PATATE
En Algérie les rendements en tubercules varient entre 10 000 et 20 000 kilogrammes, dans les terres légères, riches et arrosées de Fort de l'Eau, aux environs d'Alger ; mais ils sont beaucoup plus faibles en sols compacts en dehors du littoral.
Culture. — Préparation des plants en février sur couche tiède ; on enterre des tubercules qui émettent des bourgeons. Pour un hectare, 200 kilogrammes de tubercules fournissent le plant nécessaire.
Fin avril on sépare ces bourgeons ou plants: on plante à distance de 40 à 45 centimètres, puis on aiTose.
On bine, chausse et arrose jusqu'au moment où les tiges rampantes couvrent le sol : irrigation par décade ou par quinzaine.
Pour éviter le trop grand enchevêtrement des tiges, leur coupe, à 1™,50 de la souche, s'impose. Quinze jours avant l'arrachage, ordinairement en octobre, les tiges sont entièrement fauchées.
L'arrachage fait autant que possible dans une période sèche est pratiqué avec pfécàution, c'est-à-dire en évitant de blesser les tubercules. Ces derniers sont ensuite conservés en lieu sec.
La culture de la Patate, à peu près abandonnée, n'est plus à reprendre dans le Nord de l'Afrique.
12. Piment. Poivron, Poivre de Cayenne, Capsicum annuum Lin. — Solanée annuelle ihtertropicale à variétés nombreuses comme forme, grosseur et couleur de leurs fruits et par leurs qualités douces, acres et brûlantes.
Le Poivron est un piment doux, non un condiment, mais un légume vert.
Semis sur couche en février-mars, repiquage en planche, plantation défmitive en avril.
On sème aussi à l'air libre au printemps, en situation abritée, ensoleillée, en terre fumée et avec des arrosements constants pendant l'été surtout au moment de la fructification.
Sur le littoral africain pour arriver en primeur au printemps, on sème en septembre sur couche abritée et on prépare le plant pour la mise en pleine terre, mais au pied des abris.
Les poivrons verts italiens sont les plus précoces : on les récolte fm mai.
Distances diverses suivant les variétés.
Les Piments forts sont ordinairement à fruits longs, étroits, jaunes ou rouges; ce sont des condiments; on les fait sécher.
La culture des Piments, semblable à celle de l'aubergine, est cependant un peu plus délicate, exigeant un meilleur abri.
13. Pois. Pisum sativum Lin. — Les variétés cultivées de cette Légumineuse sont très nombreuses. Pour la production des primeurs, dans la région méditerranéenne, on sème surtout les variétés Prince Albert^ Michaitx, Set-pette, Nain de Gontier, Merveille d'Amérique^ Caractacus, Blue Peter, etc.
On compte que la période de végétation est de quatre mois sur le bord immédiat de la mer : elle est un peu plus longue si l'on s'en éloigne. Dans la région d'Alger ce sont les villages du Sahel et dans la Mitidja, FArba, Rovigo et Rivet qui sont les principaux centres de production.
Il y a deux saisons de récolte et d'expédition : la première de mi-décembre à mi-janvier qui coïncide avec les expéditions de Provence (Hyères) qui commencent en janvier, la seconde a lieu d'avril à mi-mai en même temps que dans le V^aucluse qui commence la cueillette dans la seconde quinzaine d'avril.
Le pois demande des terres qui ne sont ni trop fortes ni trop légères, de nature argilo-calcaire ou argilo-siliceuse, et contenant des principes nutritifs d'assimilation facile. Bien que le pois puise dans latmosphère une partie de sa nourriture, les apports de principes azotés^
PETIT POIS. 13:i
ne lui sont pas inutiles pour pourvoir à ses besoins au début de la végétation, surtout dans les terres pauvres.
M. Zacharewicz préconise la formule suivante dans ce cas :
Nitrate de soude 200 kilogr. par hectare.
Sulfate d'ammoniaque 100 — —
Chlorure de potassium 200 — —
Phosphate de chaux 18/20.. . 400 — —
Pour exporter pendant la première saison il faut planter dans le courant d'août et de septembre en terrain arrosé. Pour la seconde période d'expédition oa plante en décembre.
En Vaucluse on sème en lignes distantes de 40 centimètres et les plants sont espacés de 5 à 10 centimètres. On emploie 50 à 55 kilogrammes de graines. En Algérie la distance entre les lignes est de 60 centimètres pour les pois rames et de 40 centimètres pour les pois nains. Sur la ligne les plants sont à 20 centimètres. On sèmeen poquets et la quantité de semence est évaluée à 50 kilogrammes par hectare.
Voici le compte des frais de culture du petit pois dans la région de TArba (Alger) :
Labour 35 francs.
Rayonnage et rigoles d'irrigation. ... 20 —
Semis et épandage de fumier 40 —
!«' binage et rechaussage 25 —
Cueillette 70 —
Arrosage et eau 45 —
Fumure 40 —
Rames, amortissement 25 p. 100 40 —
Location 65 —
Transports et frais de marché 30 —
Frais à l'hectare 430 francs.
