RICIN
répandues sous tous les climats tempérés chauds et semblant modifier assez facilement suivant les milieux leurs formes et leur production.
Plante vivace à grandes feuilles palmilobées, monoïque à inflorescence portant les deux sexes ; fruit à capsule ordinairement épineuse contenant des amandes huileuses.
Sous le climat tempéré de la zone, le Ricin prend une forme arborescente, du moins pour quelques espèces : aussi Ta-t-on classé parmi les plantes économiques, c'està-dire dans les oléifères. Cependant malgré bien des conseils et des tentatives, on n'a encore aucun exemple de sa culture et de son exploitation, et cette abstention parait justifiée parune fructification et un rendement insuffisants en huile ainsi que par des conditions générales de maind'œuvre.
Les essais faits en Algérie donnent une moyenne de 1 000 à 1 200 kilogrammes de graines nettes à l'hectare.
Le rendement en huile par expression à froid varie entre 40 et 45 p. 100 du poids.
Or, 1000 kilogrammes de graines = en huile 450 kilogrammes.
Les prix moyens franco Marseille sont ainsi établis :
Ricin pharmaceutique, estagnon. 85-90 fr. les 100 kil.
— — . en fût.... 75-80 —
— de l'c pression, — 55-60 —
— de 2* — — .... 50-60 —
Conclusion : 450 kilogrammes à 60 fr. p. 100= 270 francs plus 30 francs de tourteaux = 300 francs, chiffre insuffisant pour couvrir les frais de création, d'exploitation, d'entretien d'usine, etc..
Culture, — Bonnes terres, profondes ou fraîches. Plantation de semis au printemps, en lignes, les touffes écartées de 4 mètres l'une de l'autre.
Binages à la charrue. Irrigations pendant les deux ou
trois premières années; leur continuité assure un plus grand rendemen t.
Écimage des tiges qui auraient tendance à trop s'élever.
Engrais phosphatés et azotés après les pluies.
Cueillette dès la troisième année, coûteuse à cause de la hauteur des inflorescences ; par les temps secs les coques de cer*taines variétés éclatent.
Procédés mécaniques encore insuffisants pour extraire la graine de la coque et la débarrasser de son tégunient.
L'éducation sur le Ricin du Bombyx arrindia n'a donné aucun résultat.
Consulter Ch. Rivière, Ricin en Algérie et en Tunisie (Revue des Culluros coloniales, Paris, 190:2).
2. Olivier, Olea europœa Lin. — Cette 0/éacée arborescente du bassin méditerranéen s'y présente sous deux fornies, l'une sauvage, l'antre cultivée. L'0/eas^re: est plutôt la plante spontanée, ordinairement à l'état de broussailles ou de sauvageon, servant de sujet pour la greffe.
L'olivier sauvage, quelle que soit sa taille, est peu fructifère, à olives petites produisant néanmoins une huile de qualité fine.
La plante greffée a une fructification beaucoup plus abondante et régulière ; les variétés d'oliviers sont extrêmement nombreuses, mais diffèrent plus par la forme et la qualité du fruit que par les caractères généraux de la plante.
Aire de végétation, — L'olivier est la caractéristique botanique d'une partie de la zone envisagée ici . De la partie moyenne de la vallée du Rhône, il s'étend sur tout le Littoral Provençal et occupe le climat marin du Nord de l'Afrique où il est prospère jusqu'aux moyennes altitudes.
11 ne faudrait pas juger les oliviers du Midi de la France seulementpar les petits arbres des bords du Rhône,
Pbologr. Geiser^ à Alger.
Fig. 20. — L'n vieil olivier en Kabylie.
Rivière et Lecq. — Cultures du Midi. 14
sujets non sans valeur, mais maigres et secs, évidés par une taille sévère, car toute la Basse-Provence orientale renferme de magnifiques arbres, séculaires et à troncs énormes, véritables bois qui rappellent les beaux peuplements delaKabylie: tels sont ceux d'Hyères, de Nice, de Beaulieu, de Menton, etc. Dans la région montagneuse de Grasse, les oliviers sont vigoureux, verdoyants et leur huile est plutôt recherchée pour la parfumerie.
