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HARICOT VERT

Le haricot demande des terres meubles, fraîches sans^ être humides et riches en matières organiques. Les sols^ calcaires, argileux et compacts ne lui conviennent pas.

Comme engrais la formule suivante semble recommandable :

Nilratc de potasse 150 kilogr. par lifciare.

Superphosphate de chaux 18/20. 400 — —

Plâtre 400 — —

C'est le Haricot noir hâtif de Bilyique qui est préféré pour la production des gousses.

En Vaucluse on produit le haricot vert : 1° en culture ordinaire, c'est-à-dire en plein air sans autre abri que ceux en usage pour les cultures courantes; 2° en culture demi-forcée; 3° en culture sous châssis.

En culture ordinaire le haricot est semé en poquets distants de 0'",40 à 0"*,50, vers la première quinzaine de mars, apK s la saison des gelées. Les façons culturaies consistent en binages, arrosages par infiltration,, tuteurage, etc. On évité de toucher au sol quand les plants sont couverts de rosée, car on provoquerait des altérations des feuilles. En culljure demi-forcée on abrite contre les abaissements de température.

Pour protéger les plants contre les froids jusqu'en fin avril, voici comment on procède : au moyen de piqueta enfoncés en terre de 2 en 2 mètres on tend deux fils de fer qui sont disposés parallèlement à 60 centimètres audessus du sol et sur lesquels on dispose à plat des paillassons. Le matin ceux-ci sont roulés de manière à exposer les plants à l'air et au soleil; le soir on les déroule pour protéger les cultures contre les froids de la nuit.

La cueillette du haricot vert débute vers la fin mai (25 mai) ou au commencement de juin. La récolte se continue pendant un mois. On recommande, pour prolonger la floraison, de faire la cueillette tous les deux ou trois jours : car cette floraison s'arrêterait si on laissait les graines se former dans les gousses.

Les premiers haricots verts récoltés sont vendus 1 franc le kilogramme sur place; mais il ne faut pascompler plus de 0 fr. 75 pour l'ensemble de la récolte.

Le rendement par hectare est évalué par IVl. Zacharewicz à 3 500 à 4000 kilogrammes qui vendus au prix moyen de 0 fr. 70 à 0 fr. 80 laissent un bénéfice de 1 500 à 2000 francs.

On peut aussi produire le haricot vert en arrière-saison elle récolter jusqu'aux premières gelées; le haricot d'automne, en concurrence avec celui produit dans le Nord, ne se vend guère plus de 25 francs les 100 kilogrammes sur place, mais son prix s'élève au fur et à mesure que l'on s'avance en saison, surtout si les gelées sont précoces dans le Nord.

Pour obtenir plus de précocité, on cultive aussi en Vaucluse le haricot sous châssis vitrés. On sème alors en janvier en terre bien ameublie et fumée. On gagne alors un mois et l'on commence à récolter vers le 25 avril. D'après l'auteur précité, 100 mètres de châssis donnent environ 150 kilogrammes de gousses qui sont, au début de la cueillette, vendus 3 francs le kilogramme, puis 2 francs, en dernier lieu 1 franc le kilogramme en fin de saison. Le bénéfice net par mètre de châssis peut être de 3 francs.

Dans la région d'Hyères on sème le haricot en pleine terre arrosable en septembre pour récoller en novembredécembre : on choisit pour cela les terrains bien exposés et abrités et on protège la nuit les cultures au moyen de paillassons. Les semis faits sous châssis en décembrejanvier commencent à produire en mars.

C'est dans la région d'Hyères que l'on fait les plus grands efforts en vue de la production du haricot vert primeur. Convaincus qu'il faut par tous les moyens artificiels seconder la nature pour bénéficier des avantages offerts par le climat, d'habiles cultivateurs, MM. Novik et C'% ont, sur de vastes étendues, établi des

nARlGOT VERT.

abris vitrés en vue de la production en grand du haricot vert. Des châssis mobiles sont disposés en une série de petits toits à deux pentes inégales, dont la plus grande est exposée au midi ; ils sont supportés par des piquets en bois assez hauts pour que les ouvriers puissent passer

Fig. 10. — Châssis mobiles en usage à Hyères.

sous les châssis et faire tous les travaux de culture. La figure ci-jointe montre l'agencement des châssis, grâce auxquels une surface considérable, plus de 6 000 mètres carrés, sont recouverts (fig. 10). Ce dispositif présente une grande analogie avec les coffres recouverts de châssis en usage dans le Vaucluse. Mais avec cette différence que les ouvriers peuvent circuler sous les vitres pour exécuter les travaux de culture et de cueillette, et les plantationsde haricots au lieu d'être disposées en planches de 1™,3:> à 1™,50 de largeur, qui est la longueur des châssis ordinaires, occupent toute la superficie du sol recouvert sans aucune perte de terrain. L'irrigation a lieu sous ces abris, comme en plein champ, à l'eau courante. Sous ces abris on cultive alternativement petits pois, nains hâtifs, haricots, puis melons ou tomates.

La récolte des haricots verts a lieu quatre-vingtdix jours environ après le semis qui se fait dans les derniers jours de janvier. En 1904 la récolte débutait dans les derniers jours d'avril et les gousses de forme très régulière, très fines, emballées dans des caisses en bois blanc, étaient vendues 5 francs le kilogramme sur place. D'après les chiffres des années antérieures, le prix moyen de vente peut être évalué à 3 fr. 50 le kilogramme.

Les procédés de culture ne présentent rien de particulier. Le terrain est abondamment fumé ; mais pour éviter la coulure des fleurs, le fumier est appliqué à la culture précédente ; on pratique en effet Talternance des cultures : le haricot est suivi par la tomate ©u le petit pois.

Les 6 000 mètres couverts des frères Novik reviennent à environ 6 francs le mètre carré : la dépense a été amortie Tannée même par le produit des récoltes.

Pour conjurer l'effet de la gelée, si elle venait à se produire au cours de la végétation, on dispose d'un nombre important de calorifères à pétrole mobiles qui, lorsque le terpps est menaçant, sont disposés dans les abris et permettent, grâce aux facilités de leur allumage, de combattre l'effet des abaissements de température (1).

En Algérie la culture du haricot vert se pratique sur le littoral à l'ouest et à l'est d'Alger dans les terres basses voisines de la mer et abritées naturellement et par suite moins exposées aux abaissements de température. On peut commencer à semer à partir du mois d'août, mais dans ce cas, au point de vue de l'exportation, on récolte en octobre et novembre trop tôt pour ne pas être concurrencé par les produits similaires de la métropole issus des dernières récolles. Il vaut mieux attendre fin septembre pour semer, de façon à pouvoir expédier les

(1) Voir la description de rinstallation de MM. Novik et C'« dans le Progrès agricole de Montpellier, n»* des 6 décembre 1903 et 10 janvier 1904. Pour la culture en Vaucluse, voirZACHAREwicz; le Haricot primeur (/ief. de Vitic, n» du 13 avril 1905).

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