Le rendement est de 1 390 kilogrammes à Fhectare^ moyenne de cinq années. Le prix moyen de vente est de Rivière et Lecq. — Cultures du Midi, 8
0 fr. 38 le kilogramme, soit 528 francs à l'hectare. Pour le Vaucluse M. Zacharewicz accuse un revenu de 1 000 à 2000 francs par hectare (!)•
En Vaucluse la cueillette commence dans la seconde quinzaine d'avril : on ne prend que les gousses bien fournies et on évite de suspendre la cueillelte plus de huit jours : on s'abstient en outre de récolter par la pluie qui fait brunir les pois quand ils sont en sacs ou en paniers pour l'expédition.
Accidents et maladies, — Cette culture craint la sécheresse ; aussi ne peut-elle être faite dans le bassin méditerranéen que comme culture hivernale; d'autre part, elle redoute l'excès d'humidité ; les pluies prolongées, le siroco et la grêle diminuent le rendement dans une forte proportion.
Il faut aussi compter avec les parasites : Orohanche spcdosa bien connu dans la région d'Alger, dont les racines s'insèrent sur celles du pois. Pour y remédier il faut recourir à l'alternance des cultures ; il faut user du même moyen pour arrêter la propagation de la Bruche, coléoptère dont la larve détruit la graine. La Teigne du pois s'introduit dans les gousses et dévore les graines. Parmi les cryptogames il faut signaler le Peronospora Vidœ que l'on traite par la bouillie bordelaise et mieux par l'eau céleste qui ne tache pas les gousses : la Rouille des pois {Uromyces Pisi) que l'on combat par l'application sur la plante d'une solution de sulfate de fer (200 grammes par 100 litres d'eau) et enfin VOïdium commune contre lequel on emploie le soufre.
14. Pomme de terre de primeur de grande culture. — Pendant la période de la récolte de cette précieuse SolanéCy qui s'étend de juin pour le Midi à octobre pour le Nord, les marchés en sont abondamment pourvus et son prix est' accessible à toutes les bourses. Il en est de même
(1) Zacharewicz, Pois primeur {Rev. de Vitic, 10 déc. 1903). — J. Foossat, les Pois à Hyères (Progrès agricole, 6 août 1905).
pendant Thiver durant la plus grande partie duquel ce tubercule est facilement conservé. Mais, au printemps, au réveil de la végétation, par suite de son entrée en germination, la pomme de terre perd de ses qualités et devient plus ou moins impropre à la consommation. Pour combler cette lacune qui s'étend du printemps aux premières récoltes et assurer l'alimentation des marchés, on produit en grand la pomme de terre de primeur, pomme de terre cultivée dans des conditions spéciales, arrachée avant maturité complète, mais néanmoins supérieure à la pomme de terre vieille et pour cela très recherchée et par suite payée à des prix relativement élevés.
Les pays méridionaux, où la sécheresse estivale ralentit et arrête même jusqu'à l'automne la végétation des plantes herbacées, sont peu favorables à la production de la pomme de terre de saison, c'est-à-dire de celle qui, plantée au printemps après la période des gelées, est récoltée à l'époque normale, après évolution complète de sa végétation. C'est ce que montrent les statistiques officielles qui accusent pour ces régions des rendements extrêmement réduits par rapport à ceux obtenus par les cultivateurs du Nord : ceux-ci en effet, par des méthodes rationnelles de culture, et au moyen de variétés bien appropriées, arrivent à des chiffres de 300, 350 et même 400 quintaux à l'hectare.
Mais si les pays méridionaux sont moins favorables à la production de la pomme de terre de saison qu'ils ont avantage à faire venir du Nord pour la consommation, par contre, grâce à la précocité du printemps, ils se prêtent à la culture de la pomme de terre de primeur, pour laquelle le prix élevé de vente compense l'infériorité du rendement en quantité.
La pomme de terre de primeur doit arriver sur les marchés de consommation dès le commencement du printemps, c'est-à-dire dès que la pomme de terre récoltée à l'automne précédent commente à perdre de
■ses qualités. C'est d'ordinaire pendant le CArôme que ce tubercule atteint son prix de vente le plus élevé, prix qui s'élève certaines années à 30 francs le quintal à Alger sur le lieu de production, mais qui diminue rapidement au fur et à mesure que le marché est alimenté par un plus grand nombre de pays producteurs. Ce sont les régions du Midi et surtout l'Algérie, Malte, l'Espagne, flyères et le Vaucluse, qui produisent la pomme de terre lie primeur pour les marchés du Nord de la France et des pays étrangers.
En Algérie, en Tunisie et aussi sur le littoral provençal il est possible de planter la pomme de terre même à l'automne, dans des terrains abrités, bien ensoleillés et de récolter pendant les mois d'hiver ; mais c'est surtout dans le courant de l'hiver que l'on plante en vue de la campagne de primeur : premiers jours de décembre pour la région d'Alger, en février-mars sur le littoral provençal, du 10 au 25 février dans le Vaucluse. On récolte une centaine de jours environ après la plantation. On peut planter -aussi plus tard, après la période des gelées printanières, mais dans ce cas les produits ne trouvent d'écoulement ■fjue sur les marchés locaux à des prix sensiblement inférieurs à ceux payés pour les primeurs.
