‹ Cultures du Midi, de l'Algérie, et de la TunisieChapitre 73 sur 167 · THE · texte numérisé non relu

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D'après les derniers coui^ on estime que lerèïïdément en argent est en moyenne de 800 francs par hectare et par an. Mais de ce produit binit il faut déduire les frais de culture qui s'élèvent à environ 200 francs, les frais de récolte et de distillation à autant à peu près. Le surplus représente le loyer de la terre, l'amortissement du capital, et le bénéfice du cultivateur.

Dans ces dernières années, par suite de la mévente des vins et du relèvement des cours de l'essence, cette culture a repris faveur : aussi la superficie cultivée, qui avait diminué après la campagne de 1998, tend aujourd'hui à augmenter.

La production de l'Algérie en essence de géranium est eslimée à 30 à 35000 kilogrammes.

Dans la région de Grasse les cultivateurs livrent le plus souvent leurs feuilles aux distillateurs au prix de 50 à 65 francs la tonne. Comme il faut généralement un peu plus de 1 000 kilogrammes de feuilles pour produire un kilogramme d'essence, on voit que la fabrication est grevée de plus de 65 francs par kilogramme d'essence pour le seul achat de la matière première. Mais les essences de Grasse produites sous un climat plus tempéré sont beaucoup plus fines que celles d'Algérie et bénéficient d'une plus-value de 60 francs par kilogramme. La production de Grasse est très restreinte par rapport à celles de l'Algérie, de la Réunion et de l'Espagne.

En 1902, la France a importé 77 000kilogr. d'essence de géranium, malgré un droit de douane de 10 francs au tarif général et de 5 francs au tarif minimum.

Engrais et résidus. — Les cultivateurs de Provence fument abondamment le géranium de même qu'ils l'arrosent; c'est aux fumures azotées qu'ils donnent la préférence : les tourteaux sont très employés.

D'après les analyses de M. Dugast, directeur de la station agronomique d'Alger, les feuilles de géranium à l'état vert contiennent pour 100 : 0,26 d'azote, 0,12 d'acide

phosphorique et 0,33 de potasse. Le géranium a donc surtout besoin d'azote et de potasse. Mais il ne faut pas non plus négliger l'apport d'acide phosphorique, car cet élément paraît favoriser la production de l'essence.

Au moment de la plantation on peut, par le labour préparatoire, enterrer du fumier à la dose de 30000 kilogrammes par hectare. Les années suivantes on répand en couverture :

Sang desséché ou tourteaux.. 300 kilogrammes.

Superphosphate 400 —

Sulfate de potasse 150 —

Quant aux résidus de la distillation, ils contiennent tous les éléments fertilisants de la plante ; aussi faut-il, pour les restituer, en faire des composts qui pourront être appliqués en couverture et enterrés par un labour.

Manuel pratique de l'agriculteur algérieri, p. 296 et 577. — Rapport sur l'exploitation des plantes à essence dans le déparlement d'Alger (BuUelin de la Direction de Tagriculture, Tunis, n<> 21, année 1901).

4. Jasmin, — Après le rosier, c'est le jasmin, Jasminum odoratissimum, qui est la plante à parfum la plus cultivée dans la région de Grasse ; c'est le J . d'Espagne, J. grandi florum, qui est préféré.

De juillet à septembre les fleurs qui ont des corolles d'un blanc gras et luisant, légèrement lavées de rose, sont récoltées le matin après la disparition de la rosée jusqu'à 10 ou 11 heures, et l'après-midi de 5 à 7 heures. Par enfleurage à froid on fabrique des graisses parfumées; on peut aussi extraire de ces fleurs, par un dissolvant volatil, une essence, mais celle-ci est d'un parfum moins suave que celui de la fleur elle-même.

Sol. — Le jasmin demande un terrain léger, riche, profond, ni trop sec, ni trop humide, se ressuyant bien. 11 est sensible à la gelée, aussi dans la région de Grasse est-il cultivé sur les coleaux exposés au midi et abrités

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