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BETTERAVE INDUSTRIELLE

la production sucrière ou, pour poser la question à un point de vue plus pratique, y sont-ils plus favorables ou au moins autant que dans les régions où cette culture s'est localisée et avec la concurrence desquelles il faudrait compter.

Dans le Midi de la France cettecuUurene s'étend guère et semble plutôt s'être restreinte au profit des zones plus tempérées qui réunissent les conditions d'humidité, de température et d'éclairement favorables au développement d'une plus grande richesse saccharine de la plante.

Si l'on s'en rapporte aux expériences les plus récentes, conduites par des personnes familiarisées avec la culture de la betterave, on serait amené à conclure que les variétés les plus riches de betteraves à sucre donnent en Algérie des racines moins riches que dans leur pays d'origine et des jus moins purs par suite de l'augmentation des principes salins.

En ce qui concerne la production de la graine de betterave, les essais n'ont pas été plus favorables.

D'après des expériences faites dans la région de Bône, les graines produites en Algérie, transportées en France ont donné des racines inférieures comme richesse saccharine aux plantes mères (M. Viéville).

Sans doute ces données ne doivent pas être considérées comme définitives, et comme condamnant toute entreprise de production de sucre ou d'alcool dans l'Afrique du Nord ; elles doivent cependant commander une certaine réserve, car la praticabilité de ces opérations est encore à établir.

Il ne faudrait pas du reste compter, pour atténuer certains désavantages d'ordre cultural, sur des mesures fiscales protectrices telles qu'une élévatipn du droit d'octroi de mer et du droit de douane?

Au point de vue de l'octroi de mer les produits du Nord africain .et ceux de la Métropole devront être traités sur le pied d'égalité et, d'autre part, la Convention de Bruxelles par son article 3 limite le taux des droits et

taxes qui peuvent être imposés aux sucres étrangers.

La culture de la betterave dans le bassin méditerranéen ne présente pas de particularité à signaler. Elle se pratique comme dans les pays du'Nord et d'après les méthodes exposées par llitier dans le volume des cultures industrielles (1). Notre article Betterave fourragère indique lés principes généraux de cette culture.

En Vaucluse on sème la betterave en février et on récolte à la fin du mois d'août.

2. Canne à sucre. Saccharum officinarum Lin. Inde or. — Cette grande Graminée vivace, aux nombreuses variétés, a toujours tenté l'agriculture du bassin méditerranéen, même aux époques reculées ; mais elle n'a guère résisté que dans l'Andalousie méridionale, grâce à un climat particulier, à des irrigations abondantes et aliSsi au système protectionniste de l'Espagne.

Dans les essais fai ts à plusieurs reprises dans les plaines les plus chaudes d'Oran, la plante n'a pas supporté les abaissements de température au-dessous du zéro, et la salure des eaux et du sol a rendu la saccharification difficile.

Dans les meilleures conditions, la teneur eh sucre a varié suivant l'année dans les expériences du Jardin d'Essai d'Alger, entre 10 et 12 p. 100 de sucre total, avec une faible quantité de glucose.

En Provence, entre Cannes et Nice, quelques cultures de jardin ont encore donné des illusions. En 1893, à la suite d'une chaleur exceptionnelle, des cannes dans un jardin ont fourni, d'après Aimé Girard, 12 p. 100 de, sucre total : l'année suivante une gelée détruisit la planîe jusqu'à la souche.

Rien à attendre au point de vue industriel de la canne qui n'a peut-être de valeur, dans certains cas, que comme plante fourragère.

(1) Voy. HiTiER, Plantes industrielles (Encyclopédie agricole). — Gagey, Betterave d sucre en Tunisie {Bull. Direct, agric, Tunis, avril 1905).

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