FICUS
3. Ficus. — Ces Artocarpées renferment un grand nombre d'arborescents toujours verts pouvant être employés pour les avenues et pour les routes.
Dans le Midi, en s'avançant vers la frontière, la végétation de quelques espèces est assez développée, mais beaucoup moins luxuriante que sur le littoral africain : ce sont ordinairement des espèces à racines adventives, mais ces dernières ne sont émises que dans les parties les plus chaudes et les plus abritées.
Deux formes différentes: espèces à grandes feuilles. Ficus macrophylla eielastica, et espèces à petites feuilles: F. lœvigata et congénères.
Ficus macrophylla Desf., de l'Australie, plus résistant que le F. elastica, formant un tronc droit, une large (ète : ^e transplantant bien en motte.
Ficus lœvigata Wahl, îles Caraïbes, à petites feuilles analogues à celles du Camellia, luisantes, se prêtant à toutes les tailles et très employé comme ombrage dans les rues de beaucoup de villes du littoral algérien seulement. Transplantation facile en motte.
Multiplication de ces espèces par boutures petites ou grosses, en pleine terre, mais avec quelques soins.
4. Grevillea robusta Cunn. — Grande Proléacce australienne, à feuillage presque persistant, découpé et léger, convenant aux plantations de route et d'avenue dans les bonnes terres et les régions chaudes de la zone. Confinée en Algérie au climat marin et aux faibles altitudes, cette espèce a été indiquée à tort pour les pays secs et désertiques. Arbre d'alignement et non de boisement.
VII. — Plantes fruitières des régions chaudes et tempérées chaudes.
Cette arboriculture spéciale assez peu connue, ainsi que la culture de quelques plantes fruitières non arbores-
centes originaires de régions chaudes ou tempérées, si elles offi^nt un intérêt, n'ont cependant pas un grand avenir dans notre zone, sauf en ce qui concerne les espèces anciennes appartenant à Tagriculture méditerranéenne, Aurantiacées diverses, Olivier, Carovbiet^ Dattier et quelques végétaux robustes d'introduction récente, comme le Néflier du Japon et les différents Plaqueminiers.
Les abaissements de température au-dessous de zéro sont d'autant plus défavorables aux espèces subtropicales que leur fructification est automno-hivernale, comme celle des Avocatiers, Anoniers, Goyaviers et que les Bananiers ont eux-mêmes une grande phase de maturation en saison froide, pour ne citer que les principales espèces les plus en vue.
Quant au Dattier, il n'est à sa vraie place que dans les oasis sahariennes, et encore à une certaine latitude; aussi ne convient-il point de fonder la moindre espérance sur la production d'une datte de bonne qualité en dehors de ce climat spécial, quoi qu'on ait dit de la maturation très relative de quelques variétés de Dattier en Provence et môme dans la plaine du Chéliff, en Algérie. Quant à la création d'oasis de dattiers par les Européens, elle ne paraît pas avoir donné, après plus de trente ans de tentatives, des résultats bien encourageants.
Par suite d'insuffisances climatériques, il résulte que la maturation de quelques-uns des fruits exotiques est souvent nulle, imparfaite ou accidentelle dans la Provence maritime, tandis que sur le littoral africain de meilleurs résultats peuvent être obtenus sans cependant avoir toujours le caractère d'une production normale et bien établie.
Dans ces conditions ces fruits n'intéressent que l'amateur ou ne donnent lieu qu'à un très petit commerce local, sans la moindre importance pour l'exportation, d'autant plus, il convient de le reconnaître, qu'ils ne sont guère appréciés en Europe que par les personnes
qui ont séjourné dans les colonies intertropicaJes; encore n'y sont-ils recherchés qu'à titre de fantaisie ou de souvenir. Ensuite, comme ces plantes fruitières sont assez répandues en Espagne et dans l'Italie méridionales, et surtout à Madère et aux Canaries, d'où leurs fruits arrivent facilement sur les marchés européens, une concurrence assez sérieuse serait à prévoir au cas où ces produits auraient quelque vogue; il faudrait aus*i compter avec la nouvelle installation faite par les Anglais de navires spéciaux pour transporter en Europe les fruits de la Jamaïque.
Cependant sur le littoral africain, V Avocat est un bon fruit et la Goyave, qui fait d'excellentes confitures, mûrit bien en dehors du littoral, jusqu'aux environs de Blida, ainsi que sur quelques points de la Provence maritime. UAnonier, en variétés greffées, commence à être assez répandu dans les jardins d'Alger, mais VAnone est encore peu recherchée parle commerce.
Quant à la Danane, nullement dans son milieu en Provence, elle est confinée sur le rivage africain autour des grandes villes, alimentant un petit commerce local; mais sa faible dimension ainsi que son régime trop petit ne lui permettent pas de lutter pour l'exportation contre les bananes des Canaries et celles qui commencent à arriver de la Jamaïque, en attendant les apports de la côte occidentale d'Afrique qui sont exempts de droits.
Autrefois, un zélé négociant en produits coloniaux de Paris, feu Hédiard, avait consacré plus de trente ans en efforts considérables pour faire connaître ces fruits exotiques de production algérienne, mais cette longue tentative, peu réussie d'ailleurs, n'a pas été continuée.
