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DEUXIÈME GROUPE

rendement, admissible pour des plantes dont le parfait développement n'est pas atteint; cependant bon nombre de végétaux à complète et même à luxuriante végétation ne renferment pas les éléments intimes qui les font rechercher ou cultiver : par exemple les énormes arbres à caoutchouc, notamment des Ficus à latex abondant, mais ne contenant pas de caoutchouc; de gros Camphriers, Laurus camphora Lin., sans camphre ou simplement avec des traces; le Celastrus edulis Lin., le Khat d'Arabie, sans alcaloïde; le Pilocarpus pinnatifidus Lin., avec peu ou pas de traces de pilocarpine, etc.

Il est rare que l'exagération thermique, même par la terrible actinométrie des sirocos par temps calme et clair, cause des dégâts aussi nombreux qu'un simple abaissement de température à quelques degrés au-dessous de zéro, cas commun jusque sur le littoral.

Cependant, cette grande continuité de chaleur, jointe à une-hygrométrie raréfiée, est particulièrement sensible à certains végétaux. Parmi les plantes économiques qui en souffrent et qui en meurent, il faut citer le Théier, Thea viridis Lin., et dans les végétaux du commerce horticole les Camellia, Azalea, Rhododendron^ etc., qui se comportent relativement assez bien en Provence et en Corse, mais ne vivent pas sur la côte africaine, ni dans l'intérieur des terres.

Uuant aux Orchidées épiphytes principalement et aux fougères, elles se plaisent peu dans le climat méditerranéen en général et moins encore sur le continent africain à cause de l'ardeur solaire et du siroco, ce dernier occasionnant des désastres immédiats dans les cultures d'essai.

11 ne faut pas baser l'agriculture d'une région, même conseiller une culture spéciale uniquement sur des résultats horticoles et d'acclimatation, en d'autres termes il est imprudent de confondre l'exploitation économique du sol avec l'art des jardins.

Les essais de végétaux, dans des stations d'études ordinairement sans caractère économique, fournissent des indications vagues, souvent trompeuses et il serait dangereux, étant données les conditions artificielles qui régissent ces jardins d'expériences, d'en conclure hâtivement à l'adoption d'une culture ou à la précision de la climature d'une région par la seule résistance de quelques plantes : il n'y a là que des expériences de laboratoire préliminaires et encore à déductions variables.

Les habiletés coûteuses de l'art horticole ou de l'acclimatation peuvent servir les intérêts généraux de l'horticulture qui, dans la Provence, même en dehors de la question alimentaire, ont une certaine importance, mais forcément limitée ; elles servent aussi la science, fournissent des exemples utiles à l'enseignement académique, mais elles n'ont jamais constitué, dans la zone envisagée ici, surtout en Algérie et en Tunisie, le moindre élément de grande culture, ni même des productions nouvelles réellement rémunératrices.

Peu importe, par exemple, qu'en Provence, r Arachide, le Sésame, le Coton, plantes annuelles et de culture d'été, puissent évoluer dans cette saison, surtout certaines années favorables; que la Canne à sucre même, comme cela s'est vu dans des conditions exceptionnelles, ait par hasard une certaine teneur en sucre; il n'y a souvent là que des circonstances météoriques heureuses, sans lendemain, aidées par l'habileté d'un praticien, mais non l'indication que Tune de ces cultures soitde nature à s'implanter fructueusement sous le climat provençal. L'évolution partielle d'un végétal peut suffire au naturaliste ou à l'amateur, mais elle ne saurait intéresser l'exploitant qui recherche le rendement le plus complet pour lutter avantageusement contre la concurrence du pays d'origine. Jamais donc les plan tes précitées ne feront partie de la culture productive du Midi, pas plus d'ailleurs que dans n'importe quelle partie du territoire nord-africain, parce qu'elles

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