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JASMIN

contre les vents froids, et en hiver on prend soin de recouvrir la souche de terre pour la garantir contre la gelée. Malgré ces précautions les froids de janvier 1905 ont détruit une grande quantité de souches.

Plantation et entretien. — Le Jasmin d'Espagne est propagé au moyen de boutures de jasmin commun dit jasmin sauvage, faites en septembre et élevées en pépinièrei On place les boutures enracinées à demeure, un an après, en octobre en terrain bien défoncé à 80 centimètres ou un mètre de profondeur. Les plants sont disposés en lignes distantes de 80 centimètres à 1™,10 et sur les lignes à 40 ou 50 centimètres décartement. On greffe les plants en place au printemps suivant, en fente ou en écusson, à 5 centimètres au-dessus du sol.

En mars-avril, quand les gelées ne sont plus à craindre, les pieds qui ont été buttés sont déchaussés ; on taille en rabattant le bois sur deux yeux, et en même temps que l'on travaille le sol à la bêche, on y incorpore les engrais ; enfin on trace les rigoles qui serviront à l'irrigation, qui se pratique régulièrement pendant l'été tous les huit à quinze jours.

Les pousses de l'année sont palissées sur des roseaux disposés horizontalement et supportés par des échalas hauts de 1°»,20.

Le jasmin dans les terrains humides, non perméables, contracte la maladie des racines désignée sous le nom de mouffe ou morphée. Les plantations sont quelquefois dévastées par une chenille {Sphinx atropos), et en 1899 la récolte fut compromise par une cochenille.

Le rendement du jasmin en plein rapport est de 40 kilogrammes par iOOO pieds. M. Chapelle estime le rendement à 3000 kilogrammes de fleurs par hectare. Ces fleurs valent, suivant les années, de 0 fr. 75 à 3 fr. 25 le kilogramme. En 1902 la pénurie de la récolte a fait relever le prix à 3 fr. 75.

La récolte du jasmin à Grasse s'élève de 500000 à 600000 kilogrammes de fleui'S dont le ramassage exige une main-d'œuvre considérable, car on compte 8 000 à 8500 fleurs au kilogramme.

Les Maures d'Alger cultivent deux espèces de jasmin, le jasmin turc à petite fleur et le jasmin d'Alger à large corolle. Le jasmin n'est pas exploité en Algérie pour la production de l'essence.

E. Sauvaigo, Les cultures sur le liltoral de la Méditerranée, p. 157-161. — D' E. Heckel, Notes sur les plantes à parfums en Nouvelle-Calédonie (Rev. cu'.t. colon., 5 mai 1901).

5. Menthe. Mentlia piperita Lin. — La menlhe poivrée est une Labiée qui se multiplie par éclats de pieds que l'on met en place en automne et au printemps en les espaçant à 25 ou 30 centimètres sur des lignes distantes de 35 centimètres. On plante de préférence dans des terres profondes, fraîches et riches.

On bine et arrose eii été. On sulfate contre une sorte de rouille ; on fait deux coupes en juillet et septembre. La plantation n'est conservée qu'une année.

Les 100 kilogrammes de tiges que l'on fauche en août quand la plupart des fleurs sont épanouies, valent 13 francs en moyenne; 1000 kilogrammes donnent par distillation 2-3 kilogrammes d'essence d'une valeur de 85 francs le kilogramme.

L'essence de menthe de Grasse est réputée pour sa finesse.

En Algérie on distille la menthe Pouliot {Mentha pulcyiuni) que Ton trouve à l'état spontané dans les terrains humides. Cette menthe rend 500 à 800 grammes d'essence ; elle vaut 5 à6 francs le kilogramme; l'Algérie en produit 4 000 à 5 000 kilogrammes par an.

Culture chère et produit fortement menacé par le Menthol,

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