Variétés, — Les variétés de pomme de terre sont très nombreuses. On recherche naturellement celles qui sont à la fois les plus hâtives et les plus productives, tout en convenant au goût du consommateur. Chaque région a ses variétés préférées, mais ne les conserve qu'autant que d'autres ne se révèlent pas comme leur étant supérieures. Les pommes de terre de primeur appartiennent toutes au groupe des pommes de terre dites de Hollande, qui répond bien aux exigences de l'acheteur qui veut des tubercules de forme allongée, à chair blanche et à peau jaune : Brandale, Marjolin, Kidney, Belle de Fonlenay, variété moins productive mais plus précoce, etc. Dans le Vaucluse, à Ekirbentane, à Châteaurenard, à Cavaillon, etc..
POMME DE TERRE. i37
c'est la Brandale qui est le plus en faveur. Les semences sont prises dans le Nord pour la plupart des variétés, et -en Seine-et-Oise pour la Belle de Fontenay. Ces semences sont plantées de février à mai pour être multipliées, et c'est avec le produit de cette culture que l'on fait les plantations en vue de la production des primeurs pour la vente. Les praticiens estiment que si l'on plantait les semences venues directement du Nord on obtiendrait des produits moins abondants et moins hâtifs.
En Algérie, on plante surtout la Kidney et aussi la Quarantaine, mais moins.
Dans tout le Midi les cultures de pommes de terre sont abritées contre les vents du nord et contre le mistral au moyen de claies en roseaux en Vaucluse, en bruyère dans la région d'Hyères.
Choix et préparation du terrain. — La pomme de terre estplutôt une plante des pays du Nord à été pluvieux que de ceux à été sec. Si dans un sol trop sec le tubercule se dessèche et végète mal; dans un terrain trop humide, retenant un excès d'eau, il pourrit.
Dans l'Afrique du Nord, même avec le secours de l'irrigation, la pomme de terre plantée en été se développe en fanes et ne produit pas de tubercules. 11 faut, en outre, que le terrain ne soit pas compact, mais perméable aux racines qui prennent un grand développement et aux tiges souterraines qui forment les tubercules. Ce sont en général les terrains légers siliceux ou calcaires qui i-emplissent le mieux ces conditions.
Les terrains du Vaucluse et de la région d'Hyères où Ton cultive la pomme de terre de primeur sont friables, faciles à travailler, et par l'eau d'irrigation dont on dispose en abondance on peut pourvoir au manque de pluie en cas de sécheresse.
De l'autre côté de la. Méditerranée les pluies d'hiver suffisent le plus souvent aux besoins de la plante : c'est surtout en terrain non arrosable que l'on fait les primeiirs.
Le sol doit être labouré profondément : on procède d'ordinaire à deux façons, dont la première est un labour de défoncement à 40 ou même 50 centimètres de profondeur et le second plus superficiel par lequel on enterre le fumier et les engrais complémentaires répandus en couverture. La première façon a lieu en novembre, la seconde dans le courant de janvier avant la plantation.
Engrais. — La pomme de terre est très exigeante sous le rapport des engrais. On emploie le fumier de ferme soit seul à la dose de 40000 kilogrammes à l'hectare, soit combiné avec des engrais chimiques complémentaires.
Dans le Vaucluse, à défaut de fumier on a beaucoup recours au tourteau de coton appliqué à la dose de 4 000 à 5 000 kilogrammes par hectare; mais il est utile de parfaire cette fumure par l'emploi d'engrais chimiques complémentaires.
En Algérie, les cultivateurs se servent de fumier bien décomposé qu'ils déposent au fond du trou qui reçoit le plant. Certains auteurs préconisent l'emploi de l'engrais en le localisant comme font les cultivateurs mahonnais ; mais la plupart conseillent la répartition uniforme surtout le champ. C'est l'avis de MM. Girard et Zacharewicz qui recommandent l'application de l'engrais en couverture et son enfouissement par le labour qui précède la plantalion, car les racines de la pomme de terre ont un grand développemt et absorbent mieux la matière fertilisante si elle est uniformément répartie dans le sol.
Préparation des plants. — La préparation des plants est considérée dans le Midi comme de la plus grande importance.
Pour avoir plus de précocité on estime qu'il faut récolter le plant avant complète maturité : aussitôt après l'arrachage, le plant est placé sur des claies, sortes de petites tables rectangulaires à claires-voies de 55 centimètres sur 45 de surface que Ton peut disposer les unes sur les
autres (fig. 11). Les pommes de terre placées debout, le sommet en haut, sont mises à Tombre sous un hangar ou même sous des arbres dans un endroit bien aéré et éclairé. Les germes se développent vigoureusement tout en restant trapus et le plant est ainsi conservé jusqu'au jour de la plantation. Cette germination préalable assure plus de précocité à la récolte et aussi un plus fort rendement.