Les Aurantiacéfs ne sont plus guère cultivées en Provence pour leurs fruits, sauf les Mandariniei^s dont les plantations s'étendenl, la qualité de la mandarine de la Côte d'Azur étant reconnnue: l'imporlance de la consommation locale dans des centres dhiveinage,
comme ceux échelonnés en Ire Hyères et Vinlimille, assure le placement facile de ces récoltes. Sur les marchés anglais arrivent déjà de la Jamaïque pendant l'hiver de superbes mandarines, grosses et de couleur éclatante.
En Algérie, quoique la monoculture de la vigne ait peu favorisé l'extension des orangeries dans ces dernières années, la production de plantations relativeme ,
jointe à celle des anciennes de création arabe, constitue un commerce assez important, mais de plus en plus contrarié en France par les importations d Italie et d'Espagne, surtout par celles de ce dernier pays aux fruits abondants et de choix.
La Tunisie, par son manque absolu d'irrigation, se prête moins à l'extension de la culture des Aunnitiacées : elle est d'ailleurs imporlatrice de ces fruits dans certains cas, comme l'Algérie du reste.
Les fruitiers de régions moins tempérées où des froids ne sont pas inconnus, se comportent tout aussi bien dans la Provence maritime et surtout orientale que dans le climat marin du Nord de l'Afrique : tels sont les Néfliers du Japon et les Plaqueminiers.
Tant que le Néflier du Japon a eu de petits fruits, il a beaucoup moins attiré l'attention, mais depuis l'obtention de bonnes variétés à pulpe charnue, sans trop de pépins, il est plus apprécié et sa plantation s'étend dans le Midi : ce fruit a cet avantage d'être printanier et de pouvoir voyager avec quelques pK'cautions d'emballage.
La tenue de cette espèce est bonne sur le littoml africain, dont elle peut s'éloigner. Au point de vue des variétés amélioriées, les jardins des environs d'Alger contiennent d'excellentes sortes de fruits très gros, dorés et susceptibles d'être appréciés sur les marchés de Londres et de Paris où ils arriveraient comme primeui^ grâce à un emballage isolant chaque fruit ; mais ce serait forcément une exportation limitée avant peu, à ctiuse delà production du Midi.
ANONE, 303
Les PlaquemtnierSy arbres très fructifères, sont maintenant représentés, en dehors des Diospyros costata et Mazeli, par beaucoup d'autres races et variétés à gros et excellents fruits qui sont de bonne venue dans une grande partie de la Provence, même en dehors du littoral, mais leur maturité de fin d'automne a le désavantage de coïncider avec la saison des poires et des pommes. Cependant ces fruits sont maintenant connus dans le Centre et dans le Nord de la France : on sait qu'ils peuvent se conserver sur tablettes.
Sur le continent africain les Plaqueminiers s'éloignent du littoral et pénètrent dans la région montagneuse. Ces fruits arrivent d'emblée à maturité, se détachent facilement de l'arbre et, présentés tout d'un coup sur le marché, sont de vente peu facile. Ils ne sont pas encore très estimés par la population et la concurrence du Midi de la France rend impossible leur exportation.
Dans la production de ces fruits exotiques deux débouchés sont à envisager : la consommation locale et l'exportation.
Jusqu'à ce jour, sauf pour les articles anciens, oranges, mandarines et dattes^ la demande est restreinte, l'exportation ne réclamant pas les autres fruits et la consommation locale préférant ceux dits européens, importés de France et d'Espagne, poires et pommes, qui sont en général de même saison automno-hivernale.
1. Anonier. Anone^ Anona, Anaiwcées comprenant beaucoup d'espèces et de variétés fruitières originaires de la zone intertropicale où elles sont très cultivées.
Beaucoup ne rencontrent pas sur le littoral africain assez de chaleur automnale pour mûrir normalement leurs fruits.
La meilleure espèce qui se signale par sa rusticité relative et ses nombreuses variétés est :
A7iona cherimolia, Miller, du Pérou, arbrisseau à court tronc, et à rameaux pendants.
Les fruits ordinaires sont gros comme le poing, mais quelquefois plus volumineux, souvent cordiformes, parfois plus ou moins réguliers ; à peau assez lisse dans des cas, ou à saillies dans d'autres. D'ailleurs toutes ces plantes, toujours obtenues de semis, présentent forcément une grande variation de forme et de saveur.
La greffe des bonnes variétés s'impose donc maintenant, soit sur Cherimoye ordinaire, soit sur Asimina, plant ou racine (Voy. Asimina),
La pulpe des bonnes anoncs est blanche, sucrée et parfumée, au goût térébenthine ou aromatique très atténué et renferme de nombreux pépins plats et noirs.
Anona cinèrea Dun. — Excellente espèce à fruit très volumineux, à peau peu écailleuse, à chair très crémeuse et délicatement parfumée.
Les autres espèces, A. muricata, squnmosu, reticulata, sont à éviter dans notre zone comme étant de culture plus difficile.
