‹ Cultures du Midi, de l'Algérie, et de la TunisieChapitre 88 sur 167 · FRÊNE DE KABYLIE · texte numérisé non relu

FRÊNE DE KABYLIE

curiosités de Tunis dans la rue de Hollande, ek. Mais tous ces végétaux intéressants ne sortent guère

Fig. 30. — Un frêne en Kabylie taillé pour la production des ramilles.

du littoral et si l'on s'en éloigne quelque peu, il faut revenir aux arbres les plus ordinaires du plateau central

de la France et même de l'Europe : O'mc, Frêne , Robinier ^ Févier, Peuplier, Platane, encore ce dernier n'est-il pas rustique partout. L'orme et le frêne sont exploités parles Kabyles comme arbres fourragers : on en coupe périodiquement les rameaux pour le bétail (fig. 30). Quant aux régions sahariennes, elles ont le Dattier exclusivement-

Pour les végétaux de boisement proprement dit ou d'exploitation économique^ il y a à considérer le rôle des essences indigènes et celui des exotiques. Or, depuis bientôt un demi-siècle que Ton recherche l'emploi pratique des espèces australiennes, il faut bien reconnaître que dans les exploitations sylvicoles les résultats ont été bien inférieurs à ceux obtenus par l'horticulteur ou par l'amateur : on ne doit donc pas confondre le parc avec la forêt.

Ce sont encore les arbres indigènes du bassin méditerranéen qui, sur les terrains destinés au reboisement, c'est-à-dire sur des sols impropres à toute autre utilisation, supportent mieux les rigueurs des sécheresses et des froids. Parmi les Conifères, le Pin d'Halep offre la plus grande résistance de chaque côté de la Méditerranée, et ensuite le Pin maritime^ mais ce dernier, fort rare, est de mauvaise végétation en Algérie.

En outre il y a parmi les autres essences forestières assez semblables sur les deux rivages, le Chêne-liège surtout, soumis à une exploitation raisonnée (fig. 31).

De toutes les essences forestières, le Chêne-liège est de beaucoup la plus précieuse. Au Nord, dans la région des Maures et de l'Estérel, ce chêne occupe une surface de 113 600 hectares, le plus souvent en mélange avec le pin maritime, quelquefois aussi avec le pin d'Alep et le chêne vert.

De l'autre côté de la Méditerranée le chêne- liège occupe des espaces considérables au Maroc, en Algérie et en Tunisie. M. Lefebvre, conservateur des forêts, évalue à 426000 hectares l'étendue des forêts de chêne-liège en

¥ig. 31. — Exploitation de chêne-liège en Kabylie.

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GllËNE-LlÈGE. ^89

Algérie appartenant à l'État, aux communes et aux particuliers. Sur les 2 500000 hectares constituant le domaine forestier de l'État en Algérie, les forêts de cliéne-liège (273000 hectares) assurent le revenu le plus important : 2 511007 fr. 52 de produit brut sur un total de 3334853 fr. 70 en 1903; (nous ne comptons pas dans ces revenus la valeur des droits d'usage dont jouissent les indigènes, pas plus que celle des amendes prélevées pour les délits forestiers). Si l'on rapproche ce chiffre de rétendue des forêts (2 500000 hectares) on voit que le produit brut à l'hectare est de 1 fr. 33, chiffre inférieur aux frais de gestion, 1 fr. 74.

En Tunisie la superficie des forêts de chêne-liège est d'environ 82000 hectares, situés dans le massif montagneux de la Kroumiiie et produisant par an environ 15000 quintaux de liège brut (1), 20 537 en 1904 représentant une valeur de 479 375 francs.

Dans les Conifères importés, ne pouvant guère sortir du climat marin, il y a des espèces dignes d'intérêt, Piniis canariensis et P. longifolia, cependant de moindre résistance que le Pin d'Alep si rustique dans les plus dures conditions de sol et de climat.

Les espèces australiennes donnent dans les parties les plus tempérées une végétation satisfaisante, comme broussaille fleurie, exploitable à ce point de vue, sans constituer pour cela de véritables essences de boisement, en raison des soins horticoles relativement coûteux qu'elles exigent dans le jeune âge ; non issu de semis direct, le jeune plant ne peut être abandonné à la pleine terre sans entretienpostérieur; ensuite ces essences, plutôt broussailles qu'arbres, n'ont plus à un certain âge la végétation rapide de leur jeunesse et sont en général de peu de durée, surtout dans les sols de médiocre qualité. Parmi elles, V Acacia melanoxylon, véritable arbre

(l) H. LtFEBVRE, Les forêts de V Algérie. Alger, 1900.

