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DÉBOUCHÉS

donnés, ont tenté l'aventure. Du reste, les mistelles, mélange d'alcool industriel et de moût de raisin, sont depuis longtemps la matière première à bon marché servant à la fabrication des vins de liqueur.

On ne saurait être plus heureux dans la préparation des raisins secs qui exige, outre des conditions climatériaues spéciales que l'on est loin de rencontrer partout, des variétés particulières et une main-d'œuvre appropriée et à bon marché.

Pour déblayer le marché métropolitain de la concurrence des vins africains, on a aussi conseillé, sans grande conviction sans doute, l'exportation à l'étranger, comme si les marchés au dehors n'étaient pas fermés par des droits d'entrée que l'on peutconsidérer comme prohibitifs, surtout pour des vins de faible valeur marchande. N'at-on pas aussi préconisé la production des vins de coupage, demandés certaines années pour relever la coloration et le titre alcoolique des produits métropolitains et remplacer les vins similaires tirés d'Espagne, en quantité du reste chaque année plus faible et s'élevant à quelques centaines de milliers d'hectolitres. Mais ces vins de coupage ne peuvent être produits dans le Nord de l'Afrique qu'en quantité limitée. Seuls les vins de Miliana et de quelques vignobles de montagne, analogues aux plus beaux vins de coupage d'Espagne, peuvent rivaliser avec eux, mais, en raison de la faible production, sont absorbés en grande partie par le commerce local, pour le relèvement des vins moins bien dotés et provenant des plaines basses.

Aussi quoi qu'on fasse, des deux côtés de la Méditerranée les productions de la vigne sont et resteront similaires et, à défaut de toute autre destination, de tout autre emploi du reste impossible, elles se présentent sur les mêmes marchés où elles se trouvent face à face, chaque région bénéficiant dans cette concurrence de certains avantages qui lui sont propres, comme elle a à souffrir, d'autre part, de certaines infériorités.

Le Midi de la France a sur l'Afiique du Nord et surtout sur la Tunisie l'avantage d'obtenir des rendements plus élevés. Les meilleures vignes de l'Algérie n'atteignent pas aux hauts rendements des vignobles de l'Hérault bénéQciant de la submersion et de l'irrigation, et de procédés culturaux perfectionnés, appliqués sans doute aussi dans l'Afrique du Nord mais sur de moins larges surfaces. Les prix de vente y sont supérieurs, année moyenne, de plusieurs francs, môme à qualité égale, parce que le commerce y est exposé à moins de risques, à moins de frais de transport, d'assurances, de location de la futaille plus rapidement disponible. Par contre, de l'autre côté de la Méditerranée la production est exempte de toute charge fiscale sur la production; la maind'œuvre, sans doute défectueuse mais perfectible, y est à meilleur marché et Ton y est moins exposé aux grèves agricoles qui comptent actuellement parmi les plus graves [)réoccupations du vigneron méridional ; toutefois le viti- ■culleur du Nord de l'Afrique a eu déjà à compter avec les grèves maritiines qui ont suspendu tout transport au moment de la vente des raisins précoces et des vins de primeur. Les maladies de la vigne sont moins graves, du moins dans certaines régions nord-africaines où, grâce à l'état de l'atmosphère, les cryptogames ne peuvent arriver à compromettre gravement la production et où par suite les traitements sont moins onéreux. L'altise cependant jusque dans ces dernières années, a causé des dommages importants, et a constitué longtemps le fléau le plus redoutable après le phylloxéra. Mais depuis, des procédés de destruction permettent de protéger efficacement la vigne au prix de dépenses peu importantes. Au point de vue de la vinification, la longueur de l'été et les fortes chaleurs de l'automne ont pendant longtemps rendu la vinification particulièrement difficile dans le Nord de l'Afrique.

L'élévation de la température des moûts fut au début

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un obstacle presque absolu à la production de vins susceptibles de se conserver. Le ferment, paralysé par la chaleur dégagée au cours de la vinification, était incapable de transformer entièrement en alcool le sucre des moûts très riches en glucose, et les vins restant douceâtres constituaient, les chaleurs de l'automne aidant, un milieu favorable au développement de ferments de mauvaise nature.

Grâce à l'emploi du réfrigérant, il fut possible d'arriver à une réduction complète du sucre et d'obtenir des vins qui ayant complètement et normalement fermenté sont d'une tenue irréprochable. 11 convient de rappeler ici que cette méthode de vinification qui constitue le plus grand progrès réalisé dans la fabrication du vin en Algérie depuis les origines de la viticulture et qui fut ensuite importée dans le Midi de la France et s'étendit aux autres régions viticoles du bassin méditerranéen, est due à M. Lecq; il faut joindre à son nom celui de M. Brame de Fouka (Alger) qui fut son collaborateur et qui, par les résultats remai^quables qu'il obtint grâce à la réfrigération artificielle, contribua dans la plus large mesure, en les vulgarisant, à faire connaître ce nouveau mode de vinification appliqué aujourd'hui dans tous les vignobles des pays chauds.

Au point de vue économique, une autre difficulté se présente, causée par l'invasion du phylloxéra en Algérie. Constaté pour la première fois en 1885 à ïlemcen et à Sidi-Bel-Abbès et quelque temps plus tard à Oran et à Mascara, le fléau fut pendant de longues années circonscrit et cantonné grâce à l'application rigoureuse des traitements d'extinction ordonnés par la loi du 21 mars 4883. Les importants vignobles de Tlemcen et d'Oran purent, sans être gravement éprouvés par le fléau, être conservés intégralement pendant vingt ans: à Sidi-Bel- Abbès et à Mascara les résultats furent aussi très satisfaisants au moins pendant une certaine période, et il est

à noter que ce sont les foyers d'infection les plus anciens qui ont été le plus longtemps maintenus dans leurs limites primitives. Mais plus tard, lorsque Ton découvrit d'autres taches dans le vignoble algérien, les travaux de défense ne furent plus exécutés et menés avec assez de rigueur pour donner des résultats utiles.

Faute de ressources suffisantes, faute d'entente entre les intéressés et pour d'autres raisons encore, l'application de la loi du 21 mars 1883 fut plus apparente que réelle et la défense devenue illusoire ne pouvait plus donner de résultats effectifs. Actuellement les départements d'Oran et de Coiistantine, sauf dans ce dernier l'arrondissement de Bougie, doivent être considérés comme sérieusement envahis dans leurs diverses régions par le phylloxéra. Seul le département d'Alger est jusque maintenant réputé indemne ainsi que la Tunisie.

Mais tandis que la reconstitution du vignoble au moyen des cépages résistants put être menée activement dans le Midi de la France et peut être actuellement considérée comme achevée, c'est à peine si l'Algérie a commencé à entreprendre ce grand œuvre. Dans le Midi la reconstitution eut lieu quand les cours des vinsse maintenaient à des prix élevés ; en Algérie elle coïncide avec la baisse de ces prix, sans compter que bien des vignobles ont été atteints parle phylloxéra avant que la dette hypothécaire contractée pour leur création n'ait pu être remboursée même en faible partie. On aurait pu croire que, comme compensation à ces circonstances désavantageuses, l'expérience acquise — on sait à quel prix — par les viticulteurs du Midi, aurait profilé à l'Algérie pour la marche à suivre dans les travaux de reconstitution et lui aurait évité les tâtonnements et les erreurs dans le choix des cépages de reconstitution et dans les méthodes culturales à employer. Il n'en est rien. Dans le département de Constantine, malgré l'enseignement du passé, on a suivi les mêmes errements que dans le Midi lorsqu'il débutait

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