MÉTÉOROLOGIE DU MIDI DE LA FRANCE ET DU NORD DE L'AFRIQUE
L'étude du temps basée seulement sur la météorologie dynamique pour la précision des mouvements atmosphéniques ne sert ni l'agriculture ni la climatologie, en ce sens qu'elle ne tient pas compte de tous les phénomènes
physiques que subissent directement végétaux, animaux et toutes choses de la terre.
11 y a donc une cause d'erreur, un danger même en pratique à confondre les données de ces observations avec celles de la météorologie statique, science véritablement agricole, mais qui malheureusement, dans le JNord de l'Afrique comme en France, n'a guère d'adeptes.
11 faut savoir que la météorologie dynamique du réseau officiel ne considère que les valeurs prises dans des conditions particulières avec des instruments placés à 2",60 de hauteur et recouverts par une double toiture, dans un lieu d'observation abrité et dont le sol est souvent damé et pavé.
La température des corps, des végétaux, du sol et les. actions physico-chimiques qui s'exercent à sa surface ou au-dessous sont des éléments qui n'intéressent pas cette partie de la science : au contraire, cette météorologie cherche, par tous les moyens, à se soustraire à leurs effets pour déterminer les mouvements horizontaux, ascendants ou descendants de l'atmosphère.
Cependant, pour tous les êtres animés, c'est justement dans cette couche inférieure de l'air, bien au-dessous de 2™,60 de hauteur, et sans abris ni protection quelconque, que se succèdent ces phénomènes physico-chimiques qui ont une influence si considérable sur la vie animale, sur la végétation, sur l'agriculture extensive ou intensive, et delà sur les conditions économiques et sociales d'unpays.
Or ces phénomènes de radiation et de rayonnement à peu près inconnus dans leurs rapports avec l'agriculture sont principalement accusés dans les régions de grande diathermanéité atmosphérique comme celles envisagées ici, mais encore plus caractérisés dès qu'on s'avance vers les parties steppiennes et désertiques du Nord de l'Afrique.
Les actions météoriques directement et réellement subies par les animaux et les végétaux en contact avec le sol, intéressent donc tout particulièrement le cultiva-
leur en grande ou en petite culture, principalement dans cette dernière. Les exploitations agricoles, les champs, les prairies, les bètes et les gens ne sont pas sous une double toiture, dans une couche d'air à 2™,60 de hauteur! Si cette couche élevée marque une température au-dessus de zéro, dans beaucoup de cas^ celle auprès du sol subit du froid réel, à glace.
L'année 1903 a démontré en France, comme dans une grande partie de l'Europe méridionale, l'anomalie et aussi le danger que présente, par rapport aux phénomènes naturels, le système d'observations en usage quand on veut appliquer ses données à l'agriculture.
Du 13 au 20 avril de cette année-là, une série de froids aigus s'est abattue, au moment où l'on s'y attendait le moins, sur les vignobles et les vergers en pleine végétation ; ce fut un formidable désastre qui porta une grave atteinte à la fortune publique en France. Les thermomètres sous leurs abris, dans les stations du réseau, n'indiquaient pas de froid; cependant des viticulteurs avaient constaté des minima de — 6° et de — 8° ; dans tous les cas, vignes et arbres fruitiers étaient dans beaucoup de localités fortement altérés, et par la suite les récoltes furent réduites ou nulles.
La connaissance des froids par rayonnement, nombreux et accusés sous le ciel clair du bassin méditerranéen, et encore plus dans le Nord de l'Afrique, dans les plaines comme sur les plateaux, intéresse l'horticulture et la viticulture qui peuvent, dans une certaine mesure, s'en défendre plus que l'agriculture réduite à les subir.
La caractéristique de ces sortes de refroidissements sous zéro est qu'ils ne se produisent que près du sol, dans la couche inférieure de l'air, dans une hauteur d'un mètre environ, qu'ils sont plus accusés en se rapprochant vers le sol et qu'ils sont de longue durée.
Donc, plus on s'éloigne du sol, plus la température
Degrés