On emploie comme plants des tubercules de grosseur moyenne. La plantation se fait dans le Vaucluse du 10 au 25 février pour les pommes de terre Brandale, Kidneyy
Fig. 11. — Clayette à pommes de terre.
Belle de Fontenay^ etc., devant être récoltées en fin avril et mai comme primeurs. On plante la Juliette jaune d'Orléans et l'Institut de Beauvaisdu l^'^ au 15 mars pour récolter hâtivement en juin, ou après maturité complète en juillet.
Quelquefois on plante en janvier, mais dans ce cas on couvre la plantation, au moyen de paillassons que l'on déroule sur des lîls de fer tendus à 60 centimètres audessus du sol. Tous les malins on enroule les paillassons pour les replacer le soir et quand on craint la gelée. Cette culture sous abris donne des résultats assez incertains : les prix de vente ne sont pas toujours en rapport avec les soins auxquels on s'astreint.
On plante en lignes distantes de 65 à 85 centimètres et sur les lignes les plants sont éloignés les uns des autres de 20 à 30 centimètres, ces dimensions varient suivant la nature du terrain et les variétés cultivées. En Algérie la distance adoptée est généralement de 25 centimètres sur la ligne et de 55 à 60 centimètres entre les lignes. Le terrain étant disposé en billons, on plante sur l'ados à 10 centimètres de profondeur : en buttant on creuse davantage la rigole qui sert, s'il y a lieu, pour irriguer. Ainsi la pomme de terre est arrosée par infiltration.
Les soins culturaux consistent en binages dont le premier est pratiqué quand la tige est suffisamment développée, en un buttage qui doit être fait quand les pousses ont 10 à 15 centimètres de hauteur et avant le trop grand développement des racines qu'il faut éviter de blesser, et en arrosages en temps opportun.
En Vaucluse on obtient un rendement moyen de 180 quintaux à l'hectare en pomme de terre de primeur. Le prix de vente varie suivant la précocité et est plus ou moins influencé suivant les années par la concurrence des produits venant d'Afrique, d'Espagne, de Malte, d'Hyères, etc. On atteint parfois le prix de 30 francs le quintal pris sur place, mais on tombe aussi bien en dessous. 11 est à remarquer que les pommes de terre du Midi en concurrence sur un même marché et le même jour avec les pommes de terre exotiques sont plus estimées que celles-ci et obtiennent des prix plus élevés. M. Zacharewicz indique comme prix moyen le chiffre de 12 francs par quintal : ce qui donne un produit brut de 2160 francs par hectare. En comptant une dépense de 1 453, il reste un bénéfice net de 707 par hectare.
En Algérie, la culture de la pomme de terre de primeur est surtout pratiquée par les Espagnols (Mahonnais). Elle n'est faite que sur le littoral dans les terres légères, chaudes, bien exposées et abondamment fumées au fumier.
C'est dans les communes qui s'étendent à 11). d'Alger jusqu'à Castiglione et à l'E. jusqu'à Aïn-Taya et dans les villages du Sahel d'Alger, Kouba, Birkadem, Birman- <lreïs, Saoula, Draria, etc., que l'on rencontre les plantations les plus importantes. La variété la plus cultivée est la Royale Kidney ; Ja Saucisse rouge, plus productive, est •surtout cultivée pour la consommation locale ; néanmoins les premiers tubercules récoltés de cette sorte sont exportés.
La quantité de semence employée par hectare est de i8 à 22 quintaux. Toute la semence est importée de iM^ance ; on emploie cependant, mais en faible quantité, connue semence la pomme de terre récoltée après la période des exportations en juin et que l'on plante en août en terre irriguée (Dublineau, dép. d'Oran).
Le rendement moyen est à peu près de trois fois la «emence. Pour la culture de printemps qui exige l'arrosage, on peut arriver à un rendement de 50 à 80 quintaux, mais alors le prix de vente sur place est de 8 à 10 francs le quintal.
L'exportation a lieu jusqu'au moment où apparaissent les produits du Vaucluse (fin avril ou commencement de mai) : elle se fait en barils de 100 à 150 kilogrammes. La vente est grevée de frais d'expédition, de transit et de commission. Le prix moyen de vente sur le lieu de production est de 20 francs le quintal.
On estime que dans le Sahel d'Alger, en terre non arrosée mais en année favorable, la récolte est en moyenne de 50 à 60 quintaux par hectare, les frais de production et d'emballage s'élèvent à 891 francs, les frais de de transport et de commission à 431 69, soit en tout une dépense de 1 322 69 pour un bénéfice net de 414 francs.
Comme on le voit, sur les rives africaines de la Méditerranée la pomme de terre donne des rendements relativement faibles, et ce n'est que grâce à une certaine précocité que lui disputent de plus en plus les autres
pays producteurs de primeurs qu'elle obtient parfois des prix rémunérateurs. Pour la pomme de terre de saison l'Algérie est tributaire des pays du Nord qui, malgré les frais de transport, la lui livrent à des prix qui défient sa propre concurrence.
