SAFRAN
façon à obtenir des capitules de grosseur moyenne et égale et de forme allongée.
La récolte des capitules commence en juillet ; ceux-ci sont bons à couper dès qu'ils commencent à devenir roussâtres : en attendant plus tard on s'exposerait à les voir noircir s'il survenait une pluie ou un brouillard. On laisse à la tige qui porte le capitule une longueur de 15 à 20 centimètres. On parachève la dessiccation en étendant les capitules suruiie aire à l'ombre. Une dessiccation rapide par exposition aux ardeurs du soleil rendrait cassants les crochets que présentent les bractées et diminuerait la valeur du produit.
Le rendement en capitules est de 10 à 12 par pied, ou de 900 kilogrammes environ de tètes par hectare. Le prix varie de 70 à 80 francs les 100 kilogrammes (1).
3. Safran. Crocus sativus Lin. — Petite plante bulbeuse des Iridées dont la fleur porte un stigmate qui contient une matière colorante jaune, inutilisée aujourd'hui par les teinturiers, mais encore en usage pour colorer certains aliments auxquels il communique une saveur particu- Jière et des propriétés excitantes.
Autrefois cultivé en Vaucluse, près de Carpentras, le Safran y est actuellement presque inconnu. Le principal centre de culture est le Gatinais (Pithiviers), avec 300 hectares environ, mais où une crise intense sévit sur cette production à cause de la concurrence de l'Espagne.
Dans l'Afrique du Nord, qui est tributaire de l'Espagne pour cette denrée, on a, à diverses reprises, tenté, sans succès du reste, cette culture qui exige notamment un sol se ressuyant bien l'hiver ; la trop gi^ande sécheresse en été est à craindre.
La culture est facile, mais les frais de premier étabhssement sont élevés, car il faut compter la plantation de
(1) V»ir Ed. Zacharewicz, Le Vaucluse agricole, p. 106 et Hitier, Plantes industrielles (Encyclopédie agricole), Paris, J.-B. Baillière.
100000 à 500000 bulbes à Fhectare et la renouveler dès la troisième année.
La plantation, la cueillette des pistils, leur triage exigent une main-d'œuvre abondante de femmes et d'enfants qui n'existe guère en Algérie. Le succès de la culture du safran repose sur le bas prix des salaires ou la maind'œuvre gratuite des membres des familles nombreuses cultivant et travaillant pour leur propre compte.
En Algérie, d'après la statistique de 1903, on a importé 3 700 kilogrammes de safran venant presque entièrement d'Espagne et évalués 24'* 000 francs.
4. Savonnier ou Sapindus. — Plusieurs espèces de ce genre des Sapindacées ont des fruits saponifères dont l'usage est connu de toute antiquité par les peuplades des régions in ter tropicales. En général, ce sont de beaux arbres, à fructification abondante et à fruits plus ou moins gros suivant les espèces.
Plusieurs Sapindus se développent assez bien sur le littoral africain, notamment aux environs d'Alger où ils sont étudiés et cultivés au Jardin d'Essai depuis une quarantaine d'années.
Parmi ces espèces, une s'est signalée vigoureuse, fertile, et à fruits plus gros que ses congénères dits Sapindus sapanaria, iniica, surinamensis, etc. Cette espèce, appelée alors Sapindus marginatus et parfois, par corruption, emarginatus, fut multipliée, en outre du semis, par bouture et par greffe, puis la matière saponifère de la pulpe fut soumise à diverses analyses et préparations.
Tel était l'état de la question indubitablement résolue, quand, malgré la bibliographie et les analyses antérieures, cette vieille plante de pépinière reparut sous le nom nouveau de Sapindus utilis, spécification engendrant d'autant plus de confusion qu'elle est peu précise, puisque tous ces Sapindus ont le même emploi.
L'espèce intéressante en Algérie est le Sapindus mar^ ginatus, mais de forme cultivée, nom que Decaisne vou-