VIOLETTE
sables. C'est dans les alluvions de la Siagne et du Loup que se trouvent les cultures les plus importantes.
La plantation est disposée en planches séparées par un sentier. Dans chaque planche les oignons sont plantés sur quatre ou cinq lignes distantes de 30 à 40 centimètres et sur la ligne les plants sont disposés à 15 à 20 centimètres les uns des autres.
La culture consiste en binages, sarclages, arrosages et en apports d'engrais en juin, avant l'apparition des tiges. L'engrais employé est le tourteau, la bouse de vache, le crottin de cheval et de mouton. La plantation ne dure que deux ans au bout desquels, en automne, on arrache les oignons.
La cueillette des fleurs a lieu en août-septembre : elle a lieu en plein soleil de 11 heures du matin à 4 heures du soir (fig. 18). 1000 pieds de tubéreuse donnent 25 à 30 kilogrammes de fleurs d'une valeur de 2 francs à 2 fr. 50 le kilogramme (cours normal).
Les fleurs de tubéreuse sont traitées par le procédé de l'enfleurage.
10. Violette. — Sur la côte de Provence et en Ligurie, mais surtout dans la région de Grasse, on cultive la violette pour la parfumerie.
C'est la violette de Parme à fleurs doubles de couleur lilas que la parfumerie emploie concurremment avec la violette odorante commune. Comme cette plante craint la sécheresse et le soleil, on la cultive sous le couvert des oliviers, des orangers, etc. ; on la multiplie par coulants ou par séparation de touffes. On la plante en terre défoncée fraîche mais non humide, par touffes séparées ou en lignes continues. Dans les deux cas les lignes sont distantes de 1 mètre, et sur la ligne, dans le cas de culture en touffes, celles-ci sont placées à 25 centimètres de dislance. On emploie comme fumure à l'automne l'engrais humain liquide additionné de deux fois son volume d'eau.
La cueillette de la violette se fait deux fois par
semaine : elle commence pendant la première quinzaine de janvier et finit pendant la seconde quinzaine de mars; c'est exceptionnellement qu'elle se prolonge parfois jusqu'à la seconde quinzaine d'avril. La fleur est coupée sans pédoncule ; on compte qu'il faut 4000 fleurs pour un kilogramme et qu'une femme peut ramasser par jour 4 kilogrammes de fleurs. Le rendement à Thectare est, en bonne culture, de 1 500 kilogrammes (fig. 19).
La production normale de la région de Gmsse est évaluée à 200000 kilogrammes de fleurs d'une valeur variable selon les années. Dans ces derniers temps les cours ont oscillé entre 2 fr. 50 en 1899 et 1902 et 3 fr. 25 en 1904. En 1905, la sécheresse ayant réduit la récolte, le prix s'est élevé jusqu'à 5 fr. 25 le kilogramme.
On signale deux parasites de la violette : un champignon Phyllosticta violœ, contre lequel on préconise la bouillie bordelaise neutre, et une petite araignée rouge Tétranyque Tisserand, qui disparaît par de fréquentes irrigations.
La violette est employée pour la fabrication de pommades parfumées ; on en retire aussi une essence par les dissolvants volatils.
Dans certaines régions on tend à remplacer la culture de la violette pour parfumerie par celle de la violette pour bouquetterie, violette Victoria, Prince de Galles, etc. ; ces violettes sont vendues aux parfumeurs en fin de saison quand la vente du bouquet n'est plus assez rémUnératricie.
En Algérie des plantations importantes de violettes ont été faites il y a une vingtaine d'années à Boufarik : mais elles ont dû être abandonnées, la violette redoutant les fortes chaleurs et les sécheresses.