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but qui a toujours été recherché, mais jamais atteint, et il ne peut l'être, aussi bien dans le Midi qu'en'Algérie et en Tunisie.
Les essais faits pour fabriquer de l'alcool avec les pro« ductions naturelles, racines, bulbes ou fruits, sont loin d'être satisfaisants faute de conditions économiques avantageuses, ainsi qu'il ressort des nombreuses tentatives de traitement des principales plantes du Nord de l'Afrique : Alfa, Asphodèle, Caroubier et Scille,
En effet, les alcools issus de la distillation de ces végétaux sont de mauvais goût, souvent à odeur répugnante comme ceux de VAlfa, de V Asphodèle et de la Scille, ou à saveur et à odeur fruitées, par trop aromatiques, comme celui de Caroube,
La distillation et la rectification ne débarrassent pas complètement ces produits de leurs impuretés ; cependant le traitement des moûts de V Asphodèle et de la Scille par des levures cultivées et pures, appliqué par MM. G. Rivière et Baillache, a donné des alcools bon goût. Par contre, le^[méme procédé est resté inefficace avec ÏAlfa et la Caroube,
En outre des difficultés d'ordre économique et surtout de la réglementation fiscale qui entrave toute production d'alcool, l'exploitation de ces produits naturels serait bien vite arrêtée au bout de quelques semaines par l'impossibilité d'approvisionner les usines. En effet, en ce qui concerne V Asphodèle et la Scille, une région ne tarderait pas à être épuisée et son repeuplement exigerait un grand nombre d'années ; ces plantes, qui ont d'ailleurs disparu devant la charrue, sont assez disséminées en dehors du climat marin et se prêteraient difficilement à une culture rémunératrice.
La Caroube, dont la plus grande partie est de production sub*pontanée, insuffisante pour la nourriture des animaux et parfois des indigènes, n'a pas toujours en son état sauvage une grande teneur en sucre ; dans tous les^
cas sa production est limitée et ne suffit pas aux besoins de Texportation.
Quant à VAlfa, qui pourrait constituer des approvisionnements plus importants et normaux, il est peu prouvé encore que la distillation préalable de la matière brute ne nuit pas à la qualité de la cellulose fibrique qu'on en extrait pour la fabrication de la pâte à papier : fibres ou cellulose, 56,28 ; dextrine, gomme et sucre, 22,97. L'Angleterre, qui a le monopole de cette papeterie, n'utilise pas ce sous-produit. (Voy. Ch. Rivière, Cultures coloniales, 1901-1902.)
En ce qui concerne la série des plantes cultivées, les essais ont été encore plus nombreux. Tous les insuccès, les impossibilités mêmes, n'ont pas pour cause unique un état économique et fiscal particulier, mais bien la nature de la plante et de son milieu de culture. En effet, on a reconnu une insuffisance de chaleur pour certains végétaux d'origine exotique, comme la Canne, et un excès pour ceux des climats tempérés, comme la Betterave par exemple, dont l'arrachage s'opère en plein été.
D'autre part, la salure plus ou moins accusée du sol, la nature saumâtre des eaux d'irrigation dans le plus grand nombre des cas font que là où la culture est encore possible la saccharifîcation ne s'accomplit pas toujours dans des conditions normales. D'ailleurs, toutes ces cultures saccharifères, même celle du Sorgho sucré, sont estivales et par conséquent exigent l'irrigation.
Extraire alcool et sucre des tubercules n'est pas une opération fructueuse sous nos climats. La Patate douce n'y est pas de culture industrielle, mais elle est confinée au domaine horticole du littoral avec des fumures abondantes et des arrosements d'été : on a eu le tort de la conseiller en Algérie comme sucrière, sa teneur de 6 à 8 p. 100 en sucre étant bien insuffisante.
Quant à la Pomme de terre, il faut bien méconnaître les conditions particulières de sa production dans le Nord de
l'Afrique pour la préconiser au point de vue de la distillerie et de la féculerie .
Ce précieux tubercule est produit comme primeur d'exportation, mais pour son alimentation locale l'Afrique du Nord a recours à l'importation dans une très forte proportion. La Pomme de terre est de faible rendement, même les races industrielles comme la Richter's Impératop, et souvent au printemps elle exige l'arrosement.
Les céréalifères n'apportent aucun concours à l'industrie, et au temps où quelques distilleries pouvaient se maintenir elles employèrent le riz et le Maïs d'importation, alors exempt de droit. Dans l'Afrique du Nord l'aire de cette dernière culture est forcément restreinte : sa végétation exclusivement estivale, est nulle sans irrigation.
• Dans la question complexe de la fabrication de l'alcool et du sucre, la culture n'est qu'un terme du problème et l'exemple de la Betterave le démontre. En France, cette production et cette industrie se trouvent confinées presque exclusivement dans la région du Nord, servie d'abord par le climat et une agriculture intensive au plus haut degré sous l'effet de fumures et d'engrais chimiques abondants. Puis, il y a un état économique du milieu tout à fait exceptionnel : proximité des grands marchés de consommation, industrie très avancée, maind'œuvre abondante élevée dans les usines, routes, chemins de fer, canaux et proximité des mines de charbon, précieux avantage car la fabrication du sucre exige l'emploi d'une quantité considérable de combustible. Ces conditions réunies qui se trouvent difficilement dans le Midi ne sont même pas à l'état embryonnaire sur la côte africaine.
En effet, si l'on prend comme exemple la région d'Orléansville où la culture de la betterave est conseillée depuis plus d'un quart de siècle, et qui cependant paraît être le milieu le moins indiqué pour cela, on voit que si dans le Nord de la France la tonne de charbon
revient entre il et 13 francs rendue à Fusine, le prix en serait au moins triplé à Orléansville.
Mais la betterave, qui est le type de la plante sucrière par excellence, trouve en outre dans les climats tempérés des conditions de culture et d'exploitation qu'elle ne rencontre pas sur la côte africaine, où la nature des saisons crée des difficultés à peu près insurmontables ; la plante doit y être récoltée au milieu des plus fortes chaleurs. Pour arracher il faut arroser le sol, au dernier moment, ce qui relance immédiatement la végétation et fait baisser très sensiblement le degré saccharimétrique. D'autre part, les racines arrachées subissent immédiatement un échauffement exagéré sous des températures de + ^^° ^t -j- 43° à l'ombre et + 60° -f- 65° à l'actinomètre Richard.
La nouvelle législation des sucres met d'ailleurs d'emblée en état d'infériorité manifeste l'avenir de ces productions sucrières déjà problématique sur la côte africaine; puis le sucre synthétique n'est peut-être pas une menace illusoire !
On peut donc attribuer à toutes ces conditions le manque absolu de cultures de plantes saccharifères et à fécule en Algérie et en Tunisie.
1. Betterave à sucre. — La betterave n'a jamais été cultivée que comme plante fourragère dans le Nord de l'Afrique et, dans les départements qui bordent la Méditerranée au nord, elle n'occupe qu'une place très restreinte, même au point de vue de la production de l'alcool et du sucre. Dans ces départements, en y comprenant en plus le Vaucluse, la betterave sucrière n'est cultivée que sur 2000 hectares environ.
Dans l'Afrique du Nord et particulièrement en Algérie, on s'est livré à certaines époques, et sans grand esprit de suite, à des essais de culture de betteraves sucrières, essais dont on a tiré des conclusions peut-être trop hâtivement.
Dans cette zone le climat et le sol sont-ils favorables k