Les Anoniers exigent une localité chaude, un bon terrain, un peu frais ou des arrosements. Plantation à racines nues à la fin de l'hiver des variétés greffées.
Les anones sont de maturité hivernale ; un peu avant maturité leur expédition est facile en caissettes; elles mûrissent bien sur tablettes, mais une maturité trop complète altère assez facilement la chair.
Exportation encore accidentelle, comme curiosité ou pour satisfaire quelques coloniaux.
2. Asiminier, Asimina tribola Dun. — L'ancien Anona triloba, de Linné, est une Anonacée intéressante par sa rusticité, en raison de son origine (Pensylvanie).
Le fruit est assez gros, à deux ou trois lobes, allongé, charnu, de saveur douce, mais contenant trop de pépins.
Les racines traçantes émettent des rejets fructifères ; de plus, le greffage des variétés d'anones sur sections de racines est un mode facile de multiplication (Voy. Anones),
AVOCATIER. 30o
Les expériences faites au Jardin d'Essai d'Alger démontrent que ce greffage produit des sujets vigoureux.
3. Avocatier faux, Machilusglaucescens Wight. — Grand arbre des Laiirindes, des Indes-Orientales, et qui, comme le Persea gratissima, a de nombreuses variétés.
Beaucoup plus vigoureux et fructifère que l'Avocatier, sa zone est également plus étendue et il a l'avantage d'être de maturité estivale et non hivernale comme les Avocatiers.
Le fruit a la forme d'une poire, mais il est plus petit que celui de l'Avocat et de qualité inférieure.
Arbre des terrains frais et profonds; se plante après un an d'éducation en pot. iMultiplication par semis.
Les essais faits dans ces dernières années au Hamma paraîtraient établir que ce M athi lus serait un porte-greffe pour toutes les bonnes variétés d'Avocatier (Voy. Avocatier),
4. Avocatier. Persea gratissima Gaert.-Lawn/5 Ptrsea Lin . — Laurinée arborescente de l'Amérique centrale, à feuillage toujours vert, encore assez prospère dans certaines régions de l'Europe méridionale.
Le fruit, Avocat ou Poire d'avocat, Bewre végétal, très estimé, est l'objet d'une grande consommation dans tous les pays où sa récolte est facile.
11 est à péricarpe charnu ayant, suivant les variétés, les diverses formes de poires, à couleurs variables, vertes, brunes, rouges, avec un noyau unique, assez gros.
L'Avocatier a de nombreuses variétés caractérisées par la forme et la couleur du fruit, mais la principale est celle dite « Persea gratissima rubra )>. Au Jardin d'Essai d'Alger, il y a une forme de cette dernière fortement pédonculée, réel avantage, car certaines variétés sont presque sessiles, ce qui rend la cueillette du fruit assez difficile et compromet sa durée s'il doit être expédié et conservé (fig. 31).
V Avocatier est à classer parmi les fruitiers exotiques introduits dans la région circum-méditerranéenne : c'est un arbre de bonne tenue dans les parties chaudes, assez fructifère et son fruit agréable pourrait devenir un article d'exportation.
Culture. — Arbre des bonnes terres, fraîches Tété, saines Ihiver, des meilleures expositions de la Provence orientale, mais craignant celles du sud en Algérie et en Tunisie.
Fructification automnale et hivernale, plus abondante tous les deux ans.
Multiplication difficile sauf par semis. Le bouturage et le marcottage paraissent impossibles à réussir : les bourrelets émettent rarement des radicelles.
Au Jardin d'Essai d'Alger qui a été le grand fournisseur des Avocatiers du bassin méditerranéen, on a cherché longtemps un porte-grefi'e rustique. On a tenté sans résultat la greffe sur plusieurs Laurinées, puis avec succès la greffe par approche, ensuite en fente sur le Pcrsea vulgaris; mais tous ces moyens ne constituent pas un mode de multiplication rapide, étant donnée la rareté relative des fruits d Avocatier.
On eut alors recours au Hamma, il y a une douzaine d'années, à la greffe sur Machilus glaucescens, arbre vigoureux dont la fructification est plus abondante et plus assurée que celle des Avocatiers vrais : puis on employa comme porte-greffes d'autres Laitrinèes des altitudes du Chili envoyées, il y a dix ans, sous le nom de Papita (?) En même temps on recevait un Avocatier à fruit noir paraissant avoir la môme origine, qui pourrait être essayé comme porte-gi^effe.
Semis, — Facile en pot, germination prompte et pousse active de la tige, mais semis immédiat, car l'amande ne se conserve que très peu de temps.
La Poire d^ Avocat ^ cueillie avec précaution un peu avant sa complète maturité, est un fruit qui supporte
AVOCATIER . 307
bien Texportation dans un bon emballage en caissette un
Fig. 32. — Avocatier à fruits pédoncules.
peu aérée, chaque fruit étant, comme pour les poires et les pommes de choix, entouré d'un papier fin et isolé par
des rognures ; il est prudent de ne pas avoir plus de deux lits de fruits par caissette.
5. Bananiers comestibles. — On peut classer les Bananiers de notre zone en trois types assez distincts par leurs caractères carpologiques principalement.
