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FIGUE DE BARBARIE

3. Caroubier, Caroube, — La caroube n'a aucun emploi dans Tindustrie du Nord africain. La quantité dçi fruits récoltée, disséminée sur une grande surface, est minime. Au point de vue de la fabrication du sucre, quelle que soit la richesse de la caroube, 21 p. 100 de saccharose pour les variétés cultivées et 14 p. 100 pour les sauvages, on n'en retirerait pas 10 p. 100 de sucre en industrie, en supposant une saccharifîcatioa facile,

La production de ces fruits sucrés n'a plus grande importance en industrie depuis le développement de la culture des betteraves riches, qui, dans le Nord de la France, produisent communément 30000 kilogrammes à l'hectare, donnant 3000 kilogrammes de sucre et même plus, comme en Allemagne où le rendement en raffiné atteint jusqu'à 13 p. 100. 11 n'est pas rare de voir dans les régions betteravières des cultivateurs ayant de 50 à 100 hectares de betteraves.

Les mêmes observations sont à faire pour la fabrication de l'alcool de caroubes. Si théoriquement 100 kilogrammes des meilleures siliques contiennent 40 kilogrammes de sucre total, l'industrie n'en obtiendra pas 20 litres d'alcool absolu comme dans le laboratoire ; en outre, c'est un alcool à goût particulier.

D'ailleurs ces sources d'alcool n'ont aucun caractère économique à côté des cultures de betteraves industrielles qui annuellement rendent à l'hectare 50000 à 00000 kilogrammes, fournissant en distillerie 28 à 30 hectolitres d'alcool absolu.

4. Figuier de Barbarie, —■ Le fruit bien mûr est sucré, mais contient beaucoup de pépins. M. Balland a trouvé 128 grammes de sucre par litre de jus ; on en retire un alcool délicat, mais non rémunérateur. En effet, la cueillette de ces fruits épineux, peu maniables et haut perchés, est très dispendieuse, puis la maturité, qui est successive, empêche de s'en procurer une assez grande quantité en une seule fois.

Ces ten tati ves d'exploitation sont d'ailleurs abandonnées depuis longtemps partout, et l'on a aussi reconnu que les peuplements n'ont pas assez d'importance pour suffire à l'entretien même très temporaire d'une petite distillerie.

On estime qu'un Figuier de Barbarie de 20 à 30 ans d'âge, en bonnes conditions, arrive à produire 15 à 30 kilogrammes de figues en moyenne : le fruit est lourd.

5. Sorgho sucré. Sorghum saccharatum Mœnch. — La culture de la variété hâtive du Minnesota avait préoccupé l'agronomie méridionale, y compris l'Algérie, il y a une quarantaine d'années ; puis ensuite un Sorgho sucré de Chine fut préconisé comme producteur de sucre et d'alcool. Dans la plaine de la Mitidja de grandes installations avaient été créées dans ce but, mais le rendement peu économique de ces exploitations a forcé de les supprimer.

Plus tard, aux environs de Bône, de nouvelles tentatives ont été faites avec le sorgho du Minnesota, mais elles ont échoué, comme d'ailleurs dans les vallées du Rhône et de la Garonne.

En Algérie, on a attribué les insuccès à diverses causes, mais les principales résidaient dans l'infériorité du renment brut en sucre (10-12 p. 100 de saccharose et 2 p. 100 de glucose en terres non chlorurées) et dans l'élévation de son prix de revient au moment où la culture de la betterave prenait un grand développement en France, en même temps que se perfectionnait l'outillage de la distillerie et de la sucrerie.

6. Topinambour. Helianthus tuberosus Lin, — Cette Composée vivace du Brésil, malgré sa rusticité ne convient pas aux pays sans pluies d'été. Le tubercule reste petit, le rendement à l'hectare est réduit, aussi la distillerie n'a-t-elle rien à en attendre.

Le topinambour n'est dans la zone qu'une plante maraichère, en bonne terre, fumée et arrosée, mais de culture restreinte.

En général, les plantes oléagineuses, sauf l'Olivier, ne sont pas à leur place dans le bassin méditerranéen.

La culture des oléifères annuels a été bientôt abandonnée en Algérie à cause de l'insuffisance du rendement et de la concurrence des produits de F Extrême-Orient dès l'ouverture du canal de Suez qui a permis de déverser sur le marché de Marseille des quantités considérables de graines de lin, de colza, de sésame et d'arachide.

La Côte occidentale d'Afrique a ensuite exporté ses arachides et ses noix de palme {Elœis Guinensis) qui ont pris dans l'alimentation et dans l'industrie une place importante; mais c'est surtout l'énorme fabrication d'huile de coton, convenant aux coupages, qui a alourdi le marché de toutes les huiles, même de celle d'Olive.

Le pétrole et les essences minérales remplaçant presque exclusivement les huiles lampantes ont également restreint les débouchés offerts aux graines grasses de production locale.

L'olivier restera-t-il l'oléifère préféré, est-il menacé par les importations de graines grasses non sans valeur, à grande production, ou même par une reprise dans la culture locale de quelques plantes oléagineuses? Quoi qu'il en soit, l'olivier disparaît dans le Midi de la France plutôt par des causes économiques que par suite des maladies, tandis que sa plantation et son greffage sont à l'ordre du jour dans le Nord de l'Afrique. Cependant il ne conviendrait peut-être pas, en présence de l'état précaire de la viticulture, de remplacer cette monoculture par une autre, d'autant plus que les matières grasses d'origine végétale sont nombreuses et que leur concurrence est redoutable. Le Nord de l'Afrique, malgré ses oliviers, ne suffit pas à ses besoins en huiles et en matières grasses alimentaires végétales ; en effet, l'Algérie, en plus de l'huile

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d'olive, importe annuellement environ dix millions de kilogrammes d'huiles diverses. Les matières grasses d'origine animale, beurres, graisses, saindoux, margarines, fromages, etc., représentent une importation de cinq millions de kilogrammes, ayant tendance à augmenter par suite des mauvaises conditions de l'élevage.

Les plantes oléagineuses suivantes ne conviennent pas à la zone ;

ARACHIDE, Avachis hypogsa Lin. Légumineuse à faible rendement.

Arganier, Argania Sideroxyhn D.C. Sapotée arborescente du Maroc, conseillée à tort comme succédanée de l'olivier, mais sans rôle économique à côté de ce dernier.

Cameline, Myagrum sativwn Lin. Crucifère craignant la sécheresse.

Colza, Brassica campeslris oleracea Lin. Crucifère sans rendement dans les années sèches.

Lin, Linu7n usitatissimum Lin. Linée cultivée pour graines, mais en décadence.

Madie du Ghiu, Madia saliva Molin. Composée rustique, mais à odeur désagréable.

Pavot blanc, Papaver somniferum Lin., à rendements insuffisants dans les régions sèches. L'huile d'œillette est préférée à celle de l'olive dans le centre et le nord de l'Europe.

Sésame, Sesamum indicum Lin. Bignoniacée annuelle assez peu résistante à la sécheresse et qui'à cause de ses faibles rendements a disparu du bassin occidental de la Méditerranée.

Soleil ou Tournesol, Helianthus annuus Lin. Grande Composée du Pérou aimant les sols humides.

Le Riciriy dont la culture est constamment conseillée, mérite une mention spéciale.

i. Ricin. Ricinus communis Lin., zone méditerranéenne, R, sanguineus, R. zanzibarensis, etc. Le Ricin, Euphor- 6i'.(c^e(Crotonée), a des espèces et variétés nombreuses.

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