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SORGHO A BALAI

du sol, puis on sépare les panicules en laissant un talon de 50 centimètres environ. Ces panicules sont séchés, on sépare ensuite la paille du grain en frappant les tiges sur des barriques ou des rouleaux ; on parachève la séparation des graines au moyen d'un peigne métallique (mouchettes). On peut aussi employer des batteuses spéciales. La paille est ensuite livrée au fabricant de balais ; si on la conserve, il faut éviter l'humidité qui faisant moisir les tiges en diminue la valeur marchande ; il faut aussi la garder contre les dégâts des souris.

Rendement. — On peut obtenir à l'hectare 800 à 1 300 kilogrammes de paille d'une valeur de 15 à 30 francs le quintal. Quant à la graine, on compte, quand on peut se défendre des déprédations des moineaux, sur 20 à 25 hectolitres de grain d'une valeur de 5 à 8 francs l'hectolitre. Les graines cuites, concassées ou moulues constituent une bonne nourriture pour le bétail (volaille, porcs, moutons, bœufs). En éviter cependant l'emploi pendant la dernière période d'engraissement et pour les vaches laitières.

Mode d'exploitation. — La culture de ce sorgho exige une nombreuse main-d'œuvre pour les travaux de binage, de sarclage, d'éclaircissage, de démariage, pour la cueillette, le séchage, le battage et le peignage des panicules et la garde de la récolte contre les moineaux ; aussi n'est-elle avantageuse qu'à la condition que le propriétaire du sol s'associe avec des journaliers agricoles. Comme pour le tabac, c'est l'exploitation par métayage qui doit être préférée.

Cette culture est avantageuse surtout pour le petit fermier qui dispose d'une main-d'œuvre abondante et habile et qui, pouvant se livrer aux travaux qu'elle exige avec le concours des membres de sa famille, réalise ainsi sans avance de capitaux, une somme de 200 à 300 francs par hectare comme rémunération de son travail et de celui des siens.

Dans le Gard, on estime à 800 francs les produits (graines et paille) par hectare ; les frais de toutes sortes, évalués à 500 francs, laissent un bénéfice de 300 francs.

La fabrication des balais n'est pas l'affaire du producteur de paille; du reste, elle n'est pas restée localisée dans les pays de production, mais elle s'est implantée dans les régions de consommation, grâce à certains tarifs de transport plus avantageux pour la matière première que pour le produit fabriqué, grâce aussi à certains avantages offerts par la main-d'œuvre locale.

En Algérie, le prix de revient se trouve augmenté par la nécessité de se pourvoir au dehors des bois pour manches. Cette fabrication n'est pas un monopole pour les pays de culture et elle est régie par les lois de la concurrence la plus large.

Maladies. — Indépendamment du charbon, le sorgho est sujet à la rouille [Puccinia Sorghi) : les tiges sont parfois envahies par les larves de Sésamie; dans ce cas, il faut brûler les chaumes du sorgho après la récolte. Les racines peuvent aussi être attaquées par un puceron rosé (Pemphigus zeœ maidis),

6. Tabac. Nicotiana tahacum Lin. — La culture de cette Solanée se pratique sur une aire géographique considérable s'étendant depuis 1 Equateur jusqu'à la Hollande au nord.

Dans la région qui nous occupe, le tabac est cultivé dans des proportions différentes sur les deux rives opposées de la Méditerranée, en Provence et sur la côte africaine, au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

En France, où la culture du tabac est réglementée par l'État qui s'est réservé le monopole de la fabrication et de la vente de ce produit, sur les sept départements qui bordent la mer, trois seulement sont autorisés à se livrer à cette culture et ils ne le font que dans une très faible proportion (33 hectares en tout en 1902). Ce sont les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes. En

dehors du littoral, il en est de même pour le département de Vaucluse (57 hectares en 1902).

En Algérie, la culture, la fabrication et la vente du tabac ne sont pas encore soumises à aucune restriction et la Régie française y achète chaque année des quantités considérables de feuilles (3 millions de kilogrammes) qui rentrent dans la fabrication du scaferlati ordinaire et du scaferlati de cantine (tabac de pipe et de cigarette).

En Tunisie, l'État monopolise la fabrication du tabac et réglemente la culture qui, du reste, y a peu d'importance (28*'«'=S8d en 1902). La régie tunisienne achète, pour sa fabrication, la matière première en Algérie et en France, mais surtout à l'étranger et importe aussi des tabacs manufacturés, surtout des cigares. L'importance de ces importations de tabacs en feuilles ou fabriqués varie entre 700000 et 800000 kilogrammes.

