LUZERNE
et propres, il y a intérêt à semer dès les premiers jours d'automne.
Là où les gelées sont à craindre, comme sur les plateaux élevés, le semis d'automne n'est recommandable que si la précocité des pluies permet un ensemencement hàtif, dans les premiers jours d'octobre, sur une terre chaude qui assure une végétation rapide. Dans ces conditions la luzerne est assez forte en fin décembre pour n'avoir pas à redouter les gelées si fréquentes dans les Hauts-Plateaux de l'Algérie en janvier et février.
En Algérie, si l'on ne peut procéder à ces semailles d'automne, il est préférable d'attendre sur les plateaux élevés que la saison des gelées soit passée et de semer au printemps le plus tôt qu'il sera possible, afin que le semis puisse profiter des dernières pluies de la saison pluvieuse.
Le plus souvent on sème sur terrain nu et non dans une céréale, comme cela se fait dans les pays du Nord.
On emploie 25 kilog. de semence à l'hectare, en choisissant une graine exempte de cuscute.
La levée de la graine est assurée quand une pluie survient après les semailles : le mieux est de ne pas être obligé d'arroser. L'irrigation à l'eau courante, quand la graine n'est pas encore sortie, a l'inconvénient d'entraîner celle-ci et de l'assembler par paquets.
Si pour faire lever la luzerne on est obligé d'irriguer, il faut arroser assez fréquemment pour empêcher la croûte du sol de se durcir et de serrer la plante au collet; il faut maintenir la terre dans cet état jusqu'à ce que la tige ait atteint 7 à 8 centimètres de hauteur.
Ensuite il faut, par des binages à la houe dans le cas de semis en lignes, ou par des sarclages à la main, dans le cas de semis à la volée, empêcher les mauvaises herbes de prendre le dessus et d'étouffer la jeune plante jusqu'au moment de la première coupe. A partir de ce moment la luzerne est sauvée et il suffit de l'arroser et de la défendre
par des façons annuelles contre Fenvahissement de la mousse et des herbes vivaces.
Comme Ja racine est pivotante et non ramifiée jusqu'à une certaine profondeur, on peut passer la houe et même le scarificateur sans déterrer la plante. Ces façons culturales augmentent non seulement le rendement à la luzerne, mais aussi la longévité de la plantation : elles sont de la plus grand utilité, surtout dans les régions méridionales.
Sous les climats secs le fanage de la luzerne doit être mené de façon à ne pas perdre les folioles. On coupe dès que les boutons commencent à s'ouvrir, la tige est moins dure et les feuilles restent mieux attachées. Cette fauche hâtive ne fait du reste rien perdre, car la végétation reprend immédiatement.
Aussitôt après la fauchaison, on met la luzerne en las de 30 à 60 kilogrammes, on la laisse ainsi un jour ou deux jusqu'à ce qu'elle commence à s'échauffer : on ouvre alors les tas qu'on laisse exposés à l'air pendant trois ou quatre heures, puis on les réunit par trois ou quatre en ayant soin de ne pas tasser avec la fourche ou les pieds.
Deux ou trois jours après, la dessiccation est d'habitude complète, à moins de temps humide. Dans ce cas on éventre à nouveau les tas le soir, on les laisse prendre l'air la nuit et le lendemain matin dès que la rosée est ressuyée, on les met en menions ou en meules.
Par ce procédé la luzerne séchée à l'abri du soleil ne perd pas ses feuilles qui restent attachées à la tige, surtout s'il y a eu un petit commencement de fermentation, qui jaunit bien un peu le fourrage mais qui le rend plus souple et ne lui enlève aucune de ses qualités nutritives.
Le rendement de la luzerne est considérable sur le littoral; dans les bonnes terres, on peut sans irrigation faire trois coupes, deux au printemps, la troisième à l'automne.
Dans les terres fraîches, à plan d'eau peu profond, on