction de ces abris en roseaux : certains centres de la vallée du Rhône font venir de fort loin ces grandes Graminées et dans la région d'Avignon les voies ferrées en amènent des environs de Pont- Saint-Esprit.

Ces haies sèches coûtent très cher à établir : 1 fr. 50 à 1 fr. 65 le mètre courant ; on accuse davantage à Perpignan pour les bonnes confections. Leur durée est de trois ou cinq ans, tout au plus; mais pendant ce laps de

temps des réparations sont nécessaires. En résumé, leur entretien est constant, par conséquent coûteux.

On recherche maintenant si les Bambous^ d'abord cultivés comme haies rives, ne résisteraient pas plus longtemps, une fois secs, que les roseaux.

Aux environs d'Alger, ainsi d ailleurs que sur tout le littoral, les brise-vents sont faits avec des broussaiUes, notamment de Lentisque, de PhylUrea, d^Alateme, de petits Chênes, etc. Les cultures de tomates des environs d'Oran sont protégées à laide de haies sèches et en outre par des sortes de paillassons légers, disposés obliquement, audessus de chaque rangée de plants, ordinairement faits en paille de dyss ou de seigle : on les enlève dès qu'ils ne sont plus utiles (Gg. 12, p. 151).

Dans les régions steppiennes ou désertiques, les cultures vivrières sont aléatoires sans abris divers, aussi bien Tété que Thiver. Des clayonnages faits avec des /euilles de dattier suffisent pour atténuer tous les météores violents et prolonger la végétation ainsi abritée contre le rayonnement et Tinsolation.

Actuellement le perfectionnement de Tabri s'impose partout; sa confection actuelle est défectueuse et coûteuse et, on se demande si en Provence notamment les protections fixes qui exigeraient certainement des frais de premier établissement, mais deviendraient économiques dans la suite par leur durée et leur effet plus complet, ne pourraient pas être construites avec d autres éléments ? Si, par exemple, des muretles légères en pisé ou en plaques agglomérées maintenues par une armature de hauteur calculée suivant la distance à protéger, ne constitueraient pas une protection définitive, surtout complète et, d'autre part, si ces murettes n'auraient pas leur utilisation directe ? On sait que les millions de francs consacrés à la construction de murailles de Thomery et de Mon treuil ont assuré le succès de certaines cultures spéciales.

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