Sur le littoral méditerranéen français, ce n'est qu'en Algérie que la culture du tabac a une certaine importance; elle y occupe une superficie variant selon les années de 5 000 à 7 000 hectares et produit 5 à 7 millions de kilogrammes de feuilles de tabac à fumer et environ 300000 à 400000 kilogrammes de tabac à priser.

Sur cette production de feuilles, la Régie française prend environ la moitié, et le surplus est absorbé par les manufactures locales, car on peut considérer en général comme négligeable, l'exportation du tabac en feuilles à destination de l'étranger qui, du reste, paie le tabac d'Algérie à des prix moins avantageux que ceux pratiqués sur place.

Malgré sa production considérable, l'Algérie est obligée d'importer certaines sortes de tabacs exotiques qui sont mélangés aux produits indigènes pour obtenir les qualités exigées du consommateur; elle doit aussi se pourvoir à l'étranger de tout le tabac nécessaire à la fabrication des cigares à laquelle le tabac algérien ne se prête pas ; c'est ainsi que dans l'ouest où la culture du tabac n'est guère

pratiquée, Oran a préparé jusque dans ces dernières années ses tabacs manufacturés avec 80 p. 100 de produits exotiques (cigarettes Bastos). A Alger, la fabrication emploie davantage de produits indigènes (20 p. 100 d'exotique seulement). L'importance des importations de tabac en feuilles s'élève en moyenne à 1 500 000 kilogrammes par an (en 1903, 1 300000 kilogrammes).

Nous indiquerons très sommairement les conditions de la culture du tabac, en Algérie : pour cette étude nous avons mis à contribution l'obligeance de M. Charpentier, directeur des tabacs à Alger, qui a bien voulu nous faire profiter de sa grande expérience en la matière.

Combustibilité. — Pour qu'un tabac réponde au goût du consommateur il faut qu'il soit tout d'abord combustible, et en outre d'un arôme agréable et peu chargé de nicotine. La forme de la feuille, sa couleur, sa finesse, sa souplesse sont aussi à considérer et influent sur la valeur marchande du produit.

La combustibilité est la première qualité que doit présenter un tabac à fumer : cette combustibilité a des degrés que M. Schlœsing a démontré être en rapport direct avec la quantité de sels organiques à base de potasse contenus dans la feuille. Dans le cas où on a recours à l'emploi d'engrais chimiques, tapotasse doit être donnée sous forme de sulfate, de nitrate ou de carbonate de potasse, à l'exclusion des chlorures. Il faut en outre éviter la culture du tabac dans des sols contenant un dix millième de chlorure et qui ne donneraient que des produits incombustibles (1).

Choix du sol. — Tous les terrains ne sont pas favorables en Algérie à la production d'un tabac marchand. Après avoir été tentée dans la province d'Oran, cette culture y a été presque totalement abandonnée

(1) Voir Le tabac^ sa culture au point de vue du meilleur rendement, par Schlœsing, 1868. — Recherches sur les exigences du tabac en principes fertilisantSy par Girard el Rousseaiix {Annales de la science agronomique, 1902-1904).

tabac; V^^caltob^^J.^ parce que le sol y est en général trop chargé de chlorures.

Dans le département de Constantine les cultures de tabac s'étendent sur une superficie de 1 000 à 1 200 hectares situés.dans le périmètre d'un triangle ayant pour sommets Herbilioti, la Galle et Du vivier.

A lui seul le département d'Alger compte 5 à 6000 hectares de culture répartis pour la plus grande part dans la région d'Alger limitée à l'ouest par une ligne allant d'Affreville perpendiculairement à la mer, et à l'est par la ligne Dra-el-Mizan-Bougie.

. Le tabae produit est destiné surtout à la fabrication du tabac à fumer (pipe et cigarette) et aussi de la poudre à priser. Cette dernière production atteint annuellement environ 300000 a 400000 kilogrammes dont une partie importante (50000 kilogrammes) est produite par les oasis du Souf (El-Oued) .

Le tabac se plait surtout dans les terres légères, riches en humus (sable et terreau). Il aime la vieille graisse telle que celle des terrains récemment défrichés.

Bien que le tabac exige une certaine humidité du sol, les terrains marécageux lui sont défavorables de même que les terres argileuses et compactes.