Rivière et Lecq. — Cultures du Midi. 17

dans la plaine d'Hyères, est moins vigoureux en Algérie sur des coteaux à terre pauvre.

Quant aux Eucalyptus globulus exigeant le climat marin, une terre profonde et riche, avec de Thumidité estivale, leur existence est misérable et peu prolongée en dehors de ces conditions.

Si d'autres espèces à' Eucalyptus^ dans la section des Red-gum, se comp(»rtent mieux dans certains cas, leur rendement en argent est tout aussi aléatoire.

Donc, aucun exemple à citer en Provence d'une exploitation économique ni d'un boisement d'avenir avec des essences forestières exotiques.

Dans le iNord de l'Afrique où l'on attribue au boisement un rôle si considérable, la situation des essences utiles est semblable à celle de la Provence : une seule se signale par sa rusticité : c'est le Pin d'Alep dont la plantalion a dominé dans les rares essais de peuplements artificiels entrepris seulement dans des localités particulièrement favorables, aux environs des villes.

Le Chêne-liège par semis, confiné dans des conditions exceptionnelles de climat et de sol, ne saurait en sortir.

La longue bande de climat marin, quoique peu profonde, offrait théoriquement une place plus indiquée pour les essences australiennes, du moins dans ses parties basses malheureusement peu étendues. On se rappelle quelles espérances la plantation de V Eucalyptus globulus, puis celle de lE. rostrata avait laissé entrevoir; mais il fallait leur consacrer des terres de choix en plaine, même de l'arrosement et des binages dans les premiers âges, conditions plutôt horticoles que sylvicoles ; par conséquent le rôle économique se trouvait de piano écarté, ainsi que le temps Fa démontré.

Faire sortir Eucalyptus, Acacia, Ch^evillea, Casuarina, etc., de l'influence marine pour aborder les altitudes, les zones pauvres en pluie et en sol et soumises à des rigueurs de chaleur et de froid, c'était une lourde

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erreur cullurale; aussi les végétaux précités, malgré des soins, ne résistèrent pas aux premiers hivers rigoureux ou ne vécurent pas longtemps.

En d'autres termes, tous ces végétaux forestiers d'origine exotique ne s'éloignent pas de la mer, par conséquent leur rôle économique est nul dans les plantations à entreprendre dans ces immenses étendues dénudées, vastes pays de parcoure qui constituent la plus grande partie du Nord de l'Afrique d'où le régime météorique semble exclure l'arbre.

Le boisemement du Sahara avec les essences australiennes a été projeté : en changeant le climat on devait en même temps faire une opération économique importante ; quelques tentatives de nature horticole ont vite démontré que ces plantes étaient même rebelles à ce milieu où le choix des espèces est bien limité par de dures conditions atmosphériques.

La modification du climat par le boisement, dont on n'a encore aucun exemple, n'est pas admise par beaucoup de physiciens et de météoi'ologistes.

Quelques massifs d'arbres ne sont pas de nature à changer les lois qui régissent les grands courants atmosphériques secs ou humides, froids ou chauds. 11 y a des arbres dans un pays parce qu'il y pleut, mais la pluie n'est pas la résultante des arbres. L'homme n'a heureusement aucune action sur le climat, c'est l'avis très nettement exprimé par des météorologistes distingués de notre épocjue, Renou et Angot.

Parmi les arbres les plus intéressants par leur végétation et leurs services, il convient de mentionner quelques espèces.

1. Casuarina. — Les Filaos énumérés ici sont des Casuarinées australiennes, arbres à rameaux très fins, se plaisant sur le littoral circum-méditerranéen. L'espèce la plus utilisée est Casuarina ttnuissima llort.

(C. leptoclada), de croissance assez rapide, pouvant remplacer le Cyprès pyramidal pour brise-vents. Dans les terres humides, même salées, sa végétation est très active.

Ce Casuarina est, pour la région tempéiée, une des meilleures acquisitions faites à l'Australie.