1° Musa sapientum Linné, ou Figue-Banane à petits fruits, est à stipe élevé, à nombreuses variétés, mais dont la plus grande partie ne convient point à notre climat.
Le Bananier du Hamma, à très haut stipe, à fruits légèrement saumonés et musqués, appartient à ce groupe.
2° Musa paradisiaca Linné, Plantain ou Banane-cochon, est également un grand bananier, et pour beaucoup d'auteurs une variété du A/, sapientum. 11 en diffère cependant par ses énormes régimes composés de gros fruits considérés plutôt comme légumes dans la région intertropicale et soumis à diverses préparations culinaires : cependant le fruit bien mûr est très acceptable.
Dans le territoire algérien ce bananier n'est pas de culture économique, son régime n'y a pas toujours un complet développement et contient rarement plus de 50 fruits. Quelle que soit sa grosseur, le commerce ne paie pas plus cher son fruit que celui du M. sapientum ; cependant il est recherché par les Arabes et les Maltais des villes qui en font des fritures.
^^ Musa sinfnsis Sweet, ou Cavendishii, Lamb, de la Chine, croit-on, mais répandu depuis longtemps entre les tropiques, est caractérisé par sa petite taille et son régime volumineux. Malheureusement ce bananier est de nature très délicate sur beaucoup de points du littoral africain.
Multiplication et culture. — Les bananiers comestiblesnesontpasséminifères. Leur multiplication s'obtient par l'éclat des drageons ou bourgeons plus ou moins développés sur la souche rhizomateuse, rejetons bien constitués, ayant au moins 1^,50 de hauteur, un peu
moins pour le Musa sinensis qui est de petite taille. Rien n'empêche de planter, pour les grandes espèces, des sujets de 2 mètres, à condition qu'ils soient jeunes.
Dans le Midi ces bananiers intéressent seulement le littoral immédiat le plus abrité compris entre Cannes, Nice et la frontière, et encore dans des expositions exceptionnelles où Ton n'obtient qu'une fructification relative; le Musa sinensis ne résiste pas à tous les hivers.
Le littoral Algérien-tunisien est plus favorable au développement du Bananier, où la culture doit néanmoins être abritée artificiellement contre les vents dominants.
Les sols riches, argilo-silico-calcaires, chargés en potasse, profonds, ne retenant pas les eaux d'hiver, mais se prêtant bien aux arrosements pendant l'été, présentent les meilleures conditions de culture.
Des brise-vents bien établis sont indispensables pour atténuer les courants atmosphériques.
Du 15 avril à fin mai on plante à 3 mètres de distance en tous sens (fig. 32). Le sol a été préalablement défoncé, puis dans un trou de 0™,60 de profondeur on plante, un . peu en contre-bas pour former cuvette, deux plants de bananier l'un à côté de l'autre : l'un grand, l'autre plus petit, tous deux dépourvus de feuilles. On rechausse avec un bon compost, on établit la cuvette pour retenir les eaux d'arrosement, puis pour recharger ensuite en fumure, car la souche a tendance à s'exhausser rapidement.
Arrosement au pied de la touffe. Les cuvettes sont mises en communication par une rigoJe. De mai à octobre l'irrigation est distribuée tous les 10 jours, à raison de 400 à 500 mètres cubes à l'hectare; cependant, suivant l'état de l'atmosphère, les arrosements seront moins rapprochés au début et à la fin de la saison.
Le bananier est avide d'engrais : le meilleur est le fumier de ferme ou le terreau gras, auquel on ajoute
500 grammes de sulfate ou de chlorure de potassium par souche.
Il vaut mieux fumer slu pied qu'en plein, les racines du bananier étant fort peu étendues.
La culture est simple : lin piochage de printemps avec réfection des cuvettes d'arrosage, puis des binages, car par l'arrosement se développent constamment diverees herbes.
En plantation compacte, 3 mètres en tous sens, aucune culture intercalaii^ n'est possible.
Le bananier exige le plein air et le soleil.
-Les hivers ne lui sont pas favorables. Le feuillage est déchiré, lacère, par les premiers ouragans de novembredécembre et par les grêles. A la fin de certains hivers il ne reste plus guère sur les stipes que la nervure centrale des feuilles et quelques lambeaux de limbe.
Pour protéger le régime contre la gi^êle qui tache et quelquefois meurtrit les bananes, on l'entoure, on le recouvre d'une toile grossière, ou d'un carton bituminé, etc. Au Jardin d'Essai d'Alger le régime est mis à l'abri sous une feuille de latanier solidement attachée au rachis du bananier.
Les bananiers se comportent mal en serre où leur fructification est insuffisante ; il y a une exception pour le MiiS'i slnensis.
Musa sinensis ou Musa Cavendishii. Le Bananier nain de la Chine est une plante trapue et forte, ayant à peine 2 mètres de hauteur, du sol à l'exti^émité de ses feuilles. Son régime est gros, composé de 150 à 200 fruits, quelquefois plus, en mains seiTées les unes contre les autres. La banane est longue, arquée, à chair fondante et parfumée, de conservation facile ; c*est l'espèce la plus répandue, on pourrait dire presque exclusivement connue sur les marchés européens qui sont principalement alimenté par les Canaries où cette culture a pris dans ces dernières années un grand développement.