V(Mci quel a été pour l'Algérie le mouvement de& importations et des exportations de pommes de terre pour ces dernières années (Statistique générale de l'Algérie) :
Quintaux. Quintaux. Quintaux. Quintaux.
Importations... 274.760 209.871 234.871 215.091
Exportations... 122 148. 87.996 161.604 166.971
On a conseillé à diverses reprises de propager la culture de la pomme de terre parmi nos populations musulmanes afin de conjurer la disette, causée certaines années par le manque des céréales. Ce résultat, qui peut être atteint dans les pays du Nord grâce à ce précieux tubercule, ne saurait être obtenu par le même moyen dans les pays méridionaux, car d'abord il faut remarquer que la récolte des pommes de terre coïncidant pour ces régions presque avec celle des céréales, les conditions climatériques qui seraient défavorables à la culture des céréale* le seraient aussi à celle de la pomme de terre. D'autre part, l'indigène, en raison de son étatprécaire, ne peut faire les avances considérables qu'exige la plantation de la pomme de terre (achat de semences, fumures, etc.). Il lui faudrait en outre disposer de terres de qualité supérieure et pratiquer des opérations culturales telles que labours profonds, binages, buttages, sulfatages, etc., qui ne sont pas dans ses usages. Enfin si l'on observe que le rendement de la pomme de terre est très faible dans le Nord de l'Afrique, que sa valeur alimentaire est trois fois et demi à quatre moindre que celle du blé, on conçoit que l'indigène préfère cette dernière culture dont le produit est plus facile à conserver.
Toutefois la culture de la pomme de terre peut être avantageuse même pour l'indigène, lorsqu'il se trouve à proximité de centres de consommation européens, de postes militaires où il est assuré d'une vente à un prix rémunérateur, supérieur à la valeur réelle du produit comme aliment.
La caractéristique de la culture de la pomme de terre dans le Nord de l'Afrique, en Algérie notamment, est que la végétation de ce tubercule e^ hivernale sur le littoral et nulle pendant l'été, tandis qu'au contraire les rigueui^ de l'hiver aux altitudes rendent cette culture impossible. Le rendement est toujours faible et d'autre part, les semences ne se conservant pas d'une saison à l'autre, l'exploitation de cet utile tubercule ne se fait pas dans des conditions économiques dans n'importe quelle partie du Nord de l'Afrique.
Maladies et parasites. — Parmi les maladies cryptogamiques la plus grave est le Peronospora infestans que Ton n'observe guère dans le Midi sur les pommes de terre de primeur, mais seulement sur celles de saison, tandis qu'en Algérie il cause en hiver de sérieux dommages.
De Gasparin, Cours d'agriculture, t. IV, p. 5. — A. Girarb, Recherches sur la culture de la pomme de terre industrielle et fourragère, Paris, 1891, et Instructions pratiques, 1893. — Zacharewicz, Cu'ture de la pomme de terre de primeur (Le Vaucluse agricole, et Rev. de viticulture, du 12 avril 1902), Engrais pour pommes de terre (Progrès agric. de Montpellier, 2 août 1903 et 28 février 1904). — Berthault, Localisation des fumures (Bull, mensuel de l'office des renseignements agric, octobre 1902). — Delacroix, Rapport sur une nouvelle maladie bactérienne (Bull, ministère agriculture, 1901, t. V). — E. Laure.nt, Le trempage des plants dans le sulfate de cuivre (G. R. de l'Acad. des se, 8 octobre 1902, p. 1040-1042). — L. Bcssard, La conservation des pammes de terre (Rev. de Viticulture, oct. 1901, n»» 409 et 410), et Culture potagère et maraîchère (Encyclopédie agricole).
15. Tomate. Solanum lycopersicum Lin. — Cette Solanée annuelle est l'un des légumes que l'on trouve en toutes saisons sur les marchés des grandes villes. Bien que la température ne permette pas sa culture en plein air dans le Nord de la France, et a fortiori en Belgique et en
Angleterre, ces régions en sont largement pour vues par les pays méridionaux. Grâce aux apports de ces derniers, grâce à la pioduction sur place assurée parfois au moyen de la chaleur artificielle comme en Angleterre et en Belgique, grâce aux moyens de conservation appliqués aux fruits d'arrière-saison, on peut consommer toute Tannée des tomates à Tétat naturel bien supérieures aux conserves dont la fabrication en grand absorbe encore une forte partie de la production.
Dans les régions de Paris et d'Orléans la culture de la tomate a une certaine importance, mais les grands centres de production sont surtout le littoral méditerranéen, français et algérien, le département de Vaucluse et la vallée de la Garonne (Marmandej. Toutefois ces régions sont loin d'être les seuls centres de production : elles ont à compter avec la concurrence d'autres pays tout autant et parfois plus favorisés au point de vue du climat : Naples, Malte, l'Egypte, l'Andalousie, les Canaries, la Syrie, etc., mais, par contre, ne disposant pas de moyens de transport permettant d'alimenter régulièrement le marché.
