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DATTIER

la caroube par rapport à celle des résidus industriels de la sucrerie ou des produits d'une culture de betterave? La fabrication du sucre et de l'alcool au moyen de la caroube n'a aucun avenir. (V^oy. Plantes à fécules et à sucre,)

Bo.NzoM. Delamotte et Rivière, Du caroubier et de la caroube, 1878, Paris. — Andibert, Art de nourrir et d'engraisser les bestiaux par la caroube, 1900, Paris. — Gennadids, di-ectear de l'agriculture, Chypre, The carob-tre3, 1902, traduction française par Guyader (Bulletin de la direction de l'agriculture de Tunis, 1902, n» 25). — Grimaldi, Corne para fructi''cire abondamente il Carrubio, Palerme.

7. Dattier. Fhœnixdactylifera Lin. — Ce Palmier dioïque, à stipe très élevé, à fructification annuelle et régulière, est cultivé dans une large bande désertique de l'Afrique et de l'Asie, mais n'appartient que bien peu à la région méditerranéenne de l'Afrique occidentale. Les cultures les plus importantes se trouvent dans la vallée du Nil, en Arabie et en Perse (Voy. la carte du dattier par Th. Fischer. Gotha-Justus Perthes, 1881).

En effet, la caractéristique de son milieu de végétation est la sécheresse atmosphérique avec un maximum de température réparti sur de longs mois; c'est pendant cette période thermique intense que l'évolution fructifère se produit; quand la température s'abaisse dans le Sahara la cueillette de la datte est terminée depuis longtemps.

Le dattier, de bonne végétation sur le littoral algérien, n'y est pas fructifère, encore moins sur la Côte d'Azur, et si quelques rares fructifications de fort médiocre qualité y sont parfois constatées, elles n'ont aucune valeur économique.

Les variétés du dattier sont très nombreuses : on en connaît au moins une centaine dénommées et comprenant trois grandes divisions, établies surtout d'après la consistance du fruit : datte molle, demi-molle et sèche, mais ayant des qualités différentes suivant leur teneur en sucre.

RiviÈBE ET Lecq. — Cultures du Midi. 19

Les flattes molles, transparentes et très sucrées sont préférées pour l'exportation, mais le commerce des dattes sèches est beaucoup plus important à cause de la bonne conservation du fruit ijui est la base de Talimentation des Sahariens.

L'exportation des dattes a, en Algérie, oscillé de 20000 à 28 000 quintaux de 1901 à 1903. En 1903, la valeur de l'exportation était estimée à près de 2 millions de francs pour 28 172 quintaux.

La Tunisie, avec ses 1 360000 palmiers, exporte pour 7 à 800000 francs de dattes par an (M. Pensa). Mais le grand centre d'exportation sur les marchés de consommation est le golfe Persique qui avec ses 20 millions de dattiers exporte par an jusqu'à 500 000 quintaux de dattes, laissant loin derrière TÉgypte avec ses 7 400000 dattiers et l'Algérie avec ses 2 millions et demi de palmiers.

Multiplication, — Par semis, mais principalement, pour fixer la variété, par éclat des rejetons développés à la base et sur le parcours du stipe des pieds femelles. Au bout de 6 à 8 ans, un rejeton bien soigné commence à fiTictifîer, mais ce n'est guère que dans la vingtième année que le nombre et la dimension des régimes rendent la plante rémunératrice.

Sans arrosements abondants la culture du dattier fructifère est impossible. La fécondation artificielle assure l'abondance et la régularité delà fructification.

La récolte des dattes (fig. 35) est automnale, mais il y a des variétés précoces qui dans les parties basses du Sahara fructifient en août. On a essayé de faire remonter ces variétés vers le Nord, mais leur fructification a été insuffisante, même dans la plaine du Chéliff.

Le groupement des (îattiers forme l'oasis^ et c'est seulement sous l'ombrage de ces palmiers que certaines cultures vivrières sont possibles dans ces milieux soumis à une insolation intense.

Les oasis créées par les Européens n'ont pas encore

Fig. 35. — Gueilletle de dattes (D'après M. Raynaud).

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donné, comme opération fructueuse, des résultats bien concluants.