Mais, pour différentes causes, l'olivier tend à disparaître de la Provence où Ton ne renouvelle même plus les plantations sur le littoral surtout, où la valeur de la terre a augmenté dans des proportions considérables et où la propriété est morcelée et destinée à la bâtisse. Les oliviers tiennent trop de place relativement à leu|: rendement et quand ils sont conservés, c'est pour abriter des cultures spéciales (fîg. 19). Dans d'autres cas on leur substitue des productions plus riches, ou des vergers de fruitiers à noyaux : cerisiers et pêchers les remplacent avantageusement. Dans la Provence de l'ouest c'est la vigne qui a chassé l'olivier.
La partie orientale du Nord de l'Afrique, la Kabylie et la Tunisie ont les plus denses peuplements composés d'arbres géants, assez largement eçpacés et soumis dans les plaines, et, quand cela est possible, dans les montagnes, à des irrigations régulières.
La côte orientale de la Tunisie possède de nombreuses oliveraies en terrain plat et en plantation assez régulière ; les plantations des sahels de Sfax et deSousse produisent des huiles estimées.
Climat. — Le véritable milieu de l'olivier, sur les deux rivages, est la zone partant du littoral qui, toujours sous l'influence du climat marin, s'élève aux environs de 600 à 700 mètres, notamment dans le Nord de l'Afrique. Cependant, aux altitudes, les gelées de printemps sont partout à craindre, quand elles se renouvellent plusieurs fois dans une courte période et surtout au moment de la
24i PLANTES OLÉAGINEUSES.
pousse : en avril 1901, la Kabylie a souffert d'un de ces froids tardifs. En règle générale, les localités où la température descend parfois entre — 6° et — 40° ne sont pas favorables au bon rendement de Tolivier.
Si cet arbre s'avance vers les Hauts-Plateaux africains et même parfois dans le Sahara, à Fombre des oasis, il y est peu fructifère.
L'olivier craint moins les excès de sécheresse atmosphérique s'il est arrosé : dans ces conditions il se plait dans les plaines du Chéliff.
SoL — L'olivier se comporte bien dans tous les terrains, mieux dans ceux profonds et peu compacts, mais il craint les sous-sols trop argileux et imperméables ; les éboulis, les cônes de déjection, les berges, sont à sa convenance. En plaine comme en coteau, si le sol se ressuie bien après des inondations ou des fortes pluies, le milieu n'est pas défavorable quelle que soit la nature de la terre. Évidemment, les sols argilo-silico-calcaires sont préférables, surtout s'ils peuvent être arrosés.
Multiplication. — Les moyens de multiplication sont nombreux : semis, éclat de souche ou drageon, bouture, souquet, marcotte.
Les deux modes les plus économiques en pays d'oliviers sont l'arrachage d'un sauvageon déjà âgé que l'on transplante et greffe ensuite (Kabylie) et l'éclat de souche, sorte de plançon mis directement en place (Sfax).
Le semis qui donne un plant bien établi se fait avec des olives dépulpées et préalablement stratifiées : au printemps on sème les noyaux en ligne ; quand le plant a deux ans, on le repique et après deux ans de repiquage, on le met en pépinière.
La bouture dans des terres légères, substantielles et arrosables, donne de rapides résultats quand elle provient de bois jeune et vigoureux, bois gros comme le pouce, sectionné en longueur de 0"^,30 à 0'",35.
Quel que soit le système de multiplication usité, la
Fig. 2i. — Olivier prêta être planté.
mise en pépinière constitue Topération la plus importante : elle prépare en effet le sujet pour, sa mise en place définitive.
Le plant est greffé en pied ou en tête ; Taxe a été bien établi en haute ou moyenne tige et la charpente conduite en forme de gobelet ou de vase. Le repiquage et la plantation en pépinière améliorent le système radiculaire ordinairement trop pivotant et la reprise est ainsi plus certaine.
La transplantation se fait à racines nues {fig, 21) à la fin de rhiver, dans un trou préparé suivant l'art, en terre de bonne qualité : écartement de 12 mètres entre chaque sujet, mais si le sol est de médiocre qualité Fécartement est moindre.
