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GÉNÉRALITÉS

Dans le Nord de l'Afrique il ne faut songer n aux prairies de Graminées, ni aux divers Trèfles, sauf dans certains cas au Bersm hivernal, Trifolium alexandrinum Lin. déjà recommandé par MoU pour l'Algérie, il y a plus de soixante ans, et qui donne quelques résultats dans les parties les plus chaudes l'hiver.

Les plantes fourragères cultivées et à grand rendement appartiennent exclusivement aux cultures d'été, c'est-àdire avec arrosements, et même dans la majorité des cas la Betterave à fourrage ne saurait prospérer sans des irrigations d'automne et de printemps.

La culture des hauts fourrages Maïs et Sorgho, comme celle de la Canne à sucre encore si peu répandue pour cet usage, exige des terres riches, travaillées, fumées et arrosées l'été: sans ces conditions aucun rendement rémunérateur. Et comme ces feuilles sont plutôt destinées à la consommation en vert, leur développement et leur tendreté dépendent de la rapidité de la végétation.

Mais ces cultures herbacées à grand rendement sont forcément limitées, dans le Nord africain, à la zone littorale où, quoique restreints, se trouvent encore quelques périmètres d'irrigation d'été : elles deviennent impossibles dès que l'on quitte le littoral, surtout en Tunisie, sans moyens d'irrigation.

L'eau sélénito-magnésienne de certaines oasis empêche ou restreint la culture de ces plantes ; cependant quelques petites luzernières s'y rencontrent assez communément.

Ce simple aperçu démontre combien est difficile ou précaire la récolte des fourrages naturels ou cultivés dans la plus grande partie du Nord de l'Afrique. Souvent le fourrage naturel manque sous l'effet de la sécheresse et du froid, et sous le climat steppien il y est toujours court et de peu de durée. Là la culture est impossible faute d'eau.

On ne saurait donc adresser un juste reproche aux

indigènes de ces régions de ne pas se préoccuper de faire des réserves de fourrage pour la longue période estivale ou pour l'hiver : donner un tel conseil c'est ne pas connaître l'état de la propriété indigène, les exigences de la transhumance et la nature même du pâturage qui dans le plus grand nombre des cas n'est qu'un simple revêtement peu épais, de mauvaise composition-«t impropre à toute fauchaison.

Faire des réserves fourragères, construire des abris, sont des conseils bientôt donnés, mais d'application difficile chez les nomades. Qui construira l'abri, l'entretiendra et l'habitera ? Puis, quelles étendues couvertes et quelle réserve d'aliments faudra-t-il pour des transhumants avec leurs troupeaux de milliers de moutons, leurs chevaux et leurs chameaux? Ensuite la contamination rapide de ces lieux les rendrait bientôt inutilisables, dangereux même. Aussi quand on a voulu créer des points d'eau artificiels, R'dirs, pour abreuver les animaux, des foyers d'infection parasitaire en ont-ils été bientôt la conséquence.

La question du pâturage reste une des plus graves à résoudre. L'effectif du bétail diminue rapidement en Algérie. Au début de la conquête on estimait à vingt millions de tètes le troupeau ovin : il est maintenant réduit, à la suite d'oscillations successives, à sept millions de têtes environ, et, pour atténuer autant que possible cette déperdition, l'administration vient d'interdire l'exportation des femelles pleines ou non du 15 août au 31 décembre de chaque année (arrêté du 22 juillet 1904).

Cette chute de l'effectif est attribuée non sans raison à la diminution des parcours. En effet, les meilleures terres confinées au climat marin sont prises par la colonisation, l'estivage devient donc impossible pour les transhumants etles animaux meurentdans les périodes sèches ou froides et en général rencontrent maintenant des conditions d'existence assez défavorables pour influer même sur la reproduction. Aussi le commerce d'exportation du mouton

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