Les terrains magnésiens et les terrains calcaires, en général pauvres en matières organiques, donnent des tabacs défectueux*

Le tabac étant une plante pivotante, préfère les terres profondes telles. que celles des vallées, surtout si celles-ci sont formées d'alluvions d'origine granitique, de terres de gneiss, de schistes micacés, sols riches en potasse et pauvres en chaux.

Engrais. — La végétation du tabac étant de courte durée, les matières fertilisantes doivent être données sous une forme rapidement assimilable : les engrais les mieux appropriés au tabac sont le fumier bien décomposé et surtout le fumier de mouton. Parmi les engrais chimiques il faut éviter ceux sous forme de chlorures et employer

à rétat de sulfate, de nitrate et de carbonate, les engrais potassiques qui assurent une plus grande combustibilité du tabac. Les engrais azotés employés en excès élèveraient la proportion de nicotine. Au point de vue de l'épuisement du sol, le tabac n'absorbe guère par hectare que les principes fertilisants correspondant à 5000 kilogrammes de fumier : mais il faut en incorporer cinq à six fois plus pour que la plante pendant la courte période de sa végétation puisse absorber les éléments nécessaires à son développement.

Climat. — Le climat a comme la nature du sol une action prépondérante sur la qualité du produit. C'est sous les tropiques que cette plante rencontre les conditions atmosphériques les plus favorables à la production de qualités supérieures (chaleur et humidité réunies). Dans ces conditions l'humidité favorise l'assimilation de la potasse et retarde Vélaboration de la nicotine : la chaleur humide développe l'arôme.

Dans les régions à période pluviométrique courte, comme le bassin méditerranéen, ce sont les variétés à courte végétation, par conséquent à feuilles peu développées du type Samsoun qui conviennent le mieux. 11 faut remarquer que pendant l'été la plante ne reçoit d'autre eau que celle de la rosée, insuffisante pour dissoudre dans le sol les matières utiles à la croissance de la feuille et au développement de ses qualités, particulièrement de la combustibilité. Mais ces variétés sont à très petits rendements, aussi leur préfère-t-on en Algérie, au point de vue de la vente au commerce, des variétés à plus grand développement, mais ne les valant pas comme qualité.

Les variétés cultivées en Algérie dérivent de plusieurs types. Les premiers planteurs de tabac se trouvèrent en face des variétés indigènes du type Samsoun qu'ils considérèrent comme étant d'un trop faible rendement en poids : aussi lui substituèrent-ils les variétés cultivées dans les régions de France dont ils étaient originaires,

les uns le philippin (nord de la France), les autres le Paraguay (est). L'hybridation de ces types donna naissance à de nouvelles formes qui sont celles actuellement cultivées et parmi lesquelles tendent à dominer les variétés à feuilles étroites, moins exposées à l'action du vent.

Le tabac dit Chébli ne répond actuellement à aucun type caractérisé. Autrefois il existait bien dans la tribu des Ouled Chebel, aujourd'hui disparue, une variété de tabac originaire du Levant et qui n'était pas sans valeur. Aujourd'hui cette variété s'est perdue avec la tribu qui se livrait à sa culture et a été remplacée par les variétés hybrides indiquées ci-dessus, cultivées souvent à l'irrigation dans des terres plus ou moins favorables à la production du tabac et ne rappelant en rien les qualités du type primitif.

Les variétés cultivées par les colons sont du reste bien adaptées au climat et au milieu de culture.

C'est en vain que récemment encore l'on a proposé de les remplacer par d'autres variétés, par des hybrides présentés comme étant préférables. Ces variétés ne sauraient du reste, à cause de leur mobilité inévitable, se substituer aux premières déjà trop fortement implantées dans le pays, et du reste rien ne démontre qu'elles leur soient supérieures.

Ainsi que l'exposait déjà M. Duranton, Directeur de la culture et des magasins en Algérie, dans un rapport en date du 1*' mars 1876, « la principale qualité des tabacs destinés à être fumés est la combustibilité : c'est la terre qui la donne. Le choix des espèces est intéressant pour la forme, le développement et la finesse des feuilles, mais n'influe en rien sur la facilité de combustion, et le premier soin d'un cultivateur est devoir si son terrain donne des produits combustibles ». Les importations de semences des variétés réputées (Havane, Java, etc.) n'ont donné aucun résultat au point de vue de l'amélioration de la Rivière et Lecq. — Cultures du Midi. 16

qualité. « En 1860 des expériences faites avec des graines de Java, sur les points les plus divers de l'Algérie et confiées aux soins des planteurs les plus habiles, donnèrent les résultats les plus déplorables et en même temps les plus concluants pour démontrer l'impossibilité d'acclimater chez nous cette espèce. » (Lettre de M. Duranton, du 3 février 1863.)