';ri)VE::^siTY
Culture. — La l'acilité de cullure de ce bananier nain dans les serres d'Europe où il fructifie régulièrement, comparée à la difficulté de traitement des autres espèces fructifères à long slipe, avait fait espérer son implantation dans des localités privilégiées de la Provence littorale. Néanmoins Naudin avait signalé, il y a une vingtaine d'années, le peu de rusticité de cette espèce par rapport à d'autres bananiers.
Les tentatives faites depuis plus de 50 ans sur Je littoral algérien, et en Tunisie depuis l'occupation, ont appris que cette espèce délicate ne pouvait pas quitter le rivage, qu'elle succombait parfois aux intempéries, et que sa fructification peu normale ne présentait pas, à l'air libre, un intérêt économique suffisant.
Ce n'est pas sans surprise que l'on a vu des planteurs, croyant avoir introduit des Canaries une espèce nouvelle pour l'Algérie, prôner dernièrement ce vieux et classique bananier des auteurs, cependant assez connu pour être coté à des prix minimes depuis un demi-siècle dans tous les catalogues des horticulteurs du pays (i).
A l'air libre, mêmes conditions de sol et de traitement que pour les autres espèces, mais, en outre, meilleurs abris et couverture dès l'hiver du régime en développement ; néanmoins il y a des hivers où la plante est fort maltraitée par le froid, la grêle et la neige, comme aux premiers jours de janvier de cette année 1005 où, dans les Jardins d'Alger les quelques pieds de ces bananiers ont été couverts par la neige.
Donc, dans le Nord de l'Afrique ce n'est qu'en une sorte de demi-forcerie que de bons résultats pourraient être obtenus. Les principales conditions à réaliser sont : une plate-bande exhaussée, drainée, en terre riche, dans une exposition la plus ensoleillée possible, une sorte d'espalier auprès d'un mur ou d'une habitation : converti) Gh. Rivière, Société nationale d'agriculture de France, 1903. Rivière et Lecq. — Cultures du Midi, 18
ture ou paiilotte pour Thiver contre le rayonnement, les pluies froides et les grêles. Encore, dans ces conditions, faut-il environ quatre ans pour obtenir un régime mûr. On peut, dans les endroits précités du Midi de la France, créer facilement une sorte de forcerie mixte, ainsi que cela a été bien expérimenté à Nice depuis i902 par M. Vilbenoit, l'habile chef de culture du bel établissement « La Victorine », propriété de M. le prince d'Essling.
Dans ces demi-forceries, la serre est à panneaux mobiles et l'aération est complète dans les mois d'été ; elle n'est que diurne au printemps et à l'automne et elle cesse quand k température s'abaisse vers -h 12°; à ce moment la serre est chauffée au-dessus de + 20°, mais avec uneaération danslesheures ensoleillées afin d'éviter rétiolement et le parasitisme.
Dans les derniers temps delà maturation du régime on a intérêt à maintenir un maximum de température surtout dans la saison froide. Dans ces conditions de température artificielle, on voit des bananiers âgés de deux ans portant déjà de forts régimes, mais ceux-ci sont relativement assez longs à mûrir.
L'arrosementavec des engrais organiques, difficilement dosables et à odeur insupportable en lieu clos, doit être rejeté et remplacé par un arrosement par semaine de 10 litres d'eau contenant 4 grammes nitrate de soude et 5 grammes de sulfate de potasse : ces 10 litres d'eau suffisent à trois pieds.
En dehors de ces arrosements à l'engrais liquide, la plante recevra de l'eau pure suivant ses besoins.
Les rendements obtenus font ressortir un prix de vente suffisamment rémunéi*ateur pour une consommation locale par la clientèle spéciale de ce riche milieu d'hivernage, mais il ne le serait plus dans le commerce courant à cause de la concurrence de l'article d'exportation.
Le bananier nain est pour ces sortes de forcerie la
seule espèce connue : c'était d'ailleurs celle cultivée, il y a un demi-siècle, dans les serres de Londres et de Paris jusqu'à la facile arrivée des bananes exotiques sur les marchés européens.
Cueillette et emballage. — La fructificalion du bananier sur la côte africaine a lieu toute l'année, plus ou moins active suivant les saisons.
On coupe dès formation complète de la banane et quand elle commence à jaunir; mais souvent, surtout l'hiver, on n'attend pas cette coloration et la maturation est rapidement avancée en pendant le régime dans un lieu clos, chaud, sec et obscur.
Pour l'expédition, il faut tenir compte du temps exigé par la maturation : en été le fruit s'altère vite ; en hiver, s'il est cueilli trop vert, il ne mûrit point. En ce temps-là n'expédier que des bananes ayant déjà la teinte jaune.
Expédition du régime entier en panier long : mains de bananes intercalées avec du coton, de la rognure de
papier, etc On expédie aussi les mains détachées et
en boîte, enveloppées dans des rognures de papier, d'ouate, etc...
A leur arrivée à destination diverses précautions sont à prendre : suppression des fruits avariés et conservation des autres en lieu sec et chaud.