Cultures intercalaires avec façons à la main tant qu'elles sont possibles.
Taille. — Deux grandes phases dans la taille de l'olivier : la formation de l'arbre et l'entretien de ses branches fruitières.
L'établissement de l'axe, puis de ses premières branches charpentières, constitue les deux principales opérations à pratiquer sur un plant issu de bouture ou de semis.
Première taille, — Quand le plant est assez vigoureux, ordinairement après trois ou quatre ans de pépinière, il est rabattu et donne naissance à un jet puissant qui formera l'axe ou tige.
Sur cet axe on laissera quelques rameaux se développer, puis on les pincera, mais les mieux placés à la partie supérieure de l'axe seront conservés pour former la première ramure de l'arbre (fig. 22) : on établit l'arbre en haute ou basse tige. ;
Deuxième taille, — Quand le sujet est vigoureux, on sectionne son extrémité au-dessus des rameaux réservés afin de faciliter le développement de ces derniers qui sont les éléments de formation des principales branches charpentières (fig. 23).
Troisième taille. — La taille de la troisième année consiste à établir fortement les branches charpentières, et comme la forme en gobelet ou en tète évidée convient le mieux à la fructification, on favorisera l'élongation oblique de la ramure en faisant porter toute la végétation à la
Fig. 22
• 1" taille.
périphérie de la cime : par cela on taillera plus ou moins court les branches charpentières (fig. 24).
Sur les sujets formés, comme sur les vieux arbres, quel que soit leur âge, la taille est réduite simplement au maintien de l'équilibre des principales ramifications, à rémondage, et par périodes à Faé ration du centre de la cime.
Le premier principe de taille à appliquer à la branche
primitive consiste à provoquer le développement du plus
Fig. 23. — 2« taille.
grand nombre possible de ramifications secondaires, car
Fig. 24. — 3« taille.
il ne faut pas oublier que c'est sur le rameau de deux ans que la fructification se produit et que ce rameau n'est
qu'une seule fois fructifère Au pied des arbres d'un certain âge les repousses du pied sont nombreuses, parfois vigoureuses : les supprimer ou n'en laisser que quelques-unes pouvant, par éclat, et avec une portion de vieux bois, constituer une bonne bouture.
Ces principes généraux de taille se rencontrent dans tout le bassin méditerranéen et dans les massifs d'oliviers très denses de la Kabylie centrale.
Culture. — Nul arbre plus que l'olivier ne rémunère les façons culturales qui lui sont données, fumures et surtout irrigations estivales et même hivernales, ces dernières trop négligées dans la zone; en effet, il importe de retenir et d'amener au pied des oliviers les faibles quantités d'eau pluviale, et pour cela des labours d'automne sont indispensables ; ceux de printemps, plus superficiels, binent et ameublissent.
Quelle que soit la rusticité de l'olivier, une fois qu'il est fixé au sol, il y a une différence considérable, du tout au tout même, pour la végétation et le rendement entre une oliveraie arrosée et celle qui ne l'est pas.
Dans le Nord de l'Afrique, l'olivier n'est pas cultivé en gradins, comme dans la Provence (fig. 25), mais plutôt sur de grands coteaux à pente plus ou moins douce.
Greffe. — La greffe de l' olivier-, opération facile, ne diffère nullement des pratiques employées pour les autres arbres.
1° Greffe en écusson sur du jeune bois, au printemps ;
2° Greffe en fente simple ou double suivant la force des sujets ; on la fait avant la végétation ;
3° Greffe en couronne sur des grosses branches : l'opération de printemps est préférable à celle d'automne.
Dans le Nord de l'Afrique, la protection des greffes contre l'insolation et les vents desséchants est une bonne précaution.
Par un greffage bien compris, on transforme rapide-
ment en une oliveraie de rapport un peuplement broussailleux de sauvageons.
Cueillette. — La maturité du fruit est hivernale; on cueille à la main ou l'on gaule : le premier de ces pro-
cédés, le meilleur, est ' r "/ .
ordinaire m t*nt employé pour tous le? fruit? à la pi>t téo de la main.
