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SAVONNIER

lait lui conserver en 1875; elle a été appelée longtemps après par Radlkofer, Sapindus Mukorossi var. carinatus, après une étude sur un sujet remis par le Jardin d'Essai d'Alger à Max Nisson, acclimateur distingué et son correspondant à Naples.

Cette plante avait été envoyée à Alger par le Jardin botanique de la Faculté de médecine de Paris sous le nom de Sapindus marginatus, mais son origine était inconnue.

Dès que cette plante fructifia abondamment, on préféra ses fruits à ceux des autres espèces, parce que Farbre pouvait être cultivé dans tout le climat marin. C'est alors qu'on rechercha dans le fruit la teneur saponifère, sujet qui n'avait pas encore été abordé (1).

En 1888, sur la demande du Jardin d'Essai d'Alger, MM. G. Rivière et Baillache entreprirent, au laboratoire agronomique de Versailles, l'analyse des fruits du Savonniei* du Hamma, nom sous lequel la plante était plus connue.

Ils en retirèrent un corps, « sapindine)y, qui fut présenté en gros bocaux à la section algérienne de l'Exposition de 1889.

Mais ce produit finissait à la longue par brunir et par se coaguler. Un autre traitement permit d'obtenir un corps plus pur, blanc, fin et pulvérulent qui figura en 1894 dans le Pavillon algérien à l'Exposition coloniale de Lyon.

En 1900, dans la section algérienne de l'Exposition universelle, les différentes préparations de ce produit étaient également exhibées par MM. Rivière et Baillache dans la collection du Comice agricole d'Alger.

L'analyse faite par ces chimistes distingués, en 1888, a donné les résultats suivants qui ont été plusieurs fois confirmés depuis :

(1) Ch. Rivière. Société d'agriculture d'Alger, 1875.

268 PLANTES ÉCONOMIQUES DIVB«6fi«.

Pulpe séchée

dans le vide, à Pair.

Eau » i4,00

Acide volatil (acide forniiquo^ » 0,25

Substance grasse 1,75 1,50

Sucre (saccharose) 6,50 5,55

Gomme 4,25 3,65

Cellulose 11,00 9,40

Sapindine 72,50 62,20

Matières extractives indéterminées. 4,00 3,45

Culture. — On multiplie le Sapindus par semis en pleine terre, procédé lent, et par bouture moyenne ou forte, ce qui avance la fructification et assure la fixité d'un type, ou par greffage sur franc, toutes opérations déterminées au Jardin d^Essai d'Alger dès 1887.

Si l'arbre n'est plus dans le climat marin de l'Afrique, sa végétation en bonne terre fraîche ou arrosée est lente et sa fructification bien rare.

La fructification est hivernale ; le gaulage des fruits est un moyen de cueillette économique, mais nuisible à l'arbre.

On obtient une émulsion savonneuse en faisant bouillir de l'eau avec une certaine quantité de ces graines : les étoffes de laine ou de soie sont parfaitement nettoyées par cette mixture qui, de plus, laisse aux tissus une sorte de lustrage.

Ce fruit est intéressant et a peut-être une valeur économique, mais dont il ne faudrait pas exagérer l'importance: qu'il y ait deux ou trois arbres dans un jardin de colon, cela semble suffisant pour subvenir aux besoins domestiques; mais il serait imprudent de conseiller des plantations compactes, en bonne terre, par conséquent d'exploitation chère, si le produit n'a pas d'emploi industriel : or, telle est la situation actuelle.

Comme pour toute exploitation arboricole, le premier

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