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SORGHO A BALAI

rendement est à longue échéance et il serait pénible de constater une erreur lourde dix ou douze ans après la plantation : aussi l'indécision du planteur n'est-elle que prudente.

5. Sorgho à balai. Sorghum vulgare, appelé aussi millet à balai, est cultivé pour ses panicules dont les pédicelles débarrassés de leurs graines servent à la confection des balais appelés par les ménagères balais à paille de riz.

Le sorgho à balai est une plante méridionale, se cultivant là où le maïs mûrit sa graine, dans les vallées de la Garonne et de ses affluents et surtout dans la région du sud-est où, d'après MM. Chauzit et Chapelle (1), cette culture est presque exclusivement localisée. C'est l'arrondissement d'Uzès qui est le principal centre de production.

Variétés, — Le sorgho à balai présente de très nombreuses variétés : ce sont les variétés d'Italie, de Florence et de Venise qui sont les plus estimées, surtout à cause de la longueur, de la finesse et de la blancheur de la paille. Toutefois l'expérience a démontré que, pour la France méridionale, ce sont les variétés locales qui sont préférées par l'immense majorité des cultivateurs (2).

Les variétés fines ne sont employées dans la confection du balai que pour la parure de la partie extérieure ; par contre, les variétés locales donnent un brin qui, bien que plus court et moins beau, est plus résistant et plus dur et sert par cela même à former l'intérieur, Fâme du balai.

En Algérie et en Tunisie, le sorgho à balai est cultivé sur de faibles étendues ; il l'était autrefois dans une plus large mesure dans la région de Philippeville et à Mateur (Tunisie) où existait une importante fabrique de balais, aujourd'hui disparue; actuellement, malgré les encouragements officiels, cette culture n'alimente sur place

(1) Chadzit et Chapelle, Traité (^agriculture méridionale.

(2) HiTiKR, Plantes industrielles (ENCYCLOPtorc agricole). Paris, 1905.

que quelques rares ateliers de fabrication. L'Algérie ne fournit à la xMétropole que quelques centaines de quintaux de matière première; 260 quintaux en 1902, sur 19 800 importés de l'étranger bien quegrevés d'un droit d'entrée de 3 francs aux 100 kilogrammes (tarif minimum).

Milieux de culture. — Le sorgho à balai prospère dans toutes les bonnes terres, mais sans humidité stagnante. La graine une fois levée, il suffit d une pluie au cours de la végétation pour que la réussite soit assurée.

Le sorgho demande une exposition aérée, car l'humidité de l'air favorise le développement des maladies, ce qui altère le panicule qui reste verdâtre ou grisâtre au lieu d'être blanc (1).

Travaux de culture. — Le semis se fait après la période des gelées de printemps, comme pour le maïs ; on emploie des graines bien mûres, lourdes que l'on prend soin de sulfater, car le sorgho redoute deux sortes de charbon [Ustilago Sorghi et IJstilago Panici-Miliacei). Le semis doit être clair, on emploie 8 à 10 litres de semence par hectare. Si on sème trop dru, on augmente les frais d'éclaircissage. On sème en labourant, en répandant la graine dans le sillon, et en espaçant les lignes de 80 à 90 centimètres. Éviter de trop enterrer la semence.

Après la levée, il faut biner, puis éclaircir en laissant les touffes de plants à 20 à 30 centimètres sur la ligne, puis on démarie en laissant 3 ou 4 plants par touffe, on rechausse les jeunes plantes; on butte à la charrue vers la fin de juin, puis on ébourgeohne, c'est-à-dire on enlève avec soin les rejets en trop grand nombre à la base des plants. L'irrigation raisonnée assure un développement réguher des plantes. La récolte coïncide avec l'époque des vendanges : elle se fait quand les panicules prennent une couleur jaune ; on coupe à la faucille les tiges au ras

(1) Voy. rétude de M. Carré, Progrès agricole, 1903-1904.

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