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COTONNIER

toujours favorables ; parfois l'hiver se prolonge trop et rend les ensemencements trop tardifs; quelquefois les pluies trop précoces de l'automne altèrent la qualité de la matière cotonneuse qui s'échappe de la capsule entr'ouverte, ou bien arrêtent la cueillette prématurément avant qu'on ait .pu obtenir uti rendement suffisant. D'autre part, la main-d'œuvre est coûteuse et insuffisante et le loyer des terres de la qualité qu'exige le coton pour prospérer est cher.

Le cotonnier exige en effet des sols profonds, perméables, substantiels. Les sols argilo-calcaires lui conviennent à l'exclusion des terrains glaiseux et froids, retenant un excès d'eau en hiver et se crevassant sous l'influence de la sécheresse ; il faut le secours de l'irrigation.

On a proposé à plusieurs reprises la culture des variétés de cotonniers poussant en terrain sec et sans arrosement. U y a quelques années on prônait la culture dans ces conditions d'une variété égyptienne non sans mérite, le cotonnier hâtif abassi ; mais comme tous les cotonniers, cette variété exige un bon sol, des fumures et de l'eau. „ Le cotonnier longue soie a besoin d'irrigations. Le cotonnier courte soie peut se récolter parfpis sans eau, mais dans ces conditions sa culture est très aléatoire et très souvent la récolte est nulle. Aussi faut-il renoncer à produire du coton en Algérie sans eau.

La culture du cotonnier a de grandes exigences : des labours profonds, des terres propres; il faut assainir au moyen de dérayures pour éviter la stagnation de l'eau. Il faut écimer, arroser périodiquement, fumer abondamment en éléments azotés. La cueillette se fait par le procédé dit de jardinage, au fur et à mesure des maturités : elle doit être pratiquée avec soin.

Actuellement, dans le Nord de l'Afrique, le cotonnier n'est plus cultivé que dans la partie arrosée de l'Egypte où le climat et les conditions culturales sont favorables à cette plante.

Pour éviter les inconvénients signalés plus haut et résultant d'un printemps trop tardif, ou d'un hiver trop précoce, on a conseillé la culture du cotonnier dans les oasis.

Dans certaines d'entre elles le coton s'y récolte encore en très petite quantité du reste. A Biskra particulièrement, sur l'iniative du Gouvernement, dès 1852 les indigènes se sont livrés à cette culture, et à cette époque des échantillons de coton de cette région furent soumis à des essais industriels (1). Mais dans les oasis les eaux d'irrigation, dont les indigènes ne sauraient du reste modifier l'affectation sans compromettre leurs moyens d'alimentation, sont trop rares pour permettre la culture du coton sur des étendues suffisantes pour intéresser l'industrie textile.

Dans l'état du marché, et étant données les conditions climatériques, culturales et économiques de l'Algérie, la culture du coton, abandonnée depuis longtemps, même en Oranie où elle fut naguère en honneur, n'a aucune chance de succès et n'est pas à reprendre, surtout après les nouveaux insuccès constatés à Relizane dans le courant de 1904.

Parmi k s très nombreux documents publiés sur la culture du coton dans l'Afrique du Nord, nous signalerons : De Lasteyrie, Du cotonnier et de sa culture, Paris, 1808. — Herzog, L'Algérie et la crise cotonnière (Revue des Deux-Mondes, août 1864). — Mémoire de M. Zuber, ancien président de la Société industrielle de Mulhouse, sur la culture du coton en Algérie, lu le 26 janv. 1853, à la Société industrielle de Mulhouse. — Rapports de M. Ed. Cox, filaleur du Nord, à la Société industrielle de Mulhouse ; de M. Feray, d'Essonnes (Seine-et-Oise) ; de M. Dollfds, sur les cotons de Biskra, etc., etc. — Rapport à l'Empereur, en date du 16 octobre 1853 ; d'cret de l'Empereur instituant divers encouragements pour la culture du coton, et arrêté du 15 février 1854, réglant l'exécution du décret précité. — Comptes rendus du Jury institué pour l'attribution des prix de l'Empereur. — J. Vallier, Petit manuel du planteur de coton en Algérie, Constantine, 1862.

10. LÎD textile, Linum usitatissinum Lin., Europe. Cette plante annuelle des Linées dont la variété dite Lin

(1) Rapport de M. pngel DoUfus à la Société induslrieUe de Mulhouse.

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