PARASITES
Dans ces derniers temps on a constaté sur les orangers du Midi de la France une cochenille polyphage, Chrysomphalus minor. Une autre espèce, Ch. Ficus, commune à beaucoup d'autres plantes, vit aussi sur quelques orangers d'Alger ; c'est une très vieille espèce mal dénommée jusqu'alors et que certains ont cru nouvelle pour le pays et assez redoutable pour les orangers au point d'en prévoir lalin prochaine. Les années ontpassé sans confinner ces craintes chimériques (1).
Quelquefois, on constate le dépérissement de la plante sans cause apparente : c'est une maladie des racines due à la présence de parasites végétaux du genre Rhizoctonia. Pour lutter contre le parasitisme extérieur, l'émondage et le rabattage sont à appliquer dans les cas plus graves,, et pour prévenir l'envahissement général des sujets, la lutte périodique au moyen des pulvérisations d'insecticides répétées est seule efficace, surtout au moment de la naissance des insectes, au printemps et en été. Sur les feuilles si résistantes des orangers on peut agir avec des moyens énergiques, alore que le fruit est formé et l'élongation des bourgeons terminée. Les préparations de savon noir et de pétrole sont principalement indiquées à
cause de leur bon marché.
La préparation de Riley et ses dérivés restent encore
les plus économiques et les plus efficaces. Si les maladies des racines sont dues à des cryptogames,.
cas plus graves, et entretenues par l'humidité permanente
du sol, un drainage s'impose. Ensuite, de légers arrose-
ments au sulfate de fer combattent l'extension du mal. Cueillette et empaillage. — La cueillette des fruits se
fait à la main ; elle est échelonnée suivant les besoins de
la vente.
(1) Voir P. Marchai., Nouvelle maladie des oranges : Chrysompbalus min r. Bull, ré^ise^g. agric. Ministère agric.j février 1905. — Marlati-, Maladies des orangers, Cannes, 1904. — Girard^ Comptes rendus de l'Académdes se, 20 août 1900, sur le Ceralilis, etc.
Pour Texpédition, les oranges sont triées et calibrées. Toute trace d altération qui ne peut que s'étendre fait exclure le fruit.
Les belles sortes bien colorées, entourées de papier fin, sont emballées dans des caissettes ; les sortes moyennes dans des caisses plus grandes, mais les fruits ordinaires sont en vrac, en grandes caisses, en tonneaux, en mannes, etc.
Tout fruit tombé naturellement est à exclure des expéditions ; on le vend sur place.
L'emballage des oranges printanières exige plus de soins, car elles sont en pleine maturité et très recherchées à cette époque.
Bien emballées, les oranges supportent des trajets de vingt-cinq à trente joui^, si toutes causes d'échauffement sont évitées.
En lieu sec, Torange et le citron se conservent longtemps : la mandarine point.
La bonne qualité de 1 orange dépend de causes complexes : climat chaud, sol riche, arrosements suffisants, mais la race ou la variété joue aussi un rôle prépondérant.
On a beaucoup vanté l'orange de Jaffa dans la partie occidentale du bassin méditerranéen, mais elle n'y a pas acquis les qualités qui la font rechercher dans son pays d'origine.
Les oranges sans pépins signalées dans ces dernières années comme nouvelles et d'acquisition précieuse pour l'Algérie ne sont, il convient de le rappeler, que des variétés très anciennes envoyées dans le Nouveau-Monde par le Midi de la France et l'Italie. Les vieux auteurs ont signalé le Citrus awantium asperinum que l'on rencontre àxNice, enLigurie et dans les jardins de la Mitidja. D'ailleurs, les oranges sans pépins Washington ou liiverside Navel, ne sont pas de qualité bien supérieure; on
dirait qu'au manque de quelques pépins dans la pulpe correspond l'absence de cette saveur légèrement acidulé, parfumée et subtile qui corrige le jus douceâtre et parfois écœurant. Nos aspermes méditerranéennes sont de meilleure qualité.