Dans la vallée de la Garonne on produit la tomate pour le marché anglais et surtout de Londres, puis en fin de saison pour les fabriques de conserves de Bordeaux. L'arrondissement de Marmande à lui seul expédie par an 60 000 quintaux de fruits.
La production n'est pas précoce: les expéditions ne commencent que dans la seconde quinzaine de juillet. La culture est du reste faite en plein champ, le plus souvent après une céréale suivie d'une plante enfouie comme engrais vert ; la plantation n'a lieu que dans la première quinzaine de mai. M. A. Guy (1) estime à 1 600 francs le produit brut par hectare, les frais de production étant de 800 à 1 000 francs.
(1) A. GoY, La tomate en grande culture {Progrès agric, 24 janv. 1904).
Dans les autres régions du Midi la culture de la tomate est conduite en usant de tous les procédés horticoles ayant pour etTet d'augmenter la hâtiveté du produit et le rendement.
En Vaucluse la culture se fait en grand sous châssis, ce qui permet de commencer à récolter dans la première quinzaine de mai. Pour cela, en novembre on sème à la volée sur couche et sous châssis. Il faut couvrir les châssis de paillassons la nuit et aérer pendant les belles journées.
En janvier ou au commencement de février on repique les plants sur une couche dont la terre est simplement ameublie et mélangée avec du tourteau et du fumier bien décomposé auxquels on ajoute, pour obtenir des produits plus beaux et plus précoces, des engrais chimiques complémentaires.
Voici, d'après M. Zacharewicz, la formule d'engrais à employer pour la tomate : c'est la même que pour l'aubergine.
Nitrate de soude 250 kilogr. à l'hectare.
Chlorure de potassium 150 — —
Superphosphate de chaux 18/20. 400 — —
Plâtre 400 — —
Cet engrais est mis en deux fois, la potasse et l'acide phosphorique quelques jours avant le repiquage des plantes, tandis que le nitrate de soude n'est répandu flue quinze à vingt jours après.
Les châssis placés au-dessus des plantes repiquées sont mobiles et peuvent être élevés au fur et à mesure que grandit la plante.
On met sur la couche trois lignes de tomates disposées en quinconce à une distance de 50 centimètres entre les lignes et de 30 centimètres entre chaque plant.
Les soins d'entretien à donner aux plantes sont les suivants : on ne laisse à chaque pied que deux branches Rivière et Lecq. — Cultures du Midi. 9
formant V qu'on obtient par le pincement du bourgeon ceatral lorsqu'elles sont déjà bien apparentes. En mars on les palisse sur des roseaux placés horizontalement et maintenus à 20 centimètres du sol par de petits piquets ou par d'autres roseaux placés transversalement, reposant sur les parois du coffre.
Lorsque la plante a une hauteur de 35 centimètres à 40 centimètres on l'arrête par un pincement, de manière à ne laisser sur chaque branche qu'un bouquet de fleurs, ce qui avec le bouquet de la tige porte à trois le nombre voulu. Comme ce pincement fait développer les bourgeons situés aux aisselles des feuilles, on a la précaution de les enlever chaque fois qu'ils commencent à pousser, afin de porter la sève sur les fruits. On enlève aussi pour cela la première fleur qui apparaît au milieu du bouquet. Les autres soins consistent à arroser de temps en temps les plants, opération qui se fait naturellement en amenant l'eau sous les bâches au moyen de rigoles que l'on creuse entre chaque ligne, à aérer pendant les journées de soleil, à abaisser les châssis avant sa disparition, à les recouvrir de paillassons pour éviter le refroidissement qui peut se produire dans la nuit et le matin, enfin à opérer depuis le commencement de la végétation les traitements à la bouillie bordelaise à raison de 2 kilogrammes de sulfate de cuivre pour 100 litres d'eau.
Mais le traitement à la bouillie bordelaise salit les fruits ; aussi l'auteur précité propose- t-il de le remplacer par le traitement simultané à la poudre de sulfostéatite et à l'eau céleste .
On compte par mètre de châssis sur une production de 16 kilogrammes de fruits vendus 50 centimes le kilogramme, soit 8 francs. Les frais sont de 1 franc par mètre de châssis.
Dans le Vaucluse on produit aussi la tomate en plein air; mais dans ce cas on prend soin de l'élever sous châssis et ce n'est qu'après un repiquage sous verre
qu'on la transplante en motte en plein champ divisé en planches par des abris en roseaux. Ce n'est que quand la plante n'a plus rien à craindre des intempéries que cette transplantation s'effectue.
Pour la culture en plein air le semis a lieu sur couche en janvier à la volée ; on repique en mars à la cheville sur une autre couche en mettant les plants à 15 centimètres de distance en tous sens. La transplantation a lieu en mottes, en mi-avril, en terrain bien ameubli et fumé. Dans ces conditions la plante déjà toute formée, vigoureuse, est à même de profiter largement des engrais mis dans le sol et de se développer et de fructifier rapidement.
