CITRONNIER
rées, quelquefois chaque fruit est entouré de papier fin. Les sortes ordinaires sont simplement serrées les unes
Fig. 40. — Fruit de limonier.
contre les autres : celles destinées à la préparation des limonades sont en tonneaux ; on retire aussi VEssuice de citron des fruits ordinaires.
3i6 ORANGERS ET CONGÉNÈRES.
L'acide citrique est surtout fabriqué dans lltalie méridionale.
On avait conseillé aux producteurs algériens de fabriquer cet acide avec leurs fruits invendus, mais comme la plus grande partie de ces citrons étaient des Limettes, les résultats ont été nuls. D'ailleurs le prix de cet acide étan! tombé à 4 francs le kilogramme, sa production en Algérie serait une opération désastreuse avec des limons doux. D'autre part, le citron acide manque pendant l'été sur les marchés algériens où il est importé de l'étranger : à Alger, dans cette saison on le vend au détail 0 fr. 10 pièce et 0 fr. 15 le fruit de choix, prix beaucoup trop élevés dans un climat où il rendrait tant de services.
Principales variétés de Citronniers acides : de 'Saples, de Palerme, remontant, etc.
Des citronniers exotiques dits galets ont été cultivés dans la région méditerranéenne. Les fruits sont petits, très acides, mais peu juteux, et les arbres ne paraissent pas très fructifères. D'ailleurs les citrons galets vantés dans la zone intertropicale n'ont pas grand succès sur les marchés européens où ils sont, à tous les points de vue, en infériorité manifeste devant les formes Citrons de Naplcs, de Palerme, de Valence, des Carviries, etc.
6. Cédratier. Citnis medica Risso. — Le Cédratier est un petit arbrisseau à branchage assez mal établi, mais portant des fruits aux formes originales et quelquefois remarquables par leur volume, mais non de consommation directe ; la confiserie emploie principalement leur écorce, si épaisse que la pulpe est peu abondante (1).
Autrefois les cédrats étaient rares et très recherchés par la confiserie anglaise; aussi en Corse, il y a une cinquantaine d'années, de nombreuses plantations ont donné une telle quantité de fruits que cette production a cessé d'être rémunératrice en même temps
(1) Voy. Arnoo, Manuel du confiseur liquoriste^ Paris, 190">, p. 158.
BIGARADIER. 347
que la vogue de ce fruit confit s'atténuait rapidement.
Le cédratier n'est pas à classer parmi les Aiirantiacées rustiques de la Provence où il demande les meilleures expositions.
Les sols compacts et froids lui sont nuisibles, et favorisent les maladies des racines (Pourridié) et la gommose; aussi les expositions ensoleillées, en gradins, sont-elles mieux à sa convenance.
Sur la côte africaine le cédratier n'est l'objet d aucune exploitation : il était plus cultivé aui refois dans les jardins arabes et juifs que maintenant.
Multiplication facile par l>outure ; on n'a pas grand intérêt à greffer sur bigaradier.
Principales variétés. — Cédrat digité, monstrueux de la Chine^ Pondre, Limon-cédrat, etc.
7. Bigaradier. Citrus vufgaris. — Les Bigaradiers sont des plantes rustiques, arbrisseaux ou petits arbrisseaux, dont un type, Citrus vulgaris Bigaradia, se signale par sa vigueur.
Ce groupe ne comprend pas des fruits directement comestibles, car pour être utilisés ils exigent diverses préparations qui leur enlèvent en partie leur amertume. La distillerie et la parfumerie trouvent également dans ces variétés de précieux éléments en huiles essentielles et principes odoriférants ordinairement très développés.
Les Bigaradiers sont propagés par la greffe sur le B. vulgaire.
Principales variétés : Bigaradier commun, à gros fruits, à feuilles de myrte, de saule, de Chine, etc.
