ASPERGE
La première récolte a lieu dans les premiers jours d'avril.
M. Zacharewicz (1) évalue le rendement à 4500 à 5000 kilogrammes d'asperges vendus au prix moyen de 0 fr. 60 le kilogramme. Les frais de production étant estimés à 1 000 francs par hectare, le rendement net est de 1 700 à 2000 francs par hectare.
Pour hâter la production, dans la région d'Avignon, on a recours à la culture sous châssis. Au mois de novembre et de décembre, des planches d'asperges de quatre ans sont entourées de coffres et couvertes de châssis. On produit ainsi l'asperge dès la mi-février. On chauffe aussi en entourant les coffres de fumier : dans ce cas on récolte en janvier.
Enfin dans la même région, le forçage de Fasperge est pratiqué "au moyen du thermosiphon. Les tuyaux disposés en pleine terre à 20 centimètres de profondeur, sous les planches d'asperge, permettent à volonté d'élever la température du sol et de provoquer le départ de la végétation. Pour cela, les planches d'asperges sont entourées de coffres recouverts de châssis, afin d'empêcher la déperdition de la chaleur. L'eau circule dans les tuyaux à 40° de manière à obtenir dans le sol une température de 30 à 33° et 15 jours ou trois semaines après on récolte.
La chauffe est réglée de manière à récolter fin décembre ou en janvier. Le prix moyen de vente atteint quelquefois 15 francs le kilogramme, mais la moyenne varie entre 5 à 6 francs le kilogramme.
Dans la région d'Hyères on récolte en pleine terre en mars.
En Algérie, la culture de l'asperge peut être pratiquée dans toutes les régions, même dans le Sahara. Sur le littoral, dans les milieux les plus favorables, la production commence dans le courant de mars : le produit n'est
(1) Rev. de Vitic.,m2, t. I, p. 183.
Ii4 PRODUCTION DES PRIMEURS.
pas exporté. 11 ne pourrait du reste supporter la concurrence des centres de production continentaux, ainsi que des tentatives l'ont démontré. L'Algérie, au surplus, ne suffit pas aux besoins de sa consommation et est importatrice d'asperges jusqu'au mois de juin.
Les cultures irriguées et chauffées dans le VaucUise par Carie, Journa d'agriculture pratique, 1902, t. II, p. 803. — Zacharicwicz, Culture de l'asperge {Rev. de Vitic., t. I, 1902, p. 183). — Culture de l'asperge (fli///. Direction de Vagric, Tunis, n* 15, janv. 1898).
3. Aubergine. Solanum melongena Lin. — Cette Solanée d'usage couran!, aussi bien dans le Midi que dans le Nord de l'Afrique, y est recherchée comme légume d'été, consommé ordinairement en friture.
L'aubergine violette longue, plus productive, est préférable à la variété ronde ; l'aubergine rouge de Châteaurenard, productive et de chair fine, est aussi très-estimée.
On prépare les plants par semis à la volée en décembrejanvier sur couche sous châssis ou abritée. On repique quand les froids ne sont plus à craindre, en fin mars en Algérie. Dans le Midi, les plants sont conservés sous châssis jusqu'en fin avril; mais on a eu soin en mars de les repiquer sur une autre couche et à distance suffisante pour pouvoir les enlever en mottes au moment de leur mise en pleine terre, en fin avril, sur sol bien défoncé et abondamment fumé. Écartemcnt des pieds : 1 mètre entre les lignes, 75 centimètres entre les plants. En Algérie, 0™,50 au carré. Tuteurage, enlèvement des œilletons, arrosements d'été très copieux par infiltration. On récolte à la fin de juin aussi bien en Provence que dans le Nord de l'Afrique.
La culture est faite aussi dans le Midi entièrement sur couche et sous châssis : dans ce cas on récolle en fin mai. (irâce à la précocité ainsi obtenue, on vend les fruits à raison de 2 francs la douzaine en moyenne et on réalise 5 francs de produit brut par mètre carré de châssis (1).
(1) Voir la culture de l'aubergine primeur par Zacharewicz {Rev. de Yitic, 1902, t. I, p. 716).
CAPRIER.
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Les aubergines sont attaquées par le Peronospora de la pomme de terre. On traite à la bouillie bordelaise. Les pucerons sont aussi à craindre.
4. Câprier. Capparis spinosa Lin, — Capparidée frutescente et épineuse, spontanée sur les deux rives,
Fig. 9, — Câprier cultivé {Capparis spinosa).
autrefois assez commune aux environs d'Alger et qui se rencontre encore communément aux alentours de Bougie où elle est soumise à des cueillettes estivales et successives (Vig, 9) ; c'est le bouton floral, avant son épanouissement, qui est utilisé et dénommé câpre.
Plante rustique dans les sols rocailleux mais défoncés, ne craignant pas les expositions ensoleillées : cultivée sur terrasses ou sur gradins, elle donne, avec quelques binages, une bonne végétation.
116 PRODUGTIOiN DES PRIMEURS.
Multiplication — Facile par bouture ou éclat de souche : reprise en pépinière.
Plantation. — En lignes à deux mètres en tous sens. La taille hivernale a pour objet de faire développer un grand nombre de rameaux, car la floraison a lieu sur la végétation de Tannée.
Dans les parties froides du iMidi, le Câprier est butté. La variété inerme est greffée sur le Câprier épineux.