Dans ce cas on ne commence à récolter que vers la mi-juin; mais les prix élevés au début, 100 francs environ le quintal, tombent rapidement, de sorle qu'on ne peut guère compter que sur un prix moyen de 10 francs par quintal pour toute la récolte.
Sur le littoral méditerranéen de la France on cultive aussi la tomate sous châssis, surtout à Antibes et à Hyères. Autrefois on y récoltait la tomate en deux saisons, en hiver à partir de décembre janvier jusqu'en hiars-avril et au printemps : la tomate de printemps succédait à la tomate d'hiver et commençait quand cette dernière finissait, c'est-à-dire en mai et l'expédition se continuait jusqu'au moment où apparaissaient les tomates de pleine terre, c'est-à-dire en juillet.
D'après M. J. Grec(l), depuis quelques années, soit à cause du faible rendement de la tomate d'hiver, soit à cause de la concurrence qui lui est faite par la tomate récoltée à l'automne et conservée bien avant dans la saison froide, la tomate d'hiver fait place partout à celle de printemps.
On sème au commencement de novembre sous châssis, en fin décembre, on repique les jeunes plantes en les mettant à 8-10 centimètres d'intervalle. De fin janvier
(1) J. Grec, Un coin horticole du Midi. Anlibes, 1903.
U8 PRODUGTIO.N DES PRIMEURS.
jusqu'en mars on met les plantes définitivement en place. Bien entendu, les châssis sont recouverts de paillassons pour éviter l'effet des gelées d'hiver et de printemps. Au début on arrose très modérément à la pomme d'arrosoir d'abord et plus tard à l'eau courante. On fume en employant comme pour l'œillet les matières de vidange : ces applications d'engrais sont copieuses pour hâter le développement de la plante et la maturité du fruit. La récolte commence du 15 au 25 mai.
Les producteurs méridionaux ne sont pas sans s'inquiéter de la concurrence qui leur est faite par l'Algérie et particulièrement par la région d'Oran. L'amélioration des conditions de transport aurait pour conséquence d'aggraver cette concurrence que supporterait difficilement la culture.
Dans le département d'Oran, à l'ouest de cette ville, on produit aussi la tomate d'exportation en deux saisons, en hiver et au printemps. La tomate d'hiver s'expédie à partir du 15 décembre ; avant cette époque le marché est encore alimenté par les fruits d'arrière-saison. La récolte se continue jusqu'au moment où apparaissent les tomates de printemps, c'est-à-dire jusqu'en mars.
La tomate de printemps commence à s'expédier fin février- mars jusqu'au jour où les prix baissent tellement que la vente devient impossible. Le plus fort moment de la cueillette est en avril, mai et juin.
C'est dans la région des Andalouses qui comprend les communes d'El-Ançor, de Bou-Sfer et d'Aïn-el-Turck, plaine ouverte au nord vers la mer et fermée au midi par une chaîne de montagnes de 5 à 700 mètres d'altitude, que se trouve le centre de la culture de la tomate, qui y a été implantée par les Espagnols et qui est pratiquée en grand presque exclusivement par ceux-ci depuis une douzaine d'années.
Les coteaux arides, jusqu'alors inutilisés par la culture,
sont actuellement transformés en champs de primeurs. La culture de la tomate occupe environ 300 hectares, produisant 150 à 200 quintaux de fruits à l'hectare, soit 50 à 60 000 quintaux. Dans cette plaine le climat est sec, tempéré, les gelées n'y sont à craindre qu'à partir de lin décembre, mais il s'y produit parfois des orages de grêle. La quantité d'eau qui y tombe est faible et quelquefois insuffisante : le manque d'eau compromet parfois la récolte qui ne peut être arrosée faute d'eau d'irrigation en quantité suffisante. Le siroco s'y fait peu sentir, mais en hiver les vents d'ouest sont violents ainsi que ceux venant de la mer et ils nécessitent l'emploi d'abris pour protéger les cultures.
Celte culture doit en grande partie sa prospérité aux qualités de sa population agricole, population travailleuse, sobre et économe, habile dans les travaux de jardinage, mais rebelle aux innovations et, à ce point de vue, très inférieure aux populations du Midi de la France, possédant, outre une instruction professionnelle très développée, une instruction générale qui leur fait adopter toutes les innovations utiles.
Les terres sont données en métayage par le propriétaire du sol qui se charge particulièrement des labours et transports, et fournit le fumier et les fagots pour la confection des abris. Quelquefois les terres sont louées à prix d'argent : dans ce cas, le loyer atteint 100 et 200 francs l'hectare, parfois 300 et 400 francs, loyerénorme si l'on considère que la plupart des terres étaient autrefois incultes.