Le rendement moyen du dattier est au Mzab, pris pour exemple, de 40 à 80 kilogrammes de dattes valant 15 à 30 francs le quintal.

Maladies et parasites. — Dans les régions à atmosphère humide un champignon entophyte ravage les feuilles : Graphiola phœnicis..

Un acaride, Bostrichus dactylipcrda, ronge les fruits sui* la plante même.

Fischer : die Dattelpalme 1881. — Schweijjfurth : Ueber die Kûllûi* der Datlelpalme : Gartenflora, oct. 1£01. — Swikgle : Le dattier et sa culture. Yewbookof theU.S. de^aiiinentof agriculture, 1900. — Masshj.ot : Les dattiers des oasis du Djérid. Bull. Direct agric, Tunis, 1901. — Capitaine Calvet : Culfure du dattier & Gardaïa, Algérie agricole, 10 oct. 1902. — Capitaine HuRLEAux : Culture du dattier au Mzab et àOuargla. Bull. Soc. g^'ogr., Alger, 1903. — Lieutenant Charlet : Les Palmiers du Mzab. Bull. Soc. géogr., .Alger, 1905. — Pour les oasis du Souf, voir le Sahara français par Commandant

BlSSUEL.

8. Figuier de Barbarie. Opuntia ^ Ficus indica iMill. — Grande Cactde mexicaine, subspontanée dans le bassin méditerranéen, se présentant sous deux formes : l'une cpinp.use qui est la plus commune, l'autre inerme, également fructifères.

Le Figuier de Barbarie est porté sur un tronc couit dont les ramifîcalions sont des articles aplatis sur lesquels se trouvent les fruits. H y a plusieurs variétés, mais notamment deux : frulis jaunes et fruits rouges. La fructification est franchement estivale.

Tous les peuples de la Méditerranée ont planté plutôt que cultivé cette Caclée qui est, pour quelques régions pauvres, un aliment attendu. Les Arabes ont fait de grands peuplements ou massifs de cette plante défensive pour protéger leur habitation ou leur douar et on la retrouve à des altitudes assez marquées; mais elle secomporte malheureusement fort mal dans les régions désertiques. Certaines parties de la Tunisie ont encore

no plantes fruitières des régions chaudes.

des peuplements d'Opuntia du plus beau développement, mais en Algérie la colonisation a détruit la plus grande j)artie de ces Cactées.

Il ne faut demander à cette plante qu'une production fruitière pour la consommation sur place, car ce fruit est assez recherché sur les marchés méridionaux et par les indigènes africains, mais en réalité il a peu de succès comme article d'exportation.. 11 ne conviendrait pas non plus de croître que de son fruit très sucré on retirera économiquement de l'alcool (Voy. à ce chapitre).

L'Opuntia à fruits, intéressant pour les agricultures primitives, n'a pas l'importance que Ton veut lui attribuer en Tunisie, notamment pour lanourtnture du bétail au moyen des fruits et pour la fabrication d'un alcool.

Culture. — Un article ou raquette planté de préférence au printemps, même au commencement de i'été, suffit pour constituer assez rapidement un pied. On plante en lignes ou en massif, mais ordinairement en haie défensive ; Técartement est de 1 mètre dans la ligne; en massif la distance entre chaque ligne est de 3 mètres au moins.

VOphutia est très robuste, résistant aux sécheresses, peu difficile sur la nature du sol, mais craignant les eaux stagnantes de l'hiver ; cependant si la terre est de bonne qualité, même fraîche, si des irrigations sont possibles, si la fumure peut être fournie, on obtient alors de très rapides végétations, des fruits abondants et gros {(ïg. 35).

Dans les terrains rocailleux et secs on a intérêt adonner des binages, à faire quelques travaux pour retenir les dernières pluies du printemps, et même à fumer.

Les fruits sont à tort cueillis avant maturité ; ils se conservent bien et mûrissent lentement, mais n'ont pas la saveur de ceux récoltés à point. S'ils ne sont pas trop mûrs on les expédie en vrac, mais ceux destinés à l'exportation doivent être cueillis mûrs, être entourés de papier et mis en petites caisses. On choisit les figues grosses et bien faites.

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