FRAISES
consistant le plus souvent en fumier de cheval et de vache, est appliquée lors du défoncement du sol à la dose de 60000 à 90 000 kilogrammes à l'hectare.
La plantation a lieu dans les premiers mois de l'année jusqu'au 15 mars au moyen de plants pris dans une plantation à renouveler et en choisissant de préfércace les sujets les plus jeunes. Les plants sont mis en place au plantoir à 30 ou 35 centimètres de distance.
Pendant l'été qui suit il faut arroser, sarcler et lMn)er; on laisse les filets se développer librement et envahir tout le ten^in qui se trouve couvert comme dans un pré. Cette couverture protège le sol contre l'action directe du soleil et contre une évaporation excessive.
La première année de plantation la récolte est nulle. On laisse la fraiseraie produire deux ou trois récoltes, après quoi on a intérêt à la renouveler.
Opérations culturales, — Les travaux de culture consistent simplement à enlever les mauvaises herbes, ce que l'on fait surtout en hiver. Pendant l'été on se borne à des arrosages en ayant seulement pour objectif d'empêcher la plante de sécher sous l'action du soleil.
Les plantations sont abritées de janvier à avril au moyen de claies en bruyère de 2"»,30 de longueur sur 2 mètres, de laideur : disposées de l'E. à l'O., et légèrement inclinées vers le midi au-dessus des plantations, elles les protègent contre les vents froids. Ces lignes d'abris sont espacées les unes des autres de 3 mètres environ.
Avant la plantation on applique des engrais bien choisis, car il faut éviter un développement foliacé qui serait préjudiciable à la production du fruit. Le fraisier est très exigeant surtout en éléments azotés et potassiques et ces exigences varient suivant les espèces. Judicieusement employés, les engrais chimiques augmententla production et prolongent la durée des plantations (1).
(1) Voir l'élude de M. H. Coddon, chef des travaux chimiques à l'Institut national agronomique * « Recherches expérimentales sur la culture de la fraise
Récolte, — Le fraisier d'Hyères fructifie dans la seconde quinzaine de mars : mais c'est dans la seconde quinzaine d'avril que commencent les expéditions par wagons complets. La cueillette est faite avec grand soin par des femmes qui détachent le fruit de son pédoncule et le déposent dans de petits bidons en fer-blanc. Ces fruits sont ensuite versés avec précaution dans de petites corbeilles rectangulaires peu profondes et pouvant contenir environ 800 grammes de fraises : le tout est paré au moyen de papier et de feuilles de fraisier.
La corbeille pèse vide 200 grammes et pleine 1 kilogramme environ. Elle coûte on gros 48 à 52 francs le 100. Pour le transport on réunit 10, 20, 30 de ces corbeilles dans des paniers en osiers et bois très solides appelés cageots et coûtant 4 fr. 50 à 5 fr. 50 l'unité.
Pour la consommation sur place (Toulon, Marseille) l'emballage a lieu dans des vases de terre cuite.
Culture du fraisier dans le Vaucluse. — Le fraisier est cultivé sur de grandes étendues dans la vallée de la Durance et particulièrement dans la région située entre <'.arpentras, Pernes et Monteux et aussi à Aubignan et Loriol. Dans la région de Carpentras le sol est argilocalcaire, caillouteux et ferrugineux : les fraises qui y sont produites supportent mieux le voyage que celles de Loriol ou d' Aubignan où le sol est formé d'alluvions sablonneuses récentes, etque celles provenant des alluvionsde la Durance où l'argile domine. Les fruits de ces dernières régions sont plus juteux mais ont moins de fermeté.
Variétés cultivées, — Les variétés cultivées appartiennent toutes au groupe des fraisiers àgros fruits qui sont reproduits par coulants pour assurer la fixité des caractères. Celles préférées sont actuellement la Noble Laxton qui est
dans les environs de Paris » {Annales de la science agronomique, année 1899, t. II). — Sur la production des fraises à Hyères, voir une étude avec planches de M. J. Foussat {Progrès agricole de Montpellier, n«» des 13 mars et 8 mai 1904).