Les expériences de M. Schlœsing concordent avec ces résultats et démontrent aussi de la façon la plus évitnede que les caractères botaniques de la plante se maintiennent quand la plante est transportée sous une autre latitude ; mais il n'en est pas de même des qualités du tabac qui sont facteurs des conditions du milieu (climat et sol) et des soins culturaux et de préparation. Ce sont donc les variétés locales déjà acclimatées, celles qui dans la pratique ont donné les meilleurs résultats, qu'il faut surtout cultiver, tout en cherchant à maintenir leurs qualités et même à les augmenter, au moyen d'une sélection judicieuse. Le planteur doit récolter lui-même sa semence qu'il doit prélever sur les plants les plus beaux, et en la laissant mûrir sur la plante jusqu'à ce que la capsule prenne une teinte noire.

Semis. — Pour le semis, il faut donner la préférence aux graines les plus lourdes. Le litre pèse 470 grammes pour la première qualité et 300 grammes pour la seconde.

La graine de tabac est d'un faible volume : la quantité à employer est d'environ de 1 gramme ou 2 centimètres cubes (un dé à coudre) pour 1 mètre carré de couche; on compte qu'il faut, pour planter 1 hectare, 45-50 mètres carrés de couche.

Pour le semis on recherche une situation abritée, une terre légère et meuble telle que celle que Ton trouve sous d'anciennes broussailles, et en outre abondamment fumée.

Pour mieux répartir la semence, on la mélange avec une matière inerte, sable blanc fin, cendre tamisée, et on

répand régulièrement le mélange sur la surface du soL

La graine doit être enterrée très superûciellement : il suflit de ratisser le sol avant le semis et, après avoir semé, de le tasser légèrement pour enterrer suffisamment la semence.

Le semis doit être fait en décembre ou au commencement de janvier et être protégé par un lit d'épines de jujubier ou d'acacia.

Façons culturales, — Les terrains à planter en tabac doivent être préparés bien avant la plantation par deux ou trois labours : par le premier labour on enterre le fumier. Le sol doit être profondément ameubli, car la racine du tabac est pivotante. La plantation au plantoir est préférable à celle exécutée à la binette, parce qu'avec ce dernier instrument la racine du plant n'est pas toujours enterrée verticalement. On plante en lignes distantes de 70 à 80 centimètres et sur la ligne les plants sont à 40-50 centimètres d'intervalle. On compte d'ordinaire 30000 pieds à l'hectare.

La plantation doit se faire autant que possible par temps couvert; le repiquage effectué l'après-midi, quand le soleil est moins ardent, est préférable. 11 est nécessaire de planter de bonne heure : sur les coteaux en fin février ou commencement de mars, en plaine dans le courant de mars et au commencement d'avril.

Les façons culturales consistent à biner, butter les plants, à les écimer et à les ébourgeonner.

L'écimage provoque le développement des feuilles : on écime en laissant sur la plante quinze à seize feuilles. L'écimage a pour conséquence le développement de bourgeons que l'on supprime par l'ébourgeonnage.

A la maturité, qui se manifeste par l'aspect légèrement boursouflé et marbré de la feuille, son toucher poisseux et rugueux, sa teinte jaunâtre, son odeur forte, on procède à la cueillette des feuilles : on commence par les feuilles du bas. Les feuilles cueillies, de préférence quand

elles ne sont plus humides de rosée ou de pluie, sont mises en couches de 15 à 20 centimètres d'épaisseur sous un tas de paille : on les laisse ainsi environ pendant deux jours, pendant lesquels eUes prennent une teinte jaunâtre (javelage).

Les feuilles sont ensuite triées, enfilées et mises à sécher dans des hangars à charpentes en bois recouverts de diss. Les feuilles, quand elles sont sèches, sont réunies en manoques, c'est-à-dire en poignées de 500-750 grammes (i).

Dans le Souf le tabac est cultivé dans les oasis de palmiers qui, comme on sait, occupent le fond de sortes, d'entonnoirs dont les bords sont constitués par des dunes de sable. La plantation s'y fait en rangs très serrés, 90000 à 100 000 pieds à l'hectare ; les arrosages ont lieu deux fois par jour au moyen d'eau tirée de puits creusés jusqu'à la nappe d'eau souterraine.