La production de la banane dans le Midi est un cas exceptionnel, dû aune habileté horticole et coûteuse.
Sur la côte africaine le bananier, quoique rare et à la dernière limite de sa végétation, y donne encore, surtout aux environs des villes, quelques résultats économiques, mais qui, cependant, ne sauraient subsistersi les plantations étaient étendues.
En effet, la figue-banane n'a qu'une consommation locale ; elle n'est pas appréciée par le commerce d'exportation qui trouve le régime peu volumineux et les fruits
trop petits, comparés à ceux du Musa sinensis venant des Canaries. Dans ces conditions, on ne saurait admettre sans réserves les conseils donnés actuellement aux cultivateurs algériens et tunisiens d'entreprendre la wéation debananeries pour l'exportation. On peut même craindre que le jour où la côte occidentale d'Afrique produirait des bananes, qui seraient exemptes de droit à l'entrée, surtout les gros régimes de l'espèce de Chine, la culture algérienne ne soit plus en mesure de lutter contre cette importation. Déjà les navires de l'Atlantique touchant aux Canaries, à destination de Marseille, avec escale à Oran, apportent dans cette dernière ville des régimes qui sont parfois réexpédiés jusque sur Alger où ils pourraient faire un jour une concurrence à la production locale.
Plusieurs essais de création de bananeries à résultat douteux ont été faits dans l'oasis de Gabès.
Malheureusement, le climat du désert, même dans les oasis les mieux abritées et régulièrement irriguées convient peu aux Musacées : elles y souffrent de la siccité de l'air, de la salure des eaux et du sol et des extrêmes de température, du froid notamment.
Ces dures conditions météoro-telluriques empêchent cette précieuse association de la banane et de la datte.
Si le Bananier pouvait fructifiera l'ombre discrète du Dattier, le problème saharien serait résolu.
6. Caroubier. Ceratonia siliqua Lin. — Le Caroubier est un grand arbre delà famille des Léguminruses-Césalpiniéca, subspontané dans le bassin méditerranéen, producteur de siliques sucrées employées dans certaines industries et surtout en agriculture pour la nourriture des bestiaux.
Le caroubier appartient plutôt au climat marin africain qu'à la basse Provence où sa plantation est moins indi- (juée. On voit néanmoins quelques beaux caroubiers, sujets isolés, entre Monte-Carlo et Menton. Cet arbre en Provence ne joue aucun rôle économique. La zone dj
bonne végétation de cet arbre, même dans le Nord de TAfrique, est moins étendue que celle de l'olivier, car il ne remonte pas comme ce dernier aux altitudes ; en d'autres termes, il s'éloigne peu de l'influence marine et
Fig. 34. — Caroubier.
si on le retrouve dans quelques oasis près du Tell, il y est de bien faible production.
En Algérie plus qu'en Tunisie, existent de grands peuplements de caroubiers, mais en partie sauvages, quoique dans certaines régions, en Kabylie par exemple, il y ait des arbres à grosses siiiques, riches en sucre, qui paraissent être issus de variétés améliorées et ancienne-
ment cultivées. Dans un grand nombre de cas ces variétés ont été greffées; cependant elles sont inférieures comme longueur de siliqueà celles d'Espagne et de quelques îles de la Méditerranée dont les fruits font prime sur le marché d'exportation (Chypre, Sicile, Crète).
Le Caroubier est dioïque, c'est-à-dire que les fleurs mâles et les fleurs femelles sont sur des pieds différents ; aussi convient-il, dans une plantation, d'avoir des pieds mâles ou de greffer des branches de ce sexe sur des arbres assez distancés.
Floraison hivernale, apparaissant sur le vieux bois seulement et à l'aisselle des feuiJles. Les inflorescences, mâles ou femelles, ont la forme d'une petite grappe rigide ou épi droit.
Feuilles persistantes, luisantes, coriaces et convenant peu au bétail.
Le fruit ou Caroube est la seule production utile de l'arbre : c'est une gousse ou silique longue, atteignant jusqu'à 0^j2^ dans certaines variétés, mais dont la belle moyenne ne dépasse pas O^'jlS ; elle est arquée, comprimée, pendante, à valves épaisses, pulpeuses, contenant en abondance des matières sucrées ; les graines concourent peu à la valeur alimentaire du fruit.
L'analyse des caroubes a donné lieu à des résultats différents suivant que les fruits étaient sauvages ou issus de variétés de choix et cultivées.
Des analyses faites à Chypre ont donné une teneur en sucre véritablement élevée.
Dans les bonnes caroubes des environs de Bougie, MM. G. Rivière et Baillache ont déterminé les éléments suivants :
Caroubes Caroubes Caroubes
sèches sèches fraîches
sans avec avec
graines. graines. graines.
Eaup. 100 1,40 1.00 13,00
Matières azotées 2,10 2,50 2,30
Azote corresp. (0,332) 0,40 0,33
Saccharose 21,46 19,00 16,69
Glucose 19,02 17,00 14,94
Amidon 4,60 9,60 8,43
Cellulose 19,50 23,40 20,58
Matières grasses 0,25 0,50 0,44
Matières extractives indéterminées 31,07 27,00 23,74
M. A. iMuntz a donné des chiffres plus élevés: 30 p. 100 de suci*e de canne et 14 p. 100 de glucose. Celte teneur en sucre se rapproche de celle constatée à Chypre.
