PREMIER GROUPE
miques avec les minima extrêmes qui y sont indiqués, on reconnaîtra de suite l'obstacle absolu que crée la climature hivernale à la végétation et la limitation forcée de celle-ci à quelques espèces seulement.
Le premier devoir du cultivateur, avant de pénétrer dans ces régions et d'y arrêter un plan d'exploitation, est d'en connaître la climatologie, non dans ses moyennes, mais dans ses extrêmes. Malheureusement les observations relevées sont insuffisantes ; des sommes considérables sont consacrées à des essais de culture complètement stériles et les causes météoriques de ces échecs restent ignorées.
De cet exposé météorologique et climatologique on doit conclure que les plantes essayées dans le Nord de l'Afrique peuvent être divisées en deux groupes :
1° Un groupe sans résistance au climat hivernal ou estival ;
2° Un groupe résistant, mais sans résultat économique.
En précisant le degré de résistance de certains végétaux sur le littoral africain, dans les localisations privilégiées, on en déduira forcément comment ces mêmes espèces se comporteraient dans des conditions moins favorables de température, de froid notamment, sur la côte provençale.
Quant à l'exagération du degré thermique solaire et au siroco abaissant le degré hygrométrique de l'air, ces phénomènes nuisibles à certaines plantes sont cependant mieux supportés, toutes considérations économiques écartées, par la généralité des végétaux, dans le climat marin, cela va sans dire; mais il en est tout autrement dès qu'on s'en éloigne quelque peu.
Premier groupe.
Les plantes ci-dessous désignées succombent aux environs d'Alger et ne résistent pas longtemps dans un
abri vitré ou dans une serre non chauffée : vers-f lOo les accidents commencent à se produire.
Quinquina, Cacaoyei% Kolatier, Vanillier, Arbres à pain, Manguier, Tamarin, Papayer, Palmier à huile de Guinée, Cocoliers à gros fruits et des Maldives, Gutta-percha, Hevea, Palétuvier, Bassia, Calophyllum, etc.
Cne caractéristique encore : le Flamboyant, Ponciana pulcherrima, meurt jusqu'à la souche aux pi^emiers froids, et le Manihot Glazioivii perd toutes ses jeunes branches.
Quant au Caféier, il ne passe l'hiver sur le littoral que planté déjà âgé et dans une paillotte hermétiquement fermée sur trois côtés, avec une toiture en pliis, et il ne vit pas longtemps.
Mais pour mieux indiquer les obstacles climatériques rencontrés par certaines plantes, une énumération plus botanique, si sommaire qu'elle soit, devient nécessaire. Elle établit que les espèces citées, malgré toutes préparations à l'accoutumance, ne supportent pas les hivers de l'Algérie et de la Tunisie, en plein air et en pleine terre.
1° Toutes les Pandanées, même le Pandanus Pancheri, àe la Nouvelle-Calédonie.
2° La plus grande partie des Broméli'icées.
3° Presque toutes les Orchidées, surtout les épiphytes.
4« Les Palmiers épineux; Areca crinita, Astrocaryum divers, Martinesia, Desmonciis, Baciris, Calamus, etc., et bien temporairement Acrocomia sclerocarpa.
Le groupe des Arécinées, dans les Palmiers, a de nombreuses espèces qui ont fléchi aux premiers abaissements au-dessous de H- 10.
Areca alha, aurca, catechu, madagascariensis, montana, oleracea, ruhra, Verschaffeltli, etc. Un peu plus rustique, Areca lutescens ne supporte pas cependant l'air libre plusieurs années de suite.
Pourtant, il y a dans ce groupe des espèces voisines, maintenant classées dans d'autres genres, ce qui ne
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détmit pas la nature de Tindividualilé, qui ont une plus grande résistance au froid : Areca, Baueri et sapida, Seaforthia et notamment des espèces du genre Kentia dont quelques-unes sont l'objet d'un grand com merce horticole, Kentia Forsteriana et Belmoreana,
Dans les Palmiers on trouve encore sans rusticité aucune : Latania ruhra^ rotundifoUa {Livistona), Phytclephas, Cocos Weddeliana, Licuala, etc.
Les Guttifères réclament la serre chauffée pendant l'hiver : Garcinia, Clusia, etc., de même dans les Euphorbiacées le beau groupe des Codiœum horticoles, etc., etc.
Enfin, le froid de la surface du sol et la basse température de sa première couche sont nuisibles aux Maraida, aux Zinzibéracées, en général à beaucoup d'Aroidée^, notamment aux Caladium à feuillage coloré.
Deuxième groupe.
Beaucoup de plantes résistent plus ou moins longtemps aux actions défavorables du climat, mais alors elles ont une évolution incomplète, leur floraison et leur fructification sont rares et cette dernière surtout est réduite et le plus souvent inconnue. Dans ces conditions leur valeur économique est nulle ou insuffisante, une plante ne devant pas être, pour donner des rendements rémunérateurs, à la dernière limite de son aire de végétation, axiome que l'on ne saurait trop connaître et méditer.
En outre, la végétation apparente de la plante soustraite à son milieu originaire n'est pas un indice certain qu'elle contient les substances, alcaloïdes, essences et autres éléments chimiques qui en font rechercher l'exploitation. Sur ce sujet on trouvera au chapitre « Plantes exotiques sans valeur économique » des indications probantes.
Dans le groupe des Sterculiacées-Bombacées les jardins du littoral africain renferment quelques beaux arborescents, comme le Chorisîa speciosa Saint-Hil,^ Brésil, dont
4't ÉCHECS DE L'AGRICULTURE EXOTICUE,
les fruits à aigrettes soyeuses, voisines de celles du Kapock, EiMendron anfractuosum, sont employés en industrie; mais ces capsules sont de dimensions réduites, en nombre très restreint et ne se forment pas tous les ans. Quant à ce dernier, il ne résiste que peu d'années.
Dans ce même groupe, des arbres très intéressants par leur belle et curieuse floraison, Curolinea ou Pachiraj ne donnent jamais de graines, l'épanouissement des fleurs venant en mauvaise saison hivernale; mais, par contre, I3 Carolinea macrocarpa, de floraison estivale, fructifie assez régulièrement, pendant que les Carolinea fastuosa Decn. et C. oleaginea Decn. sont littéralement tués parles froids périodiques.
Le Sapotillier, Achras sapota Lin. (Antilles), à l'état de buisson a bien rarement quelques fruits, et chez beaucoup d'autres arbres fruitiers, Ptrsea^ Anona^ Psidium, à développement satisfaisant, la fructification toujours hivernale se trouve par cela même contrariée et de qualité inférieure souvent à ce quelle devrait être.
La même observation s'applique aux Bananiers comestibles dont les variétés sont rares : le Musa sapientum Lin. n'est guère représenté que par deux variétés dont les régimes ne sont pas toujours assez fournis; le Musa paradisiaca Lin. ou à gros fruits est peu fructifère et le Musa sinensis Sweet, ou Bananier nain, est à classer parmi les plantes délicates même dans les meilleures parties du territoire algérien.
Le ManioCj Manibhot utilissima Pohl, après une bonne végétation d'été est altéré par les premières pluies froides de l'hiver; sa végétation est incomplète et sa racine tubériforme peu riche en fécule.
La Canne à sucre et ses nombreuses variétés blondes ou colorées, Saccharum officinarum Lin., longtemps vivace, mais qui gèle cependant certaines années, n'a pas ordinairement une teneur suffisante en sucre.
On pourrait multiplier ces exemples d'insuffisance de