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ROSES A ESSENCES

S tréma, les cultures de roses occupent des étendues considérables et la production en essence oscille entre 3 500 et 5 500 kilogrammes .

L'essence de Grasse est infiniment supérieure comme finesse à celle de Bulgarie, et cela tient non seulement aux différences dans la variété de rose cultivée et les conditions de production, mais aussi et surtout aux falsifications dont Tessence turque est l'objet. A Kasanlik, à Karlovo, qui sont les principaux centres de production, il est extrêmement difficile de trouver de l'essence pure, les fabricants ayant l'habitude de pulvériser, avant la distillation, sur les feuilles de rose de l'essence de géranium, ou de palmarosa, de bois de santal, etc., de sorte qu'au sortir de l'alambic le produit est déjà adultéré:

La variété de rosier cultivée en Provence est le Rosa centifolia, arbrisseau de 1 mètre à 2 mètres de hauteur, épineux, rustique, à fleurs roses pleines et volumineuses, drageonnant du pied. Il se multiplie par drageons.

En Bulgarie c'est le il. damascena à fleurs simples ou semi -doubles que l'on cultive ; on le reproduit par bouture. Dans le Nord de l'Afrique les Maures cultivaient autrefois, pour la fabrication de l'eau de rose, un rosier à fleur blanche simple ou double, donnant des rejets puissants et désigné sous le nom de Nessri musqué (fi. moschata) ; ils cultivaient aussi une troisième rose, rappelant le R, centifolia, à trois ou quatre rangs de pétales roses. En Algérie et en Tunisie la culture de ce rosier n'est guère pratiquée en vue de la production de l'essence.

En Bulgarie la région de Kasanlik, située à 400 mètres d'altitude, à climat tempéré, bien exposée et à l'abri des vents du nord, formée de terrains siliceux, perméables, abondamment pourvue d'eau de sources d'une grande pureté, se prêle tout particulièrement à la culture du rosier et à la production de l'essence.

La plantation et les exigences de ce rosier sont les mêmes que pour les autres variétés du genre.

On fume au fumier de ferme et au tourteau.

Récolte, — La cueillette des fleurs a lieu en mai (fig. 17 j; on la pratique le matin après la disparition de la rosée. Ce sont, à Grasse, des femmes italiennes pour la plupart qui ramassent les roses : chaque femme ramasse 5 à 6 kilogrammes de pétales de roses dans sa journée; chaque pied produit 200 à 300 grammes de pétales dont le prix varie de 0 fr, 50 à 2 fr. 50 le kilogramme suivant les années ; 100 kilogrammes de roses produisent généralement 20 à 30 grammes d'essence.

D'après M. Chapelle, à Grasse un hectare contenant 15000 rosiers donne dans les bonnes années 3 000 à 4 500 kilogrammes de roses correspondant à 400 à 500 grammes environ d'essence de rose d'une valeur de 1500 à 2000 francs le kilogramme, sans compter les produits accessoires (eau de rose et poudre de rose). '

En Bulgarie les roses en 1903 ont été payées 0 fr. 15 et 0 fr. 12 les 1 250 grammes et le rendement a été de 1 kilogramme d'essence pour 3 500 kilogrammes de fleurs ; la production a été double de celle de l'année précédente et le prix, pour les meilleures qualités, est tombé à 650 francs le kilogramme.

En 1902 à Grasse le cours moyen des roses a été de 0 fr. 80 le kilogramme ; mais les marchés à longs termes, de six ans d'ordinaire, ont été passés à 0 fr. 65 et 0 fr. 70. On constate depuis quelques années une tendance à la baisse dans le cours des roses de distillerie.

La France est le marché le plus important des essences turques. La Bulgarie a importé chez nous 761 kilogrammes d'essence de roses en 1898, 1033 en 1899 et 1548 en 1900. L'essence de rose acquitte un droit de douane de 30 francs par kilogramme au tarif général, et 20 francs au tarif minimum.

9. Tubéreuse. Polyanthestuberosa. — Cette Liliacée bulbeuse est plantée en avril, de préférence dans des alluvions légères, perméables, plutôt sablonneuses, et arro-

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