2. Eucalyptus. — Ce genre de la famille des Myrtacées renferme de nombreuses espèces réparties sur tout le continent australien, par conséquent dans des climats absolument différents ; c'est dire que les espèces du sud, de la Tasmanie principalement, sont plus indiquées pour les rivages méditerranéens

Les Eucalyptus, ordinairement de grands arbres, quelques-uns géants, se signalent, du moins chez beaucoup d'espèces, par une croissance rapide, très accusée chez quelques-unes, dans le jeune âge surtout, particulièrement chez VEucatyptus globulus, considéré comme type du genre à cause de la large diffusion que lui ont value des espérances malheureusement peu réalisées que l'on avait conçues au sujet de sa valeur hygiénique, forestière et économique.

La côte Est de la Provence, puis tout le climat marin peu élevé du Nord de l'Afrique, l'Algérie notamment, ont possédé, il y a quelques années, un grand nombre d'espèces d'Eucalyptus dont quelques exemplaires survivants sont remarquables, étant isolés, par leur développement; mais en général en raison de l'inutilité de cet arbre, de ses défauts joints à un port souvent de mauvaise performance, sa disparition est devenue totale sur certains points par arrachage.

Dans d'autres cas, dans les terres médiocres et peu arrosées par les pluies, les arbres ont séché et, surtout dans les massifs serrés, de grandes mortahtés se sont produites. Les froids rigoureux des années 1891, 1895, 1902 et 1905 ont accru les mortalités dans les parties hautes de l'Algérie ; la belle plantation d'Eucalyptus

globulus (ÏAïn-Regada, aux environs deConstantine, a été détruite en 1902 par un froid de — 15<> et de — 17°.

Eucalyptus amygdalina Labill, un des plus rustiques, quelquefois confondu avec E. viminalis.

E. calophylla R. Br. à beau feuillage.

E. cilnodora Hook, peu vigoureux, à feuilles aromatiques sans usage.

E. colossea ou dlversicolor von Muller, un des plus beaux dans les parties basses.

E. Icucoxylon von Muller, un des meilleurs pour le Nord de l'Afrique, très prospère dans la Medjerda, près Tunis.

E. roslrata Schlecht, confondu avec E. nsinifera, Smith, à classer parmi les rustiques : il résiste bien au climat sec et chaud du Chéliff*.

E. tereticornls Smith, voisin du précédent avec lequel il est confondu.

E. viminalis Labill, classé dans les rustiques au frcid et que Ton trouve à la limite du climat marin de la Provence.

E. globulus Labill, le plus en vue du genre et assez résistant à de faibles froids à cause de son origine (ïasmanie) : c'est l'espèce qui a été la plus répandue dans tous les pays tempérés seulement, car il craint les régions chaudes, surtout sèches : cet Eucalyptus a rapidement péri dans les parties voisines du désert.

Dans le jeune âge et dans les bonnes conditions de sol et d'humidité sa croissance est extrême ; mais, sauf dans le jeune âge, c'est un arborescent fort laid avec ses ramifications mal équilibrées, ses écorces en longues exfolialions pendantes comme des loques; en outre, il est de mauvaise végétation en massif.

On trouvera aux Considérations générales des appréciations documentées sur le rôle peu économique de cette espèce qui a eu tant de vogue autrefois et dont la

, plantation a causé des déceptions, sinon des ruines.

On avait pensé que quelques espèces dites Alpines, i-ésisteraient en dehoi^ du climat marin de la Provence et s'avanceraient aux altitudes de l'Algérie. L'expérience n'a pas confirmé cette espérance ; certains de ces végétaux ont supporté péniblement une série d'hivers et ont péri par un froid plus rigoureux, après avoir souffert de la chaleur et de la sécheresse dans les bas-fonds et du froid dans les Hauts- Plateaux.

Un petit groupe présente quelquefois une végétation satisfaisante en dehors du milieu normal des autres Eucalyptus, à cause de sa plus grande résistance au froid.

E, cocciftra Hook f., Gunnii h Hook, pauci/lora Sieb. (coriacea), urnigera Hook.

Les Eucalyptus exigent des terres riches, profondes ou des sols bien défoncés; il ne craignent pas Thumidité estivale. En dehors de ces conditions la végétation est maigre et va en périclitant. Cet arbre n'est pas approprié aux terres médiocres, aux régions arides.