Le gaulage, plutôt appliqué aux gros arbres, a Tinconvénient, quand il est mal fait, de compromettre ou de diminuer les récoltes futures par la destruction des brindilles ; ensuite le gaulage exige un ramassage et un triage des olives, surtout si les fruits ne sont pas recueillis sur une toile.
La conservation des olives jusqu'au moment de la fabrication de l'huile exige de grandes précautions : les fruits doivent être propres, réchauffement évité, et le mieux
est de les triturer au plus tôt pour obtenir des huiles franches de goût.
Variétés, — Le nombre des variétés d'oliviers est considérable, et leur dénomination est d'autant plus difficile dans le bassin méditerranéen que la même plante s'y rencontre sous des noms différents ou n'a plus le même caractère suivant les milieux.
En Provence, les principales variétés sont : Pandoulierj Blanquelier^ Cayon d'Aix, Ribier, Amelan, Lucques, Verdale, Négrette, etc. Une des plus grosses olives pour mariner est V Espagnole ou Grosse de Séville.
Les variétés d'olives à confire sont la Picholine, la Verdale (grossane), VAmelan,
Dans le Nord de l'Afrique il y a également de nombreuses synonymies et, de plus, des mêmes noms s'appliquent à des plantes différentes. La spécification établie par les indigènes est fondée le plus souvent sur la localisation de l'olivier ou sur la couleur de son fruit. L'olive des Fenaya est réputée dans la région de Bougie. Chemellal est une belle olive, très répandue en Algérie et en Tunisie; mais M. Couput recommande tout particulièrement l'olivier des Beni-Abbès, grand arbre vigoureux, productif, à olives bonnes pour l'huile et pour confire (1).
Il n'existe aucune monographie des variétés d'olives. Nicolas et Bourlier avaient réuni des matériaux pour l'entreprendre et A. Rivière avait dessiné un grand nombre de variétés. M. Couput a décrit les principales variétés kabyles, sans cependant pouvoir les identifier avec leurs similaires du bassin méditerranéen.
Maladies et parasites. — Toutes les parties de l'arbre sont la proie de parasites nombreux dont les plus redoutables sont seuls à citer ici.
(1) Voy. A. RoLET, Choix des variétés à propager. Journal d'agriculture, 5 mai 1904. — Voy. Farcy, les Confiseries d'olives. Progrès agricole, li février 1905.
Les racines souffrent du Pourridié, Dematophora necatrix, dans les terrains humides.
Le bois est attaqué par les termites, mais surtout par
Fig. 26. — Lecanium oleœ.
un scolyte dit Neirouriy Phlœtribus oleae, très nuisible aux ieunes pousses.
Les feuilles sont la proie de beaucoup de cochenilles, et c'est dans leurs déjections que se développe le Noir, Fumagine ou Morphée, Mucédinée dont le revêtement entrave la respiration des feuilles. Le pou de Tolivier, Lecanium oleœ (fig. 26), est principalement à craindre. En détruisant l'insecte on supprime la cause du Noir, Rivière et Lecq. — Cultures du Midi. 15
Les fleurs ont un grand ennemi dans le Psylle, Psylla oleœ.
L'olive elle-même est attaquée par deux insectes très redoutables qui, dans certaines années, compromettent la récolte, surtout dans la Provence, c'est la chenille mineuse, Prays oleellus ; mais la mouche ou Keiroun, Dacus oleae est le plus terrible ennemi du fruit (1).
En plus des insecticides souvent difficiles à appliquer sur des grands arbres, des tailles et du ramassage du bois mort, M. Couput, dans son excellent Traité, insiste tout particulièrement sur le pâturage des sous-bois d'oliviers par des moutons qui détruisent ainsi brindilles, feuilles et fruits tombés à terre et contenant les germes de propagation d'un grand nombre de parasites.
Dans le Nord de l'Afrique où les peuplements d'oliviei-s sont importants, sans cependant égaler ceux de l'Espagne et de l'Italie, leur culture et leur exploitation sont presque exclusivement entre les mains des indigènes. La Kabylie est un des plus grands centres de production, ainsi que les sahels de Sousse et de Sfax en Tunisie.
La fabrication de l'huile, au moins en Algérie, appartient pour les deux tiers à l'indigène, cette huile étant une base de leur alimentation.