La Tangerine a toujours été signalée comme un fruit délicieux. Personne ne semble l'avoir vue. Rivers, le célèbre horticulteur anglais, grand collectionneur des Auranli'tcéeSj nous avait vainement prié, il y a plus de trente ans, de lui envoyer ce fruit. Il résulte de ses recherches, ainsi qu'il semble le dire lui-même, qu'il a été en présence d'une petite mandarine globuleuse, et non d'un de ces fruits gros et à forme aplatie. On trouve cette première forme sur des arbres peu vigoureux et en terre peu fertile ou non arrosée; les fruits n'en sont que plus délicats et parfumés, mais ne sont pas abondants.
Cependant on peut se demander si la Tangerine n'est pas cette petite mandarine sphérique, dite sans pépins, exquise, encore fort rare dans quelques jardins des environs de Nice.
Les Américains désignent les mandarines ordinaires sous le nom de Tangerines.
On rencontre aux États-Unis, comme à la Jamaïque, des mandarines énormes, fruits superbes, qui sont déjà sur le marché de Londres pendant 1 hiver ; une des plus belles est dite : lioi de Siam,
Par l'aperçu de cette nomenclature à peine ébauchée et ne comprenant pas encore des variétés importées depuis une vingtaine d années des régions exotiques, on a vu la polymorphie incommensurable du genre Citnis. Aussi faut-il accepter avec de grandes réserves ces variétés dites nouvelles dues à de prétendues hybridations non scientifiquement établies. Parmi ces dernières se place la Clémentine^ qui aurait été rencontrée par hasard dans la pépinière de la Congrégation des frères de Misserghin, près d'Oran. On a considéré cet hybride de
h:>8 arbres fruitiers des régions chaudes.
hasard comme issu de cette variété mylhique dite Tangerine ; c'est un un fruit aussi mauvais qu'insignifiant.
Dans la même catégorie est à classer une orange-limon de qualité médiocre, produit, dit on, accidentel d'une hybridation d'oranger et de limonier. Émettre cette opinion, c'est faire renaître sans preuves toute l'ancienne discussion relative à la polymorphie du genre. Les oranges douces de (in de saison, c'est-à-dire du commencement de Télé, ne sont pas rares, si elles sont naturellement de races tardives et récoltées aux altitudes, dernière limite de leur végétation.
Quant à l'orange à peau blanche retrouvée récemment à Blida, ce n'est qu'une vieille connaissance des collections du bassin méditerranéen et même de la plaine de la Mitidja, où elle était déjà signalée il y a une quarantaine d'années.
Par le semis, de bonnes obtentions sont possibles, mais avant de donner comme nouvelles des variétés, il faudrait d'abord connaître toutes celles si nombreuses préconisées ou indiquées par les auteurs ancieiïS.
Risso et PoiifcAu, Histoire naturelle des orangers, Paris, 1818-1819, in-foliOr avec 109 planches; nouvelle édition, ISTi. — Gai.lksio, Traité du Citrus, Paris, 1811, in-S», 363 pages et un tableau synoptique du genre Citrus. — Penzig, de Rome, son atlas des maladies parasitaires. — Salvaigo, de Nice, Les cultures sur le littoral de la Méditerranée : Provence, Ligurie, Algérie,. Paris, 1894, in-18, avec 115 figures. — R. De Noter, Les orangers, Paris. — Rivière et Lecq, Manuel pratique de l'agriculteur algérien. — Pour connaître le développement pris par la question des Aurantiacées aux Étals-Unij«, étudier attentivement !e beau livre de M. Harold-Hlme, Citrus, Fruits and their culture, Floride, 1904, ouvrage accompagné de nombreuses et très bettes planches en couif ur.
13. Pistachier, Pistacia vera Lin. — Anacardiacée àvhorescente de l'Orient, répandue dans le bassin méditerranéen, est localisée sur certains points de la Provence. Le commerce de la pistache est peu important.
L'arbre est rustique, mais pas toujours fructifère.
En Algérie le Pistachier vrai (fig. 43) est rare. Il y en avait autrefois de petites plantations en Tunisie, notam-