Le tabac du Souf est d'une incombustibilité remarquable et très riche en nicotine (13 à 16 p. 100 de tabac sec) ; il est très estimé par les indigènes du sud de la Tunisie comme tabac à priser.

On a conseillé pour l'Algérie un procédé de séchage par la chaleur artiQcielle en usage en Amérique, procédé qui permet la production de tabacs désignés dans le commerce sous le nom de tabacs jaunes. Cette dessiccation artificielle qui exige des installations spéciales, l'usage de quantités considérables de combustible, et qui est en outre extrêmement délicate et ne peut être confiée qu'à des ouvriers spéciaux, n'est pas recommandable pour les tabacs d'Algérie dont la valeur n'est pas en rapport avec les frais que ce traitement entraînerait . Aussi n'est-il pas entré dans la pratique. 11 est du reste irrationnel de demander à la chaleur artificielle ce que la chaleur du soleil pourrait donner gratuitement.

C'est avant tout par un choix judicieux des terrains,

(1) Voir pour les travaux de culture, Le tabac, par L. Laurent, Paris, 1901.

l'emploi d'engrais appropriés et aussi par l'application des meilleures méthodes culturales que l'on pourra, en Algérie, améliorer Je plus la qualité du tabac, et la porter au degré que les conditions de sol et de climat permettent d'atteindre. La substitution de variétés nouvelles ou d'autres procédés de séchage sont sans effet appréciable au point de vue de la combustibilité.

Parasites, — Les parasites du tabac sont nombreux, nous ne mentionnerons que les principaux, l'orobanche {Orohanche rameuse)^ plante parasitaire. Les insectes parasites sont les noctuelles et particulièrement Noctua segetum et iV. Saucia^ N, plusia gamma, N. brassicœ, Heliothis Armiger, un microlépidoptère, Lita nicotiana, etc. Les tabacs en feuilles conservés dans les magasins sont parfois envahis en Algérie par la larve d'un coléoptère, Lasioderma serricomœ. Les sauterelles {Acridium peregrinum, Stauronotus marocanus, etc.), à l'état de larve ou sous la forme ailée, détruisent les cultures du ttibac. Parmi les orthoptères, la courtilière commune est l'insecte le plus redoutable pour les jeunes plantations (1).

Production et commerce. — Nous avons vu que l'Algérie produit en moyenne 5 à 7 millions de kilogrammes de tabacs sur lesquels la Régie française en achète environ 3 millions par an. Le tabac est payé en moyenne 58 francs le quintal.

Le surplus de la production est acheté par les manufactures locales qui, en outre, en importent 1 500000 kilogrammes dont 900000 kilogrammes pour Oran, 500000 pour Alger et 100000 pour le département de Constantine : ces tabacs importés payent par 100 kilogrammes nets un droit d'entrée de 50 francs pour les tabacs en feuilles. Les tabacs fabriqués paient un droit beaucoup plus élevé, 150 francs par quintal pour le tabac à fumer

(1) Voir Al. Ourim, Détermination et description des ennemis du tabac, Nancy, 1879.

ou à priser et 250 francs pour les cigares et cigarettes (loi du 29 mars 1897).

La consommation locale absorbe environ 3 500000 kilogrammes de tabac et le surplus de la fabrication (environ 1 million de kilogrammes) est exporté sous forme de produits divers, de cigarettes surtout, particulièrement à destination des colonies françaises (Indo-Chine).

En Algérie la consommation du tabac par tête est évaluée chez l'Européen à 2 kilogrammes au moins, tandis qu'en France elle est de 933 grammes. C'est la population européenne qui absorbé la plus grande partie des tabacs fabriqués.

En Tunisie le prix moyen de vente du tabac est de 9jr. 13. En 1902, la vente par l'État tunisien a produit 6 429074 francs pour 703401 kilogrammes de tabac, dont 150582 kilogrammes de tabac à priser.

Les recettes nettes de . la Régie se sont élevées à 5 873 000 francs.

Les achats de la Régie fmnçaise en Algérie représentent la neuvième partie de la production métropolitaine (27 millions de kilogrammes). Aux tabacs indigène et métropoUtain il faut ajouter les tabacs achetés à l'étranger. En tout, le monopole en France livre à la consommation par an 38 à 40 millions de kilogrammes ; en 1902, 39 millions de kilogrammes de tabac livrés à la consommation ont donné 422 millions de francs de produit brut et 339 millions de produit net. L'impôt est de 8 fr, 73 par kilogramme.