Culture. — La multiplication du caroubier par le bouturage n'est pas en usage : c'est une opération aléatoire, peu pratique et dont la réussite est même difOcile.
Semis en planche à la lin de l'hiver, avec des graines préalablement stratifiées. On sème en ligne eton éclaircit afin d'avoir un plant bien constitué. La racine pivotante du plant étant un obstacle à la bonne reprise du sujet lore de sa transplantation, on le repique à l'âge de deux ans après avoir sectionné l'extrémité du pivot pour obtenir un système radiculaire mieux établi.
Ensuite on élève le plant en pépinière avec écartement de 0,50 ou 0,60 en tous sens : on établit l'axe et l'on greffe en tête, souvent après deux ans de pépinière. La greffe en pied est à tort moins employée.
La greffe à œil poussant se pratique en mai-juin ; à œil dormant, fin mars-avril.
Ordinairement la greffe en tète, en écusson, se fait en mai sur des sujets de 2 et 3 ans de tige, mais dans le plus grand nombre des cas les écussons ne débourrent que Tannée suivante, parfois même deux ou trois ans après.
Au contraire, le greffage en pied, sur sujet de deux ans et vigoureux, est préférable : établir l'axe avec la greffe ou avec le sujet n'est pas plus difficile ; on peut greffer aussi en fente avec plus de succès.
Pour greffer des vieux arbres on emploie la greffe en couronne en mai : deux greffons sont suffisants.
Si les arbres sont trop vieux on rabat et Ton greffe Tannée suivante ou deux ans après sur les deux ou trois ramifications les plus vigoureuses.
En général le greffage du Caroubier est moins facile que celui deVOlivier,
La transplantation du caroubier est une opération parfois délicate : l'arbre est de reprise capricieuse à cause du mauvais établissement de son système radiculaire.
On transplante en motte ou à racines nues : en motte, de janvier à (in mars. A racines nues au moment du départ de la végétation ; ce mode plus économique est souvent plus incertain ou exige des soins minutieux.
En résumé, le Caroubier est de transplantation moins facile et plus coûteuse que Y Olivier qui n'exige pas la motte.
Pour éviter les écbecs de reprise on peut élever le caroubier en pot et le greffer jeune, mais ce système d'éducation est bien long.
Après la plantation, soins communs à tous les arbres en motte, cuvette pour les eaux d'irrigation, arrosements répétés aussitôt après la plantation et tuteurage dans les localités à vents violents.
Quand l'arbre est bien repris, l'arrosement n'est plus indispensable ; cependant quelques irrigations estivales, si elles sont possibles, activent le développement et la mise à fruit et celle-ci est plus abondante.
A défaut d'arrosement d'été, on doit conduire plusieurs fois les eaux bivernales dans les cuvettes.
Le caroubier n'est pas, comme on le croit généralement, l'arbre des mauvaises terres pour une plantation régulière et homogène. Les sols perméables même caillouteux sont à sa convenance; mais tout en recherchant la fraîcheur, il craint les terres argileuses à eau stagnante rhiver; et dans ces cas il est sujet au Pourridié. C'est l'arbre des ravins, aux expositions pas trop ensoleillées. Dans les petites localisations basses et chaudes, non aérées, le parasitisme est parfois à redouter. En réalité le caroubier n'a pas l'extrême rusticité de l'olivier.
On plante le caroubier ordinairement en bordure de route ou d'avenue, soit en ligne, avec un écartement de 8 à 10 mètres entre chaque arbre, ou à 12 ou 15 mètres pour une plantation en massif.
L'âge de la production est variable, suivant les terres et les milieux; cependant Tart du pépiniériste l'établit ainsi pour l'Algérie :
Deux années de semis, quatre ans de pépinière, deux années de reprise après transplantation : ce n'est que vers la onzième année qu'une cueillette de quelque importance est certaine. La fructification commencée, c'est à partir de la quinzième que le rendement augmente, mais il n'est réellement accusé que vers la vingtième année.
La caroube mûrit à la fin de l'été : on la gaule quand elle est brune. Elle est étendue à l'ombre, retournée de temps à autre, mise en tas quand elle est bien sèche, en lieu sain ; puis la masse est pelletée de temps à autre afin d'éviter des fermentations provoquées forcément par la richesse saccharine. Dautre part, une Phycide très commune, Myelois ccratoniœ, vit dans les ^fruits et les désorganise ; les fourmis sont également à craindre.
La fructification du caroubier est annuelle, mais elle est beaucoup plus abondante tous les deux ans: ces années-là le rendement moyen de beaux arbres adultes
est de 100 à 300 kilogrammes, mais on a vu des récoltes entre 500 et 800 kilogrammes, il est vrai sur des arbres forts, isolés, soignés et dans de bonnes conditions de sol et d'exposition.
Les cours de la caroube algérienne varient entre 3 fr. 50 et 7 fr. 50 suivant les sortes ; il y a un droit sur les caroubes étrangères.