L'olivier non soumis à une culture rationnelle, a une fructification irrégulière subordonnée aux périodes météoriques, aussi la cueillette n'est-elle pas toujours bisannuelle.
En Algérie, le nombre d'oliviers en rapport est estimé plus ou moins exactement à 6039024.
La production moyenne d'huile parait être de 12 millions de kilogrammes, représentant une valeur de 8 500000 francs ou de 9 millions avec les sous-produits.
(1) Dans le Vauduse, un arrêté rend obligatoire le traitement de» oliviers atteints par le Leeanium oleœei le Cyelonium oleaginttm {Progrés agricole, du 11 décembre 1904).
L'Algérie exporte et importe de l'huile d'olive.
L'exportation dans certaines périodes présente des fluctuations : ainsi, de 1895-1898, la moyenne n'est que de 1300000 kilogrammes; par contre, en 1901-1903 elle est près de 4 millions de kilogrammes.
En réalité, ces chiffres, étant donnée la grande quantité d'huile de graines importées pour les coupages, ne permettent pas d'établir la véritable situation du commerce de l'huile d'olive pure.
Ainsi, si en 1899-1900 l'on voit s'élever l'exportation à des chiffres qu'elle n'avait jamais atteints, c'est que, la récolte ayant été très réduite en France et surtout en Italie, l'indigène algérien a trouvé avantage à vendre son huile d'olive et à la remplacer pour sa consommation par celles de coton et de colza.
L'importation d'huile d'olive en Algérie se maintient encore entre 12000 et 18000 kilogrammes, mais elle ne peut augmenter à cause de l'invasion des autres huiles alimentaires et des matières grasses que la colonie ne peut pas produire. En effet, pendant les trois années, 1901-1903, l'importation en Algérie d'huiles d'olive et d'huiles fines pures s'est élevée en moyenne à 8 500 000 kilogrammes.
En Tunisie, le nombre des oliviers est de 11200000. L'arbre supporte un impôt de capi talion.
Le commerce d'exportation y subit des fluctuations assez considérables et dans tous les cas n'a pas l'importance qu'on lui prête généralement, ainsi les trois dernières années 1901, 1902 et 1903 ne présentent qu'une moyenne de 3 250000 francs à l'exportation.
Des fléchissements dans l'exportation se rencontrent communément, ainsi la bonne récolte de 1895 avait donné 6240000 francs, mais en 1896, il y a réduction de 2644000 francs par rapport à l'année précédente, et en 1897 la chute est près de 2 millions en moins sur ce dernier chiffre : cette année-là la Tunisie demande à
l'étranger pour 1 107 000 francs d'huile d'olive pure. De 1890 à 1900 la moyenne de l'exportation, d'après les chififres officiels, était de 5 millions de francs environ et elle s'est trouvée élevée par la vente de 1900, année où l'olive a manqué dans une grande partie du bassin méditerranéen. En 1903-1904, la production d'huile en Tunisie fut de 39 250 412 litres; en 1904-1905, elle ne dépassa pas 25 565 518 litres, huile de grignons comprise.
Le prix de l'huile d'olive depuis plusieurs années va en s'abaissant sans cesse et tend à tomber au niveau de celui des huiles de graines grasses ; cela tient à ce que le consommateur en général n'attache pas une grande importance à l'origine de l'huile dont il fait usage et qu'il recherche avant tout le bon marché et le goût neutre. La pureté des huiles de graines lui donne toute satisfaction.
Cette dépréciation du cours depuis une quinzaine d'années atteint principalement la richesse indigène.
La valeur de l'huile de fabrication .européenne est en moyenne de 80 francs l'hectolitre et celle de l'indigène de 60 francs. Le cours des huiles tunisiennes est toujours plus élevé.
La plantation d'une olivette est une opération coûteuse et dont les récoltes sont très reculées si l'arbre n'est pas dans un climat convenable, en bonne terre et irriguée ; cette plantation n'est donc pas à conseiller partout^ surtout au colon qui débute. Quoi qu'on en ait dit, la livraison d'un olivier greffé et bien formé ne peut se faire qu'à un prix assez élevé, 1 fr. 50 au moins, et l'on n'a pas intérêt à planter à demeure fixe un arbre trop jeune.