Tomate d'hiver, — La tomate d'hiver ne peut être produite que dans quelques endroits privilégiés, là où l'on dispose d'eau d'irrigation, ce qui est rare. Aussi ne compte-t-on que 25 à 30 hectares consacrés à cette culture qui se pratique de la même façon que la culture de la tomate de printemps que nous étudierons plus loin. Pour produire la tomate en hiver, on sème en juilletaoût, on met en place en septembre-octobre et on com-
d50 PRODUCTIOiN DES PRIMEURS.
mence à récolter à partir de la mi-décembre. La plante n'est pas autrement abritée que pour la culture de printemps ; la gelée n'est guère à redouter, du moins dans la première partie de l'hiver jusqu'à lin décembre.
Le prix de vente est au début de 30 francs le quintal, en janvier il monte à 50 et 60 francs, en février à 100 et 150 francs, prix qui se maintient jusqu'en mars, lorsque apparaissent les premières tomates de printemps.
La production par hectare est d'environ 100 quintaux, qui, au prix moyen de 50 francs, donnent un produit de 5000 francs. Pour l'expédition on cueille mûr, car à cette saison la maturité ne se ferait pas et le fruit ne se colorerait pas s'il était cueilli vert. Qn expédie en caisses de 5 kilogrammes ornées d'illustrations. Les fruits de qualité extra sont entourés de papier d'étain.
La tomate d'hiver s'expédie en Allemagne, en Suisse, mais surtout dans le Midi de la France.
Tomate de printemps, ~ La tomate de printemps est cultivée en terre non arrosable : de ce fait la réussite présente des aléas en cas de sécheresse prolongée. On choisit de préférence les terrains friables, faciles à travailler, qualités que présentent surtout ceux voisins de la mer.
Le sol du reste ne sert guère que de support à la plante, car c'est dans le fumier qu'elle est repiquée. IVl . Jacquet, ingénieur agronome, directeur de la Société des primeuristes d'Oran, qui a publié une étude très complète sur la question (1), conseille d'amender le sol par l'emploi de l'engrais dont la formule suit :
Nitrate de soude 0^s,800 par are.
Chlorure de potasse 1 kilogr. —
Superphosphate de chaux 16/18..... 3 — —
11 faut de préférence choisir un terrain exposé au midi, et faciliter par des rigoles d'écoulement l'évacuation des eaux pluviales pour éviter toute humidité stagnante. Le
(I) Jacquet, La culture de la tomate. Perrier, éditeur, Cran.
semis pour la production du plant se fait en septembre sur couches abritées au moyen de claies en roseaux. Le champ dans lequel doit se faire la transplantation en plein air est protégé contre le vent par des abris en
Fig. 12. — Culture da tomates aux environs d'Oran.
pierres ou par des haies en fagots de sarments et de broussailles; il est divisé ainsi en planches de 30 mètres; mais il serait préférable de doubler les lignes d'abris et de les établir tous les 10 à 15 mètres. Ces abris sont disposés dans une direction nord-sud.
Ce qui caractérise la culture de la tomate dans la plaine des Andalouses, c'est le système d'abris en usage Indépendamment des murs et des haies en broussailles établis du nord au sud, chaque rangée de tomates est protégée par un abri en ligne continue suivant une direction allant du sud-ouest au nord-est. Ces abris (fig. 12) sont
152 PLAiNTES FOURRAGÈRES.
formés de paille de dyss ou de seigle palissée sur une ligne horizontale de roseaux supportée par des piquets en roseaux dressés verticalement sur le sol et à une distance de 60 centimètres les uns des autres. Le dyss ou la paille est butté légèrement à la base et fixé par une seconde ligne horizontale de roseaux sur la première.
Comme nous Tavons vu, on commence à exporter la tomate de printemps en fin février-mars ; malgré les prix élevés du début, on ne peut guère tabler que sur un prix moyen de 15 francs le quintal pour une vente de 150 quintaux par hectare, car il se perd par hectare environ 25 quintaux qui ne peuvent s'écouler faute de vente et qui sont donnés aux porcs, ou salés et séchés.
Les frais de culture d'un hectare de tomates sont évalués par M. Jacquet à 1470 francs. Le produit brut, d'après les chiffres ci-dessus, s'élève à 2 250 francs, laissant un bénéfice considérable, mais qui tend à baisser chaque année par suite de la concurrence des autres pays à production similaire.
BussARD, Culture potagère (Encyclopédie agricole, Paris, 1903). — Sadvaigo, Cultures de la Méditerranée, Paris, 1894. — Bois et Pailleux, Potager d'un curieux, 2« édition, Paris, 1892. — Rivière et Lkcq, Manuel de l'agriculteur algérien, Paris, 1900. — Zacharewicz, la Tomate primeur (Rev. de vitic), 7 juin 190i.
La végétation des fourrages naturels est, dans la région méditerranéenne, subordonnée à la pluviométrie : souvent ils sont rares et parfois manquent complètement. Leur développement est essentiellement automno-vernal, puis s'arrête aux premières chaleurs du printemps et successivement suivant les altitudes.
Dans les plaines de la Basse- Provence, surfout sur le littoral, la propriété trop morcelée a une trop grande valeur pour laisser une place aux fourrages naturels.