Une croissance rapide jointe à la dureté du bois avait attiré l'attention sur ce végétal peu après sa découverte ; dans les premières années du siècle dernier des essais de plantation étaient déjà faits dans la basse Provence, où l'on pensait que cet arbre pouvait rendre des services économiques par sa prodigieuse végétation et par son bois utilisable dans la construction et même pour les mâts de navire.

Vers 1820, des Eucaplytus avaient été plantés en Angleterre, principalement sur la côte orientale: un fort spécimen de E. coccifera existe à Powderham Gastle. En Ecosse se trouvent des E. urnigera, espèce qui, en Bretagne, arrive à fructifier.

L'Eucalyptus n'est donc pas une introduction récente dans le bassin méditerranéen comme on le croit encore

communément en Algérie, puisque Gels en Fan VIlï de la République la préconisait pour la Provence.

11 y a une quarantaine d'années, dans la dernière et la plus active période de diffusion de cet arbre, on avait posé en principe qu'il était appelé à rendre des services exceptionnels comme essence forestièi^ susceptible d'assainir des pays marécageux et fébrigènes, mais surtout de donner en peu de temps des rendements rémunérateurs par la prompte formation de son bois.

Au point de vue économique de la production du bois d'œuvre et même de chauffage, l'expérience est faite, et elle est désastreuse. Dans la majorité des cas le bois est inutilisable, il se contourne, se fend et la difficulté de le couper et de le débiter est telle que le prix de revient de ces opérations l'exclut même comme matière combustible, en bûches ou en charbon (1).

Comme bois de gros œuvre, il ne convient guère que dans les travaux d'eau, en pilotis notamment ; submergé il est résistant, mais les parties à l'air pourrissent facilement ; comme poteaux et piquets il est entièrement à rejeter. Quant à son emploi pour traverses de chemin de fer et poteaux télégraphiques, après divers essais, les administrations publiques y ont définitivement renoncé: peu de durée, fendillement et jeu incessant : on l'emploie cfuelquefois sur place pour le boisage des galeries de mines.

Les propriétés hygiéniques de YEucalypliis n'ont jamais été prouvées et les exemples cités sont fort discutables, surtout au point de vue de Faction fébrifuge : la campagne de Rome, la Corse, les plaines de l'Algérie et de la Tunisie, etc., doivent une meilleure salubrité à d'autres causes. On peut même ajouter, avec de nombreux faits à l'appui, que dans certains cas l'insalubrité augmente avec la croissance de massifs assez denses d'Eucalyptus.

(1) Leco, Codput et Rivièrk, Société de géographie^ Alger, t904, p- 99.

Pendant longtemps ces constatations si contraires aux dogmes de l'hygiène d'aloi's demeurèrent inexplicables ou furent niées; mais actuellement les théories, ou mieux les nouvelles découvertes de la science sur le paludisme et ses agents de transmission confirment ces observations. En elFet, ces masses ombreuses et humides sont les repaires des moustiques Anophèles^ vivant dans un milieu favorable et s'abritant même dans les exfoliations corticales des Eucalyptus; pourtant l'action fébrifuge de ces arbres, parleurs émanations aromatiques, était donnée comme un fait indiscutable.

Une plantation d'Eucalyptus en terrain marécageux pendant l'hiver ou à stagnation d'eau équivaut à un drainage grâce à la grande absorption nécessitée par le vigoureux développement de l'arborescent; mais dans notre zone ces lieux sont. rares là où la terre a une grande valeur. D'autre part, les plantations faites dans des exploitations agricoles ou aux environs ont tellement desséché -le sol, lorsque les arbres sont devenus adultes, que la nappe aquifère alimentant les norias disparut parfois l'été et qu'à une grande distance du massif toute culture est rendue impossible.

En pays agricole ces massifs ou ces lignes de sujets de haute taille donnent asile à des nuées de moineaux causant des préjudices si graves aux récoltes que les cultivateurs demandent avec insistance la coupe des arbres, notamment en Tunisie dans la plaine de la Medjerda, ainsi que sur le parcours de quelques voies ferrées en Algérie bordées par ces arbres.

Ensuite, l'Eucalyptus géant est sur un chemin de fer une cause de danger : quand les ouragans les déracinent ils interceptent la voie et peuvent occasionner des accidents.