La culture du tabac doit être considérée comme une excellente tête d'assolement laissçint la terre bien propre et suffisamment fumée pour la culture qui suit. Elle est dans l'Afrique du Nord. le type de la culture intensive. Elle met en contact, en communauté d'intérêts l'Européen et l'Indigène dont elle utilise la main-d'oeavre, du reste exercée à cette culture qu'il a pratiquée de tout temps : en effet, en 1842, avant même les débuts des

Européens dans la culture du tabac, la seule culture indigène fournissait déjà au commerce d'Alger du tabac pour une somme de 1 265 533 francs.

Le plus souvent cette culture est faite en métayage par association du capital et du travail ; la terre étant livrée par le colon et tous les travaux de plantation, de cueillette et de préparation étant assurés par Findigène.

ZuRCHER, Sur la culture du tabac en Kabylie (Bull. Soc. agric. Alger^ 15 janvier 1900). — Bar rail, Culture du tabac dans le Souf, in Mémorial des manufactures de l'État, t. III, 1" livraison, août 1879. — Djranton, Instructions pour la culture du tabac en Algérie (Annales de colonisation algérienne de Peut., t. vil, p. 100). — Bouant, Le tabac, culture et industrie, 1901. — HiTiER, Plantes industrielles, Paris, 1905. (Encycloi-édie agricole).

Les essences à employer pour les plantations de routes, d'avenues ou de parcs sont très variables suivant les milieux qu'elles doivent occuper d,ans la zone envisagée ici, d'autant plus que les espèces exotiques nouvellement introduites et qui sont les plus en vue et de bonne venue dans les localités chaudes de la Côte d'Azur, tout «tu moins comme végétaux d'ornement, ne résisteraient pas aux duretés du climat continental africain.

Au point de vue essentiellement forestier, la question est plus resserrée : les végétaux économiques, de boisement et de reboisement sont limités, et ceux d'origine exotique ne semblent pas y avoir une grande place. Si les Eucalyptus et les Acacia australiens prospèrent, plutôt à l'état horticole que forestier, sur le versant sud des parties montagneuses de la Provence orientale, on ne saurait cependant conseiller un boisement avec ces essences dans la partie continentale de l'Algérie où elles ne résisteraient pas aux froids vifs et prolongés, pas plus qu'aux sécheresses.

Les végétaux d'alignement ou à tronc formé appartiennent maintenant, dans la Provence maritime, en grande partie à la flore exotique.

Les anciennes essences ligneuses, Frêne, Orme, Robinier, Ailante, etc., sont remplacées par des espèces d'un ordre supérieur, par exemple par certains palmiers, le Dattier, le Phœnix des Canaries, le Pritchardia et même par des Cocotiers brésiliens.

Les Acacia australiens, dont quelques-uns sont véritablement arborescents et à tronc bien formé, se rencontrent aussi sur divers points, et comme exemple est à citer la grande avenue d'Hyères composée de beaux Acacia melanoxylon var. excelsa'i

Quant aux Casuarina tenuissima, quadrivalvis, equiseiifolia, ce sont des arbres plus intéressants que beaux. Les Eucalyptus globulus en vieillissant deviennent d'affreux sujets d'alignement et de bosquet, d'ailleurs impitoyablement condamnés maintenant et avec juste raison.

Si la côte africaine n'a pas dans ses avenues, sur ses places publiques et dans ses parcs, comme sur la Côte d'Azur, cette quantité exubérante de palmiers variés, elle présente par contre une série d'arborescents exotiques qui y sont mieux à leur place que de l'autre côté de la Méditerranée.

En effet, les Ficus à petites et à grandes feuilles. Ficus lœviyata et F. macrophylla, ces derniers avec leurs puissantes racines aériennes, sont des types de remarquable végétation arborescente.

Comme belle avenue de Ficus lœvigata,' celle de la Marine à Tunis est à citer : les arbres, transportés forts et en motte, proviennent du Jardin d'Essai d'Alger.

Les Cytharexylon sont également de beaux arbres toujours verts; le Grevillea robusla, à feuillage découpé et léger, a l'avantage de ne pas donner l'hiver une ombre trop compacte ; le Jacaranda mimosœfolia, à floraison merveilleuse et prolongée, est au printemps une des

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