COTONNIER. ICI
des échantillons de coton avaient été adressés, pour examen et avis, aux Chambres de commerce des principales villes manufacturières, où ils avaient été mis en œuvre, filés et tissés. Tous les rapports avaient été unanimes à reconnaître que le coton d'Algérie et particulièrement la variété longue soie (Sea hland) pouvait rivaliser avec le coton américain. Le coton longue soie était estimé 9 francs le kilogramme et, d'après les essais faits à la pépinière centrale d'Alger, sa culture laissait un bénéfice net à l'hectare de 1 400 francs (voir les rapports de MM. Feray, filateurs à Ëssonnes, E. Cox et C'*, filateurs à La Louvière-lez-Lille, Schlumberger, président de la Chambre de commerce de Mulhouse, etc.).
L'avenir de la culture semblait donc assuré, et c'est alors que le maréchal de Saint-Arnaud adressa à l'Empereur le rapport précité à la suite duquel parut le décret du i6 octobre 1853.
D'après ce décret, des graines de coton étaient fournies aux colons par l'administration. Pendant trois ans à partir de i854 l'État s'engageait à acheter pour son compte les cotons récoltés par les planteurs à un prix fixé d'avance chaque année, en tenant compte de l'espèce et de la qualité des produits. A l'expiration de ce terme et pendant deux autres années des primes étaient allouées pour l'exportation en France des cotons récollés en Algérie et réputés marchands.
Pendant cinq ans à partir de 1854 des primes étaient allouées pour introduction en Algérie de machines à égrener. Enfin des prix provinciaux (3 par province, de 2000 francs, 3000 francs et 5000 francs) étaient accordés aux colons jugés avoir récolté sur la plus grande échelle les meilleurs produits. Enfin un prix de 20 000 francs, dit prix de l'Empereur, était institué pour récompenser pendant cinq ans à partir de 1854 le colon des trois provinces qui se serait distingué par la qualité et la quantité de ses produits.
in PLAr^TKS TEXTILES.
C'est plus qu'il n'en fallait pour provoquer l'extension de la nouvelle culture. On se mit à planter partout, et à l'envi, sans compter les frais de production, puisque le Trésor y pourvoyait par ses achats à des prix élevés et par ses primes. Cette situation se prolongea aussi longtemps que l'État continua ses libéralités, mais elle prit fin en même temps que celles-ci par la disparition de la culture du coton en Algérie.
Jamais culture nouvelle n'avait fait autant de promesses : on était unanime à reconnaître la valeur du produit, les hommes et les associations les plus autorisés avaient donné les assurances les plus formelles et les plus concordantes : jamais les cultivateurs p'avaient bénéficié d'encouragements plus considérables de la part de l'État, et cependant l'échec fut lamentable, comme cela était à prévoir, et comme cela est fatal, toutes les fois que l'État, se basant sur des conceptions purement théoriques, s'aventure à diriger l'initiative privée, à se substituer à elle, au lieu de se borner à la seconder.
Le Cotonnier {Gossyphim herbaceum Lin., arboi^eum Lin., barbadense Lin., etc.) appartient à la famille des Malvacées et est originaire des régions in ter tropicales. Ce genre renferme de très nombreuses espèces ou formes soit annuelles, soit vivaces et arborescentes.
Ce sont les espèces annjuelles principalement qui ont été cultivées dans l'Afrique du Nord : les variétés vivaces et arborescentes y passent difficilement l'hiver.
C'est surtout le coton longue soie (Sea-lsland), pouvan prospérer en dehors des tropiques, qui a été cultivé en Algérie ainsi que d'autres variétés réussissant bien en Egypte. Le Jumel fut essayé, mais il fut reconnu qu'il était trop tardif; on lui préféra \e Louisiane, plus rustique et plus hâtif.
Les causes de l'insuccès du cotonnier en Algérie sont complexes. Les conditions météorologiques ne sont pas