En Tunisie, dans les terres dites sialines, on voit de maigres sujets plantés à 25 mètres environ de distance^ perdus dans des cultures intercalaires de céréales : opération douteuse au point de vue économique. - L'olivier exige une main-d'oeuvre abondante au moment
de la cueillette ; aussi dans certains cas le refoulement des tribus a-t-il compliqué les conditions économiques d'exploitation en Tunisie.
La concurrence des huiles de graines de parfaite épuration est redoutable pour l'olivier et elle ne saurait être efficacement combattue par des droits qui auraient pour effet direct la reprise de la culture des plantes oléagineuses, végétaux annuels, à récoltes plus normales et plus faciles que celles de l'olivier ; dans tous les cas, les droits n'atteindraient pas les produits de nos colonies, notamment l'arachide et la palme.
Les quelques indications contenues dans ces considérations pourront servir de base pour apprécier l'avenir économique de l'olivier qui semble passer, dans l'Afrique du Nord, à l'état de monoculture avec tous ses dangers pour l'agriculture européenne.
Pour la France, consulter : De Gasparin, Cours d'agriculture. — D'Aygai.- LiERS, L'olivier et l'huile d'olive, Paris, 1900, avec figures (Bibliothèque des connaissances utiles). — Peregallo, Insectes, Nice, 1882. — Degrully et Viala, L'olivier (Annales de l'École nationale d'agriculture de Montpellier).
Pour le Nord de l'Afrique, le meilleur ouvrage est celui de G. Couput, L'olivier, Paris, 1904; puis les rapports de MM. Bourdes, Minangoin, Milhau, Marcille, etc., dans les Bulletins de la Direction de l'agriculture et du commerce de la Régence de Tunis.
Dans ce groupe on comprend beaucoup de végétaux qui n'ont pas leur place dans des classifications bien spéciales, qu'ils soient spontanés ou cultivés.
Le Tabac est la plante la plus intéressante de la zone, surtout pour l'Algérie.
Le Mûrier, encore cultivé en Provence, est en décadence complète depuis longtemps dans l'Afrique du Nord. Quoique des efforts constants y aient été faits et soient continués en Tunisie, la sériciculture bien connue des anciens Arabes ne convient plus à l'état économique et
aux mœurs du pays (1) : à peine si la sériciculture se défend en Provence où elle se trouve cependant dans de meilleures conditions.
Le Houblon, tenté on Algérie au moment de l'immigration alsacienne, a démontré encore une fois que cette Urticée ne convenait pas aux climats secs.
Les végétaux pour la vannerie représentés en Provence par les roseaux, Arundo donax Lin., A. gigantea D. C, A. mauritanica Desf., A. fragmites Lin., etc., sont beaucoup moins répandus dans le Nord de l'Afrique.
Les oseraies n'existent pas dans ce dernier pays, tandis qu'elles sont communes dans la haute Provence.
Le Savonnier ou Sapindus n'est encore qu'à l'état d'indication et à avenir bien incertain.
En réalité, le Nord de l'Afrique ne se signale pas encore, en dehors du tabac, par une culture de végétaux économiques.
1. Bambusées. — Le groupe des Bambous, composé d'espèces de diverses origines, régions tempérées ou chaudes, intéresse la zone par les services économiques qu'il peut rendre.
Les Bambous sont de grandes Graminées vivaces, à tiges creuses, mais à parois dures, quoique de pousse rapide ; ils se divisent en deux sections principales ayant leurs caractères de végétation et leurs exigences climatériques.
1° Des grosses espèces à touffes cespiteuses et à végétation estivale (fig. 27).
2° Des espèces plus petites, à rhizomes traçants et de végétation vern aie (fig. 29).
Dans le premier groupe, les vrais Bambous, quelques espèces seulement peuvent vivre dans les parties les plus chaudes de la zone, mais elles n'atteignent leur plein développement que sur le littoral africain : Bambus^ macroculmis A. Riv., B. vulgaris Wendl.
(I) Lfxq, Société de géographie d'Alger
Fig. 27. — Gros bambous aux environs d'Alger.
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