‹ Cultures du Midi, de l'Algérie, et de la TunisieChapitre 75 sur 167 · FLEURS D'ORANGERS · texte numérisé non relu

FLEURS D'ORANGERS

des MyrtacéeSy commun dans la broussaille du littoral chaud de la Provence et de l'Afrique : les feuilles, les fleurs et les fruits sont aromatiques.

En Algérie les fleurs de myrte, dites guyemane sont, après séchage, expédiées en Orient pour servir à l'embaumement des morts. Au port de Philippe ville, les fleurs sèches, non criblées, sont vendues 12 et 15 francs le kilogramme.

7. Orangers. — Des fleurs, des feuilles et des fruits des diverses Aurantiacées, on retire par distillation ou par expression des essences de qualités diverses portant des noms différents selon leur origine.

L'essence obtenue par la distillation des fleurs] d'oranger est désignée sous le nom de Nérolû On appelle Néroli Portugal l'essence extraite des fleurs de l'oranger doux {Citrus aurantium Risso), pour le distinguer du véritable Néroli qui est produit par l'oranger amer {Citrus bigaradia).

Si au lieu des fleurs on distille les feuilles de l'oranger et les tiges avec les jeunes fruits qu'elles portent, on obtient le petit grain, petit grain véritable si l'on opère avec le Citrus bigaradia, petit grain citronnier s'il s'agit du citronnier.

Le Paraguay est un centre considérable de production de petit grain.

Par expression on retire l'essence d'oranges amères des zestes du fruit du Citrus bigaradia ; l'oranger doux donne l'essence de Portugal, le mandarinier l'essence de mandarines, le Citrus limetla l'essence de limette, le Citrus Bergamia l'essence de bergamote et le Citrus limoniuin l'essence de citron, produite surtout en Sicile et en Galabre.

Le rendement du Citrus bigaradia en petit grain est de 2 à3 kilogrammes par 1000 kilogrammes de feuilles. C'est le bigaradier ou oranger amer que l'on cultive dans la région de Grasse et de Nice pour la préparation du Néroli.

D'après M. Chapelle, un oranger en plein rapport pro- RiviÈRE ET Lecq. — Cultures du Midi. 13

218 PtANTES A PARFUMS.

duit 20 à 30 kilogrammes de fleurs fraîches, dont le prix est très variable; En 1903 la fleur d'oranger à distiller valait 0 fr. 45 le kilogramme ; elle est tombée parfois à 0 fr. 20. Elle donne environ 1 p. 1000 d'essence. En 1903 le rendement a été de 0,96 p. 1000.

La production de la région de Grasse varie entre un million et demi à deux millions et demi de kilogrammes de fleurs d'oranger ; en 1903 elle a été de 2 millions de kilogrammes.

Cette fleur d'oranger sert à la fabrication du Néroli (environ 2 000 kilogrammes) et surtout à la préparation de l'eau de fleur d'oranger.

Le rendement en petit grain est de 2 à 3 kilogrammes par 1 000 kilogrammes de feuilles.

En avril 1904 on cotait à Messine les essences de fruits: bergamote 18 fr. 50, citron 6 fr. 25, orange 17 francs.

En Algérie, pour la distillation, on cueille la fleur de l'oranger amer pendant le mois d'avril tous les deux ou trois jours; l'ouvrier chargé de la cueillette ne détache que les fleurs bien écloses, car les boutons ne contiennent pas d'essence. Il les laisse tomber sur un drap étendu sur le sol. En une journée il peut ramasser 15 J^ilogrammes de fleurs. A Nice la cueillette est faite dans l'après-midi par des femmes qui ramassent les fleurs dans des sacs. Les fleurs, livrées le soir même aux commissionnaires des distillateurs, sont remises à destination le lendemain matin à la première heure. Les orangers sur la Côte d'Azur ont été très éprouvés par la gelée des 1-2 janvier 1905 une hausse sensible du Néroli est à prévoir.

8. Rosier. — Le rosier est cultivé pour la production de l'essence dans les environs de Grasse et de Cannes, en Saxe, en Perse et surtout en Bulgarie.

En France, c'est surtout de l'eau de rose que l'on fabrique; la production de l'essence y est évaluée à une cinquantaine de kilogrammes seulement, tandis qu'en Bulgarie, où dans les deux vallées de laToundja et de la

Page 1