L'analyse de ce fruit révèle que près de la moitié des matières hydrocarbonées est du sucre de canne et du glucose, convenant parfaitement à Talimentation des bétes de travail, bœuf et cheval, ainsi qu'à l'engraissement du mouton et du bœuf; mais il y a intérêt à associer à la caroube, ordinairement broyée, des éléments plus riches qu'elle en matières azotées, fourrages et grains.
Au point de vue alimentaire la bonne caroube, dont le coefficient digestif est très élevé, a une valeur nutritive un peu supérieure à celle de l'avoine (1) : 147^^,5 de caroubes équivalent à 100 kilogrammes de blé ou à li^«,i de fèves.
Maladies et parasites. — Peu de maladies de nature à nuire sérieusement à l'arbre ou à sa récolte. Dans les années chaudes et dans les localités basses, quelques invasions sur les fruits en formation de VAspidiotus ceratoniœ; sur les branches, du Cossus ligniperda; sur les feuilles, d'un petit champignon, Septoria can^ubi, etc. Quelques émondages ont raison de ces atteintes.
La plantation du caroubier est onéreuse : un arbre greffé sur tige bien formée ne peut être livré en motte et emballé par un pépiniériste à moins de 4 francs pièce, prix du cent. Le transport en est cher à cause du poids de la motte. Un arbre transporté et planté revient au moins à 5 francs, reprise non assurée.
On a pensé à tortque de petites pépinières communales
(1) p. DvMo^T^ Manuel pratique de Valimentation du ôe7af7,J -B.Baillière.
pourraient livrer cet arbre à bon compte; on a même indiqué Ofr. 75 pièce, chiffre inadmissible.
La plantation du caroubier a été conseillée comme une opération d'avenir devant donner des rentes assurées au bout d'un certain nombre d'années : des plantations ont été faites dans ce but en Tunisie.
La propagation de cet arbre a été vivement recommandée autrefois en Algérie, en 1878, par MM. Bonzom, Delamotte et Rivière, dans une étude pratique qui a été très répandue; mais comme Ta rappelé fort justement M. Grandeau, tant d'efforts n'ont pas été couronnés de succès. En effet, l'Européen, à rencontre des anciens Arabes, s'est peu préoccupé de cet arbre.
La Tunisie possède beaucoup moins de caroubiers que l'Algérie. En réalité, ces deux pays sont de faibles producteurs de caroubes, comparés à la Crète avec ses 137 000 quintaux et à l'Italie avec ses 840000 quintaux dont la Sicile seule fournit 450000 quintaux, à la Syrie, à Chypre, etc.
La bonne caroube est mangée par certaines populations, mais la qualité moyenne sert à faire des sirops *et diverses préparations fermentées.
On évalue le nombre des caroubiers en Algérie à 306 000 dont 57 000 greffés ; le plus grand nombre se trouve dans la province de Constantine.
En Tunisie, il y aurait 10 000 arbres environ : l'exportation annuelle serait de 200 000 kilogrammes en moyenne.
Cet arbre appartient presque exclusivement à l'agriculture indigène qui, en dehors des peuplements spontanés, a des massifs anciens d'arbres gi-effés.
L'exportation annuelle des caroubes est assez variable en Algérie: ainsi les trois années 1898, 1899 et 1900 ne présentent qu'une moyenne de 40000 quintaux.
Les années 1901, 1902, 1903 ont une moyenne plus
élevée, soit 62000 quintaux ; cependant ce dernier chiffre paraît être un maximum dû aux achats faits par l'Angleterre pour la guerre du Transvaal.
Le prix du quintal des bonnes sortes varie entre 7 et 9 francs, mais celui des caroubes sauvages est inférieur à 5 francs.
La consommation sur place, difficile à évaluer, ne semble guère dépasser le quart deTexporlalion.
D'après ces indications la valeur annuelle du produit se chiffrerait ainsi : 62000 quintaux exportés, à 8 francs le quintal =: 496000 francs, et 15000 quintaux consommés sur place à 5 francs le quintal = 75 000 francs.
En exagérant quelque peu ces données, la valeur totale de la production annuelle du caroubier varierait entre 500000 et 600000 francs, chiffre bien inférieur à celui fixé arbitrairement par l'opinion publique.
Le plus grand centre de production et de commerce de la caroube est la région de Bougie; l'exportation principale se fait en Angleterre.
Au point de vue économique, l'avenir dii Caroubier suscite quelques réserves; en effet, quelles que soient les qualités de cet arbre, sa place est-elle maintenant aussi marquée qu'autrefois dans notre zone, même en agriculture simplement progressive, étant donnés les dégrèvements en cours des matières sucrées pour l'alimentation du bétail.
La plantation et la production du Caroubier sont lentes, coûteuses par conséquent; aussi, s'il convient d'entretenir et d'aménager les peuplements existants presque exclusivement entre les mains des indigènes, doit-on encourager des plantations dans la petite colonisation et même en grande exploitation, autrement que pour la consommation sur place?
Une question économique se pose : quel sera sur le marché européen !e prix de la matière hydrocarbonée de