La punaise du choux, Pentatoma oleraceum, fait quelques dégâts.
5. Cbayotte. Sechium edule Swartz. — Cucurbilacée in ter tropicale, vivace^ grimpante, à fruit de maturité hivernale, de culture arrosée et chère et qui ne serait pas à signaler, si elle n'avait été conseillée en Algérie dès 1859 pour remplacer la pomme de terre : utopie renouvelée il y a quelques années.
6. Chou-fleur. — Dans les parties chaudes de la zone, surtout sur le littoral africain, la différence de culture des choux-fleurs avec celle des pays plus froids réside dans la végétation hivernale de ces plantes.
Ainsi on sème successivement en juillet et août, on repique en automne et Ton récolte jusqu'en avril. Les semis de printemps ne donneraient que des feuilles.
Dans la zone moyenne, le Vaucluse pris comme exemple, les choux-fleurs et les brocolis, par des semis de printemps, de variétés hâtives et tardives, donnent des produits successifs : on choisit pour cela les choux-fleurs tendres, demi-durs et durs, ces derniers convenant mieux pour la culture d'hiver.
Une belle variété préférée sur le littoral algérien est le Chou-fteur d'Alger (de INaples), à pied un peu haut.
Le commerce des choux-fleurs est considérable dans le Midi : c'est par wagons que leur expédition a lieu journellement. Sur le littoral africain l'exportation est à peu près nulle : le chou-fleur est encombrant et ne supporte pas toujours bien le séjour dans la cale.
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FRAISES. X^CVî: rrr^\
Dans certaines parties de TAlgérie on cultive le choufleur pour la graine.
7. Fraisier. Fragaria vesca L\n. Rosacée Fragariée, — Grâce au développement de la consommation de la fraise dans les grands centres, la culture du fraisier a pris autour des villes une très grande importance : le marché de Paris à lui seul absorbe 18 à 20 millions de kilogrammes de fraises de grande culture représentant au moins 14 millions de francs, sans compter les fruits de grande primeur produits sous verre. Outre les produits des fraisiers de sa banlieue qui occupent près de deux mille hectares de terrains appartenant pour la plus grande part à la formation géologique désignée sous le nom de sables de Fontainebleau, Paris reçoit en primeur du Midi des quantités énormes de fraises qui lui sont expédiées surtout de la région d'Hyères et du Vaucluse. C'est par centaines de wagons que la petite fraise hâtive est envoyée d'Hyères. Dans le Vaucluse la production est encore bien plus importante: dans la seule région comprise entre Carpentras, Pernes et Monteux le fraisier occupe une supeificie d'environ mille hectares. Et ce n'est pas seulement le marché de Paris qui sert de débouché à cette énorme production, mais c'est aussi la Suisse, l'Allemagne et Londres.
En 1904, les gares du Comtat ont expédié 3 050 tonnes (de 1000 k.) de fraises provenant surtout de Carpentras, Monteux et Pernes. 2 923 tonnes étaient à destination de Paris ; 656 pour la Province et 322 pour la Suisse.
De l'autre côté de la Méditerranée, en Algérie et en Tunisie, la culture du fraisier a aussi une certaine importance autour des grandes villes, pour l'alimentation de la consommation locale.
A Hyères comme dans le Vaucluse le fraisier est cultivé en plein champ, mais derrière des abris en bruyère ou en roseaux qui protègent les plantations contre l'action néfaste des vents. De part et d'autre c'est surtout l'exportation de fruits que l'on vise.
Le fraisier est planté en terre irrigable et dans des sols de compositions diverses : il s'en faut de beaucoup que tous les terrains soient également favorables à la production delà fraise d'exportation. Dans les alluvions très fertiles, à éléments fins on obtient une végétation vigoureuse, des fruits très beaux, juteux, mais voyageant moins bien que ceux produits dans les terrains à éléments plus grossiers, un peu pierreux ou schisteux. Dans ces derniers sols la plante présente une végétation moins luxuriante : elle est moins feuillue, mais ses fruits sont plus fermes; en outre, mieux exposés à l'action du soleil, ils sont plus uniformément colorés. Les fraises de ces terrains moins riches étant moins juteuses arrivent à destination dans de meilleures conditions; ce qui est très important pour un produit aussi fragile dont le prix de vente subit les plus gmnds écarts suivant l'état dans lequel il est présenté.
D'autre part, comme ce sont les première fruits qui sont vendus le plus cher, le cultivateur doit rechercher la précocité par un choix judicieux des terrains, des variétés et l'application des méthodes culturales appropriées.
Culture à Hyères. — C'est sur une surface d'environ 150 hectares que le fraisier des bois est cultivé dans la région d'Hyères. C'est le fraisier des Alpes, dont les produits ont été perfectionnés par semis et sélection et dont on poursuit toujours l'amélioration, qui est cultivé : ces fruits sont du reste remarquables par la finesse de leur parfum. A la différence des fraisiers des quatre saisons, le fraisier d'Hyères n'est pas remontant ; il ne produit qu'une seule récolte qui commence d'ordinaire dans la seconde quinzaine d'avril pour finir au commencement de juin.
Plantation. — Le sol, ameubli à une profondeur de 30 à 35 centimètres, est divisé en planches par des ados (crestins) destinés à retenir l'eau d'irrigation. La fumure,