BRISE-VENTS VIVANTS
D'ailleurs les murettes, souvent les murailles en terre maintenues par une armature intérieure de feuilles de dattier, sont dans les oasis un système de protection en usage contre les vents et Fenvahissement du sable et Ton doit à leur multiplicité Tatténuation au profit des cultures intercalaires de bien des radiations et des rayonnements déjà fortement interrompus par le tète des palmiers.
Brise-vents vivants ou baies vives. — Les brisevents vivants ont leurs avantages et leurs défauts. On reproche aux lignes d'arbres ou d'arbrisseaux de nuire aux cultures avoisinantes par leur ombre et l'assèchement du sol, tandis que les haies sèches n'ont pas ces inconvénients. Cependant ces dernières, forcément de faible hauteur, ne peuvent étendre leur protection sur une grande surface ou alors leur multiplicité s'impose bien que coûteuse et imparfaitement efficace.
Avec le rideau d'arbres bien établi on protège les cultures sur une étendue plus vaste ; en outre la densité du •feuillage oppose au vent un obstacle moins facilement franchissable.
L'association des deux systèmes est à employer suivant les cas : le brise-vent d'arbres convient mieux aux vergers. Dans des régions soumises à des courants -réguliers, comme le mistral dans la vallée du Rhône notamment, les brise- vents méthodiquement disposés devraient être une mesure de protection générale^que des syndicats auraient intérêt à étudier et à établir.
Peu d'arbres conviennent à l'établissement des brisevents et ils sontles mêmes pourla Provence et l'Afrique : les principaux sont le Cyprès et le Thuya, mais principalement le premier.
Le Cyprès pyramidal se plante en ligne simple, à 0™,50 de distance, ou en ligne double, avec plants intercalés, les deux lignes écartées seulement de 0™,30.
Le Cyprès horizontaly de croissance plus rapide, se
plante à une distanne plus écartée, mais il a le défaut de se dégarnir de la base.
L'EucalyptuSj quelle que soit son espèce, est à exclure formellement.
Le Casuarina, surtout C. tenidssima, excellent dans le jeune âge, perd ses ramifications du pied en devenant adulte.
Le Laurus nobilis, très bon tant qu'il est jeune, a le désavantage de drageonner.
Pour remplacer le Eoseau de Provence dans le Midi de France, la plantation du Bambusa aurea est essayée.
Pour la culture des légumes primeurs en plein air on emploie, pour les haricots verts, les courgettes et les tomates, de petits écrans carrés faits en paille, avec un manche en roseau, qui fiché dans le sol est maintenu oblique. On remplace aussi le paillasson par des lames de bidon à pétrole également emmanchées. Ces abris, assez efficaces contre les fortes pluies et les grêles, sont cependant insuffisants contre les froids par rayonnement.
Dans beaucoup de cas on déroule des paillassons sur des armatures pour protéger les cultures pendant la nuit : ils sont enlevés dans la journée.
Aux environs d'Hyères, ainsi qu'on l'a vu aux chapitres Haricots verts et Tomates, on a adopté la couverture en châssis mobiles, sorte de serre économique d'une grande étendue, châssis supportés par de simples piquets (fig. 9) et sous lesquels les ouvriers peuvent procéder aux travaux de culture. Quand le temps est froid des réchauds à pétrole sont immédiatement disposés sous l'abri et le rayonnement est ainsi évité ou atténué (1). Ce système, il va sans dire, s'applique à bien d'autres cultures et il est employé pour les vignes primeurs.
(1) J. FoossAT, Les pois à Hyères, leur production sous vitraux. Progrés agricole de Montpellier, 6 août 1905.