Le Bigaradier commun est la plante la plus rustique du groupe, la plus grande, la plus belle, formant le tronc le plus droit, armée d'épines puissantes, considérée avec raison comme le meilleur porte-greffe des autres Aurantiacées,
Toutes ses parties, écorces, feuilles, fleurs et fiuitscon-
rtS ORANGERS ET CONGÉNÈRES.
tiennent des huiles essentielles et des parfums délicats (4).
Culture, — Semis au printemps, en planches bien préparées, de graines fraîchement récoltées, car elles perdent assez rapidement leur vitalité.
Semis en lignes, peu serré, les lignes étant écartées de 0",25. On peut mettre en place à partir de la deuxième année, mais en raison de sa nature pivotante, le plant repiqué est à préférer. La greffe se fait en pépinière ou sur place. Ordinairement on plante un arbre issu de pépinière et de deux ans de greffe.
Avec le bigaradier on fait de très belles haies défensives dont les tailles sont distillées.
Les fruits confits dits Chinois proviennent des bigaradiers de Chine, à feuilles de myrte et de saule. On les cueille avant maturité ; ils ne sont pas comestibles directement.
(^s bigaradiei*s sont greffés sur le B. ordinaire : ils prennent peu de développement.
Généralités sur la culture. — Parmi lesAurantiacées, les orangers et les mandariniers exigent une culture plus attentive que celle appliquée à leurs congénères.
1° Climat chaud, humide, altitude modérée, abri contre les vents dominants.
2° Terrain argilo-silico-calcaire et profond, mais où l'argile ne domine pas, où l'eau n'est pas stagnante pendant l'hiver, où la nappe aquifère n'est pas saumâti^e.
3° Arrosements assurés pendant l'été.
4° Plantation de jeunes sujets greffés et formés, avec une motte (fig. 41) ; cette dernière est enterrée un peu en contre-bas de manière à former cuvette pour les arrosements ou pour les fumures subséquentes. Trou de 0",80 à 1 mètre en tous sens. Si la terre est bonne la fumure est inutile lors de la plantation : elle convient mieux dès la seconde année.
(1) Voy. S. PiKSSE, Chimie des parfums, édition française, Paris.
Fîj. 41. — Oranger en motlc, préparé pour la transplantation. Rivière et Lecq. — Cultures du Midi, 20
5° Si l'arbre de pépinière est bien formé, aucune taille à appliquer dans le jeune âge, sauf la coupe de quelques rameaux trop vigoureux ou gourmands.
L'émondage est nécessaire chez les arbres âgés, chez ceux languissants qui ont des ramilles mortes ou peu vigoureuses, ou chez les sujets qui sont envahis par le parasitisme.
Dans ces cas accusés, le rabattage s'impose jusque sur les maîtresses branches. On le pratique à la fin de Thiver. L'oranger le supporte bien et se couvre de rameaux vigoureux ne tardant pas à donner des fruits.
6<» Le fumier de ferme bien décomposé est le meilleur engrais : si le terrain est pauvre en chaux, on y ajoute des scories. Aux arbres languissants, après rabattage, une addition de 30 grammes de nitrate de soude par sujet, plusieurs fois répétée, ranime la végétation.
7<» Le travail du sol consiste en binages et en deux labours, Fun au printemps, l'autre à l'automne pour faciliter la pénétration des pluies. Dans les terrains trop humides certains hivers, quelques raies de charrue ouvertes dans le sens de la pente contribuent à l'écoulement superficiel des eaux.
8° Pendant l'été, arrosement tous les quinze joui^ à raison de 400 à 500 mètres cubes à l'hectare, mais dans les terres fortes et à l'automne les irrigations doivent être réduites, surtout dans les vieilles plantations.
9<* L'oranger est de maturité hivernale, mais les oranges de printemps sont très recherchées : les époques de maturité varient avec les races et les altitudes.
Création d*une orangerie. — Climat, nature du terrain, ressources en eau étant déterminés, la création d'une orangerie en plaine ou en coteau se fait sur ppo^ fond défoncement.
La protection de l'orangerie contre les vents dominants s'obtient au moyen de rideaux d'arbres dits brise-vents. On emploie les cyprès horizontaux et pyi'amidaïut, surtout