LUZERNE
pérées, les grandes races bisannuelles sont à préférer : Choux mœlliers blancs et rouges et mille tètes, races dont le type est le chou cavalier.
Le chou mille têtes semble être le plus intéressant à cause de ses grandes ramifications feuillues qui s'étendent sur le sol où leur marcottage est facile.
Tous ces choux se multiplient également par bouture.
Soumise à une cueillette méthodique, cette végétation, si elle est entretenue par Firrigation, fournit une abondante matière verte utile à Tentrelien du bétail en stabulation (1).
3. Féverole. Faba vulgans equina. — Cette Légumineuse, dont la graine est plu5 petite que celle de la fève des marais, est cultivée pour Falimentation du bétail qui la consomme soit à Tétatde tiges vertes, soit surtout à l'état de graines.
On fauche quand apparaissent les premières fleurs ; le fourrage est consommé plutôt en vert que fané; en mélange avec de Tavoine ou de Forge, il est mieux accepté parles animaux et est excellent pour les vaches laitières. Même culture que pour la fève ordinaire.
4. Luzerne. Medicago sativa Lin. — Dans le bassin méditerranéen, en terre arrosable, la luzerne est la plante fourragère par excellence. Grâce à ses puissantes racines pivotantes, elle va chercher dans les profondeurs du sol Feau et les éléments nécessaires à sa végétation qui commence au premier printemps quand la température moyenne de Fair dépasse 8^ C. et ne s'arrête qu'après la dessiccation du sol ou quand arrivent les premières gelées. Les froids d'hiver ne la font périr que quand elle lève et ils sont sans action nuisible dès qu'elle est profondément enracinée.
Au point de vue fourrager la luzerne est pour les régions méridionales ce qu'est le trèfle dans les pays du Nord.
(1) Ch. RiviftRB, Algérie agricole, 1890.
En terre arrosée la luzerne peut donner, sauf pendant les quelques mois de Thiver, une coupe presque tous les mois. En terre sèche son rendement est en rapport avec les réserves d'humidité du sous-sol, réservesqui peuvent être augmentées et aménagées par des façons culturales et particulièrement des binages sans lesquels le rendement est faible. Dans ces conditions défectueuses l'avoine à faucher en vert est le plus souvent préférable.
Toutefois dans certaines terres non arrosables où le plan des eaux souterraines est peu profond, dans certains lais de rivière, la luzerne peut donner autant qu'en terre arrosée.
Ce qu'il faut avant tout à la lu^rne ce sont des terrains profonds et perméables, calcaires, bien pourvus en acide phosphorique et en potasse. Dans les sols qui par leur nature s'opposent à la pénétration des racines, la luzerne ne peut réussir pas plus que dans les terres marécageuses ou s'égouttant mal.
Dans le premier âge et jusqu'à la première coupe la luzerne est une plante délicate craignant l'envahissement des herbes et le froid: aussi ne peut-on la semer que dans un sol, non seulement riche et bien défoncé, mais surtout parfaitement nettoyé, grâce à une culture sarclée antérieure, ou grâce à des taboulés préparatoires appropriés.
L'application de fumier, au moment du défoncement qui précède l'ensemencement, favoriserait le développement des mauvaises herbes qui étoufferaient la jeune plante ; aussi le mieux est d'appliquer le fumier à la culture précédente, de préférence une culture sarclée, qui laissera dans le sol assez de matières fertilisantes, facilement assimilables, pour suffire aux premiers besoins de la plante et assurer son développement.
Là où l'on n'a pas à redouter les gelées, le semis peut se faire indifféremment à l'automne ou au printemps. Dans toute la partie littorale, dans les sols bien préparés