Isolé, en bon milieu, en terre de qualité et avec des soins horticoles pendant la première éducation, un Eucalyptus globulus, espèce prise comme type, atteint en

quelques années un prodigieux développement en hauteur et en diamètre, cela est indéniable.

En prenant pour base le rendement en bois d'arbres se trouvant dans ces conditions, on a voulu évaluer le produit à l'hectare pour un peuplement en massif, sans prendre garde qu'en plantation dense les arbres se disputent bientôt les meilleurs éléments de la terre, l'humidité est vite absorbée, puis la compacité du peuplement ne permettant pas la vie des ramifications latérales, l'accroissement en diamètre s'arrête et le sujet attiré par la lumière s'étiole. Beaucoup sèchent sur pied et d'autres ne produisent au bout d'un grand nombre d'années que de mauvaises perches.

V Eucalyptus n'est donc pas un arbre de boisement et encore moins de reboisement. Le coût de chaque sujet est relativement cher, également la plantation et l'entretien. De plus, c'est une essence des terres de bonne qualité non exemptes de fraîcheur.

Les quelques tentatives de plantation faites dans le désert, aux environs de Biskra, ont démontré que cet arbre ne résistait pas à ce climat sec, à la nature du sol et à la salure des eaux.

De tels milieux ne conviennent pas à ces Myr lacées australiennes, même les terres salées des plaines d'Oran si voisines du littoral.

Les principales plantations d' EucalyptuSj par centaines de mille, ont été faites en partie par l'administration du Jardin d'Essai d'Alger, sous la direction de M. Ch. Rivière : en 1868, sur les bords du lac Fetzara, près Eîône; en 1872, dans les plaines marécageuses de l'Habra et de la Macta, près d'Oran ; en 1873, dans les marécages de Relizane et la plaine du Sly, près d'Orléansville. Les administrations des lignes ferrées ont créé des rideaux d'Eucalyptus etlaC'*P.-L.-M. notamment a dépensé beaucoup d'argent dans cette entrepi ise ; puis la C»*' Bône-Guelma, surtout aux environs de Tunis.

Tix)ttier et Cordier, agriculteurs distingués aux environs d'Alger, ont été les ardents pi*opagandistes des essences australiennes en Algérie.

Le peu de valeur de TEucalyptus jusliiie son arrachage dans beaucoup de cas, en Provence comme dans le Nord de l'Afrique, et les praticiens ont eu raison de renoncer à cette essence pour le boisement.

Les espèces (ÏEucalyptus sont nombreuses et les plus recommandées par les botanistes australiens ont été expérimentées partout sans laisser entrevoir un emploi utile, comme rendement ou comme peuplement forestier. On a avancé un peu témérairement que par l'hybridation on obtiendrait des sujets doués de qualités voulues ?

Le plus grand eucalyptographe, von MuUer, directeur du Jardin botanique de Melbourne, bien placé pour ces études, n'admettait pas l'hybridité chez les Eucalyptus, et Naudin voyait, en généml, l'hybridité natui-elle comme cause de formes voisines. On dit qu'un seul hybride est connu, ce serait E. Ramelliana. Or, tous ceux qui ont pu enquêter sur place, sur l'origine de cette plante, sont en droit d'émettre les plus grands doutes sur son authenticité.

Il ne faudrait pas conduis de quelques-unes de ces critiques que la plantation d'Êucalypius spécifiés doit être systématiquement condamnée, n'étant apte à rendre aucun service ; mais il convenait de bien établir qu'elle ne constituait pas une opération économique directe, bien au contraire, l'écart déficitaire entre les recettes et les dépenses étant considérable.

Pour la botanique descriptive, consulter Eucaly} lograj-hie de Von Mui.ler, avec planches. — Les ouvrages de Naudin : Description et emploi des Eucalyptus introduits en Europe de 1883 et 1891; son résumé dans le Manuel de Vacclimateur, 1887; les nombreuses éludes contenues dans les Bul'etins de la Société d'acclimatation de France et en Algérie; les brocbures de Trottier et de Cordier, h Alger ; les Bulletins de la Société d'agriculture d'Alger, etc. — On peut voir à la villa Thurel, près d'Antibes, une belle collection d'Eucalyptus.

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